29 avril 2009
FESTIVAL DE CANNES 1957
FESTIVAL DE CANNES 1957
10ème Festival Internation du Film de Cannes
Président d'honneur :Jean Cocteau
Elisabeth Taylor -Michael Todd
Elisabeth Taylor et Jean Cocteau
Jacqueline et Marcel Pagnol
Curd Jurgens et Maria Schell
Henry Fonda
William Wyler
Picasso à Cannes -Mai 1957
"LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS" de Mike Todd inaugura le festival de Cannes 1957. L'Allemagne présenta Maria Schell dans "ROSE BERND" et l'Autriche Romy Schneider dans "SISSI IMPERATRICE". Jean Cocteau fit visiter la chapelle de Villefranche-sur-Mer, dont il venait d'achever la décoration.
Le 12 mai, on annonça la mort d'Eric von Stroheim. L'hebdomadaire " Arts " publia un numéro spécial. François Truffaut qui avait déjà critiqué le festival de 1956, écrivit : "Le cinéma français crève sous les fausses légendes. "
Des congrès eurent lieu, notamment celui de la Fédération internationale des associations de producteurs, de l'Association des auteurs de films, de l'I.D.H.E.C. et des cinémas d'art et d'essai.
Pour les longs métrages
Dolores DEL RIO (Mexique), Maurice GENEVOIX (France), Georges HUISMAN (France), Maurice LEHMANN (France), André MAUROIS (France), Marcel PAGNOL (France). Michael POWELL (Grande-Bretagne), Jules ROMAINS (France), George STEVENS (Etats-Unis), Vladimir VOLTCHEK (Tchécoslovaquie).
Pour les courts métrages
Claude AVELINE (France), Roman KARMEN (U.R.S.S.), Albert LAMORISSE (France), Alberto LATTUADA (Italie), Jean VIVIE (France).
En Compétition














LA LOI DU SEIGNEUR (Friendly persuasion) de William Wyler



Prix spécial du Jury :
ILS AIMAIENT LA VIE (Kanal) de Andrzej Wajda et LE SEPTIEME SCEAU (Det sjunde inseglet) de Ingmar Bergman.


Prix spécial:
LE QUARANTE-ET-UNIÈME (Sorok Pervyi) de Grigori Tchoukhrai pour son scénario original, sa qualité humaine et sa grandeur romanesque. Prix décerné à l'unanimité.
Prix du meilleur metteur en scène :
Robert Bresson pour -UN CONDAMNE A MORT S'EST ÉCHAPPÉ. Prix décerné à l'unanimité.



Prix d'interprétation féminine :
Giulietta Massina dans LES NUITS DE CABIRIA. Prix décerné à l'unanimité. 

Prix d'interprétation masculine :
John KitzMiller dans le film LA VALLÉE DE LA PAIX (Dolina miru) de France Stiglic (Yougoslavie).


Prix du documentaire romanesque :
LE TOIT DU JAPON (Shiroi sammyaku) de Sadao Imamura et QIVITOQ de Erik Balling,
Mention exceptionnelle : GOTAMA THE BUDDHA de Rajbans Khanna (Inde). Pour sa beauté morale et plastique. Prix décerné à l'unanimité.
Meilleure sélection (France) : CELUI QUI DOIT MOURIR de Jules Dassin. UN CONDAMNE A MORT S'EST ECHAPPE de Robert Bresson. NIOK de Edmond Sechan. TOUTE LA MEMOIRE DU MONDE de Alain Resnais.
Courts métrages :
Palme d'Or : COURTE HISTOIRE de Ion Popesco Gopo .
Prix du documentaire : CAPITALE DE L'OR pour son animation originale de photographies exceptionnelles de Colin Low et Wolf Koenig
Prix du film de nature : PRAIRIE D'ÉTÉ (Wiesensommer) de Heinz Sielmann
Mention spéciale : LES CHASSEURS DES MERS DU SUD de S. Kogan
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Disparition du cinéaste acteur Erich Von Stroheim le 12 mai 1957, parait-il sur la croisette, les professionnels du cinéma ne parlaient que de çà!. Il est certain qu'un génie venait de les quitter, on laissant une oeuvre magistrale : "Folies de femmes", "Les Rapaces"...
Côté Festival, j'aurai préféré voir le film de Bresson, mieux récompenser...une Palme d'or par exemple...On a aussi oublié de mentionner l'intérprétation unique de Jean Servais, dans le film de Jules Dassin (Celui qui doit mourir).
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JURY
Président : Jean Cocteau (France)
PHOTOS CLARK GABLE ,MARILYN,....
PHOTOS PHOTOS PHOTOS
Clark Gable 1901 -1960
Clark Gable et Greta Garbo
The Easiest Way (1931) de Jack Conway
Dans tes bras (1933)de Sam Wood avec Jean Harlow
Le tourbillon de la danse (1933) de Robert Z. Leonard
Clark Gable et Claudette Colbert (La petite française dans un film légendaire aux multiples récompenses de Frank Capra : "New-York - Miami")
Clark Gable et Carole Lombard (Sûrement la femme de sa vie, disparue tragiquement dans un accident d'avion, pendant la deuxième guerre mondiale; engagée, elle se consacra à "remonter" le moral des soldats américains)
Clark Gable et Vivien Leigh (Autant emporte le vent)
Clark Gable -Shirley Temple -Mickey Rooney - Judy Garland (Tous à la MGM!)
Clark Gable et Marilyn Monroe (Les Désaxés ou chronique de trois destins qui vont se briser...)
Frances Farmer (Pendant sa garde à vue...)
Wallace Beery
Lon Chaney Jr et le célèbre maquilleur Jack Pierce (On lui doit entre autres "Frankenstein..")
Jane Wyman et Ronald Reagan (Acteur de second plan, il lui faudra attendre plusieurs décennies, avant d'être le quarantième président des Etats-Unis)
GRETA GARBO
La Tentatrice (1926) de Fred Niblo avec Greta Garbo
Gary Cooper dans "La Glorieuse aventure" (1939) d'Henry Hathaway
Ingrid Bergman
Louis Armstrong (New-York 1956)
Paul Muni
James Stewart et ses chiens
John Wayne ("Le jour le plus long")
Yul Brynner
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24 avril 2009
DECES DU COMEDIEN PHILIPPE NICAUD
DECES DU COMEDIEN PHILIPPE NICAUD
1926 - 2009
L'acteur Philippe Nicaud est décédé à l'âge de 82 ans dans la nuit de samedi 18 au dimanche 19 avril 2009.
Le comédien Philippe Nicaud est né le 27 juin 1926 à Paris, il était le fils de Raymond Nicaud, administrateur de sociétés, il fait ses études à Saint-Louis de Gonzargues, obtient le bac, puis entre à l'Ecole de Direction, se destinant à une carrière commerciale. C'est là qu'il joue un spectacle de fin d'année, "Les jours heureux", et qu'il prend goût à l'art dramatique. Il s'inscrit au cours Simon, fait son service militaire avant d'être engagé par le cinéaste Henri Decoin aux côtés de Louis Jouvet et Dany Robin dans "LES AMOUREUX SONT SEULS AU MONDE" (1947). On obligea le cinéaste à modifier la fin du film, que l'on estima trop dramatique pour un film commercial.
Philippe Nicaud enchaîne successivement avec deux grands cinéastes : Jean Delannoy dans "AUX YEUX DU SOUVENIR" (1947) avec Jean Marais et Michèle Morgan, puis avec Henri-Georges Clouzot dans "MIQUETTE ET SA MERE" (1949) aux côtés de Louis Jouvet, Bourvil et Daniele Delorme.
Pendant les années 50, on finira par se familiariser avec ce visage représentant les jeunes premiers des années 50/60. Philippe Nicaud fut au générique, de deux films avec Fernandel pour principal interprète : "MEURTRES" (1950) de Richard Pottier, (le film ne fut pas un énorme succès, le sujet étant tabou, l'euthanasie), "Le Printemps, l'automne et l'amour" (1955). 
Avec Brigitte Bardot, il avait interprété en 1959 un travesti dans "Voulez-vous danser avec moi ? "de Michel Boisrond. Philippe Nicaud avait aussi partagé l'affiche avec Jeanne Moreau dans "LE DOS AU MUR" (1957) d'Edouard Molinaro.
On peut citer également sa participation dans un film de Sacha Guitry : "LES TROIS FONT LA PAIRE" (1956). Ce fut le dernier film réalisé de son vivant par Sacha Guitry, qui devait mourir quelques semaines après sa sortie. Très malade, l’auteur se contentait, au tournage, de donner de son fauteuil roulant des indications à son producteur (et interprète) Clément Duhour, qui co-signa donc la mise en scène.
Philippe Nicaud donna la réplique à quelques uns des plus grands acteurs français, Bernard Blier dans "EN LEGITIME DEFENSE" (1958), Jean-Claude Brialy dans "Le gigolo" (1960), mais aussi Louis de Funès dans "POUIC-POUIC" (1962) de Jean Girault, il interpréte le faux mari de Mireille Darc.
Il était devenu une figure marquante du théâtre, du cinéma et de la télévision, cette dernière lui ayant permis d'être la vedette avec "L'inspecteur Leclerc enquête", l'une des premières séries. Au théâtre, il a joué dans une quarantaine de pièces. Il avait aussi écrit une chanson pour France Gall, Allô, Monsieur là-haut.
Son dernier engagement au cinéma remonte à 2000, sous la direction de Georges Batagne pour un court-métrage, "Le Mélomane".
Au théâtre, Philippe Nicaud a joué dans une quarantaine de pièces dont "Trois hommes sur un cheval", avec Robert Dhéry et Colette Brosset, à l'affiche du Théâtre Antoine pour 300 représentations.
En 1956, Philippe Nicaud rencontre l'actrice Christine Carrère, qu'il épouse l'année suivante. Elle décéde fin 2008. Depuis, l'état de santé du comédien s'était dégradé.
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Décès du comédien et humoriste
BERNARD HALLER
Le comédien et humoriste suisse Bernard Haller, mort vendredi 24 avril 2009 à Genève à l'âge de 75 ans à la suite d'un problème pulmonaire, n'a jamais été une véritable star mais fut un impeccable artisan du comique, sorte de funambule sur le fil du rire.
Il a offert à la France des années 80 de grands "one man shows" dans lesquels il était à la fois poète, mime, artiste de cirque et acteur. "Comme Raymond Devos (ndr: qu'il admirait), je suis un clown de l'absurde", disait cet amuseur solitaire au crâne lisse, au regard brillant et au rire aigre-doux et tendre, inquiétant parfois.
Ces dernières années, Bernard Haller s'était fait discret, acceptant juste de petits rôles au cinéma. Le mois dernier, il avait toutefois sorti son premier DVD, "Haller hilare", regroupant les moments forts d'une longue carrière pluridisciplinaire.
Né le 5 décembre 1933 à Genève, il entame des études de vétérinaire puis débute au cabaret "Chez Gilles" à Lausanne avant de s'installer à Paris en 1958 pour devenir comédien. "J'ai été chauve très tôt et ça m'a empêché d'être un jeune premier. Je me suis réfugié dans le cabaret", expliquait-il. Il galère longtemps, croise de loin Barbara ou Brel, participant même au cirque Spirou dans des tournées en province.
