29 mai 2009
LES GRANDS MOMENTS DES CESAR
des César
en
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La première cérémonie des César eut lieu le 3 avril 1976, Jean Gabin était le président, crée par Georges Cravenne. Depuis, de nombreux acteurs, réalisateurs, techniciens se sont succèdés au théâtre des Champs-Elysées, ou bien au Théâtre du Chatelet....
Le sculpteur César
Présidents des César
Jean Gabin -1976
Annie Girardot -1997
Romy Schneider -1976
Je préfère le sourire de Romy, au cours de cette cérémonie que ceux qui vont précèder...Deux films furent récompensés: "Le vieux fusil" de Robert Enrico et "L'important c'est d'aimer" de Zulawski.
Jean Rochefort et Simone Signoret -1978
Meilleur acteur Jean Rochefort pour "Le Crabe-tambour" de Pierre Schoendorffer et Meilleur actrice Simone Signoret pour "La vie devant soi" de Moshe Mizrahi.
Jodie Foster -1978
David et Romy - Jean Marais -Philippe Noiret
César 1979 -Romy reçoit l'unique César pour "Une histoire simple" de Claude Sautet, celui de la meilleur actrice.
Claude Berri - Romy Schneider -Nastasska Kinski -1980 (C'est Romy qui remet le César du meilleur film à Roman Polanski (qui est aussi élu meilleur réalisateur) pour Tess, produit par Claude Berri.
François Truffaut et Fanny Ardant -1981 (Meilleure réalisateur pour "Le dernier Métro"
Isabelle Adjani -1982 (Meilleure actrice pour le film "Possession" de Zulawski)
Sophie Marceau reçoit des mains de Claude Brasseur, le premier César du meilleur espoir pour "La Boum II"
Pierre Richard - Coluche - Marlène Jobert -1984
Pendant que Coluche remercie la profession...dont Claude Berri "comme tout le monde". Coluche reçoit le César du meilleur acteur pour "Tchao pantin".
Monica Vitti -Isabelle Adjani - Jack Nicholson -1984
C'est des mains de Jack Nicholson et de l'actrice italienne qu'Isabelle Adjani reçoit son 2ème César pour "L'été meurtrier" de Jean Becker. "Je suis heureuse qu'à travers moi, vous récompensiez un succès populaire."
Simone Signoret et Yves Montand -1985
Ce qui se dit? Montand lui annonce que le César du meilleur film est "Les Ripoux" de Claude Zidi..
Nathalie Baye et Coluche -1985
Tous deux remettrons le César du meilleur acteur à Alain Delon. Profitant de son absence, Coluche lira une lettre écrite soit-disant par l'acteur, mais il s'agit d'un sketch humoristique...
Gérard Depardieu -Luc Besson
Charlotte et Serge Gainsbourg -Jane Birkin...1986
Pour Charlotte, le prix le plus précieux est dans le coeur de sa maman et de son papa. (Serge Gainsbourg)
Emannuelle et Guy Béart -1987
Meilleure actrice dans "Jean de Florette" de Claude Berri
Isabelle Adjani -Claudia Cardinale -Jean-Pierre Aumont -1989
Isabelle Adjani reçoit le César de la meilleure actrice pour "Camille Claudel" de Bruno Nuytten (lui aussi césarisé), l'actrice couronnée lit un extrait des "Versets sataniques" de l'écrivEER eté film :"Trop belle pour toi"
Kirk Douglas et son épouse -1990
Kirk Douglas fut le président de la soirée, fier de l'avoir vu à cette cérémonie...
Carole Bouquet et Bertrand Blier -1990
Meilleur film :"Trop belle pour toi"
Catherine Deneuve -1993
Alec Baldwin - Juliette Binoche -Kim Basinger -1994
Isabelle Huppert -1996 - "La Cérémonie" de Claude Chabrol



Michel Serrault -Georges Cravenne -Claude Sautet -1996
3ème César pour Michel Serrault (après "La cage aux folles", "Garde à vue") avec "Nelly et Monsieur Arnaud" l'un de ses plus beaux rôles
Claude Sautet -1996
Philippe Torreton -1997
Philippe Torreton est sacré meilleur acteur avec le film de Bertrand Tavernier "Capitaine Conan"
Patrice Leconte et Bertrand Tavernier -1997
Tous deux se partagent le César du meilleur réalisateur l'un pour "Ridicule", l'autre pour "Capitaine Conan"
Jacques Perrin -1997
"Ce fut la surprise pour l'acteur-producteur avec "Microcosmos" en remportant 4 César..."
