21 décembre 2009
QUOI DE NEUF SUR CINETOM EN 2010 ?
Plusieurs grands noms du cinéma français, mais également du cinéma italien, américain et quelques autres nationalités seront évoqués sur ce blog Cinetom, voici en photos, quelques uns des grands du septième art que je vais vous proposer tout au long de l'année 2010
En cette fin d'année 2009, je dédie cette page à Pierre Tchernia, je ne sais pas ce qu'il devient, mais si un jour quelqu'un est en contact avec ce grand monsieur de la télévision et du cinéma, dites lui qu'on l'aime et que l'on pense souvent à lui - que devient- il?
Louis de Funès (Le champion du Box-Office sera évoqué en janvier 2010)
Jean Gabin (Celui qui fut "Pépé le moko" de Duvivier, mais également l'interpréte idéal de Jean Renoir pour jouer dans "La bête humaine" et "La grande illusion" sera evoqué en novembre 2010)
Le Chat de Pierre Granier-Deferre avec Simone Signoret
Simone Signoret ( Une autre grande dame du cinéma français sera évoqué fin septembre 2010, à l'occasion du 25ème anniversaire de sa disparition)
Yves Montand (Une autre vie, une autre histoire. Mais quelle histoire !, un peu celle qui l'a si bien interprété dans "Trois places pour le 26" de Jacques Demy, ou bien l'autre, celle qui est romancée dans "Le Milliardaire avec Marilyn Monroe?. En tout cas on pensera lui le 9 novembre prochain.)
Manon des sources - Jean de Florette de Claude Berri avec Daniel Auteuil
Daniel Auteuil (un parcours intéressant, des sujets divers, parfois dérangeant "L'adversaire", d'autres émouvants "Le 8ème jour", et tant d'autres films ....une évocation est prévue sur le blog en 2010)
Ma Saison préférée d'André Téchiné
Isabelle Huppert (Une carrière cinématographique exemplaire, de "La dentellière" de Claude Goretta en passant par le monde de Chabrol qui débute avec Violette Nozière"....)
Coup de Torchon de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret
Michel Serrault (Bourvil et Michel Serrault sont les acteurs français que je préfère, ne me demandez pas pourquoi ? je n'en sais rien. ils sont tellement authentiques - Evocation prevue en juillet 2009
Philippe Noiret - Robert Enrico -Michel Serrault
Marilyn Monroe (En août 2010, évocation d'une héroine fragile)
Clark Gable (Nous a quitté en 1960, il est prévu de lui rendre hommage sur ce blog en novembre 2010, pour le 50ème anniversaire de sa disparition)
La Courtisane (1931) de Robert Z. Leonard avec Greta Garbo
Gary Cooper (A 14 ans, je me suis offert mon premier livre de cinéma, c'était celui consacré à Gary Cooper, et cette même période était propice car nous avions la chance de voir à la tv "L'homme de la rue", "Peter Ibbetson (au cinéma de minuit), "Sergent York",....)
La Glorieuse aventure


Paul Meurisse ("La série des Monocles", "Les diaboliques"...En 2009, je n'ai pas eu le temps de lui consacrer quelques lignes, je vais essayer d'honorer ce rendez-vous)
Charles Aznavour (Le Dernier des géants de la chanson française a été également un bon acteur, même si le cinéma ne l'a pas suffisamment utilise....N'oublions pas "Tirez sur le pianiste" de Truffaut, "Un taxi pour Tobrouk" de La Patellière ou le film de Volker Schlondorff......)
Roger Hanin (Evocation de Roger Hanin sur ce blog dans les prochains mois)
Charles Vanel (Lui aussi, je n'ai pas eu le temps de lui rendre hommage, étant seul pour la préparation de l'évocation d'un artiste, parfois on ne mesure pas la complexité de mettre en oeuvre la vie cinématographique des acteurs ou réalisateurs- Prévu en 2010)
Louis Jouvet (Ce immense comédien qui préférait le théâtre au cinéma, noble choix, même si je préfère le cinéma au théâtre....Evocation prévue en août 2010)
Paulette Dubost (En 2010, cet actrice française aura 100 ans, elle a innondé le cinéma français de sa silhouette, Louis Malle l'a dirigé dans "Milou en mai" , elle a été "l'épouse de cinéma" de la plupart de nos grands acteurs français : Jean Gabin (Fernandel) dans "L'âge ingrat", Bourvil et tant d'autres, elle aura eu même Buster Keaton comme partenaire au début des années 30 si je ne m'abuse)
Omar Sharif
(L'inoubliable "Docteur Jivago", a aussi multiplié d'excellentes compositions "Lawrence d'Arabie", "Le casse" et plus récèmment "Monsieur Ibrahim et fleurs du Coran"....Prévu en 2010)
Coluche
(Le créateur des "Restos du coeur" a été très émouvant dans "Tchao Pantin" mais également super marrant avec quelques uns des films de Claude Zidi)
Omar Sharif
(L'inoubliable
Walt Disney
(Une suite est prévue, au Noel 2008, j'avais évoqué la carrière cinématographique du cinéaste producteur Walt Disney, en décembre 2010, on poursuit de développer la firme Disney sur une 1967 à 2010)
Stan Laurel et Oliver Hardy
(Je suis un inconditionnel de ce tandem si célèbre, Prévu dans le premier semestre 2010)

William Holden (Une évocation est prévue en 2010, Ainsi on se souviendra des deux films de Billy Wilder avec "Sunset Boulevard" et "Stalag 17", mais également le film de David Lean "Le Pont de la rivière Kwai", "La horde sauvage" de Sam Peckinpah....)
Marlène Dietrich
Alfred Hitchock (Côtés cinéaste, on peut d'ores et déjà inscrire le maître du suspense Alfred Hitchcock. Celui-ci sera évoqué sur le blog en avril 2010)
Fritz Lang (sera evoqué dans l'année 2010 sans pour autant pouvoir préciser à quel moment !)
Maureen O'Hara (évocation prévue en 2010)
Brigitte Fossey (évocation prévue en 2010)

Ernest Borgnine (évocation prévue en 2010)
Mylène Demongeot "Cherchez l'idole" de Michel Boisrond (1964)
(évocation prévue en 2010)

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17 décembre 2009
DECES DE L'ACTEUR DOMINIQUE ZARDI
DECES DU COMEDIEN DOMINIQUE ZARDI
1919 - 2009
L'acteur Dominique Zardi, qui a tourné avec des grands noms du cinéma français, est décédé lundi 14 décembre 2009, d'un cancer à l'âge de 79 ans, a-t-on appris mardi auprès de son entourage.
Dominique Zardi, spécialiste des seconds rôles, avait tourné plus de 600 films notamment sous la direction de Jean-Pierre Mocky, Claude Chabrol, Jean Girault et tant d'autres et en compagnie, entre autres, de Louis de Funès, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jean Marais ou Kirk Douglas.
Il était également l'auteur de dizaines d'ouvrages dont "Le Monde des Truands" dans lequel il raconte ses rencontres avec divers gangsters dont Jacques Mesrine.
Dominique Zardi était par ailleurs très connu dans les milieux de la boxe où il exerçait en tant que journaliste pour une revue dont il était responsable. Il y a consacré un livre, "Les Immortels de la Boxe", préfacé par l'ancien boxeur Jean-Claude Bouttier.
Les obsèques de Dominique Zardi doivent avoir lieu vendredi prochain au cimetière du Père Lachaise.
Né le 2 mars 1930 à Paris, dans le quartier de Belleville, d’un père juif italien et d’une mère bretonne, Dominique Zardi, après de nombreux métiers dont celui de boxeur, débute dans le cinéma comme cascadeur et figurant au milieu des années cinquante. Sa pugnacité va très vite le sortir de l’anonymat et il devient l’un des troisièmes couteaux les plus repérés, aux côtés de son comparse Henri Attal. Parfois avec violence, terrorisant les productions, ils imposent leur tandem infernal dans de nombreux films: Il débute en 1943 dans "Malaria" de Jean Gourguet les gardes de "FANTÔMAS" (1964), les faux aveugles d’"UNE FEMME EST UNE FEMME" (1961), les violeurs du "SCANDALE" (1967 de Claude Chabrol..., ce sont eux.
Sa flmographie est divers, mais on peut citer quelques chefs d'oeuvre : "PICKPOCKET" (1959 du cinéaste Robert Bresson et "LE TROU" (1960) de Jacques Becker.
Truands, gendarmes, gouapes ou piliers de bar constituent l’habituel registre de Zardi. Dès le chef d’orchestre chevelu et exalté des "BONNES FEMMES", Claude Chabrol en fait l’un de ses comédiens fétiches, lui fournissant ses rôles les plus variés: inspecteur méticuleux "QUE LA BÊTE MEURE" (1969) , évêque "DOCTEUR POPAUL" (1972), chef de poste tatillon "POULET AU VINAIGRE" (1984), aveugle (MADAME BOVARY) et surtout, dans "LES BICHES" (1968), le couple de pique-assiettes homosexuels et tarés qu’il forme avec Attal (Robègue/ Riais) et qui lui vaut un Lion d’argent à Venise.
Lui sont aussi fidèles, Pierre Granier-Deferre et Jean-Pierre Mocky qui l’arrange à sa sauce piquante, en ancien para sadique "L’IBIS ROUGE" (1974) de Mocky, en agent de la DST "UNE NUIT À L’ASSEMBLÉE NATIONALE" (1988), voire en chef des fous "LITAN" (1982).
N'oublions pas sa prestation dans le merveilleux film de Michel Audiard "Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages", et quelle réplique "sur la métaphore". Dominique Zardi achève sa carrière cinématographique dans un ultime film de Mocky "Le Bénévole" (2007).
Du théâtre de temps à autre (“Les bas-fonds” de Robert Hossein, en 1992), et beaucoup de téléfilms: “Frédéric le gardian” (Jacques Villa, 1965), “Antony” (Jean Kerchbron, 1966), “Les pigeons de Notre-Dame” (J. Villa, 1966), “Jacquard” (Jean-Paul Carrère, 1966), ‘’Pitchi-Poï’’ (Guy Casaril, 1967), “Lagardère” (Jean-Pierre Decourt, 1967), “L’abonné de la ligne U” (Yannick Andréi, 1967), “La Bonifas” (Pierre Cardinal, 1967), “Les dossiers de l’Agence O” (Marc Simenon, 1967), “Une invitation à la chasse” (C. Chabrol, 1974), “L’échafaud magique” (C. Chabrol, 1979), “La veuve rouge” (Edouard Molinaro, 1980), “Monsieur Litz” (C. Chabrol, 1981), “Le scarabée d’or” (Maurice Ronet, 1981), “Music- Hall” (Marcel Bluwal, 1985), “Les sièges de l’Alcazar” (Luc Moullet, 1987), “Les ritals” (M. Bluwal, 1990), “Myster Mocky” (J.-P. Mocky,1993)... Outre ses activités de comédien, Zardi a dirigé le journal “Euro Boxe Show”, et publié plusieurs livres : “Le génie du judaïsme”, “Le crapaud dans le diamant”, “Le gendarme de Collioure”...
______A SUIVRE_______________________________
13 décembre 2009
NOEL AU CINEMA
NOEL AU CINEMA







Une année s'écoule à nouveau, cela fait trois ans que ce blog a été crée, vous avez été nombreux à venir consulter les différents thèmes évoqués. Prochainement Charles Chaplin et Steven Spielberg seront aussi évoqués. Dans les prochaines semaines un nouveau site de vente de DVD- Blu-Ray, affiches, livres spécialisé dans le cinéma verra le jour...CINETOMDVD
Je vous souhaite à tous de Bonnes Fêtes de Fin d'année



GREMLINS
(en argot d'aviateurs : lutins imaginaires qui jouent de vilains tours aux avions) est en quelque sorte la réunion de deux "familles" cinématographiques, la famille Corman et la famille Spielberg. La première est connue pour sa spécialité de séries B à petits budgets, la seconde au contraire pour ses productions à grand spectacle.
Engagé en 1974 comme monteur à la New World Pictures de Roger Corman, Joe Dante y réalisa ses deux premiers films, dont PIRANHAS. Steven Spielberg, qui supervisa la production de GREMLINS, pensait confier la mise en scène à Chris Columbus, l'auteur du scénario (beaucoup plus horrifique que ce qui fut tourné), dont il avait remarqué le court métrage intitulé... GIZMO. Mais Columbus ne s'estima pas prêt à assumer une telle responsabilité, et Spielberg choisit Joe Dante.
Conçu par une équipe de grands cinéphiles, GREMLINS est truffé de références cinématographiques et de courts extraits de films, notamment "LA VIE EST BELLE" de Frank Capra, également situé un soir de Noël, et bien sûr... "BLANCHE NEIGE ET LES SEPT NAINS". En 1990, Joe Dante tourna une suite de ce film, intitulée "GREMLINS 2 : LA NOUVELLE GÉNÉRATION " (Gremlins 2 The New Batch), avec à nouveau Zach Galligan et Phoebe Cates, ainsi que John Glover et Christopher Lee. _________________________________
1954


NOEL BLANC
de Michael Curtiz, lointain remake de "L’AMOUR CHANTE ET DANSE" (Holiday Inn, Mark Sandrich, 1942), où Bing Crosby et Fred Astaire se disputaient les beaux yeux de Marjorie Reynolds, "NOËL BLANC" fut le premier film tourné en Vistavision. Ce fut aussi le 167e film du réalisateur hongrois Michael Curtiz qui, après vingt-huit ans de bons et loyaux services à la Warner, réalisa "L’EGYPTIEN" pour la Fox avant de signer, avec "NOËL BLANC", un contrat Paramount.
La chanson “White Christmas”, qui obtint l’Oscar en 1942, reste l’un des “tubes” les plus vendus au monde. Bing Crosby, dont ce fut le morceau fétiche, l’interpréta dans "L’AMOUR CHANTE ET DANSE" et "LA MÉLODIE DU BONHEUR" (Blue Skies, Stuart Heisler, 1946). À noter les apparitions de la danseuse Barrie Chase et de George Chakiris, lors de la séquence solo de Rosemary Clooney.
1938
1940
LE GROS LOT (CHRISTMAS IN JULY)
avec Dick Powell "C'est arrivé demain" de René Clair est sûrement l'un des ses fillms les plus importants de sa carrière, il connut le même sort que John Wayne, Susan Hayward, Agnes Moorehead et Pedro Armendariz, qui pendant le tournage, fut irradié par le nucléaire accidenté par l'armée américaine.
1947
MIRACLE SUR LA 34 ème AVENUE
-Il s'agit sûrement du plus célèbre film ayant pour thème Noel, des années 40, réalisé par George Seaton avec la célèbre partenaire de John Wayne dans "L'homme tranquille", Maureen O'Hara (laquelle sera évoqué sur ce blog, des l'année prochaine.
L'idée très originale du film naquit d'une conversation entre George Seaton et Valentine Davies à propos de l'image très insatisfaisante que le cinéma proposait de Noël. Un premier état du scénario fut proposé à Darryl F. Zanuck qui, bien que montrant peu d'enthousiasme pour le sujet, consentit à produire un film à très petit budget. George Seaton s'assura la coopération des Grands Magasins Macy et tourna les extérieurs du film à New York au cours du Noël 1946. Mais le studio qui ne croyait guère au film décida de le sortir en plein mois de juin 1947, estimant inutile d'attendre le Noël suivant! Le succès publie fut d'emblée considérable. Le film se vit attribuer 3 Oscars: meilleure histoire originale et meilleure adaptation; tandis que le vieil acteur d'origine britannique Edmund Gwenn (1875-1959) remporta l'Oscar du meilleur acteur de complément.
1951
A CHRISTMAS CAROL
(1951) avec Alastair Sim,Jack Warner, Patrick Macnee
Butch Jenkins et Lassie
1965
LA MELODIE DU BONHEUR
(1965) de Robert Wise avec Julie Andrews, Christopher Plummer et Eleanor Parker.
1966
MARY POPPINS
(1964) de Robert Stevenson pour la Production Walt Disney, il s'agissait du 24ème long métrage de la firme Disney. MARY POPPINS associe acteurs et personnages animés. Le procédé avait déjà été employé dans deux autres films des studios Walt Disney : LES TROIS CABALLEROS et MÉLODIE DU SUD.
Le film fut récompensé par cinq Oscars en 1964 : ceux des meilleurs montage, musique, chanson (" Chim Chim Cheree ") et effets visuels. Quant à Julie Andrews, elle remporta celui de la meilleure actrice. Jusque-là pratiquement inconnue, elle obtint avec ce film la consécration internationale.
Monsieur et Madame Joel McCrea "Les chasses du comte Zaroff" ou bien "Correspondant 17" et bien entendu sans oublier sa prestation exceptionnelle dans un film de Sam Peckinpah "Coups de feu dans la Sierra".
10 décembre 1949 -Robert Mitchum -Hollywood
20 décembre 1957 -Memphis-Elvis Presley
Dick Van Dyke 1974
LE PERE-NOEL EST UNE ORDURE (1980) de Jean-Marie Poirié
1984
1985
1985
SANTA-CLAUSS
1990
1990
GREMLINS 2 fut tourné aux Studios Warner de Burbank et en extérieurs à New York (Times Square et Park Avenue). Pour donner à la Tour Clamp son aspect de "cathédrale vouée au culte de l'argent ", James Spencers inspira de l'architecture de la cathédrale de Reims. Pour traduire l'évolution dramatique de l'immeuble à mesure qu'il devient la proie des Gremlins, John Hora passa des tonalités lumineuses et claires du début à une palette plus bariolée aux éclairages très contrastés. Kathleen Freeman fut, dans bon nombre de films. la partenaire et souffredouleur favorite de Jeny Lewis (d'où les jumeaux " Martin et Lewis ") On peut apercevoir, dans leurs propres rôles le critique de cinéma Leonard Maltin, le catcheur Hulk Hogan et l'acteur des POLICE ACADEMY Bubba Smith, ainsi que, dans le rôle d'un directeur de cinéma, le réalisateur Paul Barrel.
1990
1993
L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK
«C’est un film que j’ai toujours eu envie de faire. Mieux : c’est un film que j’ai toujours eu envie de voir». Ainsi s’exprimait Tim Burton, auteur, producteur, véritable maître d’œuvre du projet qui constituait la première réalisation d’Henry Selick. Ce dernier avait, lui aussi, été animateur des Studios Disney, puis collaborateur de diverses sociétés de production spécialisées dans le film publicitaire ou les effets spéciaux, créateur d’intermèdes animés pour la chaîne MTV, qui parraina en 1990 son premier grand succès critique, le court métrage SLOW BOB IN THE LOWER DIMENSIONS. Écrit par la scénariste d’"EDWARD AUX MAINS D’ARGENT", adapté par l’auteur de BEETLEJUICE (deux des plus beaux succès de Tim Burton), le film nécessita la création de 230 décors et 227 figurines (signées Tom Saint-Amand), certains des 74 personnages devant être fabriqués en plusieurs exemplaires. Les 4 / 5 des plans étant des plans en mouvement (alors que la plupart des films d’animation image par image sont réalisés en plans fixes), l’équipe employa une caméra asservie par ordinateur. Direction, vitesse de déplacement de l’appareil et durée du plan étaient ainsi programmées à l’avance.
1994
1995
1998
2000
2002