Un soir de 1971, Pierre Fresnay, alors patron du théâtre de la Michodière l'auditionne: à la fin, les deux hommes parlent. Soudain, le grand homme s'écrie: "Yvonne !" et part à toutes jambes. Depuis plus d'une heure, sa femme, Yvonne Printemps, l'attend dans leur voiture. C'est gagné pour Haller, alors à deux doigts de tout plaquer: Fresnay n'a pas vu le temps passer.
Il va enchaîner les tournages et, surtout, se faire un nom dans le domaine très restreint du spectacle solo. 160.000 spectateurs de 95 villes l'applaudissent durant sa première tournée.
Les années suivantes, il interprète avec succès (parfois hors de France) des spectacles intitulés "Et alors?", "Un certain rire incertain", "Salmigondivers", "Vis-à-vie" (en 1982, à Bobino) etc. Le public est ravi d'entendre son fameux sketch à allitération, "Le concasseur de cacao", ou ses piques sur l'actualité: "les politiciens sont de bien mauvais acteurs, je les observe afin de connaître les erreurs à ne pas commettre. Le seul bon comédien était le général de Gaulle: lorsqu'il prenait la parole, il vidait les salles de théâtre".
Bernard Haller s'illustre également au théâtre ("Fregoli" à Chaillot en 1991, de Jérome Savary ou "Volpone" en 2001), au cinéma ("Je ne sais rien, mais je dirai tout", "Signé Furax", "La Soif de l'or", "Bonjour l'angoisse", "Max, mon amour", "Coup de jeune" etc), à la télévision (Maigret, Nestor Burma etc).
Selon lui, les comédiens ne sont que des gens de passage et doivent être particulièrement modestes. "Les honneurs, si j'en ai, ne griseront que mes tempes", assurait-il en estimant que "l'humour, c'est un petit garçon qui traverse une cave très sombre et qui sifflote pour se donner du courage". Marié et père de deux enfants, Bernard Haller avait été un passionné de plongée sous-marine.


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22 avril 2009
JAMES DEAN , l'homme-enfant
JAMES DEAN 1933 - 1955
Acteur Américain
Deux grands films avaient suffi à faire de James Dean l'interprète inspiré des angoisses et des inquiétudes de la jeunesse américaine. Guidé par un instinct tragique et capricieux, son talent n'a jamais été égalé. Sa mort brutale à l'âge de 24 ans l'a fait entrer dans la mythologie du septième art. Sa légende s'empare de lui, un culte hystérique digne de celui voué à Rudolph Valentino
"Le drame de sa vie, c'était le conflit permanent entre le désir et la peur, un conflit apparu très tôt entre sa formidable impatience et son manque de confiance en soi". Nicholas Ray
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Acteur américain, né le 8 février 1931, à Marion dans l'Indiana. James Dean disparait à l'age de 24 ans, d'un accident automobile. La mort de James Dean appartient désormais à la légende. Le 30 septembre 1955, le jeune comédien se rendait au volant de sa Porsche à une course automobile à laquelle il voulait participer...Il venait d'achever le tournage du film "Géant". A un carrefour de deux autoroutes, au sud de San Francisco, sa voiture lancée à pleine vitesse s'est jetée sur celle d'un étudiant dont on a dit qu'il venait d'assister à la projection de l'un de ses films. Touché à la colonne vertébrale, James Dean devait succomber peu après à ses blessures. Abondonnée quelques jours aux abords du fatal carrefour, la Porsche fut alors l'objet d'une douteuse dévotion : pour 25 cents, les admirateurs de la vedette pouvaient toucher la relique et même s'asseoir sur le siège ensanglanté...
James Byron Dean était le fils de Winton Dean, un mécanicien-dentiste et de Mildred Wilson, fille de fermiers méthodistes. La mère de James Dean consacre la majeure partie de son temps à son fils unique. En 1936, sa famille s'installe à Los Angeles mais sa mère meurt alors que James n'avait que neuf ans. Cette disparition est une épreuve terrible pour le petit Jimmy,celui-ci est recueilli par son oncle et sa tante qui exploitent une ferme à Fairmount.
La dure épreuve du décès de sa mère traumatise l'enfant et l'on décèlera des troubles du comportement et un énorme manque affectif qui seront significatifs à l'adolescence. Durant plusieurs années il y pratiquera l'élevage, l'équitation et la chasse. En 1945, il fréquente la " Fairmount High School" et, malgré une myopie qui l'a rendu inapte au service militaire actif, se distingue dans l'équipe de base-ball et de basket du collège et remporte la médaille du meilleur athlète. Il se passionne pour l'astrologie et les voitures de courses. En 1949, il se présente, en amateur, au concours d'art dramatique de l'état d'Indiana et remporte un prix pour la meilleure expression dramatique. Couvert d'honneurs comme acteur amateur et sacré meilleur athlète, Jimmy s'en va étudier le droit en Californie au Santa Monica Collège, et vivre aux côtés de son père, qui s'est remarié. Puis il s'inscrit à l'Université de Californie, à Los Angeles, pour préparer une licence en droit mais abandonne peu après. L'anne suivante, il s'inscrit à UCLA pour y suivre des courts d'art dramatique et s'installe chez son ami et futur biographe, Bill Bast, qui indiquera par la suite, que James Dean était un garçon tourmenté, dépressif, et s'incommodant de ses sautes d'humeur...
James Dean voulait très vite faire une carrière de comédien : cette vocation est ancrée au plus profond de sa personnalité. Pour lui comme pour beaucoup d'autres comédiens, le mensonge et la simulation étaient le seul moyen d'atteindre la plus grande lucidité et l'introspection. Mais surtout, le besoin de jouer correspondait, chez lui, à une sorte de faille existentielle.
Durant l'automne 1950, il suit des cours de théâtre dispensés par le comédien James Whitmore. Le style de la formation s'apparente à celle de la "methode" du célèbre Actor's Studio. En octobre 1950, on l'aperçoit dans la pièce "Macbeth", ou il tient le rôle de Malcom. Dès mars 1951, il obtient l'interprétation de l'apôtre Jean dans un téléfilm "La colline numéro un" (Hill number one).
Santa Monica College 1951
Macbeth: 1950
Hill Number One -1951
James Dean obtient des petits rôles à la télévision et fait de la figuration au cinéma: "BAIONNETTE AU CANON" (1951) un admirable film de guerre signé par Samuel Fuller avec Richard Basehart; "LA POLKA DES MARINS" (1951) mise en scène par Hal Walker avec Dean Martin et Jerry Lewis. Jimmy se laisse gagner par la déprime et mène parfois une vie de bohème. Son co-locataire et ami Bill Bast quitte l'appartement, ce qui en résulte par le départ de l'acteur qui préfère s'installer chez Roger Brackett, publicitaire et homme de radio. James Dean s'interesse aussi à la tauromachie, il joue du bongo et quelques temps plus tard s'initiera à la photographie.
James Dean obtient des petits rôles à la télévision et fait de la figuration au cinéma: "BAIONNETTE AU CANON" (1951) un admirable film de guerre signé par Samuel Fuller avec Richard Basehart; "LA POLKA DES MARINS" (1951) mise en scène par Hal Walker avec Dean Martin et Jerry Lewis. Jimmy se laisse gagner par la déprime et mène parfois une vie de bohème. Son co-locataire et ami Bill Bast quitte l'appartement, ce qui en résulte par le départ de l'acteur qui préfère s'installer chez Roger Brackett, publicitaire et homme de radio. James Dean s'interesse aussi à la tauromachie, il joue du bongo et quelques temps plus tard s'initiera à la photographie.
En septembre 1951, encouragé par James Whitmore, homme de théâtre a s'installé à New York, et trouve des petits rôles dont "Prologue to glory" (émission de télévision produite par la US Steel Hour). Après avoir longtemps hésité, il passe finalement à l'"Actor's Studio" ou il ne fera qu'un bref passage, étant donné que ses relations avec Lee Strasberg n'étant pas des meilleurs. Mise à part sa participation dans "QUI DONC A VU MA BELLE?" (1952) de Douglas Sirk avec Charles Coburn, Jimmy Dean connait des mois difficiles.
Has Anybody Seen My Gal -1952
En 1952, Jimmy obtient le rôle de Wally Wilking dans "See the Jaguar"de Richard Wash, ou il interpréte un adolescent séquestré dans une cage. La pièce s'achève après seulement quatre représentations. Cela n'a pas empêché la critique de remarquer la prestation du jeune acteur et de le lui dire.
See The Jaguar avec Arthur Kennedy 1952
A la fin de l'année 1953, il remonte sur les planches de Broadway, il joue dans " The Immoralist " ,d'après le roman d'André Gide aux côtés de Louis Jourdan et Géraldine Page, qui lui vaudra le titre de " Meilleur Nouvel Acteur de l'Armée". Dans "A long time till Dawn" (1953) ou "I am a Fool" (1954), ou il tient la vedette aux côtés de Natalie Wood et Eddie Albert, ses improvisations ont soulevé l'enthousiasme des metteurs en scène, au grand dam de ses partenaires qu'il réduisait au rang de faire-valoir. Bousculant le texte et le plan de travail, il introduisait de véritables bouffées de réalité et de lyrisme par ses envolées inspirées.
The Immoralist
A la même époque, Elia Kazan qui vient de diriger Marlon Brando dans "Un tramway nommé désir" se laisse dire que Jimmy correspond en tout point au personnage de Cal pour son prochain film, --"A L'EST D'EDEN" (1954 - East of Eden). Elia Kazan l'engage pour jouer le premier rôle du roman de John Steinbeck, avec Julie Harris et Raymond Massey. Le tournage se passe plus ou moins bien mise à part que Jimmy se comporte mal à l'égard des personnes influantes à Hollywood. La collaboration avec l'actrice Julie Harris se déroule dans de bonnes conditions contrairement à Raymond Massey qui laisse éclater sa colère même en dehors de la scène de tournage. James Dean déclara "Toute personne névrosée a besoin de s'exprimer, ma névrose se manifeste dans le théâtre. Pourquoi devient-on acteur?. Pour laisser libre cours à ses fantasmes.". En adaptant très librement le roman de Steinbeck, Kazan compris que Dean s'était totalement identifié à la révolte de son personnage et à son sentiment d'être ignoré et incompris. Prêt à tout pour se faire aimer de son père, le jeune héros d'"A l'est d'Eden" est sans doute l'un des plus authentiques romantiques de tout le cinéma américain. Adoptant sans réserve le point de vue de l'adolescent, le film constitue un hymne à la gloire de l'esprit d'enfance. Quant à la caméra, elle se montre des plus complaisantes à l'égard de James Dean et le rythme du film paraît singulièrement affecté par son inspiration; à laquelle Elia Kazan semble avoir laissé le champ libre.... Du jour au lendemain il devient célèbre. Le film fut un énorme succès ....