Alain Resnais -1998 -Meilleur film "On connaît la chanson"
Luc Besson -1998
Enfin ! le César du meilleur réalisateur à Luc Besson qui, après plusieurs échecs, gagne la statuette.
Emma de Caunes -1998
César du meilleur espoir, la jeune actrice tombe dans les bras de son père qui anime la cérémonie des César.
Jacques Villeret -1999
Rare dans les César lorsqu'une comédie est honnoré par la profession mise à part quelques exceptions comme "La Cage aux folles", "Les Ripoux" et celui-ci "Le dîner de cons"...
Patrice Chéreau -1999
Meilleur réalisateur avec "Ceux qui m'aiment prendront le train".
Bruno Putzulu -1999
César du meilleur espoir masculin avec le film "Petits désordres amoureux"
Tonie Marshall -2000
Meilleur film de l'année, meilleur réalisateur: "Vénus Beauté, Institut".
André Dussolier -2002
Meilleur acteur dans un second rôle avec "La chambre des officiers"
Annie Girardot -2002
César de la meilleur actrice dans un second rôle pour "La pianiste".
Michel Bouquet -2005
Meilleur acteur :"Le Promeneur du Champ de Mars"
Valérie Lemercier -2007
Meilleure actrice dans un second rôle pour "Fauteuils d'orchestre" de Danièle Thompson
Mathieu Almaric -(Meilleur acteur avec "Le scaphandre et le papillon)
Jeanne Moreau
Marion Cotillard - Alain Delon
Meilleure actrice avec l'autobiographie d'Edith Piaf dans "La Môme" d'Olivier Dahan
Alain Chabat - Romain Duris
Catherine Frot - Nathalie Baye
Julie Depardieu -2009
César - Alain Chabat
Fabrice Luchini et Annie Girardot
Daniel Auteuil - Nathalie Baye - 2006
(Meilleure actrice pour "Le petit lieutenant")
François Cluzet -2007
Meilleur acteur pour "Ne le dis à personne" de Guillaume Canet
Agnès Varda -2009
Une performance parmi tant d'autres de la réalisatrice : "Les Plages d'Agnès".Meilleur documentaire 2009.
Meilleur acteur
Nathalie Baye -Alain Delon - Vincent Lindon
Jean Rochefort -César d'honneur 1999
-Charlotte Rampling
Abdellatif Kechiche -Hafsia Herzi "La graine et le mulet"
Georges Wilson - (Père du comédien Lambert Wilson, il participa au TNP de Jean Vilar avec Gérard Philipe, Philippe Noiret, Suzanne Flon...)
Suzanne Flon - Mylène Demangeot
Kad Merad -Mylène Demangeot - Jean Dujardin
Jeanne Moreau et Alain Resnais
Du côté de l'international....
Pedro Almodovar -Rossy de Palma
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Quelques uns des moments les plus marquants....
Cyril Collard - 1993
(Disparu trois jours avant les César. Cyril Collard est le grand absent de cette fête. Récoltant le César du meilleur film et aussi ceux du premier film et de l'espor féminin (Romane Bohranger qui s'adresse à Cyril et bouleverse la France entière)
Romane Bohringer - 1993
Annie Girardot -1996
L'émotion la fait vaciller. 19 ans après son César de la meilleur actrice. Annie Girardot reçoit celui du second rôle féminin pour "Les Misérables". Bouleversée et bouleversante, la star fait pleurer toutes les actrices présentes dans la salle : Juliette Binoche, Sophie Marceau..
Moments de complicité entre deux monstres sacrés, ils ne sont plus nombreux....