2003
2004

2004
2004
2006
2008


DRAMES DE NOEL

3615 CODE PERE NOEL (1990) de René Manzor (On se souvient d'un autre film de ce cinéaste "Le passage" avec Alain Delon, Alain Musy, Louis Ducreux inoubliable dans "Un dimanche à la campagne" et Brigitte Fossey
2005

_A SUIVRE___
LA SOURIS
5 décembre 1937-Noel de Mary Pickford - Beverly Hills avec Johanna Randall et Muriel Wisdom
2007
01 décembre 2009
GERARD PHILIPE, UN ANGE EST PASSE
Acteur Français
Gérard Philipe a laissé le souvenir du plus grand acteur de sa génération, même s'il fut parfois contesté, avat et après sa mort, survenue le 25 novembre 1959. L'on fête les cinquante ans de sa disparition. En tout cas, il fut certainement le plus fêté, le plus aimé, le plus populaire. La critique et le public étaient unanimes, chose rarissime, elle provenait d'une réputation sans égale, reposant elle-même sur une carrière exceptionnelle : vingt pièces et trente films, parmi lesquels on compte bien peu d'échecs et d'erreurs. Il arriva à Gérard Philipe de se tromper comme tout le monde, mais il ne céda jamais à la facilité, et fut toujours d'une grande exigence vis-à-vis de lui-même et de son art.
Acteur français, né le 4 décembre 1922, à Cannes dans le Var. Il vécut dans un milieu de la bourgeoisie aisée, il y eut une enfance parfaitement heureuse, entre des parents unis et un frère ainé qu'il aimait également. Sa jeunesse, par contre, fut traversée par les bouleversements du siècle, et et il en conserva toujours comme une ombre, qui contribua sans doute, à l'insu de tous, au romantisme profond de son personnage. Tenu soigneusement secret de son vivant, ce drame fut divulgué plusieurs années après sa mort. Le voici en deux mots : son père, d'abord avocat, puis directeur d'un grand hôtel, s'était jeté dans les mêlées politiques confuses de l'avant-guerre. Il fut l'un des premiers adhérents du P.P.F. de Jacques Doriot, qui fut la seule vraie tentative d'edification d'un parti fasciste français. Marcel Philipe devint le responsable départemental pour les Alpes Maritimes. Resté fidèle à ses engagements politiques pendant la guerre, il fut contraint, en 1944, de choisir l'exil en Espagne, et ne fut plus dès lors qu'un proscrit politique, condamné dans son pays. Gérard Philipe, très attaché à son père, en souffrit profondément et contrairement à ce qui fut parfois ecrit, il alla lui rendre visite en Espagne. Lui même devait afficher souvent des prises de position politiques bien différentes, pour ne pas dire plus; nul doute qu'elles s'expriment par le souvenir de ce drame familial et intime.
Mais avant ces terribles drames, son père, Marcel Philip (sans e), avait un cabinet de contentieux, avant de devenir administrateur-gérant d'hôtel, à Grasse. Jean le frère de Gérard est entrepreneur de construction au Maroc. En 1941, le réalisateur et découvreur de talents, Marc Allégret, fait passer une audition au jeune Gérard et lui fait suivre des cours d'art dramatique. En 1942, il débute au théâtre (après avoir ajouté un "e" à son nom) dans "Une Grande Fille toute Simple" d'André Roussin, aux côtés de Madeleine Robinson. Marc Allégret lui fait interpréter une silhouette dans "LA BOITE AUX RÊVES" (1942) que son frère Yves tourne à Nice, avec Viviane Romance.
En 1943, Gérard Philipe s'établit à Paris. Admis au Conservatoire, il y obtient un second prix de comédie et participe à la Libération de Paris. En mai 1944, dix jours avant le débarquement allié sortait "LES PETITES DU QUAI AUX FLEURS", où lui-même se plaignait qu'on "ne le voyait que de dos", dans un rôle peu important. Tourné à Nice, aux studios de la Victorine, c’est une comédie alerte, dont les protagonistes sont des jeunes garçons et filles, interprétés par des acteurs presque tous débutants: c’est le cas de Gérard Philipe, Danièle Delorme, Simone Sylvestre et Jacques Dynam, qui n’avaient fait jusqu’alors que des figurations. Colette Richard était également une inconnue. Maria Mauban fit là ses débuts. La plupart fera carrière par la suite. Au contraire, le patriarche André Lefaur tient ici son dernier rôle à l’écran.
Selon Jacques Lourcelles, "LES PETITES DU QUAI AUX FLEURS" se veut proche de Musset et n’est pas indigne du modèle. Marcel Achard n’a jamais rien écrit de meilleur pour le cinéma que cette comédie si inventive dans ses demi-teintes
En 1945, la création de "Caligula" d'Albert Camus, au théâtre Hébertot apporte à Gérard Philipe la consécration definitive. Celle du cinéma n'allait pas tarder à suivre. Ce ne serait pas avec son film suivant "LE PAYS SANS ETOILES" (1945), bon scénario de Pierre Véry, mais platement réalisé par Georges Lacombe, ce serait avec le suivant, "L'IDIOT" (1945) d'après le roman de Dostoievski, adapté par Charles Spaak, réalisé par Georges Lampin avec Edwaige Feuillère, Lucien Coedel, Jean Debucourt, Jane Marken, Sylvie et Marguerite Moreno. Gérard Philipe donnait du personnage complexe du prince Muichkine une interprétation d'une telle intensité, qu'on vit bien de quoi il allait aussi être capable à l'écran.
C'est grâce à Claude Autant-Lara que la preuve définitive fut fournie, l'année suivante avec "LE DIABLE AU CORPS", d'après le roman de Raymond Radiguet. On ne peut qu'apprécier la création du personnage de Gérard Philipe dans le personnage de François, Micheline Presle dans celui de Marthe. Gérard Philipe fut récompensé du grand prix d'interprétation masculine au Festival international de Bruxelles en 1947. Il est vrai qu'il n'y en eut que pour le protagoniste masculin, dont on célèbra à l'envi le charme, la séduction et le talent.
Dès lors, Gérard Philipe était installé au premier rang du cinéma français de la fin des années 40. Il allait y rester plus de vingt ans, alternant drames et comédies avec une égale réussite. On a beaucoup médit, à l'époque, de l'adaptation de "LA CHARTREUSE DE PARME" (1947) par Christian-Jaque et Pierre Véry. Aragon excellent stendhalien, fut à peu prés le seul à la défendre. Elle est pourtant beaucoup plus réussie et finalement plus fidèle à l'esprit de l'original que celle de l'autre grand roman de Stendhal, "LE ROUGE ET LE NOIR" (1954) réalisé par Claude Autant-Lara.
Pour Gérard Philipe aussi, il est beaucoup plus satisfait en Fabrice, juvénile et romantique qu'en Julien Sorel, pour lequel il n'avait déjà plus l'âge du rôle et paraissait manquer de flamme intérieure qui doit habiter le personnage. De plus, il était bien entouré par Maria Casarès et Renée Faure, également remarquables en Sanseverina et en Clélia.
Après avoir retrouvé Micheline Presle, sa partenaire du "Diable au corps", Gérard Philipe lui donne la réplique dans "Tous les chemins mènent à Rome" (1948) de Jean Boyer et enchaîne avec "UNE SI JOLIE PETITE PLAGE" (1948) du duo Yves Allégret-Jacques Sigurd, ayant obtenu un triomphe avec "Dédée d'Anvers" qui avait encouragé les producteurs à leur laisser carte blanche pour ce film où Gérard Philipe devenait le nouveau héros du cinéma français après avoir tourné "Le diable au corps". En même temps Allégret créait un mythe : celui du personnage néo-romantique perdu dans la pluie, le brouillard et le désespoir. Mais le miracle n'eut pas lieu et le film fut un échec. La dernière scène du film, au cours de laquelle un couple s'éloigne sous un parapluie, a été tournée à l'envers pour que les techniciens ne se voient pas : les acteurs marchent à reculons. Seule manière de s'en apercevoir : les vagues remontent au lieu de venir mourir sur le sable. "Une si jolie petite plage", est un titre célèbre qui recouvre une sombre histoire, assez conventionnelle, mais qui conserve des admirateurs.
C'est Madeleine Robinson, elle-même, qui a enregistré la chanson (écrite spécialement à cette occasion par Jacques Sigurd) du disque que l'on entend à plusieurs reprises dans le film.
En 1950, Gérard Philipe fait une rencontre beaucoup plus importante, celle du cinéaste René Clair, qui deviendra un ami et sera même témoin de son mariage. Tous deux se retrouveront sur le tournage de "LA BEAUTE DU DIABLE" (1950) avec pour partenaire principal Michel Simon. René Clair, dans sa préface à LA BEAUTÉ DU DIABLE nous avertit : "A quoi peut ressembler le Diable, sinon, dans un spectacle, à l'acteur qui l'incarne ? Est-il petit, grand gros ou maigre jeune ou vieux ? Nous avons pensé qu'il est le reflet de chacun de nous. Et puisque c'est Faust qui l'Invoque, c'est de Faust lui-même qu'il est l'image." A noter que certains critiques anglais se scandalisèrent que. dans le,film. Faust avant signé le pacte n'en exécutait pas le clauses. Ce qui n'était pas correct.
Gérard Philipe participe dans les années 50 à de nombreux films à skektches dont celui de Max Ophuls "LA RONDE" (1950) ou de nombreux acteurs se succèdent : Simone Signoret, Serge Reggiani, Daniel Gélin, Danielle Darrieux, Fernand Gravey, Isa Miranda...Avec ce film on pourrait faire croire que Max Ophuls a réalisé un film polisson, voire graveleux. Il n'en est rien, le ton étant plutôt, ainsi que l'a noté Gunter Grol, à l'"élégie élégante", à la "critique en habit de société". C'est - comme le précise le meneur de jeu - de " l'art de l'amour " qu'il est question dans "LA RONDE", non d'érotisme. La distinction est faite nettement entre le bonheur (qui se trouve "dans la vérité et la pureté") et " cette existence horrible de ruses, de mensonges et de périls constants " qu'est le libertinage.
Autres films à sketches : Il y eut également "SOUVENIRS PERDUS" (1950) réalisé par Christian-Jaque, ou l'on pouvait remarquer une brillante distribution : Yves Montand, Gérard Philipe, Edwige Feullère, Pierre Brasseur, Bernard Blier, Suzy Delair, Daniele Delorme, François Périer, Armand Bernard...
"JULIETTE OU LA CLÉ DES SONGES" (1950) fut réalisé tout de suite après "La Marie du port". Sacha Gordine, le producteur de ce dernier film, ulcéré qu'on dise qu'il avait produit un " Carné à bon marché " donna le champ libre à Marcel Carné. Carné lui proposa aussitôt le scénario de "Juliette" sur lequel il avait déjà travaillé avec Jacques Viot et dont Jean Cocteau avait fait les dialogues, dix ans auparavant. Le scénario fut remanié et c'est Georges Neveux lui-même, auteur de la pièce originale, qui signa les dialogues. Leslie Caron fut pressentie pour le rôle de Juliette, mais elle signa un contrat avec Hollywood et fut engagée pour tourner "Un américain à Paris" avec Gene Kelly. Pour la longue séquence de la forêt, Marcel Carné voulait éviter de tourner en extérieur, bien que les décors en studio soient très coûteux. Ce fut Alexandre Trauner, le grand décorateur de la plupart des films de Carné, qui trouva la solution : au milieu d'arbres réels, il installa des arbres creux en staff autour desquels on colla l'écorce. Il suffisait de soulever ces arbres légers avec l'aide d'un palan pour changer complètement la physionomie du décor. Le film fut mal accueilli au Festival de Cannes pour lequel il avait été sélectionné. La première à Paris fut, en revanche, un véritable triomphe. Le 29 novembre 1951 il épouse Nicole Foucade qui prend le nom d'Anne Philipe.
L'année suivante, c'est un réveil en fanfare avec "FANFAN LA TULIPE" (1951) du cinéasteChristian-Jaque. Même si Gérard Philipe n'est pas Douglas Fairbanks ou Errol Flynn, il reste néanmoins ce que l'on a fait de mieux chez nous dans le genre du cape et d'épée à la française. En tout cas ce rôle fit plu que n'importe quel autre pour la popularité de son interprète, plus même que "Le diable au corps", et au fond, cela se conçoit assez bien.
Nouvelle grande réussite en 1952, avec "LES BELLES DE NUIT" de René Clair, qui restera peut-être le dernier grand film du cinéaste. L'amitié qui unissait René Clair et Gérard Philipe facilitèrent la sûrement la réussite de ce flm. René Clair eut l'idée de son 22e film le 18 avril 1951, en montant la 51e avenue de New York. Rentré précipitamment au 12e étage de l'Hôtel Pierre, il jeta sur le papier quelques éléments de scénario sous le titre "Une idée d'INTOLÉRANCE comique". En effet, à la manière de Griffith, le film devait se dérouler sous quatre époques différentes : 1900, le Romantisme, la Révolution, les Mousquetaires. Un texte de Pascal sur le rêve de l'artisan qui se voit roi avait été à l'origine de cette fulgurante inspiration.
René Clair multiplia les brouillons au cours de ses déplacements à Paris, Venise et Metz, pour aboutir à un scénario qui comportait 514 plans. Le montage définitif en comportera 584. Grâce à un travail de préparation minutieux, le film fut tourné en 9 semaines par 2 équipes qui utilisèrent 2 plateaux voisins des studios de Boulogne. Clair dirigeait la première, il avait confié à Michel Boisrond la responsabilité de l'autre équipe. L'horaire de tournage était strict : de midi à 20 heures. Pour ne pas faliguer ses comédiens; René Clair fit un grand usage des doublures.
Présenté hors compétition au Festival de Venise 1952, le film obtint le Prix de la Critique Internationale. En France, la première eut lieu à l'Opéra, dont Clair s'était si souvent moqué. La sortie aux cinémas Madeleine et Biarritz fut un triomphe.
"LES ORGUEILLEUX" (1953) mise en scène par Yves Allégret est inspiré de "Typhus" de Jean-Paul Sartre, ce film fort réaliste tourné à la fois au Mexique (décors naturels) et en France (studios de Boulogne, décors exécutés par Auguste Capelier d'après une conception de Gunther Gerszo) marqua une date dans l'histoire du cinéma français : celle de la rencontre entre Gérard Philipe et Michèle Morgan. Ces deux acteurs exceptionnels se surpassèrent durant le tournage, en particulier Gérard Philipe qui, dans la célèbre séance où il danse pour un "verre d'alcool", est sublime. Notons que dans le rôle du médecin nous trouvons l'acteur mexicain Carlos Lopez Moctezuma, célèbre jusqu'alors dans son pays pour ses compositions de "méchants" et que le directeur de la photo n'est autre que le fameux Alex Philips responsable des images du classique: "La red" (Le filet) réalisé au Mexique en 1953 par Emilio Fernandez. Gérard Philipe et Michèle Morgan se retrouvèrent en 1955 dans "LES GRANDES MANŒUVRES" de René Clair.
Gérard Philipe avait pris la parfaite mesure de ce réalisateur qui savait tirer du meilleur de lui-même, sa fantaisie, son humour, son allégresse, sa fougue, sa gentillesse jamais dupe". Ce film est la dernière rencontre cinématographique des deux hommes, ce sera d'égale qualité, dans une note plus mélancolique, voire dramatique, que guette un soupçon d'académisme.
Deux autres rôles dominent encore la carrière du comédien: "MONSIEUR RIPOIS" (1953 mise en scène par René Clement, sorte de chef d'oeuvre insolite et méconnu, peut-être le meilleur film du cinéaste!.
C'est Raymond Queneau qui conseilla à René Clément la lecture du roman de Louis Hémon. Cette co-production franco-britannique fut tournée sur deux immenses plateaux des studios d'Elstree et dans les rues de Londres. Les prises de vues en extérieur se firent à l'insu des passants, avec une caméra dissimulée, ce qui permettait d'enraciner parfaitement la fiction dans un contexte réaliste proche du documentaire.
Le script était prêt lorsque Gérard Philipe fut engagé, ce qui amena René Clément et Hugh Mills à modifier le texte initial en fonction de la personnalité et du tempérament du grand acteur français. Pour la vraisemblance du personnage, on consulta même le docteur Strauss, psychanalyste londonien renommé. On décida alors de tourner simultanément deux versions, en anglais et en français. En treize semaines Raymond Queneau écrivit de nouveaux dialogues français. On intégra aussi la "Chanson de Margaret", de Mac Orlan et Marceau, interprétée par Germaine Montéro.
"Monsieur Ripois", que Gérard Philipe considérait comme son meilleur rôle a obtenu le Prix Spécial du Jury pour la mise en scène au Festival de Cannes 1954. 