Avec Louis Jourdan
Pendant le tournage : Elia Kazan - Raymond Massey -James Dean
La génération qui devait suivre ses pas allait compter non seulement Paul Newman, Dennis Hopper et Steve McQueen mais également Elvis Presley. James Dean avait incarné pour la première fois les angoisses, les désirs et les refus d'une jeunesse américaine consciente de son identité et de sa singularité dans un monde dont elle ne tarderait guère à contester globalement les valeurs et les traditions. Quand la Warner a annoncé le tournage de "LA FUREUR DE VIVRE" (Rebel Without a cause -1955), elle croyait miser sur l'impact que les phénomènes de délinquance juvénile avaient sur la société américaine.
En fait,le désenchantement dont James Dean s'était fait l'interprète dans ce film, allait beaucoup plus loin : il présageait la crise morale des années 60 et le drame de la guerre du Viet-Nam. A cet égard "LA FUREUR DE VIVRE" avait une indéniable valeur prémonitoire et débordait largement le cadre scolaire dans lequel se déroulait le récit. Pour le cinéaste Nicholas Ray, il ne s'agissait rien moins en effet, que d'exprimer une insatisfaction profonde à l'endroit d'une civilisation incapable de donner aux jeunes des raisons de vivre, et le cinéaste fut proprement stupéfait par la facilité et la spontanéité avec lesquelles James Dean avait donné corps à ses propres préoccupations, tenant à son sujet des propos particulièrement perspicaces : "Le conflit entre le désir de se donner et la crainte de céder à ses sentiments...Une vulnérablité si profonde que l'on en était presque bouleversé...Depuis l'enfance, il était déchiré entre des impulsions violentes et une grande circonspection..." Il n'est pas exagéré aujourd'hui de dire que l'acteur a bouleversé le metteur en scène et cristallisé ses intuitions : jamais Nicholas Ray ne réalisera une oeuvre aussi aboutie.
Les rapports entre Jimmy Dean et Natalie Wood sont des meilleurs, l'actrice se comporte à son égard comme une grande soeur, comme l'a fait précèdemment Julie Harris dans "A l'est d'Eden". De la position foetale dans laquelle il apparaît au début du film jusqu'à son agonie grandiloquente, James Dean ressemble à un être venu du passé ou de quelque lointaine planète, jetant sur le monde un regard d'une lucidité tragique.
Avec Nicholas Ray
James Dean achève sa carrière cinématographique avec "GÉANT" (1956) de George Stevens, d'après le roman d'Edna Ferber, avec Elizabeth Taylor et Rock Hudson. Les deux derniers films de James Dean ne furent présentés qu'après sa mort tragique survenue dans un accident d'automobile, le 30 septembre 1955, sur la route de Salinas, dans le désert de Californie. C'est le début de la légende...
Bien des années après le tournage de "Géant", le cinéaste George Stevens s'est reproché de n'avoir pas laissé plus de liberté à James Dean. Il n'en demeure pas moins que les meilleurs scènes de ce film sont précisémment celles ou James Dean fait éclater le cadre somme tout fort académique et conventionnel du récit, comme lorsqu'il arpente ses terres ou qu'il patauge dans le pétrole...
François Truffaut écrit : "Il s'agit d'autre chose, d'un jeu poétique qui autorise toutes les libertés - et même les encourage. Jouer juste ou jouer faux, ces deux expressions n'ont plus de sens avec Dean, puisqu'on attend de lui une surprise de tous les intants....En James Dean tout est grâce, et dans tous les sens du mot...Dean ne fait pas mieux que les autres, il fait autre chose qui est le contraire et le pare d'un prestige qu'il conserve dès lors jusqu'à la fin du film." (Les Films de ma vie).
La mort de James Dean allait provoquer une vague d'idolâtrie proprement dite aux Etats-Unis. A la fin de l'année 1956, près d'une centaine de clubs d'admirateurs regroupaient 3 800 000 adhérents. Et pendant les vacances de cette même année, plus de 150 000 "pélerins", vinrent se recueillir devant la tombe de leur dieu, à Fairmount.
En 1958, Xavier Grall livra un superbe portrait de l'acteur : "J'ai sous les yeux tout un paquet de photos de James Byron au moment de son entrée dans ce monde étrange, bigarré, mouvant qu'est le monde du cinéma. Ce qui ne frappe d'abord, c'est la beauté de ce visage. Les cheveux blonds, abondants, hirsutes couvrent les oreilles, car celui qui les porte déteste les coiffeurs. Les lèvres sont épaisses, rouges, sensuelles. Les traits sont fins, réguliers, grecs. Il y a dans ce visage une sorte de pureté presque paienne, quelque chose de sauvage, aussi, et de jamais vu, jamais rencontré. Je comprends maintenant que ce jeune homme ait tant plu aux femmes. Elles lisaient sur ce visage doré par la Californie la fureur et la force et elles y voyaient aussi un certain sourire qu'elles n'avaient jamais vu : en même temps charmeur et amer, moqueur et généreux."
Pour Xavier Grall, James Dean incarnait la même révolte que celle qui avait nourri Arthur Rimbaud. Au terme d'un lumineux parallèle entre l'interprète de "La fureur de vivre" et l'auteur d'"une saison en enfer", le poète breton écrit : ce qui demeure et ce qui nous émeut, c'est encore l'extrême grandeur de l'âme humaine, son inquiétude recommencée et sa faim, sa soif d'absolu incarné par deux adolescents d'Amérique et de France. A travers le temps, par-dessus l'espace, l'homme malgré tout, à travers les fluctuations, reste l'homme, et l'adolescent est là pour nous le rappeler. Age dur et doux, âge de l'amour et de la liberté, le plus bel âge de l'homme peut-être, âge de son dernier sursaut avant son engourdissement dans le pratique et le banal.
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Avec George Stevens

En 1957, "L'HISTOIRE DE JAMES DEAN" (The James Dean's Story), un film de montage et d'interviews, produit et réalisé par Georges W. George et Robert Altman, retraçait la carrière de James Dean. JAMES DEAN STORY (titre... français de James Dean : the first american teenager) est un film réalisé par Ray Connolly (1975), comprenant des interviews de Natalie Wood, Dennis Hopper, Carroll Baker, Nicholas Ray, etc. ainsi que des extraits de "A L'EST D'ÉDEN, de LA FUREUR DE VIVRE et de GÉANT". En 1976, Robert Butler signe pour la télévision américaine, un téléfilm intitulé "James Dean", où Stephen McHattie incarnait James Dean. "SEPTEMBER 30, 1955", réalisé en 1977, n'est autre qu'un film qui témoigne, à partir de la date de la mort de James Dean, des réactions émotionnelles de son auteur, Jim Bridges. "REVIENS, JAMES DEAN, REVIENS" (Come back to the 5 and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean), de Robert Altman (1982), d'après une pièce de Ed Graczyk, évoque vingt ans après la mort de James Dean, la réunion de quelques membres de son Fan Club dans la petite ville texane de McCarthy, près de l'endroit où fut tourné le film "GÉANT", avec Sandy Dennis, Cher et Karen Black.
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Passions pour la photographie mais également la tauromachie....
Avec Sal Mineo
Ultime photo de James Dean vivant, peu de temps avant l'accident
Avec Elizabeth Taylor, son amie
Avec Ursula Andress
Avec Ronald Reagan
Avec Pier Angeli
Marlon Brando
Burl Ives
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Filmographie
- 1951
BAIONNETTE AU CANON (Fixed Bayonets, Samuel Fuller).
- 1952
LA POLKA DES MARINS (Sailor Beware, Hal Walker).
- 1953
QUI DONC A VU MA BELLE ? (Has Anybody seen my Gal ?, Douglas Sirk).
- 1955
A L'EST D'EDEN (East of Eden, Elia Kazan).
- 1955
LA FUREUR DE VIVRE (Rebel without a Cause, Nicholas Ray).

- 1956
GÉANT (Giant, George Stevens).
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20 avril 2009
JEAN GABIN DANS L'INTIMITE
PHOTOS PHOTOS PHOTOS
Spécial Jean Gabin
Jean et Dominique Gabin et leur fils
Sur le tournage du "Clan des siciliens" d'Henri Verneuil
Jean Gabin est promu Officier de la légion d'honneur des mains de Micheline Presle-1960.
Jean Gabin et le cinéaste Gilles Grangier
Pendant le tournage du film "L'âge ingrat" aux côtés de Fernandel
Jean Gabin entouré du cinéaste Henri Verneuil, Michel Audiard, Jean-Paul Belmondo...pendant le tournage du "Singe en hiver".
Avec Louis de Funès, pendant le tournage du film "Le tatoué" de Denys de la Patellière
Son domaine...
"Procès pour son "domaine"
Entre deux scènes, entretien entre Henri Verneuil et Jean Gabin dans "Gas-Oil"
André Luguet
Jean Gabin - André Luguet et son fils - Gaby Morlay
Avec Marcel Carné, sur le tournage de "L'air de Paris"
Ginger Rogers
Tournage du film de Julien Duvivier aux Etats-Unis "The Imposter"
La Bête humaine de Jean Renoir
(En novembre 2009, une évocation de Jean Gabin est prévu sur ce blog.)
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15 avril 2009
MAURICE JARRE
DECES DU COMPOSITEUR MAURICE JARRE
Le compositeur français Maurice Jarre s'est éteint dans la nuit de samedi 28 mars 2009 au dimanche 30 mars des suites d'un cancer, à Los Angeles , a précisé le manager de son fils, le musicien Jean-Michel Jarre. Ses obsèques seront célébrées jeudi à Los Angeles et il sera incinéré, selon la même source.
Récompensé par des Oscars pour les musiques de "Lawrence d’Arabie" (1962), "Docteur Jivago" (1965) et "La Route des Indes" (1984) de David Lean, Maurice Jarre a signé plus de 150 musiques de films pour de grands réalisateurs comme John Frankenheimer, Alfred Hitchcock, John Huston, Luchino Visconti et Peter Weir.
En 1952, le compositeur français avait signé sa première musique de film à la demande du cinéaste Georges Franju pour le court-métrage "Hôtel des Invalides".
Maurice Jarre a également signé les musiques des films "Le président" (Henri Verneuil), "Jésus de Nazareth" (Franco Zeffirelli, 1976), ou plus récemment "Witness" (1985) et "Le cercle des poètes disparus" (1989) deux film de Peter Weir. Il y eut aussi "Ghost"…
Le compositeur, père de trois enfants, avait fêté ses cinquante ans de carrière en 2006 à Lyon, sa ville natale dans le centre-est de la France. Il avait donné un concert retraçant ses plus grandes oeuvres, en présence de son fils Jean-Michel, l’un des précurseurs de la musique électronique qui a également connu un succès mondial.
"En oeuvrant avec les plus grands cinéastes du monde entier, il a montré à tous que la musique était aussi importante que l’image pour la beauté et la réussite d’un film", a souligné le président français Nicolas Sarkozy, dans un communiqué.
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a rendu hommage à "un magnifique ambassadeur de la culture française".
"C’est un grand monsieur de la musique et du cinéma, mais aussi un grand ambassadeur de la France qui nous quitte. Je chante toujours +Paris en colère" dans mes concerts", a expliqué à l’AFP la chanteuse Mireille Mathieu, interprète de la chanson du film "Paris brûle-t-il ?", de René Clément.