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CESAR D'HONNEUR
Louis de Funès et Jerry Lewis -1980
Quelle belle idée d'avoir demandé à Jerry Lewis, de remettre à Louis de Funès son César d'honneur. L'acteur américain ira jusqu'à embrasser de Funès sur la bouche
Bernard Blier -1989
Emotion dans la salle, tout le monde est bouleversé, mise à part Richard Anconina, qui à l'air d'en avoir marre, d'applaudir Bernard Blier, en effet, on a eu droit à des applaudissements comme rarement, les César on a connu. J'ai été bouleversé de voir Michel Serrault aussi triste de voir, s'en aller l'un des plus grands acteurs français, son professeur, son ami... Quant à Pierre Tchernia, il a été formidable dans le sketch aux côtés de Serrault, quelques minutes avant les moments d'émotion lorsqu'apparut le grand Blier...
Jean-Paul Rappeneau-César-Jean-Loup Dabadie-Sophia Loren- Jacques Weber-Jean-Pierre Aumont-1991
Michèle Morgan -1992
La présidente Michèle Morgan reçoit un César d'honneur. Elle parle avec Jeanne Moreau de Jean Gabin et de "Quai des brumes" : "Je ne savais pas que notre baiser allait devenir le plus célèbre de l'histoire du cinéma". Réponse de J. Moreau :"Moi, il ne m'a pas embrasseé, mais il m'a giflée 17 fois dans "Touchez pas au grisbi".
Sylvester Stallone -Fredéric Mitterand- Roman Polanski -1992
Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve -1993
"Quelle journée !, la légion d'honneur à midi, un César d'honneur le soir". Le président Mastroianni fait l'un des discours les plus désopilants de l'histoire des César. Il fait allusion à la guerre qui occupe une partie du globe terrestre, et que les comédiens sont toujours là, prêt à faire la fête pour divertir le public, son public...
Jean Marais -1993
Francis Huster -Edwige Feuillère -Jean Marais
Gérard Oury -1993
Gérard Oury reçoit un César d'honneur, pour lequel le cinéaste le remis à Madame de Funès
Gregory Peck -1995
Un immense acteur au service du 7ème Art..."Le mur invisible" d'Elia Kazan, "La maison du Docteur Edwards" d'Hitchcock, "Duel au soleil" de King Vidor, "La ville abondonnée" de William A. Wellman, "La cible humaine" d'Henry King," Vacances romaines" de William Wyler, "Moby Dick" de John Huston, "Bravados" d'Henry King, "Du silence et des ombres" de Robert Mulligan, la liste est longue...
Alain Delon - Gregory Peck - Jeanne Moreau - Steven Spielberg
Steven Spielberg -1995
Henri Verneuil -1996
Lauren Bacall -1996
Charles Aznavour -1997
Complicité entre les deux hommes depuis "Les fantômes du chapelier" de Claude Chabrol
Andie MacDowell -1997
César d'honneur : Andie MacDowell
Clint Eastwood -1998
Jean-Luc Godard
Michael Douglas -1998
Tous deux
Johnny Depp -1999
Josiane Balasko -2000
Jeremy Irons -2002
César d'honneur
Meryl Streep -2002
Une carrière cinématographique hors du commun ...
Bernadette Laffont -2002
Danielle Darrieux -2002
La grande dame du cinéma français
Micheline Presle reçoit le César d'honneur des mains de Fabrice Luchini -2004
Will Smith -2005
Hugh Grant -Natalie Baye-2006
(L'acteur américain reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière cinématographique)
Pierre Richard - Clovis Cornillac -2006
Pierre le Bienheureux
Pierre Richard -Lambert Wilson-Valérie Lemercier-Hugh Grant -Nathalie Baye-Carole Bouquet
Marlène Jobert -2007
Heureux pour Marlène Jobert, elle le méritait bien, depuis la période d'Audiard "Faut pas prendre les enfants du bon Dieu..." en passant par la comédie légère avec Jean-Claude Brialy, en passant par Robert Enrico avec le merveilleux film "Le Secret" avec Jean-Louis Trintignant et Philippe Noiret.