Il y eut aussi, Sacha Guitry qui lui propose de jouer dans deux de ses films "SI VERSAILLES M'ETAIT CONTE" (1954) dans le rôle de d'Artagnan et "SI PARIS NOUS ETAIT CONTE" (1956). Et c'est encore Micheline Presle qui lui donne la réplique dans "Les Amants de la Villa Borghese" (1953) de Gianni Franciolini, les deux autres interprètes sont François Périer et Vittorio de Sica.
Le tournage du film "LA MEILLEURE PART" débuta le 25 juillet 1955, dans la région de Saint-Jean-de Maurienne, sur le site du barrage d'Aussois, et prit fin le 8 octobre. A l'origine du film, la volonté de certains industriels d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en chantier un plus grand nombre de barrages hydro- électriques.
Prenant parti pour les justes revendications des travailleurs sur les salaires et la sécurité, fustigeant, au passage, le racisme à l'encontre des immigrés, algériens ou italiens, le scénario du film n'a pu que séduire Gérard Philipe, alors très engagé, syndicalement et politiquement. Quant à Yves Allégret qui dirigeait le comédien pour la troisième fois après "Une si jolie petite plage" (1949) et les "Orgueilleux" (1953), il obtint le prix de la mise en scène au Festival Karlovy-Vary.
le 7 novembre 1956 sortit au cinéma l'unique réalisation de Gérard Philipe "LES AVENTURES DE TILL L'ESPEGLE", il fut soutenu par le cinéaste de documentaires Joris Ivens. Le film adapte l’œuvre célèbre, publiée en 1867, de Charles De Coster, écrivain belge d’expression française, où Till, personnage légendaire, symbolise l’esprit de résistance populaire. Les images, par les couleurs, les décors et surtout les costumes, recréent l’atmosphère des tableaux des maîtres flamands, surtout ceux de Breughel.


Le tournage eut lieu pour l’essentiel en Allemagne de l’Est, mais également aux studios de la Victorine (Nice) et, pour les scènes d’hiver, en Scandinavie. Cité au générique comme représentant de la D.E.F.A. (Berlin-Est), le réalisateur franco-néerlandais Joris Ivens fut en fait le conseiller technique de Gérard Philipe. Trois jours après la sortie du film, ce fut l’entrée des chars soviétiques dans Budapest, fâcheuse coïncidence qui nuisit à la carrière du seul film signé Gérard Philipe, où il tentait de retrouver l’esprit de "FANFAN LA TULIPE", qui avait fait sa gloire cinématographique.
"MONTPARNASSE 19" (1957), oeuvre incomprise de Jacques Becker, où il faisait une composition intéressante en Modigliani. Le film est dédié à Max 0phuls qui devait le réaliser. Se sentant malade, il avait souhaité que Jacques Becker mène à bien son projet Ophuls avait écrit le scénario avec la collaboration d'Henri Jeanson. Celui-ci, et le costumier Annenkov, s'inquiètent des bouleversements que Becker apporta à l'œuvre primitive. Il s'ensuivit une longue et pénible polémique à laquelle se mêla la fille de Modigliani. Becker tint bon et réalisa, comme il en avait l'intention, "MONTPARNASSE 19", "d'après son propre découpage et avec le sérieux qu'on voulait bien lui prêter en général".
"LA VIE A DEUX" (1958) est un film posthume de Sacha Guitry, mort le 24 juillet 1957, qu’il n’eut pas le temps de tourner, terrassé par la maladie, il fut remplacé par Clément Duhour qui avait produit ou co-produit les quatre derniers films de Sacha Guitry. Gérard Philipe s'associe à cette prestigieuse distribution : Fernandel, Louis de Funès, Pierre Brasseur, Danielle Darrieux, Edwige Feuillère, Jean Marais, Robert Lamoureux, Lilli Palmer, Sophie Desmarets, Pierre Mondy, Jean Tissier
Avec "LE JOUEUR" (1958), Claude Autant-Lara, délibérément, a gommé de son adaptation du roman de Dostoievski ses aspects tragiques et métaphysiques pour en faire une farce sordidement burlesque. Gérard Philipe avait déjà incarné un personnage de Dosioievski dans "L'IDIOT" de Georges Lampin en 1946.
Roger Vadim - Gerard Philipe - Jeanne Moreau
En 1951, Gérard Philipe avait rejoint Jean Vilar au Théâtre national populaire (T. N. P.) et cette seconde carrière au theâtre vint redoubler sa gloire et sa popularité.". "Le Cid", "Le Prince de Hambourg", "Lorenzaccio", "Ruy Blas", "Les Caprices de Marianne", "On ne badine pas avec l'amour" (monté par René Clair en 1959) firent autant que les plus célèbres films pour sa jeune renommée. "Gérard Philpe, ange, aigrette du théâtre...écrivait Roger Nimier après sa mort. Théâtre et cinéma sont inséparables dans cette carrière unique, ils ont également contribuer à fixer la figure inoubliable de celui, qui "derrière lui ne laisse que l'image du printemps", ainsi que l'écrivait Aragon, quand il disparut, encore en pleine jeunesse.
Le 25 novembre 1959, Gérard Philipe meurt, en pleine gloire, à 37 ans. Il repose au petit cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez.
A SUIVRE_______________________________
Le Cid
Anne Philipe
Brigitte Bardot
Anouk Aimée
Sur le tournage de "La meilleure part" d'Yves Allégret
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21 novembre 2009
JOCELYN QUIVRIN
Acteur Français
L'acteur Jocelyn Quivrin se tue au volant de sa voiture de sport en région parisienne, un dimanche 15 novembre 2009. Il fut l'un des acteurs les plus prometteurs du cinéma français.
Le jeune acteur français Jocelyn Quivrin qui avait tourné dans une trentaine de films au cinéma et de nombreux téléfilms dont "Rastignac ou les ambitieux" qui l'avait fait connaître, est mort dimanche soir dans un accident de la route sur l'A13, a-t-on appris de source policière.
Vers 23H20, l'acteur, 30 ans, a perdu le contrôle de son véhicule de sport, qui a pris feu sous le tunnel de Saint-Cloud en région parisienne, a précisé une source policière, confirmant une information de RTL. Il était seul à bord, a-t-on précisé.
Selon les premiers éléments de l'enquête, son véhicule aurait percuté une rampe de béton après avoir dérapé sur une chaussée humide, dès l'entrée du tunnel.
Selon le centre régional d'information routière (Crir) d'Ile-de-France, le tunnel a été fermé à la circulation dans le sens province-Paris jusqu'à 02H30 lundi.
En 2008, il donnait la réplique à sa compagne Alice Taglioni, avec laquelle il avait un enfant, dans "Ca$h" d'Eric Besnard. L'acteur avait débuté au cinéma à l'âge de 13 ans dans "Louis, enfant roi" de Roger Planchon, en sélection officielle au Festival de Cannes en 1993.
Mais il avait été popularisé par le téléfilm "Rastignac ou les ambitieux" d'Alain Tasma diffusé sur France 2 en 2001 et dont il tenait le rôle-titre à vingt-deux ans. Son interprétation flamboyante de ce jeune ambitieux balzacien lui avait valu le prix d'interprétation masculine au Festival de Luchon.
Né le 14 février 1979, Jocelyn Quivrin s'était inscrit en faculté de cinéma après le baccalauréat mais avait vite abandonné les cours pour se lancer dans la vie professionnelle.
A la télévision, il avait débuté en 1990 dans "Port Breac'h" de Pierre Goutas et enchaîné les rôles dans une vingtaine de téléfilms en dix ans, apparaissant aussi dans les séries "Julie Lescaut", "L'instit" ou "Maigret".
Au cinéma, il débute dans "LOUIS ENFANT-ROI" (1992) de Roger Planchon aux côtés de Carmen Maura, il incarnait Philippe Duc d'Anjou; Puis il enchaîne avec deux autres tournages :"FIESTA" (1995) réalisé par Pierre Boutron avec Jean-Louis Trintignant, Marc Lavoine et Laurent Terzieff dans les rôles principaux, et "AU PETIT MARGUERY" (1995) de Laurent Bénégui aux côtés de Stéphane Audran, Michel Aumont et Jacques Gamblin.
En 1998, il participe au tournage de "TOULOUSE-LAUTREC" réalisé par Roger Planchon. A la fin des années 90, il a déjà interprété plusieurs rôles au cinéma dont le fameux "PEUT-ETRE" (1998) de Cedric Klapisch avec Jean-Paul Belmondo et Romain Duris. Il est également à l'affiche de "SANS PLOMB" (1999) de Muriel Téodori avec Emma de Caunes.
Il y eut aussi "Féroce" (200) de Gilles de Maistre, "CLEMENT" (2001) d'Emmanuelle Bercot, "SANS ELLE" (2003) d'Anna da Palma. Suivront un nombre important de longs métrages tournés au fil du temps, on peut souligner sa participation en 2006 dans "JACQUOU LE CROQUANT" (2005) de Laurent Boutonnat aux côtés d'un autre jeune acteur prometteur Gaspard Ulliel. Jocelyn Quivrin qui a d’abord été pressenti pour incarner le personnage de Jacquou finalement tenu par Gaspard Ulliel. L’acteur qui venait de terminer "L’EMPIRE DES LOUPS" a décliné la proposition de Laurent Boutonnat avant d’accepter finalement d’interpréter le comte de Nansac, ennemi juré de Jacquou.
Jocelyn Quivrin avait joué dans une trentaine de films, dont les comédies à succès "Lol" (2009) de Lisa Azuelos (qui n'est autre que la fille de Marie Laforêt) "99 Francs" de Jan Kounen et sera à l'affiche de "La famille Wolberg" d'Axelle Ropert, attendu en salles le 2 décembre 2009.
Il avait également été dirigé à deux reprises par Léa Fazer "L'île aux parents" en 2009, "Notre univers impitoyable" deux ans plus tôt et travaillé avec Jean-Claude Brisseau ("A l'aventure").
Jocelyn Quivrin avait aussi fait deux incursions au théâtre, en jouant dans la pièce d'Oscar Wilde "L'éventail de Lady Wintermere" mise en scène par François-Louis Tilly en 2003 et dans "Do you love me" de Redjep Mitrovista au Festival d'Avignon cinq ans plus tôt.
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19 novembre 2009
ANNIE GIRARDOT, ELOGE D'UNE ACTRICE EMOUVANTE (2ème partie)
2ème Partie
On retrouve Annie Girardot dans une comédie qui n'arrive point à s'affirmer, "JULIETTE ET JULIETTE " (1973) de Rémo Forlani avec Marlène Jobert et Pierre Richard.Apparaissent également au cours du film : Philippe Léotard en catcheur séducteur, Patrick Préjean en client de taxi irascible et Daniel Prévost qui personnifie l'ami du photographe, joué par Rémo Forlani lui-même.
L'année 73 se termine avec le tournage du film "URSULE ET GRELU" du cinéaste Serge Korber. Le film n'eut pas un grand intérêt, mise à part l'interprétation d'Annie Girardot, elle y est membre de l'armée du salut, aux côtés d'un Bernard Fresson en accordéoniste. A cette époque là, Annie tourne trop, on a l'impression qu'elle ne prends pas le temps de lire suffisamment les scénarios qui lui sont proposés.
C'est en 1974, qu'Annie Girardot va remporter son plus grand succès avec "LA GILFE" de Claude Pinoteau aux côtés de Lino Ventura, Isabelle Adjani et Francis Perrin. Le film est resté à l'affiche des cinémas parisiens en exclusivité pendant plus de 27 semaines. Ce sucès elle le partage avec Lino Ventura qui déclara :"Le sujet m'a plu, déclare Lino Ventura, car Dabadie, Pinoteau et moi-même avons des filles, nous avons voulu faire une comédie intergénération en faisant appel à nos propres expériences de père". Cette "comédie passionnelle" comme aime l'appeler Claude Pinoteau, est le second film du réalisateur qui a en effet signé avec la même équipe un film policier très apprécié "Le silencieux".
Annie Girardot s'engage dans trois autres films, l'un sur l'évocation de la tragédie chilienne "IL PLEUT SUR SANTIAGO" (1975) d'Helvio Soto aux cotés de André Dussolier, Bernard Fresson, Jean-Louis Trintignant, Maurice Garrel, Serge Marquand, Laurent Terzieff, Bibi Andersson et Ricardo Cucciolla. Le suivant avec Alain Delon dans "LE GITAN" (1975) adapté du roman "Histoire de fou", paru, dans la série noire, José Giovanni la nettement transformé : le héros, Pierre Loutrel, alias Pierrot le fini, disparaît et se mue en Gitan, devenu truand par révolte hors de toute mythologie gangstériste. Alain Delon, ici également coproducteur.
Et enfin "IL FAUT VIVRE DANGEREUSEMENT" (1975) dont ce fut l'unique réalisation de Claude Makowski. Elle y est l'amie de Claude Brasseur, petit detective privé qui rêve de partir construire un hôtel sur une île et manger des écrevisses tous les jours.
Un autre triomphe d' Annie Girardot, "DOCTEUR FRANCOISE GAILLAND" (1976), inspiré d'un roman de Noelle Loriot "Un cri" ". C'est Annie Girardot, passionnée par le roman, qui choisit d'en confier l'adaptation à Jean-Louis Bertucelli, dont elle avait beaucoup admiré "Remparts d'argile" (1970) et "On s'est trompé d'histoire d'amour" (1974). Il semble qu'ensuite les affinités entre le cinéaste et son interprète aient fait place à de l'incompréhension - " Quand j'ai eu connaissance de cette adaptation, j'ai été catastrophée. C'était insipide, crétinisant... " (A. Girardot, entretien dans " L'Unité ").
" Annie Girardot est une grande comédienne, mais le film que je voulais faire n'était pas celui qu'elle voulait faire. Cette histoire ne m'intéressait pas. " (J.-L. Bertucelli, Le Film Français, 8 avril 1977).
En dépit de ces " divergences " et d'un accueil critique plutôt mitigé, le film connut un très grand succès commercial puisqu'il rassembla, en quinze semaines d'exclusivité parisienne, 527 204 spectateurs.
Avec le film de Jean-Pierre Blanc, Annie donne la réplique à Julien Clerc et Miou-Miou avec "D'amour et d'eau fraîche" (1975) et retrouve par le suite le cinéaste de "Mourir d'aimer" et "Il n'y a pas de fumée sans feu", André Cayatte qui s'interroge sur l'enfance kidnappée dans "A CHACUN SON ENFER" (1976), quelques temps auparavant, l'affaire Patrick Henry et celle du "Pull-over rouge" ont été un choc émotionnel auprès du peuple français. Annie Girardot a de nouveau pour partenaire Bernard Fresson. Il s'agit d'un des derniers films avec Fernand Ledoux.
Annie Girardot incarne une toiletteuse de chiens dans "COURS APRES MOI QUE JE T'ATTRAPPE" (1975) mise en scène par Robert Pouret avec Jean-Pierre Marielle. Elle forme avec lui un couple ordinaire, mais attachant auprès du public français. Elle est patronne de gargotte dans "JAMBON D'ARDENNE" (1976) de Benoit Lamy, chauffeur de taxi dans "LE DERNIER BAISER" (1976) de Dolorès Grassjan avec Bernard Fresson et Maria Pacôme.
"LE POINT DE MIRE" (1977) de Jean-Claude Tramont s'inscrit dans la lignée de ces films répondant à la paranoïa engendrée par l'assassinat du président Kennedy. C'est à dessein que le scénario reste flou sur certains points, accréditant la thèse que le meurtre de John W. Maxwell a été décidé au plus haut niveau et que, comme Lee Harvey Oswald, il fallait trouver un homme (ou une femme) « de paille » : « L'important, c'est de savoir choisir, dit l'un des artisans du complot. Choisir sa victime, c'est facile. Il faut savoir choisir le coupable. ». Aux côtés d'Annie Girardot, Jacques Dutronc et Jean Bouise.
En 1977, Annie Girardot et Philippe Noiret forment un tandem dans "TENDRE POULET" d'après le roman "Le Frelon" – dont la construction en trois points de vue différents a ici disparue Jean-Paul Rouland et Claude Olivier, fut suivi de "La Fouine" et de "Poulet à l'italienne". La voix du mainate d'Antoine Lemercier est en fait celle de Michel Audiard. En 1980, Philippe de Broca réalisa une suite de "Tendre poulet", "ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER", avec la même équipe :Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Francis Perrin et Roger Carel.

Dans "L'AMOUR EN QUESTION" (1977) d' André Cayatte, Annie Girardot incarne un juge d'instruction, avec "VAS Y MAMAN" (1978) elle est un écrivain aux côtés de Pierre Mondy, Nicole Calfan et Claude Piéplu. Annie donna également la réplique à Patrick Dewaere dans "LA CLE SUR LA PORTE" (1978) d'Yves Boisset.
Annie Girardot affirme une certaine indépendance dans le choix de ses films, et celà depuis "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch. "LA ZIZANIE" (1978) réalisé par Claude Zidi fut l’unique occasion pour Annie Girardot et Louis de Funès de partager la vedette d’un film, ils furent tous deux assez émouvant.