"+Paris en colère+ est l’hymne de la liberté. Grâce à Maurice Jarre, on entendra toujours +Paris en colère+ pour défendre la liberté partout dans le monde", a-t-elle ajouté.
"C’était le plus grand musicien d’Hollywood. Ses musiques fantastiques et éternelles font rêver et sont en osmose parfaite avec les films", a-t-elle encore estimé.
Maurice Jarre s’était installé aux Etats-Unis au milieu des années 60, puis en Suisse, avant de revenir à Los Angeles.
Le compositeur racontait que sa vocation était née, quand il était enfant, de l’écoute d’un enregistrement de la 2e Rhapsodie hongroise de Liszt par Léopold Stokowski, oeuvre qui l’avait fasciné. Après des études musicales, il était devenu percussionniste-timbalier.
En février, lors de sa dernière apparition publique en Europe, il avait reçu un Ours d’Or au Festival de Berlin pour l’ensemble de sa carrière.
Maurice Jarre est le père du compositeur Jean-Michel Jarre, un des précurseurs de la musique électronique avec notamment son succès mondial "Oxygène".
En février dernier, lors du Festival de Berlin, il avait reçu un Ours d'Or pour l'ensemble de son œuvre, avec plus de 150 musiques de films pour de grands réalisateurs comme John Frankenheimer, Alfred Hitchcock, John Huston, Luchino Visconti, Henri Verneuil, Peter Weir…et 70 ans de théâtre.
Aux côtés de Mireille Mathieu et Dany Saval
22 Février 1986, un César d'honneur pour honorer l'ensemble de sa carrière musicale au cinéma en compagnie de Maurice Béjart
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13 avril 2009
GLORIA de John Cassavetes
GLORIA
Coup de Coeur *****
de John Cassavetes 1980
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Gloria Swenson |
Gena ROWLANDS |
Phil |
John ADAMES |
Jack Dawn |
Buck HENRY |
Jeri Dawn |
Julie CARMEN |
Margarita |
Lupe GARNICA |
Joan |
Jessica CASTILLO |






















Pour avoir été indiscret auprès du FBI sur les activités de la mafia, Jack Dawn voit son appartement investi par quelques tueurs qui l'abattent ainsi que toute sa famille. Peu avant, Jack a réussi à confier son jeune fils, Phil, auquel il a remit un petit livre sur lequel sont inscrits quelques noms fameux de la mafia, à Gloria, une voisine de palier qui était venu emprunter du café. Gloria est une ancienne danseuse de cabaret qui vit solitaire entre ses souvenirs et son chat. Elle n'a que faire du petit Phil, et pourtant, devant le danger qui le guette, quitte l'immeuble et entraîne l'enfant dans un autre de ses appartements. Puis elle avoue à Phil que les gens qui ont tué sa famille sont des anciens amis. Mais Phil, après s'être montré méchant et agressif, ne veut plus la quitter.
Faisant appel à un extraordinaire courage, Gloria et Phil vont errer d'hôtel en hôtel, se méfier de tout, afin d'échapper à des poursuivants qui tiennent à récupérer le livre et l'enfant. Gloria décide de retirer tout son argent de la banque et de s'enfuir à Pittsburgh, mais la mafia surveille tous les aéroports, toutes les gares. Gloria et Phil réussissent à déjouer les pièges qu'on leur tend, non sans difficulté, en utilisant le propre jeu de la mafia omniprésente. Mais il leur est impossible de quitter New York.
Gena Rowlands interprète le rôle d'une femme dure et peu maternelle, qui doit à tout prix s'occuper d'un jeune enfant dont sa vie est menacer par la mafia....Il s'agit d'un des plus beaux rôles de l'actrice. En 1978, la carrière de John Cassavetes était au point mort. Il venait de réaliser OPENING NIGHT qui n'eut aucun succès aux USA (et ne sortit en France qu'en 1992). Déjà, en 1976, MEURTRE D'UN BOOKMAKER CHINOIS avait connu un grave échec. C'est alors que la chance lui sourit : la Columbia, ayant racheté à la MGM le scénario de GLORIA, propose à Cassavetes de le réaliser. Celui-ci n'avait plus travaillé pour un grand studio depuis "Un enfant attend"(1962).
"GLORIA" reçut le Lion d'Or au Festival de Venise 1980.
Quelques uns des plus grands chefs d'oeuvre de John Cassavetes
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M LE MAUDIT de Fritz Lang
Coup de Coeur *****
de Fritz Lang 1932
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Frantz Becker "M" |
Peter LORRE |
Commissaire Lohmann |
Otto WERNICKE |
Schrankera, chef de la pègre |
Gustav GRUNDGENS |
Madame Beckmann |
Ellen WIDMANN |
Elsie Beckmann |
Inge LANDGUT |
Le Préfet de police |
Ernst STAHL-NACHBAUR |
La petite Elsie Beckmann est abordée dans la rue par un petit homme souriant qui, tout en sifflotant un air de Peer Gynt, lui achète un ballon à un marchand ambulant aveugle... Un peu plus tard, la presse annonce que le maniaque assassin d'enfants vient de faire une nouvelle victime. Le commissaire Lohmann fait procéder à de nombreuses rafles qui n'aboutissent qu'à désorganiser la pègre. Celle-ci, lasse d'être continuellement importunée, décide, à l'instigation de son chef, Schranker, de retrouver le criminel. Tandis que la police utilise des méthodes d'investigation scientifiques, la pègre fait surveiller la ville par les mendiants et les clochards. L'aveugle identifie M. grâce à l'air de Grieg. Un jeune voyou le prend en filature et réussit en le bousculant à imprimer sur son manteau un M. préalablement dessiné à la craie dans la paume de sa main.
Se sachant découvert, M. se réfugie dans un immeuble administratif où il se cache après la fermeture des bureaux. Le chef de la pègre monte alors un véritable coup de main. Déguisé en policier, il se fait ouvrir, neutralise le concierge et introduit la bande à l'intérieur de l'édifice. Après de nombreuses recherches, M. est découvert et capturé. Mais un des gardiens réussit à donner l'alerte. Les truands s'enfuient sauf l'un d'eux, trop occupé à essayer d'entrer dans la chambre des coffres. Arrêté par les policiers, il avoue le véritable motif de cette opération et révèle que M. a été conduit dans une usine désaffectée. La pègre s'érigeant en Tribunal écoute M. qui expose son cas : elle le condamne à mort et il va être exécuté lorsque la police envahit la distillerie. Le meurtrier sera traduit devant une juridiction légale.
"M" (première lettre du mot allemand "der Morder", le meurtrier) s'appelait initialement "Les Assassins sont parmi nous". Le parti nazi, s'estimant visé, interdit à Lang de tourner tant que le titre ne serait pas changé. Le titre original est "M. EINE STADT SUCHT EINEN MÖRDER", à noter la présence de l'acteur d'origine hongroise Peter Lorre (méconnu au moment du film).
M. LE MAUDIT s'inspire du cas Kuerten, connu aussi sous le nom du Vampire de Dusseldorf. Lang précise à ce sujet : "Mon film a été conçu avant qu'il n'ait été découvert; bien des choses prévues pour le film se sont trouvées réalisées. Je n'ai personnellement emprunté que certains détails à la réalité comme celui par exemple de la pègre décidée à supprimer l'homme gênant pour son travail. " Peter Lorre, formé à l'école de Brecht, fut obsédé pendant toute sa carrière par ce rôle et reste à tout jamais M., le maudit.
Il s'agit du premier film parlant du cinéaste Fritz Lang, et révèle de manière étonnante la maitrise totale du réalisateur sur la technique nouvelle. Muet, le film n'aurait sans doute pas eu la même force de suggestion. Dès la séquence initiale, le son joue un rôle aussi important que l'image. Pour la mise en scène du monde des bas-fonds (qui rappelle d'une certaine façon "L'opéra de quat' sous"), Lang se servit abondamment de la chronique journalistique. Il fit aussi de longues recherches sur l'argot de la pègre et également sur les méthodes d'investigation de la police. On a prêté beaucoup d'intentions à ce film ; certains y voient la description d'un cas clinique, d'autres la mise en cause de la justice quand elle s'arroge le droit de condamner un malade. Avec humour, Lang déclara que le seul message du film est un avertissement aux mères : "Veillez davantage sur vos enfants !".
Quelques uns des plus grands chefs d'oeuvre de Fritz Lang...
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En 1951, aux États-Unis, Joseph Losey réalise un remake avec David Wayne dans le rôle titre.
10 avril 2009
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Frances Farmer (Si vous n'avez pas vu le film "Frances" sur la vie tumulteuse de l'actrice Frances Farmer, interprétée par Jessica Lange, allez y regardez le,vous ne le regretterez pas )
Frank Sinatra ( Une passion pour son style bien à lui, avec un faible pour le chanteur, bien plus que pour l'acteur. Mais je garderai aussi en mémoire quelques films tels que "Comme un torrent" de Vincente Minnelli avec Shirley Maclaine, "Tant qu'il y aura des hommes" de Fred Zinnemann, 'L'homme aux bras d'or" d'Otto Preminger et le film de guerre de Mark Robson "L'express du colonel Von Ryan".)
Elia Kazan (On ne peut oublier quelques uns des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma américain :
Marilyn Monroe (Au mois d'aout une évocation de Marilyn sur ce blog)
Une blonde se lève, déchirent les coeurs de ces hommes jeunes et moins jeunes, le talent est avant tout ce charisme de la "femme-enfant".....
Avec Laurence Olivier (Le Prince et la danseuse)
Fritz Lang
John Huston - Roberto Rossellini-Jean Negulesco
Jacques Demy (L'une des figures emblématiques du cinéma français des années 60 à 80 : des parapluies de Cherbourg", en passant par "Les demoiselles de Rochefort", "Peau d'âne", "Une chambre en ville".... transformation du "P
Ernest Hemingway (Plus jeune, j'ai eu le désir de lire quelques uns de ces romans "Le viel homme et la mer" bien sûr, mais aussi "L'adieu aux armes"...)
Melina Mercouri et Jules Dassin
Federico Fellini et Giulietta Massina (Si vous
Howard Hawks et Angie Dickinson (pendant le tournage du film "Rio Bravo")
Bob Hope (et ses chiens! L'acteur fut centenaire)
Buster Keaton - Edward Sedgwick
Buster Keaton
Akira Kurosawa - Sidney Pollack- Barbra Streisand- John Huston (que se disent-ils? !)
Terry-Thomas (Souvenez vous, vous l'avez vu dans "La grande vadrouille" entre autres; il était "Big moustache",un des trois parachutistes)
Frank Sinatra et Ava Gardner
Yul Brynner et Gene Kelly (extra cette photo, une bonne rigolade entre collègues, presque une complicité........)
Jane Fonda
Cecil B.de Mille - Billy Wilder?