Roberto Benigni -2007
Jude Law et Juliette Binoche - 2007
Dustin Hoffman -27 février 2009
(César d'honneur pour l'immense acteur qu'est Dustin Hoffman, plus besoin de citer "Le Lauréat" de Mike Nichols avec Ann Bancroft, ou "John and Mary" avec Mia Farrow. Deux films sont mémorables, "Macadam cow-boy" avec Jon Voight et "Little big man" d'Arthur Penn.)
A quand un César d'honneur à Suzy Delair ?, pourtant il me semble qu'elle vit toujours à Paris, cette grande actrice a tourné avec lesplus grands acteurs et cinéastes français, pour ne citer que Fernandel, Bourvil, Pierre Fresnay, Louis de Funès, mais aussi avec le tandem le plus légendaire du cinéma américain : Laurel et Hardy dans "Atoll K" leur ultime film. Certes, le film n'a pas grand intérêt sur le plan cinématographique, mais quand même, peu de comédiens peuvent se vanter avoir donner la réplique à des monstres sacrés de cette envergure. Je me souviens que Paulette Dubost avait joué aux côtés de Buster Keaton, elle aussi, très âgée, bientôt 100 ans. Il me semble en 2012, on fêtera son centenaire. Elle fut la partenaire de Jean Gabin dans "L'âge ingrat" de Gilles Grangier.
Alors messieurs, Mesdames de l'Académie du cinéma français, réagissez vite, le temps passe. Essayer de convaincre Brigitte Bardot de venir au moins une fois à votre cérémonie, de même pour Jean-Louis Trintignant ou Jean-Pierre Marielle. Bébel, il me semble que cela n'arrivera plus jamais, non pas à cause de sa santé...mais à cause du litige qui l'oppose à l'Académie et plus particulèrement avec Georges Cravenne...N'étant plus là, peut être que...
FLASH-BACK
Daniel Auteuil -Emmanuelle Béart -Au temps de Manon....
Marcel Carné -Romane Bohringer et le film de la soirée "Les Nuits fauves" de Cyril Collard
____A SUIVRE________________________
Une véritable ovation pour Juliette Binoche, qui obtient son premier César, grâce au film de Kieslowski "Bleu"
27 mai 2009
ROMY SCHNEIDER, Côté photos
Romy enfant
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Avec Alain Delon
Sophia Loren
Avec Luchino Visconti "son mentor"
Jean-Claude Brialy
Mylène Demangeot -Curd Jurgens -Karl Heinz-Bohm- Romy et Magda Schneider
Curd Jurgens
Gilbert Bécaud
Yves Montand -dans sa loge 9 octobre 1958 -Jean-Claude Brialy-Romy Schneider-Alain Delon
Errol Flynn à l'air de bien aimer se faire embrasser par Romy....
Henri-Georges Clouzot (Tournage inachevé du film "L'enfer")
Henri-Georges Clouzot - Alfred Hitchcock
Yul Brynner
Yves Montand -Pendant le tournage de "Paris brûle-t'il?" de René Clément
Anthony QuinnMarguerite Duras
Festival de Cannes -avec Harry Meyen
Léa Massari-Michel Piccoli-Claude Sautet-Romy-Harry Meyen (A la première du film "Les Choses de la vie")
Boby Lapointe - Michel Piccoli
Philippe Noiret - Pierre Granier-Deferre "Pendant le tournage d'"Une femme à sa fenêtre"
Claude Sautet -"son mentor "
Retrouvailles pour le tournage de "Clair de femme" de Costa-Gavras
Bertrand Tavernier -Harvey Keitel -Tournage de "La Mort en direct"
Francis Girod -Tournage de " La Banquière"
Lino Ventura -Romy Schneider -Michel Serrault Après le tournage de "Garde à vue" de Claude Miller
Dino Risi -Tournage de "Fantôme d'amour"
Les César :Meilleure actrice (Je reconnais avoir apprécié le discours de Romy, au moment ou elle était aux côtés de Jean Marais pour informer l'Académie des César afin de leur dire que de ne point venir à la Cérémonie, pour ceux et celles qui ont été nommés, relever de l'incorrection. Que la moindre des choses était de faire honneur à la profession.