On peut également ajouté dans la filmographie d'Annie Girardot sa participation dans le film de Luigi Comencini "LE GRAND EMBOUTEILLAGE" (1978) ou l'on pouvait reconnaître un nombre important d'acteurs de toutes nationalités confondues : Miou-Miou, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu, Fernando Rey, Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi et Stefania Sandrelli...
Il y eut aussi "LE CAVALEUR" (1979) de Philippe de Broca avec Jean Rochefort,Danielle Darrieux et Nicole Garcia, et "CAUSES TOUJOURS TU M'INTERESSES" (1978) du cinéaste Edouard Molinaro, elle y retrouvait son partenaire Jean-Pierre Marielle. l’aube des années quatre-vingts, Annie Girardot demeure toujours l’actrice française la plus populaire. Selon son habitude, elle alterne les genres, passant d’une comédie à un film policier puis à un drame sentimental, en interprétant des personnages souvent profondément ancrés dans la réalité sociale tels que médecin, professeur, chauffeur de taxi, avocat ou tout simplement femme au foyer. «Je crois que je suis la seule en France à avoir joué des rôles qui pouvaient aider les femmes. J’ai joué des rôles plus forts, des rôles d’homme» (in «La Revue du Cinéma» n° 472, Juin 1991).
Jamais négatifs ou résignés, les personnages qu’elle incarne sont en perpétuel combat contre les injustices et les préjugés, comme l’avocate d’"UNE ROBE NOIRE POUR UN TUEUR" (1980) de José Givanni et son attaque virulente contre la peine de mort. Mais à la suite de quelques échecs publics consécutifs, dont le méconnu "LA VIE CONTINUE" (1981) mise en scène par Moshé Mizrahi aux côtés de Jean-Pierre Cassel et Pierre Dux, où elle donne la réplique à sa propre fille Giulia Salvatori, les producteurs se détournent subitement d’elle et les projets, comme «Ticket d’acier» écrit par Bertrand Blier pour Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et elle, n’aboutissent pas. De surcroît, son spectacle au Casino de Paris «Revue et corrigée», en 1982, s’avère un échec cuisant, laissant la comédienne moralement meurtrie. Mais Annie Girardot représente une figure familière dont le cinéma français semble ne pouvoir se passer et, en 1984, les propositions affluent de nouveau.
Une nouvelle Girardot, plus sereine et libérée des fluctuations du box-office, entame une nouvelle carrière dominée par les rôles de mères : vengeresse "LISTE NOIRE" (1984) d' Alain Bonnot, jalousement possessive de son fils unique "PARTIR REVENIR" (1984) de Claude Lelouch, "CINQ JOURS EN JUIN" (1988) de Michel Legrand ou simplement attendrie et bienveillante face à une progéniture turbulente et envahissante "MERCI LA VIE" (1991) du cinéaste Bertrand Blier.
Les cinéastes n’hésitent plus à lui confier des personnages peu sympathiques, comme la taularde féroce et délatrice de "PRISONNIÈRES" (1988) de Charlotte Silvera et «Le Fléau», insupportable mégère et compagne grossière de Paul Léautaud dans "COMÉDIE D’AMOUR" aux côtés de Michel Serrault. Claude Lelouch, qui lui voue une fidélité à toute épreuve, l’engage avec régularité. L’Italie, sa seconde patrie, la sollicite également tant au cinéma qu’à la télévision, mais les films qu’elle y tourne demeurent à ce jour inédits en France. Sa popularité l’amène tout naturellement à travailler pour la télévision et les populaires séries estivales «Le vent des moissons» et «Orages d’été» la confrontent aux réalités rurales et aux déboires sentimentaux dont le grand public raffole.
Elle tourne également pour le petit écran dans «Un métier de seigneur», «Le front dans les nuages», aux côtés de Danielle Darrieux, «Les merisiers» et «Un pull par-dessus l’autre». Toujours présente au théâtre, elle joue «Marguerite et les autres» (1983), spectacle composé de textes de Jean Cocteau, Jean-Loup Dabadie, Pierre Étaix, Michel Audiard et Félix Leclerc, «L’avare» de Molière, dans une mise en scène de Roger Planchon (1986), avec Michel Serrault, «Première jeunesse» de Christian Giudicelli (1987), avec Odette Joyeux, «Le roi se meurt» d’Eugène Ionesco (1988), «Heldenplatz» de Thomas Bernhard (1991), «La famille écarlate» de Jean-Loup Dabadie (1992) et «Les chutes du Zambèze» de Daniel Soulier (1995), etc… En complément de ces multiples activités, Annie Girardot est l’auteur de deux recueils de souvenirs «Vivre d’aimer» et «Ma vie contre la tienne», dédié à sa mère.
De 1990 à 2000, la carrière de la comédienne se décline essentiellement à la télévision, en Italie ou en France. Elle joue beaucoup moins au cinéma mais décroche malgré tout un César du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans "LES MISERABLES" (1994) de Claude Lelouch. Sur scène, l’actrice livre un bouleversant discours qui restera dans les annales de la cérémonie, lâchant en larmes « je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma, mais lui m’a manqué infiniment, follement, éperduement… ».
On la retrouve ensuite dans "LES BIDOCHONS" (1996), "CECI EST MON CORPS" de Rodolphe Marconi (2001) et surtout "LA PIANISTE" de Michael Haneke où une fois de plus son remarquable charisme crève l’écran, ce qui lui permet de remporter un nouveau César. Récemment, Annie Girardot a prêté sa voix au film d’animation de Jacques Rémy Gireird "LA PROPHETIE DES GRENOUILLES" (2003) avant de faire des apparitions dans "LE TEMPS DES PORTE-PLUMES" (2006) de Daniel Duval, "C’EST BEAU UNE VILLE LA NUIT" (2006) de Richard Bohringer, "BOXES" (2007) de Jane Birkin ou "CHRISTIAN" (2007) de Elisabeth Löchen. En septembre 2006, le grand public apprend par l’intermédiaire de son avocat, puis de la presse, qu’Annie Girardot est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le livre « La Mémoire de ma mère » paru en avril 2007 et écrit par sa fille Giulia Salvatori, raconte le combat quotidien de l’actrice contre la maladie.
Annie Girardot reçoit des mains de Charles Vanel, le César de la Meilleure actrice pour "Docteur Françoise Gailland". 1976
Contrairement à d'autres, on peut percevoir la tendresse de l'immense comédien qu'était Michel Serrault à l'égard d'Annie Girardot...
Présidente des César l'année suivante, il faut reconnaitre que nous avont tous été émus par son discours émouvant...lors des César.

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Son bien-aimée Renato Salvatori
Philippe Noiret
Claude Brasseur
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12 novembre 2009
ANNIE GIRARDOT, ELOGE D'UNE ACTRICE EMOUVANTE
Actrice Française
Annie Girardot est l'une des dernières actrices d'une époque révolue, le public se reconnait en elle, elle reste l'une des comédiennes les plus aimées et les plus authentiques du cinéma français . Quelques titres parmis les plus importants de sa carrière : "L'homme aux clés d'or" avec Pierre Fresnay, "Maigret tend un piège" de Jean Delannoy avec Jean Gabin,"Rocco et ses frères" de Luchino Visconti avec Alain Delon et Renato Salvatori (son futur époux), "La proie pour l'ombre" d'Alexandre Astruc avec Daniel Gélin, "Le Rendez-vous" de Jean Delannoy avec Jean-Claude Pascal et Philippe Noiret, "Le bateau d'Emile" de Denys de la Patellière avec Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon, "Le vice et la vertu" de Roger Vadim avec Catherine Deneuve et Robert Hossein, mais également "Trois chambres à Manhatta" de Marcel Carné avec Maurice Ronet, "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch avec Yves Montand, "La bande à Bonnot" avec Jacques Brel, "Dillinger est mort" de Marco Ferreri avec Michel Piccoli, "Un homme qui me plait" de Lelouch avec Jean-Paul Belmondo, "Clair de terre" de Guy Gilles avec Edwige Feuillère, Micheline Presle et Roger Hanin, "Elle boit pas, elle fume pas mais elle cause" d'Audiard avec Bernard Blier entre autres.
A partir des années 70, on peut souligner sa participation dans "Les novices" avec Brigitte Bardot et "Guerre secrète" avec Bourvil, même si on aurait préfèrer un autre face à face avec Bourvil. Il y eut également "Mourir d'aimer" d'André Cayatte, quatre autres films en compagnie de Philippe Noiret, cela commence avec "La vieille fille" puis "La mandarine", et enfin les deux films de Philippe de Broca "Tendre poulet" et "On a volé la cuisse de Jupiter".
Il y eut aussi "Docteur Françoise Gailland" avec Jean-Pierre Cassel et une débutante nommée Isabelle Huppert, "Traitement de choc" d'Alain Jessua avec Alain Delon et Michel Duchaussoy, "Il n'y a pas de fumée sans feu" et "A chacun son enfer" deux films réalisés par André Cayatte. Et enfin, l'un de ses plus grands succès populaires "La gifle" aux côtés de Lino Ventura et Isabelle Adjani.
Annie Girardot est née le 25 octobre 1931 à Paris, dans le quartier de la Bastille. Sa mère est présidente des sages-femmes de France. Elle n'a jamais connu son père, décédé alors qu'Annie était une jeune enfant. Son frère, Jean, est de cinq ans son aîné. Après une enfance passée à Caen, elle prépare un diplôme d'infirmière à Paris sans grand enthousiasme.
Annie Girardot se découvre une vocation pour la comédie, elle se met à fréquenter le Centre Dramatique de la rue Blanche dès le mois d'avril 1949. Elle à Jean Meyer pour professeur. Sa première prestation au théâtre fut le rôle de Dorine dans une scène de "Tartuffe"; Elle poursuit la filière qui l'a conduit directement au Conservatoire, ou elle travaille sous la direction d'Henri Rollan.
En 1954 au Conservatoire : double premier prix de comédie, classique et moderne, que celle-ci remporte pour avoir interprété une scène de " La locandiera," de Carlo Goldoni. Annie est engagée à la Comédie Française. Pendant deux années elle interprète le répertoire : (Sylvia dans "Les jeux de l'amour et du hasard" de Musset), (La paix chez soi de Courtenine), (Les Misérables de Victor Hugo avec Aimé Clariond)
Annie Girardot débute au cinéma à la fin de l'été 1955, dans un film méconnu d'André Hunebelle "TREIZE A TABLE" (1956), adapté d'une pièce de Marc-Gilbert Sauvajon avec Micheline Presle et Fernand Gravey. Le film n'offre guère grand interêt, mise à part qu'il s'agit de son premier film. Juste après son premier tournage cinématographique, elle enchaîne une pièce de théâtre de Jean Cocteau "La machine à écrire" et endosse le rôle de Margot. La critique est unanime, on parle d'Annie Girardot comme la grande révélation de ses dix dernières années.
Le cinéma s'interesse au cas Girardot, elle donne la réplique à Pierre Fresnay dans "L'HOMME AUX CLES D'OR", sous la direction de Léo Joannon. Le tournage débute le 22 mai 1956 pour s'achever le 13 juillet 1956. Annie eut un succès considérable, les critiques étaient emballés par sa performance. Les "clefs d'or" du titre sont celles figurant sur le blason cousu au revers de la livrée des portiers des grands hôtels. "Aidé par l'association des "Clefs d'Or" et par son président qui m'a donné quelques préceptes, je me suis amusé à observer les gens de l'hôtellerie et j'ai eu leur accord. Ils m'ont dit "C'est parfaitement vraisemblable." ("Pierre Fresnay", La Table Ronde, 1975). C'est le second film interprété par Annie Girardot qui, durant le tournage à Monte-Carlo, devait rentrer à Paris presque tous les soirs pour jouer, à la Comédie Française, "La machine infernale" de Jean Cocteau. Elle obtient l'année suivante le " Prix Suzanne Bianchetti ", pour "L'homme aux cles d'or".
Annie Girardot joue a merveille les petites garces, trois jours après la fin du tournage de "L'homme aux clés d'or", Annie Girardot enchaîne avec "REPRODUCTION INTERDITE" (1956) de Gilles Grangier, adapté du roman de Michel Lebrun. Il s'agit du seul film joué en vedette par le comédien Paul Frankeur : «Le producteur, Lucien Viard, voulait faire un film avec Paul Frankeur, expliqua Gilles Grangier. (…) Il était très ami avec lui et ne trouvait pas juste qu’il soit toujours réduit au rôle de faire-valoir. Je connaissais bien Paul, qui était un ami et avec qui j’avais fait plus d’une douzaine de films. . Je l’aimais beaucoup et je n’étais pas le seul. (in «Passé la Loire, c’est l’aventure», entretiens avec François Guérif, Terrain Vague, Losfeld, 1989). C’est Annie Girardot qui avait lu le livre de Michel Lenoir à la faveur d’un voyage en train et qui le recommanda à Gilles Grangier. Michel Lenoir était alors le pseudonyme de Michel Lebrun, auteur réputé de romans policiers (plus de 80 titres) dont une dizaine devait fournir des sujets au cinéma, et qui allait devenir dans le courant des années soixante, le «scénariste le mieux payé de France». Insatisfait des recettes, le producteur ressortit le film sous le titre "Meurtre à Montmartre", ce qui est mensonger, étant donné que l’action ne se passe jamais sur la Butte… «… Il paraît que "Meurtre à Montparnasse" faisait trop long sur l’affiche» précisa Gilles Grangier.
L'année 1957, elle participera à quatre films : "LE ROUGE EST MIS" mis en scène par Gilles Grangier, adapté par Michel Audiard et Auguste Le Breton, d'après son roman. Aux côtés de Jean Gabin, Lino Ventura, Paul Frankeur et Marcel Bozzuffi. Grangier énonce dans ses mémoires "50 ans de cinéma" : " Le vieux (Gabin) était monolithique, sans pitié ! Lino crevait l'écran. Frankeur et Bozzuffi étaient parfaits. Et je retrouvais Girardot. Elle était bandante, l'Annie, et quel talent !".
Le suivant "L'AMOUR EST EN JEU" ou "Ma femme, mon gosse et moi" de Marc Allégret lui permet d'interpréter quelque chose de différent dans le rôle de Marie-Blanche,si fine et sensible, Annie Girardot partage l'afficihe avec Robert Lamoureux, Jacques Jouanneau, Pierre Doris (qui vient de nous quitter) et Jean Parédès.
Le troisième film de l'année 57 est "MAIGRET TEND UN PIEGE", Jean Gabin fut chronologiquement le huitième comédien à incarner le commissaire Maigret au cinéma depuis 1932, d'après les romans de Georges Simenon. Jean Delannoy assura la mise en scène. Ce fut l'un des meilleurs films du cinéaste, il semblait s'interesser à ce film beaucoup plus qu'à certains autres. Maigret y faisait l'analyse pychologique d'un tueur (Jean Desailly) dont sa femme n'est autre qu'Annie Girardot.
Et enfin "Le desert de Pigalle" permet à Annie de retrouver Leo Joannon en 1957, cette fois-ci comme partenaire et réalisateur, elle y est encore une fois, une fille perdue "Josy la panthère" dont un prêtre essaue de la remettre dans le droit de chemin. Pendant deux ans, Annie Girardot va déserter les plateaux de cinéma, jusqu'en septembre 1959,au profit des planches...Elle quitte la Comédie Française. En 1958, aux côtés de Jean Marais, elle joue " Deux sur une Balançoire ", de William Gibson, au Théâtre des Ambassadeurs. En 1960, c'est " L'idiote ", de Marcel Achard, avec Jean-Pierre Cassel, au Théâtre Antoine.

Annie Girardot tourne "LA CORDE RAIDE" (1959) d'un jeune réalisateur Jean-Charles Dudrumet, tiré d'un roman de Michel Lebrun "La veuve". Son partenaire n'est autre que François Périer. Elle poursuit avec "RECOURS EN GRACE" (1959) du cinéaste Laszlo Benedek, (célèbre pour avoir tourné "L'équipée sauvage" avec Marlon Brando) inspiré d'un roman d'Henri Calef, le film n'offre pas une performance interessante à l'actrice. Il lui faudra attendre une rencontre exceptionnelle, celle de Luchino Visconti qui fait appel à elle pour tourner aux côtés d'Alain Delon, Katina Paxinou, Renato Salvatori, Suzy Delair dans "ROCCO ET SES FRERES" (1960). Une oeuvre magistrale, inoubliable sur une musique de Nino Rota. Un véritable chef d'oeuvre dont la première projection date du 10 mars 1961.
Adapté d'un ouvrage italien, "Rocco et ses frères" combine diverses influences, en particulier celles de Dostoïevski ("Les frères Karamazov") et Verga. On peut aussi le considérer comme une sorte de suite libre à "La terre tremble" tourné par Visconti en 1948 et qui fut un des grands films de l'école néo-réaliste. Le mélange d'acteurs italiens et français ne nuit pas à la profonde authenticité de l'œuvre. En 1960, le film remporta le Prix Spécial du Jury, le "Lion de Saint-Marc", en argent, au Festival de Venise. Annie Girardot interpréter le rôle de Nadia, une jeune prostituée. Ce film a permit à Alain Delon de voir lancer sa carrière internationale. Quant à Annie Girardot, elle épousa Renato Salvatori le 6 janvier 1962.
Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti pendant le tournage
Entre-temps, Annie Girardot avait tourné dans le film à sketches "LA FRANCAISE ET L'AMOUR" (1960) dont le sketche s'intitule "Le divorce". Alexandre Astruc réalise "LA PROIE POUR L'OMBRE" (1960) dans lequel Annie a pour mari Daniel Gélin et Christian Marquand pour amant. Alexandre Astruc présentait ainsi son film: La protagoniste de "La proie pour l'ombre" s'occupe d'une galerie de peinture et habite avec son mari, qu'elle a épousé sans jamais l'avoir réellement aimé. Aussi le sentiment qui l'unit à lui préserve son indépendance. Mais quand elle rencontrera un homme qu'elle adore et auprès de qui elle ira vivre, l'amant se substituera au mari. Elle deviendra alors dépendante et sera amenéeà briser, ainsi que les premiers, ces nouveaux liens.
Le film reprenait un projet écrit deux ans auparavant par Astruc et Françoise Sagan, "La plaie et le couteau", qui devint, après le désistement de la romancière, "LA PROIE POUR L'OMBRE". " Astruc ajoutait : "On dit déjà que mon film est le conflit entre la femme moderne et l'amour. Ce n'est pas exact. J'ai voulu plus précisément exprimer la difficulté qu'a une femme d'accepter d'être une femme. Elle est tellement persuadée qu'elle est l'égale de l'homme que lorsqu'un homme, par amour, la féminise, elle éprouve non pas une révolte mais un déchirement."