Walt Disney (évoqué sur ce blog -période Décembre 2008)
Otto Preminger et Samuel Goldwyn
Maureen O'Hara - Fidel Castro - Alec Guiness
Ray Milland
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Michael et Kirk Douglas (Une passion pour ces deux acteurs que j'estime beaucoup)
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Elizabeth Taylor
Steve MacQueen -Paul Newman -Barbara Streisand -Sidney Poitier
Stanley Baker
Julie Andrews (Excellent dans "Victor Victoria" de Blake Edwards, mais bien entendu c'est avec la production Walt Disney que l'on a mémorise son rôle célèbre de "Mary Poppins".
Greta Garbo (fascination)
Gary Cooper ("La mission du commandant Lex" semblerait-il !)
Serge Gainsbourg, Jane, Charlotte...
Natalie Wood (émouvante et tourmentée dans "La fièvre dans le sang", explosive avec "West side story,révoltée aux côtés de James Dean et Sal Mineo, dans "La fureur de vivre" de Nicholas Ray. Tout prochainement évocation de la carrière de James Dean)
Pier Paolo Pasolini
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*Désolé pour le retard de ces derniers jours, mais un problème de cable téléphonique était en panne. Dès la semaine prochaine, une petite évocation suite à la disparition du chanteur acteur Alain Bashung et l'auteur de quelques unes des plus grandes mélodies internationales : Maurice Jarre....
Suivront une biographie sur James Dean puis Annie Girardot (sous réserve de recevoir différents documents sur notre momument du cinéma français)
-Bonnes Fêtes de Pâques
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05 avril 2009
BERNARD BLIER (1)
BERNARD BLIER 1916 - 1989
Acteur Français
Vingt ans après sa mort (29 mars 1989) Bernard Blier reste l'un des comédiens français les plus populaires, il a imposé sa rondeur joviale dans plus de 180 films. 50 ans de carrière, depuis 1938, d'innombrables succès au théâtre (dont "Le nombril" de Jean Anouilh)... (Bernard Blier -Un Homme façon puzzle-de Jean-Philippe Guerand) (Editions Robert Laffont)
Il a tout joué, les durs, les tendres, les veules, les généreux, les cocus... Bernard Blier, c'est une voix, des répliques-cultes, une «gueule» qui appartiennent à notre mémoire collective. En cent quatre-vingts films et plus de trente pièces, sa carrière traverse un demi-siècle de cinéma et de théâtre. Et déroule un des plus beaux génériques du septième art hexagonal, de Quai des Orfèvres à "Buffet froid" en passant par les irrésistibles "Tontons flingueurs". Pourtant, de ce comédien toujours aussi populaire vingt ans après sa mort, en 1989, on ne sait presque rien
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Bernard Blier, comédien français, né à Buenos Aires le 11 janvier 1916, sa famille résidant alors en Argentine où son père, biologiste à l'Institut Pasteur, était en mission. Dès 12 ans, Bernard Blier savait tout à fait ce qu'il souhaitait faire plus grand...Tous les jeudis, il assistait aux représentations des matinées classiques du Théâtre Français.
Il voit pour la première fois, Pierre Fresnay jouer la tragédie dans "Horace", nous sommes en janvier 1927, Blier a 11 ans !. Grâce à l'appui de ses parents, qui sont tous deux membres de la Société des amis de Charles Dullin, ce qui permit à Blier de se rapprocher du théâtre ainsi que de toutes les créations de l'immense comédien qu'était Charles Dullin. Blier pratique l'école buissonnière, des études à Paris au lycée Condorcet puis il rencontre une jeune première (Monique Mélinand qui lui présente Raymond Rouleau (son premier mentor) qui lui permet de suivre des cours d'art dramatique dans l'école de théâtre qu'il vient d'ouvrir avec Julien Bertheau et Jean-Louis Barrault.Blier débute à l'écran en 1937 dans "TROIS, SIX, NEUF" dans le quatrième film réalisé par Raymond Rouleau avec pour principale interpréte une jeune débutante du nom de René Saint-Cyr (mère de Georges Lautner). Blier poursuit sa carrière cinématographique dans un film de Marc Allégret "GRIBOUILLE ", (1938) l'acteur eut deux scènes à jouer aux côtés de l'inoubliable Raimu et une débutante du nom de Michèle Morgan dont ce fut la révélation...
Pendant l'année 1937, Bernard Blier s'affiche dans sept films dont "LE MESSAGER" de Raymond Rouleau, (Blier ne figure pas dans le générique) aux côtés de Jean Gabin (première rencontre) et Gaby Morlay, "La dame de Malacca" de Marc Allégret avec Edwige Feuillère et Pierre-Richard Willm, le film fut tourné à Épinay-sur-Seine dans les anciens décors de "La Kermesse Héroique". Paru en 1935, " La Dame de Malacca " est le seul roman de Francis de Croisset (1877-1937), écrivain d'origine belge. Le film se déroula en deux versions (française puis allemande). Blier poursuit sa jeune carrière avec "L'HABIT VERT" (1937) de Roger Richebé avec trois grands du cinéma français d'avant-guerre : Jules Berry, Elvire Popesco et Victor Boucher, ce fut un grand succès de l'époque, ce film est typique d'une certaine comédie "à la française" des années 30, où l'aspect théâtral de l'œuvre est oublié au profit de l'étonnant brio des acteurs.
En six semaines de temps, l'acteur s'est affiché dans pas moins de cinq longs métrages dont "Le double crime sur la ligne Maginot" (1937) de Félix Gandéra. Dans une interview, Blier raconte qu'un assistant lui demandait : "Dis donc, tu ne veux pas venir me jouer un flic ou un facteur ? ". Je répondais : "Je ne peux pas, je suis engagé dans un autre film"...
Refusé trois fois au conservatoire Bernard Blier rencontre Louis Jouvet qui lui conseille de persévérer. Reçu au conservatoire il entre dans la classe de Jouvet. Toujours sur les conseils de Jouvet il fait du théâtre : "Mailloche ", " l'Amant de Paille"... Louis Jouvet incarne aux yeux de l'acteur un second père.
En mars 1938, commence le tournage "ALTITUDE 3200" de Jean-Benoît Lévy et Marie Epstein avec Jean-Louis Barrault, Odette Joyeux, Fernand Ledoux et Blanchette Brunoy. D’abord intitulé “Le grand rêve”, puis “Nous les jeunes”, ce film adapta – en l’aérant par de nombreuses scènes d’extérieurs – la pièce homonyme de Julien Luchaire, présentée avec succès au théâtre de l’Étoile en 1937, dans une mise en scène de Raymond Rouleau, avec dans les principaux rôles Corinne Luchaire (petite-fille de l’auteur et fille du journaliste Jean Luchaire), Jean Mercanton, Gaby Sylvia, Jean Chevrier, Gilbert Gil, Odette Joyeux et Bernard Blier, ces deux derniers se retrouvant seuls dans le film. Les extérieurs furent tournés près d’Auron, (les hauteurs de Nice) station hivernale des Alpes-Maritimes.
ALTITUDE 3200 de Jean-Benoît Lévy et Marie Epstein
1938, une année importante : la sortie du film, "ENTREE DES ARTISTES", un film romancé sur le conservatoire réalisé par Marc Allégret sur un scénario d'Henri Jeanson et André Cayatte avec Louis Jouvet, Claude Dauphin, Odette Joyeux et Bernard Blier. Préfaçant, en 1946, l'édition en librairie de " Entrée des Artistes " Louis Jouvet écrivait : (C'est) l'un des premiers exemples de cette littérature neuve qui ouvre une ère sans précédent jusqu'ici dans les distractions, les évasions, les représentations diverses où, désormais, vont s'alimenter et se confronter l'imagination et l'attente des hommes... Le cinéma est un puissant rameau greffé sur le tronc robuste et millénaire du théâtre". Initialement, le film devait s'intitulait "Le jeu de la vérité".
Blier avait été préssenti pour interpréter le rôle du mécanicien dans "La bête humaine" de Jean Renoir, malheureusement, son jeune âge ne pût convaincre le cinéaste, qui se décida à conserver ce rôle pour Julien Carette.
Cette même année, Marcel Carné lui confie un rôle important dans "HOTEL DU NORD", l'un des chefs d'oeuvre de Carné. Deux jeunes acteurs se firent remarquer : Bernard Blier et François Périer. La France se prépare à la mobilisation, et Blier obtint le vedettariat pendant l'occupation. Il fête son vingt-troisième anniversaire le 11 janvier 1939, à la radio, animé par l'acteur René Lefèvre. Le film fut salué par la critique ainsi que le public.
Le 14 mars 1939 naissait Bertrand Blier. Blier participe au tournage de "NUIT DE DECEMBRE" (1941) de Kurt (Curtis)Bernhardt avec Pierre Blanchar, Renée Saint-Cyr et Jean Tissier.Le premier titre du film était "L’heure exquise". Le titre définitif (peu explicable, rien n’indiquant que la rencontre initiale ait lieu en hiver) est emprunté à Musset, dont une citation du poème «La nuit de décembre» figure en exergue et en conclusion :
«Partout où j’ai voulu dormir,
Partout où j’ai voulu mourir,
Sur ma route est venu s’asseoir
Un malheureux vêtu de noir…»
Mobilisé, prisonnier, il s'évade et revient à Paris où il retrouve plusieurs amis cinéastes dont Christian-Jaque, avec qui, il tournera "L'ENFER DES ANGES" (1938) aux côtés de Louise Carletti, Jean Tissier et le trio des "Disparus de Saint-Agil" (Serge Grave, Mouloudji et Jean Claudio), des acteurs favoris de Christian-Jaque, tels que Bernard Blier et Jean Brochard, mais aussi de jeunes habitants de la rue de la Sablonière – où furent tournés les extérieurs –, dont les apparitions furent sans lendemain.
Choisi pour représenter la France au premier festival de Cannes, que la déclaration de guerre fit annuler, le film ne sortit qu'en 1941 sur les écrans parisiens. Les temps avaient changé, certaines évocations paraissaient de mauvais goût et, orchestré par la critique, le succès du film fut moyen. Il fallait oublier que le sujet avait été inspiré en partie par les campagnes de ‘‘Paris-Soir’’, écrites par Alexis Danan et consacrées à l'enfance malheureuse.
Il reprend le chemin des studios et refait du théâtre de façon régulière. Il impose une drôle de silhouette de jeune premier maigre (à cause des restrictions) et au front dégarni.
1939, l'envoûtement du "réalisme poétique", c'est ainsi que Blier participa au chef d'oeuvre de l'école du "réalisme poétique" d'avant-guerre "LE JOUR SE LEVE" (1939). Une réussite de l'ensemble tient à la réunio d'une équipe magistrale (Carné -Prévert-Viot), des acteurs d'exception : Jean Gabin, Arletty et Jules Berry, le décor étonnant d'Alexandre Trauner, entièrement reconstruit en studio, la musique de Maurice Jaubert, dont ce fut sa dernière musique de film , tué à la guerre, en 1940.