Suis totalement d'accord avec elle, je respecte la volonté de Jean-Paul Belmondo, Jean-Louis Trintignant, Miou-Miou, Brigitte Bardot, Gérard Lanvin et quelques uns d'autres...Ils se trompent, cette soirée est une fête pour le cinéma avant tout.
C'est une façon également de mieux faire connaître le cinéma français aux jeunes générations, cela permit aussi de rendre hommage, à quelques uns de nos grands acteurs français ou étrangers. Le différent qui oppose JP Belmondo et Georges Cravenne, à cause du refus de celui-ci de proposer la création de la statuette à son père, Paul Belmpondo était, je le reconnais une deception pour le comédien...Mais le temps a passé, et les français seraient heureux de le voir être honoré par la profession, de même pour ceux et celles que j'ai cité...désolé pour les fautes d'orthographe, mais ça n'a jamais été mon point fort...
Catherine Deneuve - Yves Montand- Jean Marais
Avec David, son fils
Sarah Biasini
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24 mai 2009
ROMY SCHNEIDER, Les choses de la vie...
Actrice Française
Propulsée très jeune au faîte de la gloire grâce à l'espiègle Sissi, Romy Schneider tourna le dos à ce trop joli personnage pour se métamorphoser en grande comédienne, émouvante de beauté et de talent. Claude Sautet a donné à Romy Schneider quelques uns de ses plus beaux rôles : "Les Choses de la vie", "Max et les ferrailleurs", "César et Roslalie" ou "Une histoire simple".
Claude Sautet disait en parlant de Romy : "Je ne suis peut être pas très bonne comédienne, je ne suis peut être pas très bien foutue, mais je suis photogénique, ça je le sais ! C'est ma chance ! Mon père me l'a dit !. Ainsi m'avait parlé Romy la première fois que je l'ai rencontrée.
Etre à la hauteur de sa photogénie, de sa "chance", remplir cette image de toute la vie qu'elle pouvait y mettre, tel est peut être le secret del'intense combativité de cette véritable enfant de la balle. Fille et petite fille de comédiens fameux, toute sa vie professionnelle était tendue vers son père (Wolf Albach-Retty) disparu trop tôt de sa vie.
Romy était à la fois l'émotion et la violence, la panique et la plénitude, mais avant tout une force, une force éprise d'absolu. Il y avait en elle quelque chose de la grande écuyère de cirque, altière et dure avec son métier : lorsqu'après le tournage d'une scène difficile elle s'était sentie un peu en dessous, elle était sitôt prise d'un profond dégoût d'elle-même que rien ne pouvait apaiser. Cette exigence était la même vis à vis des autres. Elle en attendait beaucoup, avec soif de netteté morale et de rigueur partagée.
Pour moi, Romy c'était d'abord l'impulsivité populaire et sensuelle mais aussi à travers la lumière de son regard cette impression de dignité qui émanait d'elle et s'imposait à ceux qui l'entouraient.
Claude Sautet
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Actrice autrichienne, née à Vienne, le 23 septembre 1938. De son vrai nom : Rose-Marie Albach-Retty, elle est la fille de Magda Schneider et de Wolf Albach-Retty, un des couples de comédiens les plus populaires d'Europe à l'époque. Romy Schneider n'était pas une figure mythique. La réelle affection que lui portait son public reposait au contraire sur une correspondance directe entre la femme et l'actrice, qui formaient une entité unique, une image évoquant à la fois la beauté de la maturité et une certaine liberté d'allure, sans pour autant cesser d'être familière et très proche. Aussi sa mort, le 29 mai 1982, a-t'elle été profondèment ressentie, mort qui mettait un terme à une carrière de près de trente ans.
À l'arrivée des nazis, la famille Schneider doit quitter Vienne et l'enfance de la jeune Romy se passe dans un petit village près de Berchtesgaden. Quelque temps après la naissance d'un fils, Wolfgang, ses parents se séparent. Après la capitulation de l'Allemagne, Romy est pensionnaire dans une institution religieuse, près de Salzbourg. À quinze ans, Romy veut devenir décoratrice : elle rentre à l'École de Dessin de Mode, à Cologne. Magda Schneider, qui a repris son métier de comédienne, va tourner "LILAS BLANC" (1953) pour lequel on cherche une adolescente qui doit tenir le rôle de sa fille dans le film : ce sera pour Romy l'occasion de faire ses débuts à l'écran.