Après avoir rapidement tourné un sketch du film de Michel Boisrond "LES AMOURS CELEBRES" (1961), Annie Girardot donna la réplique à Edwige Feuillère. Après avoir séjourné aux Etats-Unis aux côtés de Renato Salvatori, Annie s'investit corps et âmes dans "LE BATEAU D'EMILE" (1961) de Denys de la Patellière aux côtés de Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon. Ce film est tiré d'une adaptation de Simenon – "Le bateau d'Émile", retitré "Le homard flambé" lors d’une nouvelle sortie, fut tourné à La Rochelle. La nouvelle de Simenon, en revanche, se situait à Fécamp. Annie Girardot, au «Mistigri», interprète une chanson écrite spécialement pour le film par Jacques Plante pour les paroles et Charles Aznavour pour la musique.
Annie Girardot va rester absente des plateaux pendant pendant une dizaine de mois, le temps de donner naissance à a fille Giulia, le 15 juillet 1962. Annie retrouve les plateaux de cinéma, Roger Vadim prépare son prochain film "LE VICE ET LA VERTU" (1962). Ce film permet à l'actrice de rivaliser avec une débutante Catherine Deneuve, et de donner la réplique à Robert Hossein.
Lorsque, en 1961, Roger Vadim et Roger Vaillant annoncèrent leur projet d'adapter très librement les textes sulfureux du Marquis de Sade, l'affaire fit grand bruit. Le cinéaste et le romancier avaient fait sensation l'année précédente avec la sortie commerciale tumultueuse des LIAISONS DANGEREUSES 1960, que plusieurs municipalités avaient censurées. Le titre et le choix des prénoms féminins évoquaient directement l'_uvre du Marquis de Sade, l'auteur de et de l'. Les conditions de production et de distribution, bridées par une censure vigilante, ne permettaient guère une transposition fidèles des délires sadiens. On était loin de la liberté que s'octroya en 1975 Pier Paolo Pasolini pour SALO -OU LES CENT VINGT JOURNEES DE SODOME. Au moment de la sortie du film, Roger Vadim minimisa la référence au divin marquis, mais la critique en était restée aux précédentes déclarations d'intentions. Le malentendu desservit considérablement le film. Après avoir été le démiurge de Brigitte Bardot et d'Annette Stroyberg, Roger Vadim avait confié l'un des deux rôles principaux à Catherine Deneuve, alors jeune débutante devenue sa compagne.
Annie Girardot participera au tournage de sept films italiens, dont trois d'entre eux sortent du lot. 1963 est sa première rencontre avec l'univers si particulier des films de Marco, Ferreri, "LE MARI DE LA FEMME A BARBE" (1963) avec Ugo Tognazzi. Le film fut accueilliavec mépris et dégoût par la presque totalité de la presse française. Ce sixième film de Marco Ferreri permettait une difficile performance d'actrice; couverte des pieds à la tête d'un pelage inesthétique, Annie Girardot parvenait à exprimer une sensibilité qui faisait oublier la laideur factice dû à ce maquillage inhabituel. Le scénario ne faisait aucune concession à la bienséance, ce qui explique l'hostilité que "LE MARI DE LA FEMME A BARBE" rencontra au festival de Cannes de 1964. Pour ne pas heurter un public commercial désorienté par un tel excès d'humour noir, les producteurs imposèrent un autre dénouement. C'est ainsi qu'on put voir la femme-singe perdre tous ses poils avant d'accoucher et mettre au monde un bébé normalement constitué. Maria cessait d'être le monstre qu'on exhibe et commençait une nouvelle vie de femme normale. Antonio, sur les conseils d'un médecin avisé devenait un travailleur honnête... Il va de soi qu'une telle fin heureuse provoquait une rupture de style qui contrastait fort avec le ton grinçant de cette fable sur l'appât du gain et l'irrespect de la personne humaine.


Il faut souligner également la prestation d'Annie Girardot dans le film de Mario Monicelli "LES CAMARADES" (1963). Le film fut tourné au printemps 63, l'actrice incarnait à nouveau une prostituée. Après avoir été plusieurs fois primé, notamment à Mar Del Plata, où il a remporté le grand prix en 1964, ce film, dont la sortie en France a été tardive, a partout connu un échec commercial, à la grande amertume de ses auteurs. Sans doute, comme le pense Monicelli lui-même (Cf. " Le Cinéma Italien ", par Jean Gili, 10/18) était-il en avance sur son temps. On avait alors peu l'habitude de voir une fresque sociale (sur la première grève ouvrière à une époque charnière de l'histoire italienne) aussi peu chargée d'effets romanesques, d'accessoires " d'époque ", d'éléments dramatiques. Refusant, tout à la fois, le pur documentaire sur la condition ouvrière, selon un schéma politique propagandiste, et la reconstitution néo-réaliste d'un univers à la Zola, Monicelli et ses collaborateurs ont accumulé les handicaps.



Il y eut aussi le film à sketches "Les hors-la-loi du mariage" (1963) d'une ultime collaboration entre Valentino Orsini et les frères Taviani. Il s'agissait de six sketches sur les aberrations engendrées par une législation proscrivant le divorce.
Elle accepte de jouer dans le premier film de Robert Thomas, d'après une pièce de Felix Marceau "LA BONNE SOUPE", ainsi que de donner la réplique à Bourvil dans "GUERRE SECRETE" (1965) de Terence Young (il s'est illustré dans les premiers James Bond ). On peut s'apercevoir que sa carrière cinématographique est dans une impasse. On ne lui propose rien d'interessant.
Elle est l'interprète d'Arthur Miller, dans " Après la chute ", en 1965, au Gymnase, avec Michel Auclair et d'une comédie musicale de Renato Rascel, " Le Jour de la Tortue", aux côtés de Philippe Nicaud, au Théâtre Marigny. Annie est à l'affiche avec "TROIS CHAMBRES A MANHATAN" (1965), adaptation d'un roman de Georges Simenon, plusieurs cinéastes s'y étaient interessés. Carné souhaitait donner un cacher d'authenticité au roman de Simenon en tournant effectivement son film à New York. Après un voyage préparatoire, il dut y renoncer pour des raisons financières. Le tournage eut donc lieu dans les studios de Billancourt, le décorateur Léon Barsacq ayant rapporté de New York une énorme documentation photographique, des meubles et les accessoires nécessaires. La figuration fui choisie dans les milieux américains de Paris. Présenté, contre l'avis de son réalisateur au Festival de Venise 1965. TROIS CHAMBRES A MANHATAN fut récompensé en la personne d'Annie Girardot qui reçut la coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine.
Un autre moment intéressant dans la carrière de l'actrice, le film à sketches "LES SORCIERES " (1966) réalisé par Luchino Visconti. Silvano Mangano en était l'actrice principale aux côtés de Clint Eastwood. On s'aperçoit également que la Nouvelle Vague l'ignore plus ou moins, mise à part Claude Lelouch, qui va enfin révèler le talent immense de l'actrice.
C'est en décembre 1966, qu'Annie Girardot revient devant une caméra, celle de Claude Lelouch dans "VIVRE POUR VIVRE", elle y joue l'épouse délaissée par Yves Montand. Ce film a permis à la comédienne de reprendre goût du cinéma.
L'extraordinaire succès d'"UN HOMME ET UNE FEMME" avait projeté Claude Lelouch au premier plan de l'actualité. "Vivre pour vivre" bénéficie de moyens beaucoup plus importants, en particulier d'une distribution à caractère international. La carrière d'Annie Girardot qui piétinait depuis plusieurs années, fut relancée par ce film. La comédienne a très bien su décrire les rapports particuliers que Lelouch entretient avec ses acteurs : "Lelouch nous laisse vivre et nous regarde. Et nous surprend. Nous ne sommes plus des jouets. Il n'y a pas toute une cour alentour et des spots qui vous traquent. Il fait des choses humaines. Dans le travail, il donne du bonheur. Je ne connais pas beaucoup de metteurs en scène capables de le faire". En 1968, Annie Girardot remporte le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Mar del Plata, pour sa création.
Annie Girardot enchaîne avec deux autres films "LES GAULOISES BLEUES" (1967), unique réalisation d'un critique célèbre Michel Gournot. Ce film qui, bien que tourné avant mai 1968, en annonce prophétiquement le climat, est à ce jour l'unique film de Michel Cournot, poète, romancier, journaliste, longtemps critique de cinéma au "Nouvel Observateur", et critique de théâtre au journal "Le Monde". C'est un exemple de ce cinéma de poésie que Pasolini, en une définition passée à la postérité, apposait au traditionnel cinéma de prose. Diversement accueilli, il suscita des réactions d'une intensité au moins égale à celle que firent naître les critiques passionnées, voire provocatrices et anticonformistes, de Cournot, infatigable défenseur du cinéma de Jean-Luc Godard. Il fut tourné en son direct. A ce propos Cournot précisait à Gérard Langlois venu l'interroger pour " Les Lettres Françaises " (4 septembre 1968) : "Le doublage est un vrai scandale. Le son direct est plus concevable, mais il est très dur à utiliser et il augmente considérablement le budget. J'ai donc pris au départ des options. Par exemple, tourner en un seul plan à chaque fois, très long pour éviter les raccords sonores. "
Assez réussi, le film de Philippe Fourrastié : "LA BANDE A BONNOT" (1968), film ambitieux mené à bien, le film sortit en octobre 1968, ce qui le desservit considérablement dont la mesure ou le message pro-anarchiste qu'il véhicule ne fut compris que comme une volonté opportuniste de "raccrocher" à une actualité récente. Inspiré de faits réels qui défrayèrent la chronique pendant six mois, de 1911 à 1912. Le film se veut un document d'époque. Nombre de scènes sont d'ailleurs - reconstituées d'après des documents photographiques - comme le siège du Petit Robinson, à Nogent-sur-Marne - ou tirées de gravures parties dans "La Petite Illustration", même si, en ce qui concerne le scénario, la mort de Bonnot correspond en fait à celle d'un de ses complices, Valet, qui n'apparaît pas dans le film - Bonnot avant été abattu à Choisy-le-Roi avant que ses lieutenants ne tombent lors du siège de Nogent-sur-Marne.