Blier participe au tournage de deux autres films réalisé par Christian-Jaque sous l'Occupation : "L'ASSASSINAT DU PERE-NOEL" (1941) avec Harry Baur, Renée Faure, Fernand Ledoux, Raymond Rouleau et Jean Parédès. Le film fut commencé en extérieurs à Chamonix, le 15 février 1941, ce premier film de la Continental, société de production allemande installée à Paris, marqua la reprise du travail dans les studios français. L'occupant avait convoqué un certain nombre de réalisateurs – dont Christian-Jaque – et leur avait mis le marché en mains. S'ils refusaient de travailler pour la Continental, les maisons de productions françaises seraient condamnées à une inactivité totale. Il fallut se décider et mettre.en chantier "L'assassinat du Père-Noel"...


Dans "LA SYMPHONIE FANTASTIQUE" (1941) ce sont les amours romancées d'Hector Berlioz interprété par Jean-Louis Barrault et qui fut un très grand succès commercial. Blier incarne Antoine Charbonnel, ami du musicien...L'acteur était redevable du soutien et de l'engagement de Christian Jaque à son égard.
Avec "PREMIER BAL" (1941) Christian-Jaque et Charles Spaak semblent avoir voulu retrouver l’esprit et le rythme des comédies américaines d’avant-guerre; aux côtés de Blier, Marié Déan Gaby Sylvia, Fernand Ledoux, Raymond Rouleau et François Périer.Pour Jacques Lourcelles (in “Dictionnaire des Films”, Éd. Robert Laffont), il s’agit là d’un «petit film élégant et charmant qui bénéficie d’excellents dialogues de Spaak, d’une ravissante musique de Van Parys et donne à Fernand Ledoux ainsi qu’à Marie Déa un de leurs meilleurs rôles».
Blier enchaîne deux films coup sur coup, pendant cette pérode de "vaches maigres" "Caprices" (1941) de Léo Joannon puis "Le pavillon qui brûle" de Jacques de Baroncelli. Pour célèbrer le premier tour de manivelle, on invita toute l'équipe du film : Elina Labourdette, Pierre Renoir, Marcel Herrand, Odette Joyeux, Jean Marchat, Bernard Blier et la nouvelle recrue Jean Marais.
Avec "LA NUIT FANTASTIQUE" (1942) de Marcel L'Herbier se plaçait résolument dans la tradition de Méliès : il avait même songé à intituler son films " Le Tombeau de Méliès " - dans le sens où Ravel composa " Le Tombeau de Couperin". Si Marcel L'Herbier évoque Méliès - constate Roger Régent (in " Cinéma de France", 1948) - ce n'est pas à cause des escamotages et des tours de passe-passe, c'est plus vraisemblablement parce que cette œuvre nouvelle se réclamait directement des primitifs d'un art en voie de perdition, qu'elle s'efforçait d'arracher à l'écran tous les barbarismes, tous les contresens qui s'y étalaient encore et qui, depuis quarante ans et dans l'état de confusion où nous étions plongés, risquaient de se substituer pour longtemps au véritable langage cinématographique. C'est Henri Jeanson qui, clandestinement, écrivit les dialogues de "La nuit fantastique"; les Allemands lui ayant interdit toute activité son nom ne pouvait, en effet, figurer au générique. En 1943,"La nuit fantastique" remporta le Grand Prix de la Critique Cinématographique. Le tournage eu lieu aux studios de Saint-Maurice et aux studios de Joinville.
Dès la fin du tournage du film de Marcel L'Herbier, Blier s'engage dans le film suivant : "LE JOURNAL TOMBE A CINQ HEURES" (1948) de Georges Lacombe avec Pierre Fresnay, Marie Déa, Pierre Larquey, Pierre Renoir et Gabrielle Dorziat, une partie de la pellicule fut perdu, et Pierre Fresnay fut contraint de rejouer quelques scènes du film. Blier obtint sa carte professionnelle dont le matricule (1839) complétée de ses coordonnées fut disponible dans la rublique "Artistes de cinéma (hommes)". "Romance à trois" (1948) de Roger Richebé permet à Bernard Blier de jouer le rôle d'un financier amoureux de Simone Renant.
Pendant cette drôle de guerre, Blier ne fut ni résistant, ni collabo, il resta quelque part, traumatisé par cette guerre imposée. La naissance de cette "CARMEN" (1942), tournée durant la guerre par Christian-Jaque, connut de nombreux aléas. Les autorités allemandes, furieuses d'apprendre cette co-production avec l'Italie fasciste, bloquèrent l'équipe à Nice en lui refusant les visas pour l'Italie. Ensuite, le tournage du film ne dura pas moins de neuf mois dans les studios romains, où André Paulvé, le producteur, fit venir un peintre espagnol pour rendre les décors authentiques. Des plans d'ensemble furent aussi tournés en Espagne et des extérieurs... dans les Abruzzes ! La première du film eut lieu au "Normandie", à Paris, le 8 août 1944, tandis que les convois militaires allemands quittaient précipitamment la capitale... Aux côtés de Jean Brochard, Viviane Romance, Jean Marais et Bernard Blier (qui connu ses débuts de cascadeur).
Viviane Romance - Bernard Blier - Jean Marais
L'année 42 s'achève pour Bernard Blier avec le tournage d'un film intéressant "MARIE-MARTINE" , le cinéste Albert Valentin trouva et maîtrisa une construction dramatique offrant un portrait brisé de l'héroïne, peint en trois récits par des personnages pittoresques. Renée Saint-Cyr donna la réplique à Bernard Blier et Jules Berry.La diversité des personnages gravitant autour de Marie-Martine, leur foisonnement dans des épisodes formant de véritables sketches démontre une fois encore l'efficacité des acteurs de composition: ainsi Jeanne Fusier-Gir en libraire un peu snob; ainsi surtout Saturnin Fabre qui imposa comme une scie la réplique devenue aussitôt célèbre: "Tiens ta bougie droite!" Quant à Jules Berry, le romancier qu'il incarne est une caricature plaisante de l'apparence de Gide. On dit que Jacques Viot n'avait fourni qu'un rapide scénario et que Jean Anouilh fit le reste, dialogues compris, sans signer.

"LES PETITES DU QUAI AUX FLEURS" (1943) fut tourné à Nice, aux studios de la Victorine, ce film est l’un des cinq réalisés par Marc Allégret sous l’Occupation, Blier apprécie depuis ses débuts la prestation de Marc Allégret en tantque cinéaste. C’est une comédie alerte, dont les protagonistes sont des jeunes garçons et filles, interprétés par des acteurs presque tous débutants: c’est le cas de Gérard Philipe, Danièle Delorme, Simone Sylvestre et Jacques Dynam, qui n’avaient fait jusqu’alors que des figurations. Colette Richard était également une inconnue. Maria Mauban fit là ses débuts. La plupart fera carrière par la suite. Au contraire, le patriarche André Lefaur tient ici son dernier rôle à l’écran.
Louis Jourdan -Odette Joyeux - Bernard Blier
L'été 43, Bernard Blier est dirigé par Henri Decoin dans le film "Je suis à toi", d'après l'auteur belge Fernand Crommelynck. Ce film marque la première collaboration de Pierre Fresnay avec Bernard Blier, qui a été pendant le tournage, témoin de disputes dans le couple Fresnay-Yvonne Printemps.
Au début de l'année 1944, Blier participe au tournage d'un sketch de "Farandole" d'André Zwobodad ou il a pour partenaires Jany Holt et Gaby Morlay. La france est libérée , Bernard Blier reprend le chemin des studios au début 1945 pour interpréter un inspecteur de police sous l'oeil attentif du metteur en scène Christian Stengel. Initialement le film devait s'intituler "L'assassin chantait" puis ce fut "SEUL DANS LA NUIT", Bernard Blier était en tête d'affiche.
Il récidive avec "Monsieur Grégoire s'évade" (1945) de Jacques Daniel-Norman avec Jules Berry, préférant le champs de course au tournage du film,puis"LE CAFÉ DU CADRAN", de Jean Gehret dont ce fut son premier film, supervisé par Henri Decoin. Autour de Blier (pour la 1ère fois, le rôle de cocu), Blanchette Brunoy et Aimé Clariond.
En 1947, "QUAI DES ORFÈVRES" marqua le retour d'Henri-Georges Clouzot après quatre années d'interruption. Histoire d'un crime sordide, interprétée par Suzy Delair, Louis Jouvet, Bernard Blier, et Robert Dalban. Clouzot se désinteresse du côté policier de son récit pour s'attarder sur la psychologie de ses personnages; avec une cruauté implacable, il stigmatise la jalousie, l'arrivisme, la résignation et la honte.Tiré d'un roman de l'écrivain belge Stanislas-André Steeman (le père du commissaire Wens de "L'assassin habite au 21", déjà signé par Clouzot en 1942), le scénario prit, dans la peinture des personnages, de sérieuses libertés.
Jouvet imposa à Clouzot la présence de Blier et de son viel ami Charles Dullin, dont ce fut sa dernière apparition au cinéma. L'écrivain publia, en 1952, une importante préface à l'un de ses livres, "La Nuit du 12 au 13", où il raconte les avatars cinématographiques de ses personnages avec une certaine amertume, tout en reconnaissant que "QUAI DES ORFÈVRES" est "le meilleur film peut-être de ce diable d’homme, véritable « bête de cinéma »..." qu’était Clouzot.
À signaler que le film abonde en mouvements de caméras aujourd'hui encore cités en exemple d'intelligence cinématographique. L’une des séquences les plus célèbres du film est sans conteste celle où Suzy Delair, tout en soulevant effrontément sa robe, chante sur scène « Avec son tralala », chanson d’André Hornez et Francis Lopez.
Présenté au Festival de Venise, le film y reçut le prix de la meilleure mise en scène.
Blier fut très affecté par la disparition tragique de son ami "Coco", plus connu sous le nom de Lucien Coedel. En effet, il fut ejecté du train (Paris-Dijon) dans des circonstances jamais élucidées. Son corps fut mutilé, on retrouva la tête et le tronc qui gisait entre deux voies. Blier et Coedel avaient tourné sept films ensemble
Dans le film de Jean Dréville,"LES CASSE-PIEDS" tourné en janvier 1948, puis prolongé jusqu'en août 48, on retrouve aux côtés de Bernard Blier, quelques uns des plus grands noms du cinéma français d'avant-guerre : Noel-Noel, Jean Tissier, Paul Frankeur, Henri Crémieux.Né de l'imagination de Noël-Noël, ce film constitue une critique humoristique de tous ceux que l'on rencontre à un moment où justement on ne désire pas les voir, c'est-à-dire "LES CASSE-PIEDS". À l'origine le scénario (qui portait pour titre "Parade du Temps perdu") avait été refusé par de nombreux producteurs. C'est grâce au succès du "PÈRE TRANQUILLE" que Noël-Noël parvint à imposer ce film réalisé par Jean Dréville.
Le succès du film fut foudroyant : 500 000 entrées en 5 semaines au Gaumont-Palace et au Rex. Le soir de la première, le directeur du Gaumont-Palace refusa 2 000 entrées. En revanche, le film ne fit pratiquement pas de recettes en province. "LES CASSE-PIEDS" obtint le Prix Louis-Delluc 1948, le Grand Prix du Cinéma Français 1948, et le Prix du Festival Mondial de Bruxelles 1949.