Elle tournera plusieurs productions allemandes : "Feu d'artifice" (1953) de Kurt Hoffmann, "Mon premier amour" (1955) d'Haral Braun. C'est en 1954 que Romy connait la célèbrité internationale avec "LES JEUNES ANNEES D'UNE REINE" d'Ernst Marischka ou elle interprète déjà une souveraine, le film relatait les débuts de la reine Victoria sur le trône d'Angleterre.
Puis, en 1955, le cinéaste Ernst Marischka lui offre le rôle principal de "MAM'ZELLE CRI-CRI" (Die deutschmeister), ou elle persuade un empereur autrichien de se fournir en pain auprès de sa tante Thérèse, la boulangère ! La jeunesse, le charme, la gentillesse de la jeune comédienne - elle avait alors dix-sept ans - avaient convaincu Marischka qu'il tenait en Romy celle qui, selon ses propres termes, allait faire rêver toutes les jeunes filles d'Europe. Il savait qu'elle serait l'Elisabeth de Bavière idéale, cette impératrice d'Autriche toujours chère au coeur de ses compatriotes,
- Mais c'est avec la série des "SISSI", où elle incarne l'Impératrice Elisabeth d'Autriche, aux côtés de Karl-Heinz Böhm, dans le rôle du jeune Empereur François-Joseph, que Romy Schneider devient célèbre. "SISSI" (1955), "SISSI IMPERATRICE" (1956) et "SISSI FACE A SON DESTIN" (1957). Tous trois mise en scène par le veux routier Ernst Marischka, ils réactivents les bonnes vieilles traditions de l'opérette viennoise, revues selon les règles du roman-photo, et n'entretiennent avec la réalité historique que des rapports involontaires, mais le charme adolescent de Romy Schneider suffisait à faire passer tout cela.Avec des moyens financiers à la mesure de ses ambitions, Marischka réalise un film qui va rencontrer un succès considérable dans toute l'Europe. En France, SISSI sera vu par plus de six millions et demi de spectateurs.
Romy Schneider avait déjà manifesté quelques réticences à l'idée de s'enfermer dans cet unique personnage, elle accepte encore, succès oblige, de tourner le troisième vollet des "SISSI" à la suite duquel elle refusera obstinément, malgré la promesse d'un cachet d'un million de marks, de tourner un quatrième épisode. Tous les films qu'elle tourna jusqu'en 1959 racontent plus ou moins la même histoire : une jeune fille simple, un grand amour, de gros chagrins...
Pendant le tournage avec Karl Heinz Bohm et Otto E. Hasse
Romy tourna une nouvelle version de "JEUNES FILLES EN UNIFORME" (1958) de Geza Radvanyi aux côtés de Lilli Palmer. C'est curieusement par un remake du célèbre "Liebelei" (1932) de Max Ophuls, dont l'actrice principale n'est autre que la mère de Romy (Magda Schneider) - qu'elle entama une carrière internationale : "CHRISTINE" (1958) réalisé par Pierre Gaspard-Huit, ou elle avait Alain Delon et Jean-Claude Brialy pour partenaires. Il s'ensuit une liaison tumultueuse qui l'amena à rompre avec des rôles dont elle était déjà saturée.
En 1958, on la retrouve aux côtés du comédien chanteur Jean-Claude Pascal et Paul Guers dans "LA BELLE ET L'EMPEREUR" d'Axel Von Abesser. Puis elle récidive en 1959 avec Robert Siodmak dans une version romancée de "KATIA". Curd Jurgens, Pierre Blanchar, Gabrielle Dorziat et Antoine Balpêtré.