Depuis 1962, Annie Girardot mène parallèlement une double carrière cinématographique, en France et en Italie où elle tourne plusieurs films avec Marco Ferreri. "DILLINGER EST MORT" (1968) est le second des trois films interprétés par Annie Girardot sous la direction de Marco Ferreri, entre LE MARI DE LA FEMME A BARBE (La Donna Scimmia, 1963) et "IL SEME DELL' UOMO" (1969) toujours inédit en France. Ce deuxième film est sûrement le meilleur film de Marco Ferreri. Par contre, c'est le début d'une longue collaboration entre Ferreri et Michel Piccoli qui, dans son livre "Dialogues égoïstes", cerne avec précision la signification profonde du film : "Mon personnage s'efforce d'habiter le temps qui le provoque. Je balise les secondes qui passent. Comme un nageur en train de sombrer, je griffe le décor pour mieux laisser la trace de mon présent. Pour exister en attendant que se matérialise dans mon futur le voilier libérateur, je déplace les objets, tue des rituels". Car, ainsi que le définit le comédien : "Ferreri n'envisage pas l'avenir. Il se contente de mettre en scène des êtres sans passé ni avenir qui se débattent dans les pièges du temps présent".
Le film fut présenté à Cannes, lors du Festival 1969, un an après l'interruption de la compétition cannoise par les événements de Mai 68. La critique y a vu une dénonciation de la "société de consommation", alors que Ferreri en a dit : "C'est encore un film bourgeois pour les bourgeois. Nous n'avons pas de dialogue révolutionnaire avec le public. La révolution se fait en faisant la révolution, pas en faisant des films." Ce qu'il précisera encore, de, manière provocatrice, en déclarant : "Dillinger ne sert à rien, il plaît au ghetto de la culture. Et on s'en fout..."
En Yougoslavie, elle est l'interprète de "IL PLEUT SUR MON VILLAGE", un film écrit et réalisé par Aleksandar Petrovic (l'auteur de J'AI MÊME RENCONTRÉ DES TZIGANES HEUREUX).
Outre son activité au studio, elle poursuit également une carrière théâtrale ("L'Idiote", "Deux sur une balançoire", "Seule dans le noir", etc.). À la Scala de Milan, elle est la récitante de "Perséphone", l'opéra de Stravinski, tiré de l'œuvre d'André Gide. Seule en scène pendant deux heures, elle fut récemment encore "Madame Marguerite", dans une adaptation de Jean-Loup Dabadie. Sa personnalité et sa vivacité d'esprit lui permettent d'incarner les personnages les plus variés et d'aborder tous les registres.
Fin 1968, Annie renoue avec le comique grâce à une gentille satire de la publicité, "EROTISSIMO" (1968) du cinéaste Gérard Pirès avec qui,elle prend beaucoup de plaisir à travailler : "J'adore ce rôle, je me réjouis de l'interpréter. J'ai adoré ce film. Pirès voilà un garçon fantastique, et que j'aime beaucoup. Tourner avec lui, c'était très agréable, et je souhaite un jour refaire un film avec lui. C'est un garçon très efficace, très jeune, complètement fou." (In Cinémonde no1820, 27 janvier 1970).
On retrouve Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot dans "UN HOMME QUI ME PLAIT" (1969) filmé par l'un des précurseurs de la Nouvelle Vague, Claude Lelouch. Annie s'invita à visiter les Etats-Unis. Elle poursuit sa carrière cinématographique avec un film atypique : "LE CLAIR DE TERRE" (1969), grand prix du Festival du Jeune Cinéma de Hyères en 1970, ce film est le troisième long métrage de Guy Gilles, cinéaste inclassable né en 1940 à Alger et mort prématurément en 1996. « Je n'ai jamais fait un film qui raconte ma vie. J'avais attendu d'ailleurs très longtemps pour faire "LE CLAIR DE TERRE", car, par rapport au problème de l'Algérie, cela m'embêtait de raconter l'histoire de quelqu'un qui retourne dans son pays. Cela faisait appel à trop de thèmes « romantiques », ce qui me déplaisait. J'ai fait le film plus tard, en m'inspirant du personnage de mon frère, qui est plus jeune que moi : le film devint alors l'histoire de quelqu'un qui va dans un pays où il a des attaches sentimentales mais qu'il n'a pas connu. D'où l'importance des objets, des paysages, des gens qui allaient ressusciter ce passé inconnu. »
Retour à la bonne grosse rigolade avec un impérissable chef d'oeuvre d'Audiard "ELLE BOIT PAS, ELLE FUME PAS, MAIS ELLE DRAGUE" (1970). C’est le troisième des neuf films réalisés par Michel Audiard, qui a toujours avoué préférer un roman pour bâtir un script : « J’aime partir d’un livre parce que c’est un bon moteur au départ, même si on le fout en l’air après. » (in “Audiard par Audiard”, René Chateau, 1995). Une pléiade de vedettes se succèdent :Annie Girardot, Bernard Blier, Sim, Jean-Pierre Darras, Jean Carmet, et Jean le Poulain.
On me parle souvent des longs titres de mes films, expliquait-il Audiard. J’aime bien ça, les titres-phrases. Parce que par goût, par vice, j’ai toujours été plus tenté d’acheter un roman dont le titre est une phrase. Je trouve cela chouette. Si je vois sur une couverture “Marie” ou “Joseph”, il faut vraiment que je sois sûr de l’auteur, sinon cela ne me tente pas. Je suis certain que si “À la recherche du temps perdu” s’appelait simplement “Albertine”, ce serait moins bon. » (ibid.). En 1972, Audiard tourna, toujours avec Annie Girardot, ELLE CAUSE PLUS… ELLE FLINGUE qui n’est pas une suite de ce film.
Avec Michel Audiard
Annie Girardot se retrouve au début de l'été 1970 aux côtés de Brigitte Bardot pour le tournage du film "LES NOVICES" de Guy Casaril. Annie énonca : "J'ai l'impression d'être la mère de Brigitte. Je prends plaisir à être aux petits soins avec elle. Je l'oblige à dormir au moins dix heures par jour. Je lui prépare ses menus... (Annie Girardot press-book du film) -Avec Annie tout est merveilleux. J'aime autant la comédienne que la femme. Je suis sûre qu'ensemble nous allons faire un film étonnant". (Brigitte Bardot,idem)
Annie a beaucoup tourné avec une moyenne de quatre films par an, en 1971, André Cayatte réalise "MOURIR D'AIMER" qui s'inspire sans détours de l'histoire authentique de Gabrielle Russier; professeur dans un lycée du sud-ouest de la France, divorcée, mère de deux enfants, qui se donna la mort à la suite des accusations portées contre elle. Annie Girardot atteint une côte de popularité record avec "Mourir d'aimer". Elle s'est beaucoup investit....
Hormis ses "Lettres de Prison", présentées par Raymond Jean, deux ouvrages furent consacrés à l'affaire : "Les Écrous de la haine" par Michel Del Castillo et "Plaidoyer pour une âme" de Geneviève Lefèvre-Toussaint. Maître Palanque, juge d'instruction chargé de l'affaire en 1969, rendit publique une lettre (publiée dans "Le Provençal") dans laquelle il reprochait au metteur en scène son manque d'objectivité à l'égard de la justice et des parents. Aux côtés d'Annie Girardot, le regretté Bruno Pradal (l'élève) et François Simon.
Robert Chazal ecrivait le 23 janvier 1971 sur France-Soir "Annie Girardot domine tout le film de son autorité, de sa sensibilité. Quand elle est au milieu des élèves, c'est elle dans le comportement est le plus jeune et la plus dynamique. Dans le drame et dans le desespoir elle est bouleversante au-delà de toute expression. C'est la plus grande des artistes dans le plus généreux des films.
"LA VIEILLE FILLE" (1971) est le premier long métrage de Jean-Pierre Blanc, réalisé grâce à l'appui de Philippe Noiret et Annie Girardot, enthousiasmés à la lecture du scénario. C'est l'histoire de la rencontre de Muriel Bouchon, "vieille fille" et de Gabriel Marcassus quadragénaire solitaire incarné par Philippe Noiret qui semblait bien s'amuser avec sa partenaire....Le film connut un succès public honorable : 370.000 entrées à Paris en neuf semaines d'exclusivité. Le cinéaste retrouva même Annie Girardot en vedette de son troisième film, "D'AMOUR ET D'EAU FRAICHE" (1975) avec Miou-Miou et Julien Clerc.
Annie Girardot enchaîne avec "LES FEUX DE LA CHANDELEUR" (1972) de Serge Korber, qui avait précédemment dirigé Louis De Funès dans "Sur un arbre perché" et dans "L'homme orchestre", revient à un cinéma, intimiste et poétique, celui de ses courts métrages et de son premier long métrage "LE 17e CIEL".
Si le film reste fidèle à l'esprit du roman, la construction en est malgré tout différente. Le roman comprend de nombreux retours en arrière alors que le film se déroule chronologiquement de 1962 à 1972, car, avoue Serge Korber "je ne crois pas au "flash back" au cinéma". Le film fut tourné à Besançon, Pontarlier et Mouthiers en janvier et février 1972 mais cette année-là l'hiver fut si doux qu'il fallut faire appel aux spécialistes en neige artificielle.
L'un des meilleurs films de l'année 1972 reste sans conteste "TRAITEMENT DE CHOC" avec Alain Delon, Robert Hirsch et Michel Duchaussoy. Alain Jessua eut l'idée de ce film grâce à une expérience personnelle : "Je me suis trouvé dans la situation d'Annie Girardot. J'ai pris quelques vacances dans une maison de repos en Bretagne. Au bout de quatre jours, j'en avais assez. J'ai laissé aller mon imagination et je me suis dit que ce serait marrant de tourner un film dans un institut de ce genre."
Le cinéaste juge TRAITEMENT DE CHOC comme "un film d'angoisse, de suspense, où l'humour trouve sa place de temps en temps, alors que tout devient de plus en plus angoissant". Pourtant, Alain Jessua n'a pas voulu faire un film délibérément noir : "C'est un film optimiste, grâce à l'action du personnage joué par Annie Girardot.".
Alain Jessua rend hommage à la comédienne : "Elle n'a cessé de prendre à cœur son travail activement." La scène du crime final a été pour nous tous un grand moment de cinéma. Je voulais très précisément revenir à une certaine vérité de ce type de situation. Je voulais un crime auquel on puisse croire, pas un crime "de cinéma".
Le film est resté célèbre pour les scènes dans lesquelles les deux acteurs principaux apparaissent entièrement nus. Les extérieurs ont été tournés à Belle-Ile-en-Mer.
Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti
A SUIVRE
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05 novembre 2009
DECES DU COMEDIEN CHRISTIAN BARBIER "L'HOMME DE PICARDIE"
DECES DU COMEDIEN CHRISTIAN BARBIER
1919 -2009
Christian Barbier, L'Homme Du Picardie, est décédé mardi 3 novembre dernier des suites d'une longue maladie dans le sud de la France, il avait 85 ans. . Il restera dans la mémoire de nombreux français qui ont aimé son inoubliable prestation dans le feuilleton-culte de l'ORTF mais aussi dans bien d'autres fictions, à la télé, mais aussi sur grand écran...
L'Homme de Picardie
Christian Barbier était Joseph Durtol, marinier de son état, vivant avec sa femme Thérèse sur la Picardie, sa péniche et son outil de travail. Homme simple et travailleur, il sera le héros pendant une quarantaine d'épisodes de treize minutes produis par l'ORTF. Le scénario d'Henri Grange et André Maheux doit peut-être beaucoup aux récents évènements politiques français.
La vie et les tracas quotidiens d'une corporation jusque-là assez méconnue sont la toile de fond de la description d'une classe sociale plus vaste qui va s'identifier aux personnages du feuilleton. Réalisé par Jacques Ertaud, filmé en grande partie à Conflans-Sainte-Honorine.
Reste aussi un acteur qui s'est illustré dans quantité de seconds rôles dramatiques. Il fut habitué aux seconds rôles du cinéma français, Christian Barbier a notamment partagé l'affiche avec Jean Gabin dans "La horse" (1969) de Pierre Granier-Deferre , Simone Signoret, Alain Delon dans "Les granges brûlées" (1972) de Jean Chapot ou bien encore Fernandel dans "L'homme à la buick" (1968) de Gilles Grangier. Si son rôle d'artisan marinier austère mais attachant dans "L'homme du Picardie" lui colle à la peau, ce serait oublier qu'il a commencé au théâtre et tourné avec les plus grands au cinéma : "L'armée des ombres"(1969) de Jean-Pierre Melville, "Week-end à Zuydcoote" d'Henri Verneuil, "La vie de château" de Jean-Paul Rappeneau, Le Franciscain de Bourges de Claude Autant-Lara, La Horse de Pierre Granier-Deferre ou bien L'homme pressé d'Edouard Molinaro. Il avait aussi interprété le commissaire Le Carré dans Les Cinq Dernières Minutes, série télé où le spectateur est pris à parti par les personnages pour les aider à résoudre leurs enquêtes.
Il était apparu pour la dernière fois en 2001, dans le téléfilm "Retour à Locmaria". Sur les planches, ce passionné infatigable avait aussi été une figure importante, interprétant des rôles dans une vingtaine de pièces, dont Marie Stuart de Frédéric Schiller, sur la scène de l' Hébertot ou encore Dieu, Empereur Et Paysan de Julius Hay. Mais, même s'il a jeté l'ancre à jamais, Christian Barbier restera pour nombre de Français, à la barre de sa péniche pour un voyage sans fin dans leurs paysages nostalgiques.
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____________________dès Lundi Annie Girardot
31 octobre 2009
DECES DU COMEDIEN PIERRE DORIS
DECES DU COMEDIEN PIERRE DORIS
1919 - 2009
L'humoriste et comédien Pierre Doris, de son vrai nom Pierre Tugot est décédé le mardi 27 octobre 2009 au soir à Paris des suites d'un cancer du foie à l'âge de 89 ans, a-t-on appris mercredi auprès de ses proches. Il devait fêter ses 90 ans jeudi étant né le 29 octobre 1919 à Ris-Orangis dans l'Essonne .
Comédien au physique rond et à l'humour noir, Pierre Doris avait débuté sa carrière à la fin des années 50. Il écumait les galas et les cabarets dans des one-man shows où il laissait libre cours à une humour acide, en précurseur de Coluche et Pierre Desproges.
"On me surnommait le Frankenstein du rire, le Dracula de la facétie, voire le pape de l'humour noir. C'était bien beau, mais le public m'assimilait à mes blagues. Il me considérait comme un franc salaud, un bourreau d'enfants, un monstre. Et moi je suis un tendre", confiait-il à L'Aurore en 1978.
En 1971, il montre une nouvelle facette de sa palette d'acteur en tournant pour la télévision "La maison des bois", sous la direction de Maurice Pialat. Il y interprète un garde-barrière au grand coeur recueillant un jeune orphelin, dans un rôle à contre-emploi.
AU CINEMA
Pierre Doris débute au cinéma en 1956 dans "Comme un cheveu sur la soupe" de Maurice Régamey, Louis de Funès et Raymond Bussières étaient les deux principaux interprétes de ce film plaisant. Il poursuit l'année suivante avec "LE TRIPORTEUR" avec Darry Cowl, Pierre Mondy et Jean-Claude Brialy.
Pierre Doris est souvent abonné aux personnages d'affreux et aux seconds rôles. Il joue dans de nombreuses comédies, dont "Fortunat" (1960) d'Alex Joffé aux côtés de Bourvil et Michèle Morgan, "Clémentine Chérie" (1962) avec Michel Serrault et Philippe Noiret, "Les rois du gag" (1983) de Claude Zidi. En 1981, il prête ses traits au héros de Frédéric Dard, Bérurier, dans "San Antonio ne pense qu'à ça" (1981).
Homme de scène avant tout, il interprète aussi bien des comédies de boulevards ("Assassins Associés", "Oscar"...), des opérettes, que des classiques ("Ubu Roi", "Pygmalion", "Le Barbier de Séville"...), en particulier les pièces de Molière qu'il affectionnait particulièrement après l'avoir découvert sur le tard.
Avec Pierre Doris, "c'est toute une époque de l'humour à la française qui disparaît", a réagi mercredi Frédéric Mitterrand, soulignant que le comédien "incarnait une culture populaire de qualité, faite de bons mots, qu'il devait à une maîtrise parfaite de la langue française".
"Il aurait dû fêter demain ses 90 ans : n'était notre peine, nous pourrions croire qu'il a voulu, une fois encore, nous jouer un tour", ajoute le ministre de la Culture dans un communiqué.
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Avec Raymond Devos
Pierre-Louis et Pierre Doris -1964
Annie Cordy
Michel Duchaussoy - Pierre Doris
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HARRY BAUR
Acteur Français
Harry Baur est sûrement le plus grand acteur français de tous les temps,
bien sûr on peut considérer que le grand Raimu avait lui aussi le même génie
Celui d'être authentique devant la caméra et de jouer avec un tel naturel déconcertant,
que l'on peut faire un parallèle entre ces deux géants du cinéma d'avant guerre.
un film cent pour cent germanique intitulé "SYMPHONIE D'UNE VIE" avec un cachet de six millions de francs, et ferait de lui la première vedette française travaillant dans les studios du IIIème Reich depuis la défaite de la France.
DIFFERENTS EVENEMENTS
Paris occupé par les allemands en juin 1940
-Décembre 1940, Harry Baur rejoue le personnage du vieux professeur dans
"Jazz" au Théâtre du gymnase à Paris avec Maurice Dorléac,
(père de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac)
-Fin décembre 1940, Harry Baur fait l'objet de violentes critiques, non pas dirigé
contre son interprétation mais contre les origines qu'on lui attribuait!
Janvier 1941, une campagne de presse orchestrée par "Le cri du peuple" de Doriot,
"Jeunesse" et "La France au travail ainsi que l'hebdomadaire antisémite "le Pilori"
l'accusa formellement d'être à la fois juif et franc-maçon
Harry Baur crut donner le change et confondre ses detracteurs en publiant
dans un numéro de janvier 1941 de l'hebdomadaire ultra-collaborationniste "La Gerbe"
un article sous forme d'hommage à Antoine auquel fit suite une lettre ouverte
au comédien Victor Boucher au mois de juin suivant.
Alain Laubreaux, virulent critique dramatique de "Je suis partout" qualifia le comédien
de néo-aryen. Harry Baur riposta en adressant au journaliste une attestation de son origine chrétienne,
15 février 1941, tournage à Chamonix du film "L'assassinat du père-noel", il s'agit du premier film
produit par la société de production allemande "La Continental" dont le siège était au
104 de l'avenue des Champs Elysées à Paris 8ème.
Plusieurs cinéastes sont interdits de tournage, certains de religion juive. Plusieurs projets
prévus pour Harry Baur tombent à l'eau (Ivan le terrible) (Graine au vent ou Alexandra) (Météore 39)
Octobre 1941, l'hebdomadaire "L'illustration" informa ses electeurs du symbole
que représentait Harry Baur dans une collaboration franco-allemande sur le plan artistique. On le vit dans des mondanités féliciter des stars de cinéma nazi de passage à Paris et se faire photographier avec elles....
Il participe à un dîner offert par le Docteur allemand Greven en mars 1941 chez Ledoyen par la Continental en l'honneur de l'actrice Zarah Leander, pendant
son bref séjour en France. Cependant, s'il avait fallu le lui reprocher, le même grief
aurait dû être adressé aussi à Corinne Luchaire, ainsi qu'aux invités français pour
la plupart sous contrat à La Continental: l'actrice Danielle Darrieux,
les cinéaste Maurice Tourneur,Henri Decoin (cinéaste et époux de Danielle Darrieux),
l'ecrivain Georges Simenon, le cinéaste Christian-jaque, l'actrice Arletty,
le cinéaste Georges Lacombe et bien d'autres....!
Il se rendit aussi à la reception organisée chez Maxim's pour accueillir Heinrich George,
venu donner à la Comédie française plusieurs représentations avec sa compagnie du Schiller Theate
(A noter que ce Heinrich George etait arrivé à Paris avec une totale désinvolture et avait déconcerté
les sociétaires et pensionnaires du Théâtre Français en se figeant au garde-à-vous
pour saluer, le bras levé, la perruque et le buste de Molière.
Il décontenança Harry Baur en révélant avec un certain empressement que son camarade
français lui avait fait découvrir Paris, quelques années auparavant, après l'avoir reçu
chez lui, Heinrich George qualifié "d'hôte parfait" et de "frère chaleureux"..
Harry Baur se rendu compte que l'étau de l'occupant ne cesserait de se resserrer sur lui.
Il déclina tout offre de la Continental afin de souscrire pour l'année suivante à trois
propositions de films échappant à l'emprise de La Continental.
(Aucun de ces trois films ne seront tournés)
Harry Baur échappa aux griffes de La Continental pour tomber dans celles bien plus
SYMPHONIE D'UNE VIE (Dernier film d'Harry Baur)
Harry Baur avait quitté Paris le dimanche 14 septembre 1941 par le train à destination
de Berlin. Pendant ces deux mois à Berlin, il perfectionna la langue allemande.
Il excursionna dans quelques villes proches de la capitale du Reich mais commit
l'imprudence de se mêler à la foule qui se massait au Sportpalatz pour écouter un discours
du chancelier Hitler. Plusieurs magazines dont "Signal" publièrent des clichés montrant
Baur parmi l'assistance. L'un de ces clichés fut reproduit au mois d'octobre, en première page
dans un numéro du quotidien parisien "Aujourd'hui". Absence d'Harry Baur à la première du film "L'assassinat du père-Noel" sur les Champs Elysées.
Son dernier film est une oeuvre d'une grande qualité, un présage, Harry Baur demeurait
inquiétant,pathétique, ou douloureux dans la séquence initiale le montrant vieilli, délabré
avançant péniblement dans les couloirs de l'Opéra pour entendre sa symphonie dont il avait
manqué le début. Le film fut présenté à Berlin le 21 avril 1943, treize jours après la mort du comédien.
SIGNES AVANT-COUREUR OU DETAILS RELATIFS A SON ARRESTATION
Avril 1942 : son appartement parisien fut cambriolé...plusieurs tableaux de sa collection furent volés.
30 mai 1942 : Arrestation d'Harry Baur et sa femme par la police allemande, ils furent
transférés respectivement à la prison de la Santé et celle du cherche-Midi
115 jours de détention pour madame Harry Baur (Rika Radifié)
Harry Baur fut privé de visites, de colis et de médicaments pourtant nécessaire à sa santé.. Il fut interrogé sans ménagement par dennecker, officier allemand spécialement préposé
"aux affaires juives" ainsi que son adjoint Thiemann.
Harry Baur ne bénificia pas de la protection dont le premier avait gratiffié Picasso impliqué
dans un trafic de devises et Jean Cocteau compromit dans un achat d'opium.
Il fut remis en liberté trois mois et demi plus tard, le 19 septembre 1942, dans
un état de délabrement. Ainsi les allemands donnèrent l'impression que le comédien
mourrut de maladie à son domicile! il meurt le 8 avril 1943
Toutes les hypothèses ont été étudié :
1-Un châtiment infligé par les Allemands à un homme qui avait trahi leur confiance
et s'était parjuré
2-D'après le grand historien de cinéma Charles Ford, le comédien aurait commis une regrettable
faute, il aurait été invité à souper par le Docteur Goebbels,ministre de la propagande
du Reich, celui-ci lui aurait proposé, à la fin du repas d'accepter le statut honorifique
de "Voldeutsch", en clair citoyen adoptif ou "d'honneur" du peuple allemand.
Harry Baur ayant bu un peu plus qu'il ne fallait au cours de cette soirée, il se serait senti
flatté et soulagé dans la mesure ou cette naturalisation germanique au second degré était suceptible
de le mettre à l'abri. Il alla se coucher et cuva son kummel.
Le lendeman matin, totalement dégrisé, il aurait repris conscience de la terrible responsabilité
qu'il encourait vis à vis de l'opinion publique de son pays.
Il refusa de signer le brevet qu'un émissaire de Goebbels était venu lui remettre par la suite.
Le ministre de hitler ne lui aurait pas pardonné cette volte-face injurieuse mais l'aurait néanmois
laisser terminer le tournage de "Symphonie d'une vie" pour ne pas nuire à la valeur symbolique
du rapprochement français que représentait cette entreprise artistique.
Au dernier jour de tournage, le comédien fut arrêté
Certaines personnalités douté de l'origine d'Harry Baur, et cela n'aida pas le comédien...
D'autres hypothèses furent retenues mais pour ma part, je retiens celle-cité par l'historien Charles Ford qui me semble la plus crédible.
Que sont devenus les deux officiers allemands qui ont torturé le comédien?
Comment se fait-il qu'aucun hommage n'est jamais rendu à Harry Baur?
C'est bien d'honorer nos artistes d'aujourd'hui de la légion d 'honneur mais il serait peut être judicieux aussi, de pouvoir remettre à titre posthume un hommage solennel aux français et françaises qui ont donner de leurs vies pendant cette période trouble
Il serait bien qu'un jour... le gouvernement allemand accepte de s'excuser au nom du peuple allemand, leurs anciens qui ont torturé et assassiné nos deux comédiens français Harry Baur et Robert Lynen.
Vive Harry Baur!
J'ai découvert le génie qu'etait Harry Baur, grâce au Cinéma de minuit, qui a eu la bonne idée de diffuser il y a fort longtemps :"David Golder" de Duvivier, "Poil de carotte" avec Robert Lynen,"Samson" avec Gaby Morlay, "Volpone" avec quelques uns des plus grands comédiens français du moment : Louis Jouvet, Charles Dullin,Fernand Ledoux, Jean Temerson et bien sûr Harry Baur en Volpone mangifique!
Mais aussi "L'assassinat du père-noel" de Christian Jaque ou "Péchés de jeunesse" de Maurice Tourneur à qui le cinéma de minuit lui avait consacré un cycle.
Au départ de la création de ce blog, je me suis promis de témoigner de mon admiration à l'égard de ce grand acteur qu'était Harry Baur. il fait partie de ces grands hommes,que j'ai tant admiré dans quelques uns de ces films les plus importants.
Il y a avait du génie, de l'audace,un regard qui analyse les situations, parfois les plus drôles mais aussi les plus dramatiques.Une collaboration avec de grands cinéastes d'avant-guerre. J'ai toujours pensé que certains de ses films représentés une forme de néo-réalise à la française, une touche de poésie,
un contraste dans la qualité de l'image et bien sûr la présence d'Harry Baur qui s'impose.
Aussi Je tenais à essayer d'expliquer (modestement) les raisons qui ont conduit à l'arrestation puis au décès du comédien par les allemands en 1943. (avec le concours du livre d'Hervé le Boeuf "HARRY BAUR" editions Pygmalion)
Quant à ceux et celles qui estiment qu'Harry Baur est coupable de collaboration avec l'ennemi, je leur dirai, viver cette époque, afin de pouvoir vous exprimer et affirmer que l'on est un traite, lorsque parfois votre vie vous échappe
"j'aurais fais comme ça"...mourir c'est pas toujours évident" accepter, refuser, il faut un peu plus de psychologie pour comprendre que l'on est pas toujours responsable de ses actes, la peur ....de mourir, on peut toujours essayer de méditer....
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21 octobre 2009
HARRY BAUR L'UN DES PLUS GRANDS ACTEURS FRANCAIS
Acteur Français