Bernard Blier - Jean Tissier
L'année 1948, Bernard Blier s'implique dans le tournage de quatre films et ainsi d'achèver d'affirmer son talent. Il y eut : "D'HOMME A HOMMES" de Christian-Jaque, ce film retrace la vie et l’œuvre généreuse du philanthrope suisse Henri Dunant (1828-1910) (interprété par Jean-Louis Barrault), dont le dévouement inlassable permit, en 1863, la création de la Croix-Rouge. L’idée de lui consacrer un film incombe à une firme française, Majestic-Film (qui avait produit, notamment, "Quai des orfèvres"). Le scénario, adapté du roman de Fernand Gigon «L’épopée de la Croix-Rouge», avait alors été confié à Ernest Neubach, l’adaptation à Marc-Gilbert Sauvajon. Le projet n’ayant pas abouti, il fut repris par Christian-Jaque et Charles Spaak, en co-production avec la Suisse.
Avec "RETOUR A LA VIE" (1949), Blier donne la réplique à Jane Marken dans le film à sketches d'André Cayatte ( Blier-Marken), Georges Lampin (François Périer), Henri-Georges Clouzot (Louis Jouvet, Noel Roquevert), Jean Dréville (Noel-Noel, Serge Reggiani et Paul Frankeur). Le film s'est vu décerner le Prix Féminin du cinéma 1950 du meilleur film français ainsi que le Laurier d'Argent (Prix décerné par un jury d'écrivains et de journalistes).





"L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE" (1949) de Jean-Paul Le Chanois fut tourné en grande partie selon les méthodes du néo-réalisme, alors triomphant, le film retrace dans ses grandes lignes l'histoire de Paul Freinet, instituteur à Vence qui s'élevant contre des méthodes poussiéreuses d'éducation, développa un nouvel enseignement reposant sur la recherche de la personnalité et des aptitudes de l'enfant. Ouvrant les portes de l'école, il fit découvrir le plein air à ses élèves. Le film fut tourné dans le Midi de la France. Sa sortie au cinéma fut en mars 1949. La critique fut enthousiate et Blier remporta le Grand Prix de la meilleure interprétation masculine au festival de Knokke-le-Zoute 1949.
Bernard Blier après ses remarquables compositions dans "QUAI DES ORFÈVRES", "MANÈGES", "L'ÉCOLE BUISSONNIERE", est devenu un acteur fort sollicité aussi bien par le cinéma que par le théâtre. Son type d'homme le cantonne alors dans des emplois de maris trompés et d'amoureux bafoués.
Dans le film d'Yves Allégret "DÉDÉE D'ANVERS"(1947), Blier devient un acteur de tout premier plan. Cette oeuvre prolonge le goût des ambiances sordides et des atmosphères troublantes...Georges Wakhevitch reconstitua le port d'Anvers dans les studios de Joinville avec un bonheur qui permit à Jean Bourgoin des effets de lumière parfaitement dignes de l'école expressionniste. Le film fut sélectionné pour la Biennale de Venise en 1948 où son caractère réaliste, certaines images brutales et évocatrices, son dialogue, rebuteront le jury.
Blier et Yves Allégret achevèrent de tourner en 1950, le film "MANÈGES" de nouveau avec Simone Signoret qui s'y taille la part du lion. A l'époque ce film fut censuré et subit des coupures. L'action se situe dans dans une école d'équitation dirigée par un brave homme (Bernard Blier), dont la femme a un amant. Avec l'aide de celui-ci et de sa belle-mère, elle projette de tuer son mari pour lui voler ses biens. Ce film achève d'affirmer le talent de Blier. "MANEGES" est bâti entièrement sur des retours en arrière et la construction dramatique du film nous découvrent l'histoire, non telles que le résumé ci-dessus la narre mais par une suite de scènes révélant les pensées les divers personnages ou les moments qu'ils ont vécus mais qu'ils racontent différent. Souvenirs, incidents, confidences tronquées se mêlent en un puzzle d'ou naît un récit étonnamment clair.
Cette réussite dans la réalisation fut, à l'époque, justement souligné si le sujet lui-même et surtout la noirceur totale des personnages amènent de très vives critiques ou "galerie de monstre" été la moins dure. Suzy Prim fut remplacé par Jeanne Marken. Le film fut diffusé pour la première à la télévision en 1967, dans le cadre de l'émission "Au cinéma ce soir".
Blier retrouve son ami François Périer pour le tournage de "LA SOURICIERE" (1949) d'Henri Calef, ce qui permit à nos deux protagonistes de s'amuser à coeur joie sur le plateau en se divertissant comme des mômes....
La découverte du roman de Jean Martet, “Monseigneur”, va donner l’occasion d’évoquer l’époque de la Révolution française, mais cette fois au temps présent à Roger Richebé (1897-1989, Féru d’Histoire de France, producteur, distributeur et réalisateur du film "MONSEIGNEUR" (1949) avec Bernard Blier et Fernand Ledoux permit à son auteur de connaître un succès considérable.
Aux studios de Billancourt se tourne "LES ANCIENS DE SAINT-LOUP" (1950) de Georges Lampin, aux côtés de Blier, François Périer et Serge Reggiani. D'après un roman de Pierre Véry. Cette évocation ressemble à un clin d'oeil de Pierre Véry au film de Christian-Jaque, "Les disparus de Saint-Agil"-, adaptation d'un autre de ses romans, où trois garnements les "Chiche-capons", hantaient nuitamment les couloirs de leur vieux collège.
En 1950, Bernard Blier retrouve son ami Christian Jaque qui réalise un des sketches de "SOUVENIRS PERDUS" , Avec son exceptionnelle affiche de comédiens et de scénaristes réputés, le film fut à l'époque un succès très populaire. Son sujet original s'inscrit dans une série de films à sketches qui fit fureur aux alentours de 1950
Blier poursuit sa carrière cinématographique avec un film de Jean-Paul Le Chanois "SANS LAISSER D'ADRESSE" (1950) On peut parler de l'air du temps à propos d'un film comme celui de Le Chanois; d'abord parce qu'il fait intervenir au cours de l'itinéraire du chauffeur de taxi certains visages à la mode : celui de Juliette Gréco qu'on voit le temps d'une chanson, celui de Simone Signoret qui s'amuse à faire de la figuration, celui de France Roche, celui encore de Le Chanois, lui-même, qu'on entrevoit en infirmier; en fond de tableau le Paris des années 50 et, particulièrement Saint-Germain-des-Prés. Ce film fut couronné de l'Ours d'or du Festival de Berlin 1951. Le film de Le Chanois remporta un énorme succès.
Une semaine avant la sortie du film de Le Chanois, Blier fêta son trente-cinquième anniversaire dans un bistro parisien avec la présence de Micheline Presle et son mari Bill Marshall , Paul Meurisse, et Yves Allégret.
Par la suite, Blier interpréte Félix Bonnadieu dans "La maison Bonnadieu" (1951) face à Danielle Darrieux qui fête par la même occasion ses 20 ans de cinéma. Le 14 août 1951, alors qu'il répétait " La Puissance et la Gloire " de Graham Greene, avec Monique Mélinand, sa dernière compagne, et la petite Françoise Dorléac âgée de 9 ans, Louis Jouvet est terrassé par un infarctus du myocarde dans l'enceinte du théâtre de l'Athénée. Le corps médical avait jugé Jouvet intransportable, en raison d'une hémiplégie gauche suvie de complications pulmonaires. Il décède dans son bureau de l'Athénée, théâtre qui depuis porte son nom.
Le bonheur pour Bernard Blier de retrouver son metteur en scène "fétiche", Jean-Paul le Chanois qui lui propose de jouer dans "Agence matrimoniale" (1951) aux côtés de Julien Carette, Michèle Alfa et Louis de Funès. Blier déclarar : Quand le Chanois me dit : "L'année prochaine, on fait un film ensemble, je dis d'accord, je signe le contrat et je ne me fais plus de soucis. J'ai confiance en l'auteur et réalisateur, le reste est littérature".
Blier n'avait jamais eu l'occasion de jouer pour Sacha Guitry, il fallut attendre l'année 1952, pour réparer cet oubli avec "JE L'AI ETE TROIS FOIS", dont certaines scènes exterieures furent tourner à Monte Carlo, ce qui permit à l'acteur de faire escale à Cannes pour participer au Festival de Cannes. Au générique du film, on pouvait lire la présence d'une fidèle de Guitry, Pauline Carton.
Blier avait déjà été l’interprète de Georges Lampin trois ans auparavant dans" LES ANCIENS DE SAINT-LOUP" (1950) quand ils se décidèrent à renouveller l'aventure avec "SUIVEZ CET HOMME"(1953 ) avec Suzy Prim et Yves Robert.
André Cayatte avec "AVANT LE DÉLUGE" (1953) et "LE DOSSIER NOIR" (1955) offre à Bernard Blier des rôles dramatiques marquants, deux grands films qui ont marqué le cinéma français des années 50. "Avant le déluge" est inspiré d'un fait divers ayant eu Lagny pour théâtre, le film fait référence à la panique qui s'empara de certains milieux bourgeois au cours de l'année 1950, au moment où débuta la guerre de Corée, et pose le problème essentiel de l'influence de l'éducation imposée par l'environnement familial dans la formation morale des adolescents et de l'inaptitude de certains parents à leur inculquer le sens de la responsabilité et des vraies valeurs. Le cinéaste et son scénariste y développent l'idée très sartrienne que " nous sommes tous solidaires les uns des autres, que nous sommes tous responsables de tous... " (entretien publié dans "Cayatte" par Guy Braucourt, éditions Seghers, 1969).
"AVANT LE DELUGE" s'est vu décerner le Laurier d'Argent avec mention d'honneur à l'équipe Cayatte-Spaak, et le Prix de la Critique Internationale au Festival de Cannes 1954. Un autre drame se passa, pendant le tournage, le décès de sa mère.
"SECRETS D'ALCOVE" (1953) un film à sketches dont Jean Delannou assura la mise en scène pour la partie qui concerne Bernard Blier, lui-même entouré de la délicieuse Martine Carol et son complice François Périer.Jean Delannoy confia que c'est Carlo-Rim qui lui avait donné l'idée du dernier sketch inspiré d'une histoire authentique: " Cécile Sorel avait vendu ses meubles pour changer de style, disait-elle, alors q'elle le faisait par nécessité. Après s'être séparée d'un lit qui aurait appartenu à la Du Barry, le destin lui fut défavorable."
Blier incarne le commissaire Noblet dans une petite ville de province, dominée par la personnalité d'un entrepreneur local, une fausse affaire d'enpoisonnement ruinera la carrière d'un juge d'instruction dans "LE DOSSIER NOIR" (1955) mise en scène par un ancien avocat André Cayatte (1909-1989) devenu cinéaste offre avec ce film les problèmes de l’instruction. Détail significatif qui dénote la continuité de son inspiration, certains comédiens comme Balpêtré et Paul Frankeur ont conservé le même nom dans les autres films où ils apparaissent (Nous sommes tous des assassins, Avant le déluge). Mais le film s’attira les protestations du Syndicat National Indépendant des Commissaires de Police et des Fonctionnaires Supérieurs de la Sûreté Nationale pour sa tendance à montrer au public « l’image d’une police tortionnaire, cherchant à extorquer des aveux par la violence ou par la ruse la plus déloyale…» Représentant la France au Festival de Cannes 1955, le film ne fut pas honoré (mais "Avant le déluge" avait gagné le Prix de la Critique Internationale au même festival un an plus tôt). En revanche, il fut récompensé par le Grand Prix (Célestin du Meilleur Film français) au référendum de Vichy 1955.