Harry Baur a été le roi de la scène et de l'écran français durant toute la période de l'entre deux-guerres. Considéré alors comme un monstre sacré. Harry Baur s'efforçait à s'identifier le mieux possible aux personnages qu'il incarnait au cinéma, on ne peut oublier son interprétation magistrale dans "Les Misérables" de Raymond Bernard aux côtés de Charles Vanel dans le rôle de Javert.
Entre 1930 à 1945, les deux grands monstres sacrés du cinéma français sont Raimu et Harry Baur. Ils nous quittèrent tous deux dans les années 40, Harry Baur fut dénoncé comme juif, ce qui n'était qu'une fausse information, il fut arrêté et torturé par la gestapo. Il ne retrouva la liberté seulement pour mourir chez lui...
Un journal corporatif américain publia la liste des dix acteurs qui, en cette année 1936 avaient les plus fortes recettes dans les cinémas de France. Harry Baur arrivait largement en tête, devançant dans l'ordre, Annabella, Jean Murat, Danielle Darrieux, Charles Chaplin, Gary Cooper, Franchot Tone, Jeannette MacDonald, James Cagney et Robert Donat.
"Poil de Carotte", "David Golder,"La tête d'un homme (Maigret), "Les Misérables", "Crime et châtiment", "Un grand amour de Beethoven", "Samson", "Volpone", "Mollenard et "L'assassinat du père-noel" restent gravés dans ma mémoire. Tom
Harry Baur est né à Paris le 12 avril 1880, de parents catholiques alsaciens. Son père était originaire de Mulhouse, sa mère de Bitche en Moselle. Ses parent furent ruinés, deux hommes armées pénètrèrent dans la boutique, et fit main basse sur les bijoux et s'enfuirent. Les Baur étaient ruiné et furent contraints de prendre un appartement moins onéreux au Cour de Vincennes, puis un logis plus modeste au boulevard Blanqui.
Le père d'Harry Baur meurt alors qu'il n'avait que dix ans et fut élevé par sa mère et sa grande soeur Blanche. Des études secondaires au collège de Saint-Nazaire, École d'Hydrographie à Marseille, Harry Baur exerça temporairement plusieurs métiers colporteur,charretier, tresseur de courrones mortuaires, fabricant de fleurs artificielles…
Avec le temps, Harry Baur parvint à décrocher un premier engagement à la « Comédie Mondaine » dans « Le Filleul du 31 », puis des premiers prix de tragédie " Le Cid " et de comédie " L'Avare " au Conservatoire de Marseille, service militaire au Mans. Devient le secrétaire de Mounet-Sully et joue, à partir de 1904, dans de nombreux théâtres parisiens : Comédie Mondaine, Grand Guignol, Palais-Royal, Mathurins, puis chez Gémier et Antoine. Réformé en 1914, à la suite d'un début de paralysie faciale, continue de jouer à la Gaîté-Lyrique, à l'Ambigu, à la Porte Saint-Martin, au Gymnase, à l'Édouard VII, aux Variétés, etc. Tient notamment le rôle de César à la création de " Fanny " de Marcel Pagnol. Il collabore à la rubrique cinématographique du " Crapouillot ", signant parfois du pseudonyme d'Orido de Fhair.
L’année 1911,marquera le changement, Harry Baur avait pris du poids tant dans la variété de ses emplois mais aussi physiquement.
Entre 1909 et 1914, Harry Baur interpréta près de trente films muets dont notamment dans « LA LÉGENDE DU BON CHEVALIER « de Victorin Jasset,(1909), « L'ÉVASION DE VIDOCQ », « LA FILLE DES CHIFFONNIERS » avec Mistinguett, « LE SUICIDE DE LORD STILSON, » « SHYLOCK », « L'AME DU BRONZE », « LA VOYANTE » avec Sarah Bernhardt (1923).
Un évènement inattendu, survenu en cette fin d'année 1931, allait marquer un nouveau tournant dans la carrière du comédien. Harry Baur succédait à Raimu dans le personnage de César en créant le 5 décembre, au Théâtre de Paris, "Fanny", la suite que Marcel Pagnol s'était enfin décidé à donner à "Marius", dix-huit mois après.
L'interprétation de Baur fut sans défaut, ainsi que l'atteste cette lettre d'un natif de la Canebière, Felix Ruster Giaccobi, daté du 16 décembre 1931, que l'acteur conserva précieusement dans ses archives : "Ce que je puis vous dire, c'est la place immense que vous occupez dans le succès de Pagnol. C'est l'autorité réflechie avec laquelle vous l'interprétez. C'est le soucis des détails vrais, et non music-hall, qui m'ont attendri, moi, pur marseillais. C'est dans le sens exact de la mesure qui vous guide, trois actes durant. C'est l'aveu joyeux que je puis vous dire d'avoir, enfin deux ans et demi de représentations, vu pour la première fois, le César de chez nous, qui n'est pas un farouche mais un brave homme."
Dirigé par des metteurs en scène aussi différents que Duvivier, Raymond Bernard, Gance, L'Herbier, Chenal, Robert Siodmak, Maurice Tourneur, il campera, avec la même aisance, le père Lepic de "POIL DE CAROTTE", le commissaire Maigret, Jean Valjean, le juge Porphyre de "CRIME ET CHATIMENT", Hérode, Tarass Boulba, Beethoven, le capitaine Mollenard, le tsar Paul Ier, Raspoutine, Volpone. " Quand je joue, disait-il, seul existe pour moi et en moi le personnage que j'incarne.
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Le comédien avait débuté en 1931 dans un film parlant, tourné en Angleterre, "LE CAP PERDU " le film avait été réalisé en trois versions anglaise, allemande et française. Ce film du cinéaste allemand Ewald Andréas Dupont connu quelques désagréments, une mauvaise entente entre le cinéaste et Harry Baur, le film ne fut pas une réussite .
Tout cela hélas n’a guère laissée de traces dans les mémoires ni même dans les cinémathèques. Sa véritable carrière cinématographique commence en 1930, par un grand succès du cinéaste Julien Duvivier « DAVID GOLDER » ou il incarne magnifiquement un banquier juif trahi. Ce film révéla la puissance de jeu d’Harry Baur. L'acteur était entré sans difficulté dans la peau de son personnage, sans apporter la moindre opposition à l'adaptation dialoguée que le réalisateur avait lui-même tirée du roman d'Irène Nemirovsky. "David Golder" fut réalisé pratiquement selon la technique du muet en ayant recours à un grand nombre à un grand nombre d'extérieurs sur la Côte Basque.
Sa création de « David Golder » le classa d’un seul coup parmi les grandes vedettes françaises.Le comédien tournera plusieurs de ses meilleurs films avec Julien Duvivier.Dans l'œuvre de Julien Duvivier, "David Golder" est un film charnière. Tourné en 1930, il révéla la puissance de jeu d'Harry Baur et démontra surtout que le talent de Duvivier, porté volontiers vers les scènes paroxystiques, pouvait pleinement s'épanouir avec l'avènement du parlant. A noter que le film avait été auparavant une pièce de théâtre, interprété et réalisé par Harry Baur au Théâtre de la Porte Saint-Martin . Le film obtint un succès retentissant, dès sa sortie au cinéma le 19 décembre 1930
DAVID GOLDER de Julien Duvivier (1931)
Le 15 mars 1931, le réalisateur Jean Kemm commençait le tournage du film "LE JUIF POLONAIS" au studio de Courbevoie, (qui ne connut aucun succès). Baur faisant une comparaison entre Emil Jannings et lui, demanda une augmentation de salaire, pretextant que vu son âge, il ne tournerait plus que cinq ou six films. Tout le film reposait sur les épaules de Baur, il était charger d'incarnait un cabaretier alsacien, revivant en rêve le jour du mariage de sa fille, le meurtre crapuleux mais méconnu qu'il avait commis, quinze ans auparavant. Sortant terrorisé, de son cauchemar, le criminel était victime d'une crise cardiaque et s'effrondrait, mort, sur son lit.
Avec "CRIMINEL" (1932) de Jack Forrester, Harry Baur interpréte un directeur de prison, l'action se situait dans une prison américaine où un jeune détenu, déjà condamné par erreur, se trouvait ensuite impliqué dans un crime commis à l'intérieur du pénitencier. Ce fut les débuts au cinéma de Jean Servais.
LE JUIF POLONAIS (1931) de Jean Kemm
CRIMINEL (1932) de Jack Forrester
Suivront trois films de Duvivier : "LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS " (1932) avec René Lefèvre et Robert Le Vigan, Julien Duvivier tourna conjointement une version allemande, "DIE FÜNF VERFLÜCHTEN GENTLEMEN", avec Adof Wohlbruck, Camilla Horn et Jack Trevor; seuls Marc Dantzer et Georges Péclet jouaient le même rôle dans les deux versions. Les extérieurs du film furent tournés à Fez, à Marrakech et à Moulay-Idriss. La critique salua à sa sortie l'aptitude du cinéaste pour la création d'atmosphère, son goût du pittoresque et son sens de l'exotisme.
LES 5 GENTLEMEN MAUDITS (1932) de Julien Duvivier
"POIL DE CAROTTE " avec Robert Lynen , d’après le célèbre roman de Jules Renard ou Harry Baur fait du personnage de Monsieur Lepic, une composition inoubliable au côté du jeune Robert Lynen (il connut un destin particulièrement tragique : membre d'un réseau de Résistance, dans la région de Cassis, il fut emprisonné en 1943 et fusillé par les Allemands, à l'âge de vingt-trois ans, à la forteresse de Karlsruhe, le 1er avril 1944.
Pour cette version parlante, réalisée d'après " Poil de Carotte", récit paru en 1894 (et qui fut adapté au théâtre en 1900), Julien Duvivier effectua des emprunts à d'autres œuvres de Jules Renard -comme" La Bigote " (publiée en 1909). Signalons l'autre version cinématographique de 1926, une adaptation muette, réalisée par Duvivier, avec André Heuzé (Poil de Carotte) et Henry Krauss (M. Lepic).
Harry Baur avait une conception très précise de son personnage, il l'imposa à son metteur en scène. Baur apportait un soin méticuleux à l'élaboration de son personnage. Il le joua en perfectionniste. "Poil de Carotte" fut présenté à Paris, en novembre 1932, Harry Baur reçut des éloges mérités.
POIL DE CAROTTE (1932) de Julien Duvivier avec Robert Lynen
Ne souhaitant pas se priver de sa vedette fétiche, Duvivier proposa à Baur d'interpréter le commissaire Maigret pour la troisième fois au cinéma dans "LA TETE D’UN HOMME " (1932), d'après le roman de Georges Simenon dont Duvivier modifia le scénario afin de laisse libre court la décision de Maigret de laisser s'échapper un condamné, pendant la reconstitution....Ce film est un des meilleurs Maigret au Cinéma…cependant, Georges Simenon n'apprécia pas la composition de Baur et déclara : "Harry Baur était sans doute un grand acteur, mais il avait vingt-ans de plus que moi, à cette époque, un faciès à la fois mou et tragique".
LA TETE D'UN HOMME (1932) de Julien Duvivier
Harry Baur accepta d'incarner Monsieur de Tréville, le capitaine des gardes du roi dans "LES TROIS MOUSQUETAIRES" (1932) d'Henri Diamant-Berger, lequel avait déjà tourné, onze ans auparavant, une première adaptation du roman d'Alexandre Dumas en douze épisodes. Pour cette version sonore, filmé au cours de l'été 1932, il dut se contenter de deux époques portant les sous-titres "Les ferrets de la reine" et "Milady". Le film fut un énorme succès public.
LES TROIS MOUSQUETAIRES (1933) d'Henri Diamant-Berger
"CETTE VIEILLE CANAILLE" (1933) fut le premier film où Harry Baur et Pierre Blanchar étaient partenaires. Ils devaient à nouveau être réunis dans "CRIME ET CHÂTIMENT" (1935) de Pierre Chenal. Ce film est tiré d'une pièce de Fernand Nozière et réalisé par Anatole Litvak, metteur en scène d'origine russe. Harry Baur réussit une grande composition et s'iimpose comme l'un des plus grands acteurs du moment.
À noter qu’une célèbre photo de tournage du film représentant Claude Heymann (assistant de réalisation), Simon Schiffrin (directeur de production), Georges Friedland (monteur) et Anatol Litvak, fut exposée au Palais Berlitz en 1941 par la propagande de Vichy pour vilipender “la mainmise des Juifs sur le cinéma français” (in “Positif” n° 170, juin 1975).
Baur enchaîne en interprétrant le clochard "ROTHCHILD" (1933) en se faisant passer pour un lointain parent de la famille des Rothchild. Pour rentrer dans la peau de son personnage, le comédien observait les clochards de la capitale. Malgré tout son talent, Baur ne parvint pas à convaincre avec ce film signé Marco de Gastyne.
Après avoir connu un succès mérité avec le film "Les Croix de bois", Raymond Bernard se livra à une nouvelle transposition du roman de Victor Hugo: "LES MISERABLES". Le film tourné en 1933 permit à Harry Baur de trouver le rôle le plus marquant de sa carrière cinématographique, une interprétation inoubliable, le meilleur "Jean Valjean" de toute l'hsitoire du cinéma...
Le célèbre roman de Victor Hugo a fait l'objet de maintes adaptations à l'éran. Les plus connues sont: en France, celles d'Alberi Capellani (1912, avec Henry Krauss et Mistinguett d'Henri Fescourt (1925, en quatre époques avec Gabriel Gabrio), de Jean-Paul Le Chanois (195& avec Jean Gabin) et de Robert Hossein (1982, avec Iino Ventura); aux États-Unis, celles de Frank Lloyd (1917), de Richard Boleslavski (1935, avec Chris Laugthon dans le rôle de Javert) et de Lewis Milestone (1952);en Italie de Riccardo Freda (L'ÉVADÉ DU BAGNE 1946).
Seuls, semble-t-il, Henri Fescourt et Raymond Bernard ont su retrouver le " souffle " hugolien, Harry Baur, après Gabriel Gabrio, a campé un Jean Valjean inoubliable. En raison de sa longueur, le film de Raymond Bernard fut présenté en version réduite (deux époques de 90 minutes chacune). Le tournage du film exigea sept mois de travail à Paris et dans le Midi de la France. A noter la présence de Charles Dullin en Thénardier.
Les Misérables (1934) de Raymond Bernard
Après le retentissement de la sortie en Europe, les dirigeants des compagnies hollywoodiennes commencèrent à s'interesser à la personnalité de Harry Baur, mais celui-ci ne fut pas interessé à quitter Paris. Cette même année, Harry Baur fut la vedette principale de différents films qui n’eurent pas le même succès escompté, « UN HOMME EN OR » du célèbre cinéaste Jean Dréville, tiré d'une pièce de Roger Ferdinand qui avait ecrit l'adaptation. Baur retrouvait Josseline Gael, sa "Cosette des Misérables". Après le tournage, le comédien remonté chaque soir sur la scène, pour créer une nouvelle pièce qui eut lieu au Théâtre des Mathurins, le 15 février 1934.
, puis « LE GRELUCHON DELICAT » de Jean Choux, qu'il avait auparavant joué au théâtre avec les deux mêmes acteurs : Paul Bernard et Julien Carette. Deux films réalisés à la façon du théâtre filmé.
UN HOMME EN OR (1934) de Jean Dreville
Dans « LES NUITS MOSCOVITES » (1934) inspiré d’un roman de Pierre Benoit,Harry Baur incarné un marchand de blé russe, brutal, grossier mais riche..il donna la réplique à Annabella et Pierre-Richard Wilm, il y eu deux versions, l’une réalisée par Alexis Granowski et l’autre, l’année suivante par Anthony Asquith. Baur n’était pas familier de la langue anglaise. La presse anglaise fit remarquer que ce film était l’un des meilleurs de la saison passée. Le succès du film incita les producteurs de films à n’offrir que des rôles de russes au comédien. Il eut bien du mal à s’en défaire par la suite …
Le film marque en outre la première apparition au cinéma de Tino Rossi (1907-1983) qui joue un chanteur napolitain dans une séquence musicale qui n'excède pas deux minutes. Les films tournés par (ou avec) des Russes exilés en France étaient alors très populaires. Interrogé par Christian Gilles en novembre 1994, Jean Dréville se rappelait en ces termes du cinéaste russe Alexis Granowsky (1890-1937) - réalisateur du fameux "Tarass Boulba" (1935) - qui, « c'est le moins qu'on puisse dire, travaillait d'une manière particulière. Jugez plutôt : alors qu'il convoquait tout le monde pour huit heures du matin, lui n'arrivait que vers midi. Puis il s'attablait avec caviar et vodka, et enfin, vers trois ou quatre heures de l'après-midi, il tentait de tourner un plan ou deux. Ce manège durait ainsi jusqu'à trois heures du matin. De tels abus ont été à l'origine des lois syndicales actuelles. » (in "Le Cinéma des années trente par ceux qui l'ont fait", tome ii, l'Avant-Guerre : 1935-1939, Éd. L'Harmattan, 2000).
LES NUITS MOSCOVITES (1934) d'Alexis Granowski
La General Production lui proposa de tenir le rôle du juge Porphyre dans "CRIME ET CHATIMENT" (1935) de Pierre Chenal, d’après le roman de Dostoievski. Le face à face avec Pierre Blanchar fut remarquable,.le film fut un grand succès commercial. Cette adaptation française de l'œuvre célèbre de Dostoïevski connut avant guerre un franc succès et imposa le nom de son metteur en scène, Pierre Chenal, dont c'était le troisième long métrage. Le duo formé par Harry Baur et Pierre Blanchar fit merveille (le second obtint pour ce rôle un prix d'interprétation au Festival de Venise), et la reconstitution de l'ancienne Russie en studio ne choqua point. Chenal et ses collaborateurs avaient recherché une certaine stylisation, en s'inspirant des leçons de l'expressionnisme allemand.
CRIME ET CHATIMENT (1935) de Pierre Chenal
Harry Baur et Simone Simon ont été les protagonistes du film « LES YEUX NOIRS » (1935) de Victor Tourjansky. Le scénario entraînait une fois de plus, le comédien dans une Russie de la fin de l'époque impériale, en y jouant le rôle d'un veuf malheureux, une autre vedette au générique : Jean-Pierre Aumont avait été engagé après le succès confortable du "Lac aux dames" de Marc Allégret.
Il va promener, pendant plus de dix ans durant, le même visage d'argile, le même caractère ombrageux et matois, la même truculence abrupte, évoquant le boyard ou le paysan caucasien - ce qui lui faisait dire : "Il semble que je sois voué aux rôles russes! "
Harry Baur retrouva la Russie, d'une part sous les brumes de la Tamise pour tourner la version anglaise déjà évoquée des "NUITS MOSCOVITES" . D'abord sous-titré "RASPOUTINE" et "LA FIN DES ROMANOFF", "LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE" fait partie des "films russes" d'Harry Baur, avec notamment LES NUITS MOSCOVITES (1934), TARASS BOULBA (1936) et LE PATRIOTE (1938). Pour incarner le personnage historique de Raspoutine, il expliqua qu'il dut hausser sa taille en munissant ses bottes de faux talons et en se faisant maigrir. Il ajouta qu'il avait composé son rôle en s'inspirant de deux ouvrages à son avis les plus documentés : "Raspoutine et les femmes", de Dumur, et "Raspoutine", de Muller (in "L'Intransigeant").
Puis ce fut les steppes hongroises ou Baur retrouve le cinéaste Alexis Granowsky, qui se prépare à réaliser "TARASS-BOULBA" (1936).
Ce film qui est tiré du roman de Nicolas Gogol et adapté à l 'écran par un nouvel académcien français le romancier Pierre Benoît. Danielle Darrieux (dont c’était déjà le dix-huitième rôle) se rappelle le tournage : « Je n’ai rencontré ni Harry Baur ni aucun autre acteur, à l’exception de Jean-Pierre Aumont. Il faut dire qu’on m’a engagée alors que le film était pratiquement terminé. Ne manquaient que les scènes d’amour entre le personnage qui m’était dévolu et celui qu’interprétait Jean-Pierre. Du coup, j’ai eu l’impression d’avoir participé à un sketch ! » (in “Danielle Darrieux”, filmographie commentée par elle-même, Éditions Ramsay, 1995).
Jamais depuis "Les Misérables", Harry Baur n'avait connu un tel succès à l'écran. On pouvait en trouver l'écho dans l'article de J-B Susini publié dans "La Volonté". Il traduisait à l'dentique l'opinion partagée par un public et une critique conquis.
la composition de Baur fut l'une des plus prodigieuses de sa carrière cinématographique. Il avait investi de Boulba un portrait à la fois féroce et poignant dont le trait était encore rehaussé par une magistrale indentification physique au personnage.
Baur se décida à changer de registre et de laisser de côté sa "carrière slave" et incarne un protecteur éclairé des arts et des sciences dans "LE GOLEM" (1936) de Julien Duvivier. Cette légende juive d’Europe Centrale datant du XIIIe siècle, qui inspira un roman fameux de Gustav Meyrinck (1915), avait déjà été adaptée par deux fois au cinéma. En faisant du personnage de l’empereur Rodolphe, ami de l’astronome Kepler et protecteur des savants de son époque, un despote dément et sanguinaire, les auteurs insufflèrent une dimension politique et sociale prémonitoire à la révolte du ghetto.
Tourné dans les studios de Prague dans le courant de l’année 1935, le film, qui se situe, dans la carrière de Duvivier, entre "La Bandera" et "La Belle équipe".
LE GOLEM (1936) de Julien Duvivier
Mais bien d’autres cinéastes que celui de « GOLGOTHA » (1935) (il n’eut qu’un rôle épisodique) recoururent au grand talent d’Harry Baur. Ils lui confièrent généralement des rôles de composition, le plus souvent dans des « films à costumes » eux-mêmes inspirés de la littérature. L’art du grimage du grand comédien pouvait s’y donner libre cours et par goût du pittoresque, il lui arrivait parfois (tout comme Raimu) de changer un peu sa composition.
Le cinéaste Maurice Touneur tourne « SAMSON » en 1936 avec Harry Baur, Gaby Morlay, André Luguet, Gabrielle Dorziat, André Lefaur et Suzy Prim . Un drame de l’adultère et du pouvoir de l’argent. Gaby Morlay et Harry Baur forment un couple d’interprètes dont les silences sont aussi éloquents que les paroles.
L'auteur dramatique Henry Bernstein fut « la coqueluche du boulevard parisien pendant quarante ans, entre la Belle Époque et la seconde guerre mondiale » (in “Le Nouvel Observateur” du 29 août 1986). Son œuvre décrit les mœurs d’un milieu qu’il connaît très bien pour en être lui-même issu : la haute bourgeoise. L’action de ses pièces se situe dans un monde où l’argent et la sensualité constituent les seules raisons de vivre. « Samson », fut écrite en 1907.
Paru en 1922, le roman de Claude Farrère avait déjà fait l’objet, la même année, d’un film muet réalisé par Édouard Violet et E. B. Donatien, adapté par l’auteur lui-même et qui avait bénéficié de l’aide du maréchal Lyautey en personne. Pour la présente version du film "LES HOMMES NOUVEAUX" (1936), Marcel L’Herbier tourna une première partie documentaire sur la pacification du Maroc avec un Gabriel Signoret maquillé en maréchal Lyautey que tout le monde s’accorda à reconnaître d’une étonnante ressemblance. Au même comédien échut l’incarnation d’un second rôle, celui de Maurice de Tolly, inspecteur général des Travaux et ministre d’empire.
Bien ancré dans son époque, le film tentait, selon les propres termes du cinéaste, de glorifier « l’œuvre semi-fraternelle et en tout cas civilisatrice que la France poursuivait sur le sol chérifien » (in “La Tête qui tourne”, 1979). Le paradoxe voulut que ce film « colonialiste » fût dirigé par un ardent militant CGT pour l’unification des professionnels du cinéma au sein du Syndicat des techniciens de la centrale communiste. Mais la véritable raison pour laquelle il l’avait entrepris était qu’il désirait réveiller le patriotisme national jugé par lui apathique face à l’inquiétant développement de la puissance militaire allemande.
On peut apercevoir le jeune Jean Marais, alors à ses débuts, les autres principaux interprètes sont Nathalie Paley et Gabriel Signoret.
Tiré d'une petite pièce de l'écrivain monarchiste René Benjamin, le scénario de "PARIS" (1936) était un petit mélodrame réalisé par Jean Choux. Baur incarné avec brio un chauffeur de taxi desespéré de voir sa pauvre enfant délaissé par un jeune homme de la haute société.... Le film ne fut pas un succès, Serve Veber, critique de l'hebdomadaire "Pour Vous" expliqua : "Pourquoi fait-on encore des films comme celui-là?. Qu'espère-t'on ?. Que le titre et le nom prestigieux d'Harry Baur attireront les foules?. Très sincèrement, je ne le crois pas ni ne le souhaite, et je ne pense même pas que ce "Paris" plaira à la province."
Abel Gance lui fournit un rôle admirable dans un chef d’œuvre un peu méconnu « UN GRAND AMOUR DE BEETHOVEN » (1937) ou il donne une vision puissante et inspirée du grand compositeur.
La présence de Paul Pauley dans le rôle du confident de Beethoren surprit beaucoup en 1936. Pauley, poids lourd du cinéma français, jouait les rondeurs sur la scène des Variétés
PARIS (1936) de Jean Choux
Jacques de Baroncelli s'interesse à renouveler une experience cinématographique "NITCHEVO" (1936), qu'il avait tourné dans une version muette en 1926, à laquelle il voulait légèrement transformer dans une adaptation bénéficiant des avantages du parlant. C'est ainsi qu'Harry Baur reprit le rôle d'un commandant d'un sous-marin joué dix ans auparavant par Charles Vanel.
A peine terminé le film de Baroncelli, Harry Baur s'imposa un repos bien mérité en Italie, à son retour à Paris, Julien Duvivier lui proposa d'interpréter un moine dominicain dans le film à sketches "UN CARNET DE BAL" (1937) qui est parait-il un film amer, triste, désabusé, Il caractérise en fait parfaitement le ton et le style des films de Julien Duvivier de cette époque.
il s’agit du premier et plus célèbre film à sketches français, Harry Baur fut un moine dominicain, eclipsé par Raimu et Louis Jouvet. Le succès du film fut rettentissant et récompensé par la Coupe « Mussolini » du meilleur film etranger à la Biennale de Venise !.Il constitue aussi par son affiche qui réunit les plus grands comédiens d’avant-guerre.
"UN CARNET DE BAL" constitua enfin, par son affiche qui réunit les comédiens les plus célèbres et les plus talentueux, la plus prestigieuse distribution française d'avant-guerre : Marie Bell, Françoise Rosay, Louis Jouvet, Harry Baur, Raimu, Fernandel, Pierre-Richard Willm, Pierre Blanchar, Robert Lynen, Milly Mathis, Sylvie et Jeanne Fusier-Gir.
Baur s'embarque pour l'Algérie en 1937 pour y tourner "SARATI LE TERRIBLE" sous la direction d'André Hugon. Le scénario est tiré du roman de Jean Vignaud. Le comédien incarnait une brute sordide, imposant la loi du racket aux dockers d'Alger. Le film n'eut pas le succès escompté, mais permis à Harry Baur d'effectuer une composition magistrale.
Baur interpréte un cheik arabe d'Afrique orientale dans "LES SECRETS DE LA MER ROUGE" (1937) tourné par Richard Pottier, cinéaste à qui l'on doit (le chanteur de Mexico). On pouvait croire que la période propice au rôles de russe était révolu, peine perdue, Harry Baur retrouvait son cinéaste des "Yeux noirs", Victor Tourjansky lequel réalisa "NOSTALGIE" (1938).
« MOLLENARD » (1938) figure parmi les meilleurs films de la période avant guerre et un grand rôle pour le comédien Harry Baur qui fut victime d’une attaque cardiaque sans gravité toutefois. Le jeune acteur Robert Lynen incarnait à nouveau le fils d’ Harry Baur.
Tiré du livre du romancier et journaliste belge O.P. Gilbert dont cinq autres romans furent adaptés au cinéma en 1938 et l939, Mollenard fut tourné de septembre à novembre 1937 à Dunkerque où Trauner reconstitua le port de Shanghaï, et à Joinville pour les intérieurs... dunkerquois.
Robert Siodmak eut à faire face à de nombreux problèmes avant de pouvoir tourner. Julien Duvivier s'intéressait également au roman et Siodmak fut contraint d 'investir ses économies pour racheter les droits.
Pendant plus d'un an, il chercha d'éventuels producteurs qui ne se décidèrent qu'une fois qu'Harry Baur eut accepté le rôle (auparavant Raimu l'avait refusé car il ne supportait pas la mer). Enfin le tournage était à peine commencé qu'Harry Baur fut victime d'une attaque cardiaque, sans gravité toutefois.
Siodmak envisageait de tourner en janvier 1938 une version anglaise avec Victor Mc Laglen et Ruth Chatterton mais le projet ne se réalisa jamais.
Au cours de cette même année, Baur compléta son "cycle russe" avec le film de Maurice Tourneur "LE PATRIOTE " (1938) il était le temps d'un film le Tsar Paul 1er , les deu autres interprétes du film sont Pierre Renoir, Josette Day, Jacques Varennes et Suzy Prim.
La pièce “Der Patriot”, publiée en 1925, avait fait l’objet d’une première adaptation cinématographique en 1928 aux États-Unis, réalisée par Ernst Lubitsch, "THE PATRIOT", avec Emil Jannings (le tsar) et Lewis Stone (Pahlen). C’était un film muet à l’origine, avec des séquences parlées et postsynchronisées.
Une autre de ses œuvres romanesques a donné lieu à un film célèbre, "LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE" (1937) de Marcel L'Herbier, sur la vie et l’influence de Raspoutine sur le règne du tsar Nicolas II, avec, de nouveau, Harry Baur (Raspoutine). Le tsar Paul 1er qui régna de 1796 à 1801, était le fils de Pierre III et de la Grande Catherine II. C’est son fils Alexandre qui lui succéda.
Manquant cruellement de moyens, l’équipe dut réaliser le film – produit par une petite société – dans des conditions matérielles très précaires et, qui plus est, sous une chaleur accablante.
Baroncelli avait néanmoins pris soin de s’entourer de comédiens qu’il appréciait : Harry Baur, qui avait déjà été son interprète dès 1916 pour "LE SUICIDE DE SIR LESTON".
Avec « LA TRAGEDIE IMPERIALE » (1937), Marcel L’Herbier a sollicité l'acteur Harry Baur d'incarner Raspoutine, celui-ci a accepté plus par curiosité que convictions. D'abord sous-titré "RASPOUTINE et LA FIN DES ROMANOFF", "LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE" fait partie des "films russes" d'Harry Baur, avec notamment "LES NUITS MOSCOVITES" (1934), "TARASS BOULBA" (1936) et "LE PATRIOTE" (1938). Pour interpréter le personnage historique de Raspoutine, il expliqua qu'il dut hausser sa taille en munissant ses bottes de faux talons et en se faisant maigrir. Il ajouta qu'il avait composé son rôle en s'inspirant de deux ouvrages à son avis les plus documentés : "Raspoutine et les femmes", de Dumur, et "Raspoutine", de Muller (in "L'Intransigeant").
LA TRAGEDIE IMPERIALE (1938) de Marcel L'herbier
Les extérieurs de « L’HOMME DU NIGER »(1939) furent tournés au Soudan entre mars et avril 1939 et ceci dans des conditions difficiles. Le film fut selectionné pour représenter la France au 1er Festival de Cannes en 1939, ajourné pour cause de guerre.
L'HOMME DU NIGER (1939) de Jacques De Baroncelli
Baur avait quitté le Soudan pour se rendre à Casablanca ou le cinéaste Jean Dréville l'attendait pour touner "LE PRESIDENT HAUDECOEUR" (1940). Baur avait déjà été dirigé par le réalisateur dans "Un homme en or" (1934), adapté d'une pièce du même auteur dramatique Roger Ferdinand. Le tournage eut lieu également dans les studios de Marcel Pagnol et le film sortit sur les écrans français le 11 avril 1940. À noter que le comédien Cecil Grane alias Cecil Baur était en réalité le fils d'Harry Baur ; on avait déjà pu le voir dans un petit rôle de "NORD-ATLANTIQUE" de Maurice Cloche (1939).
LE PRESIDENT HAUDECOEUR (1939) de Jean Dreville
L’entrée en guerre de la France avait pour effet la suspension de la plupart des tournages de films. Le film , nombre de comédiens ont été mobilisés, mais tous n'étaient pas sous les drapeaux, c'est ainsi que le film" VOLPONE" (1940) finit par aboutir, il fut adapté par Jules Romains, Marcel L'Herbier s'étant montré trop gourmand quant à son salaire, ce fut Maurice Tourneur qui fut engagé afin de mener à bien ce long métrage, tiré d'une pièce qui fut au théâtre un grand succès de Charles Dullin qui tient ici le rôle de Corbaccio. Il sera présenté à Paris le 10 mai 1941. Son réalisateur suit fidèlement le texte et dirige des comédiens qui font du film un véritable panthéon du théâtre français. Il faut saluer le jeu inégalable de Fernand Ledoux, Charles Dullin, Louis Jouvet, Jacqueline Delubac, ou bien de Jean Temerson, tout ces grands comédiens autour d’Harry Baur.
VOLPONE (1940) de Maurice Tourneur






























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