A peine rentrer à Paris, Blier joue dans "LES HUSSARDS" (1955) d'Alex Joffé, il a pour la première fois, Bourvil comme partenaire. Cependant, fait rarissime, Blier eu des tensions avec le réalisateur qui n'avait pas du tout la même conception de la réalisation, Joffé prônait pour le côté purement technique, Blier pour la direction d'acteurs....L'acteur n'avait pas gardé de bons souvenirs de ce tournage. Pour oublier ce désagrément, Blier s'en alla en Italie, plus précisèment aux studios de Cinécitta pour tourner dans "Prisonniers du mal" de Mario Costa.
Le cinéaste Georges Lampin propose à l'acteur de jouer dans le chef-d’œuvre de Dostoïevski "CRIME ET CHATIMENT" (1956) aux côtés de Jean Gabin, Marina Vlady, Robert Hossein et Gaby Morlay. A noter que l'histoire a été transposé dans le Paris des années 50.
Après avoir manqué l'offre de Claude Autant-Lara pour interprétrer le rôle de Martin dans "La traversée de Paris", Blier aura connu un autre revanche, celle de pouvoir jouer pour la première fois dans un film de Julien Duvivier, avec Fernandel dans "L'HOMME A L'IMPERMEABLE" (1956). Le film de Duvivier trahissait quelque peu le roman de James Hadley Chase en l’adaptant au ton de la comédie noire et à Fernandel, alors au plus de sa popularité.
A nouveau, un roman noir d'inspiration typiquement américaine alors qu'il était britannique, James Hadley Chase. Le roman d'origine se passait à Los Angeles. "RETOUR DE MANIVELLE" (1957) de Denys de la Patellière, fut transposé sur la Côte d'Azur avec un court début à Cannes et la villa de Fréminger située à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le film marqua un tournant dans la carrière de Michèle Morgan. " grande dame du cinéma français ", auparavant fragile et vulnérable et vouée à incarner certaines héros de l'Histoire comme Jeanne d'Arc ou Marie-Antoinette. et devenue, le temps d'un film, femme fatale de la série noire. Soulignant cette métamorphose, Robert Chazal notait : "On est étonné de voir comment ses yeux peuvent devenir durs, sa bouche méprisante et sa voix cruelle " (" Paris-Presse ", 19 sept 1957). RETOUR DE MANIVELLE marqua aussi la première apparition au cinéma de Michèle Mercier. Pour ménager aux spectateurs une surprise de taille, le générique omettait de mentionner Bernard Blier qui n'apparaissait qu'au milieu du film en enquêteur.
s haut de sa popularité. C'est à cet époque précise, que Blier fit la connaissance de Michel Audiard, qui le surnomma "L'argentin", par rapport à son lieu de naissance (Buenos Aires).
Blier accepte de jouer le rôle de Javert dans une nouvelle version des "MISERABLES" d'après l'oeuvre de Victor Hugo. Le film est tourné en technicolor.Jean-Paul Le Chanois est arrivé à condenser en deux parties l'énorme roman de Victor Hugo en bourrant de faits, de personnages et d'épisodes célèbres le deuxième épisode surtout. Dans cette version de Jean-Paul Le Chanois, on peut citer la présence de Jean Gabin, Fernand Ledoux, Bourvil, Danielle Delorme, Bernard Musson et Madeleine Barbulée.
Des retrouvailles entre Blier et Yves Allégret, lequel lui propose de jouer aux côtés d'Edwige Feuillère et Jean Servais dans "QUAND LA FEMME S'EN MELE" (1957). Ce film marque les débuts de Bruno Cremer et Alain Delon. Cette première rencontre entre Blier et Delon permettra d'unir de véritables liens ainsi qu'un certain respect mutuel entre les deux hommes.
Blier s'engage dans le film d'Hervé Bromberger, "LA BONNE TISANE" (1958), tiré du roman de Jean Amila, puis il enchaîne avec "L'ECOLE DES COCOTTES" (1958) de Jacqueline Audry avec Dany Robin et Fernand Gravey. "EN LEGITIME DEFENSE" (1958) d'André Berthomieu , sur des dialogues de Frederic Dard avec Philippe Nivaud et Pierre Mondy.
De nouvelles retrouvailles avec Henri Decoin, qui dirige le tournage de "LA CHATTE" (1958) aux côtés de Blier, Françoise Arnoul, Roger Hanin et Mario David. " Il ne peut être question de retrouver dans le film la personne qui a défrayé la chronique ", peut-on lire en fin de générique. Il est donc inutile d'essayer de plaquer sur cette Cora Massimier l'identité de Mathilde Carré, trouble héroïne de l'Occupation, agent de l'Abwehr, connue sous le nom de la Chatte, un pseudonyme parmi beaucoup d'autres et qui, condamnée à la Libération, ballottée de prison en prison, fût finalement graciée. Le film de Decoin veut avant tout dérouler des aventures haletantes devant des décors restituant une sombre période. Cette authenticité en même temps que l'approche difficile du personnage de Cora firent écrire au critique Jean-Luc Godard : "Autant les récents films de Decoin étaient déplaisants parce que mal décalqués de Hitchcock, autant dans LA CHATTE l'imitation de Bresson se fait sentir. " " Henri Decoin a su, avec beaucoup d'astuce et de savoir-faire, exploiter les chroniques de la Résistance en employant les méthodes du serial. Cora Massimier joue, en somme, les périls de Pauline et les exploits d'Elaine, en bifurquant parfois, dune échappée rapide, du côté de la Justine de Sade. " (Raymond Chirat : "Henri Decoin ", in " L'Anthologie du cinéma "). Quoi qu'il en soit, le succès public du film fut énorme.
Avec "LE JOUEUR" (1958),Claude Autant-Lara, délibérément, a gommé de son adaptation du roman de Dostoievski ses aspects tragiques et métaphysiques pour en faire une farce sordidement burlesque. Gérard Philipe, Françoise Rosay, Julien Carette et Alice Sapritch donnèrent la réplique à Bernard Blier qui souligna : "Nous avions une équipe technique remarquable. Hélas! tous les acteurs jouaient un film différent !. Blier avait constaté que Gérard Philipe était fatigué... au point de nous quitter l'année suivante en novembre 1959.
Jean Gabin considérait "LES GRANDES FAMILLES" (1958) comme son deuxième film favori, le sujet du roman de Maurice Druon (Prix Goncourt 1946) se déroulait après la guerre de 14-18. L'adaptation par Denys de La Patellière et Michel Audiard condense l'action et la transpose dans le Paris de la fin des années 50. Le résultat donne un film grand public où s'affrontent deux monstres sacrés : Jean Gabin et Pierre Brasseur entourés de valeurs sûres de l'écran et du théâtre : Blier,Desailly, Seigner, Bertheau, Clariond et bien sûr mesdames Annie Ducaux et Françoise Christophe qui assument leurs personnages de femmes (dans ce film d'hommes) avec éclat. Ce fut, à sa sortie, l'un des plus grands succès de l'année : 50 0000 spectateurs en huit semaines d'exclusivité.
Françoise Rosay - Alice Sapritch - Gérard Philipe
A la sortie du film "ARCHIMEDE LE CLOCHARD" (1958) de Gilles Grangier, on put constater que le film avait obtenu un meilleur score que son précèdent (Les grandes familles), fait nouveau le tandem inédit, Gabin - Darry Cowl entourés de Julien Carette, Noel Roquevert et son numéro magistral sur la plage....
"MARIE-OCTOBRE" (1959)Tourné en vingt-trois jours ce film demeure l'un des plus grands succès de l'après-guerre du tandem Julien Duvivier-Henri Jeanson. Adapté très librement d'un roman de Jacques Robert, MARIE-OCTOBRE permet à chacun de ses interprètes un grand numéro d'acteur (Lino Ventura,Bernard Blier, Paul Meurisse, Paul Frankeur, Paul Guers, Serge Reggiani, Daniel Ivernel, Noel Roquevert et bien entendu Danielle Darrieux en "Marie-Octobre". On peut noter que, lors de l'exclusivité du film, l'entrée des salles était rigoureusement fermée durant les vingt dernières minutes, ceci afin de ne pas déflorer le coup de théâtre final. Par la suite MARIE-OCTOBRE fut joué, également, au théâtre.
Blier s'en va tourner en Yougoslavie "LE SECRET DU CHEVALIER D'EON" en 1959. Malheureusement de nombreuses péripéties vont gâcher le plaisir du tournage. Cette contrariété sera vite oubliée pour laisse place au mariage de son fils, Bertrand. C'est à cette même occasion qu'il fera la connaissance du cinéaste Mario Monicelli qui a justement un petit rôle à lui proposer....
En 1959 il est l'une des vedettes de l'admirable film de Mario Monicelli "LA GRANDE GUERRE". Plus tard il déclarera : "C'est grâce à "LA GRANDE GUERRE" que les Italiens m'ont adopté comme l'un des leurs". rôles qui le font découvrir par les cinéastes italiens. Dès lors Bernard Blier va se partager entre la France et l'Italie. Classique de la comédie italienne, ce film mélange allégrement les genres : reconstitution historique à grand spectacle.Le film fut primé au Festival de Venise en 1959 (Lion d'or et prix d'interprétation à Vittorio Gassman), le film n'obtint pas grand succès en France.
C'est en effet l'Italie qui lui offre alors des emplois remarquables sous la direction - entre autres - de Lizzani, Visconti et Corbucci. Denys de la Patellière a un rôle a proposé à Blier, pour le film "LES YEUX DE L'AMOUR" (1959) une comédie sentimentale avec Danielle Darrieux, Jean-Claude Brialy et Françoise Rosay.
François Périer a eu la bonne idée de présenter Georges Lautner (fils de la comédienne René Saint-Cyr) à Bernard Blier. il tourne avec ce jeune réalisateur français, dont il ne tarde pas à devenir la vedette fétiche...Premier long métrage et première collaboration : "MARCHE OU CREVE" (1959) d'après l'oeuvre de Jack Murray . A cette même période, Blier fut très choqué par le décès du Prince de Hambourg, Gérard Philipe, le 25 novembre 1959. Après ce tragique évènement, Blier se prépare à un nouveau tournage, celui de Charles Gérard pour "L'ENNEMI DANS L'OMBRE" (1960), aussitôt terminé, Blier quitte la France; le temps d'un tournage en Italie pour le cinéaste Carlo Lizzani pour "LE BOSSU DE ROME" (1960), étant donné que l'acteur avait apprécié dans son oeuvre :"Chronique des pauvres amants"; primé à Cannes 1954.
Suite 2ème Partie





























































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