Elle apparait dans un sketch réalisé par Luchino Visconti "Le Travail" pour le film "BOCCACE 70" (1961). Il s'agit d'une histoire d'un cynisme réjouissant, tirée d'une nouvelle de Maupassant : lassée des infidelités de son mari, une femme du monde décide de ne plus lui accorder ses faveurs que contre argent comptant. La rupture est brutale, et sans doute voulue, avec l'univers pastellisé des "Sissi". Ce film à sketches fut présenté au Festival de Cannes 1962 où il faillit provoquer un incident diplomatique. En effet, un quatrième épisode, "Renzo et Luciana", réalisé par Mario Monicelli avec Marisa Solinas et Germano Gilioli, fut coupé pour raccourcir le film. Cet épisode n'a jamais été présenté en France où la critique remarqua que la jeune Romy Schneider, qui n'avait jusqu'alors tourné que SISSI et ses multiples séquelles, pouvait, avec un grand cinéaste, jouer sur un tout autre registre.
D'abord assistant de Louis Malle, Alain Cavalier signe avec "LE COMBAT DANS L'ÎLE" (1961), son premier long-métrage. La sortie du film, considéré à juste titre comme un film politique, fut d'abord suspendue, puis autorisée sous réserve de coupures. En particulier toutes les scènes où Clément affirme sans ambages ses tendances fascistes, d'abord au cours d'une discussion avec son père dans l'usine en grève, ensuite au cours dune bagarre avec un Noir, ont été gommées. Quant au personnage de Serge, d'autres coupures rendirent son comportement plus fou. Le film fut cependant bien accueilli par la critique et par le public. Les dialogues sont signées Jean-Paul Rappeneau. Ce fut Jean-Louis Trintignant et Henri Serre qui donnèrent la réplique à Romy.
En 1962, Romy Schneider joue dans "LE PROCES" d'Orson Welles, le personnage de Leni, la gouvernante d'un inquiétant avocat (Welles lui-même).Tourné aux studios de Boulogne, dans la gare d'Orsay et à Zagreb, "Le procès" marque définitivement, après "La soif du mal" que le producteur Albert Zugsmith modifia après son départ, la volonté d'Orson Welles de s'expatrier loin des États-Unis, son pays natal. A noter la présence d'une pléiade de comédiens : Anthony Perkins, Jeanne Moreau,Suzanne Flon, Madeleine Robinson, Fernand Ledoux, Elsa Martinelli et Akim Tamiroff.
Installée à Paris, elle fait partie de la distribution de deux pièces de théâtre : "Dommage qu'elle soit une P..." de John Ford (le dramaturge anglais) en 1961, aux côtés d'Alain Delon, dans une mise en scène de Luchino Visconti et "La Mouette" de Tchekhov, en 1962, mise en scène de Sacha Pitoëff.
Romy tourne plusieurs films aux Etats-Unis, dont "LE CARDINAL" (1963) d'Otto Preminger, entreprend sous la direction d'Henri-Georges Clouzot "L'enfer" (1964), resté inachevé. L'actrice ne supporta pas d'être giflé... Elle poursuit sa carrière cinématographique avec un film de Clive Donner "QUOI DE NEUF PUSSYCAT?" (1964-What's new, Pussycat?).C'est le premier film interprété par Woody Allen, également auteur du scénario. Depuis, Woody Allen avoue volontiers que son principal phantasme est de se croire le collant d'Ursula Andress...
Le film a été tourné en France ce qui explique la présence de nombreux comédiens du cinémas français, notamment Jean Paredes, Robert Rollis, Daniel Emilfork, Jacques Balutin, Annette Poivre, sans oublier Françoise Hardy qui y fait une très brève apparition. Richard Burton apparait d'ailleurs lui aussi sans être mentionné au générique. Peter O'Toole le croise dans la boite de nuit...
Avec Otto Preminger
Romy participa également à deux autres productions britanniques : "LES VAINQUEURS" (1963) de Carl Foreman et "PRÊTE-MOI TON MARI" (1964) de David Swift. Une autre rencontre importante, celle avec le cinéaste Jules Dassin, lequel tourna dans une co-production améroc-espagnole :"DIX HEURES ET DEMIE DU SOIR EN ÉTÉ" (1964), avec Mélina Mercouri et Peter Finch aux côtés de Romy Schneider. Jules Dassin décrivit son film comme : « une histoire d’amour moderne, celle de toutes les ambiguïtés de l’amour dans un monde qui ne veut ou qui ne peut plus vivre selon les règles et les schémas de la morale traditionnelle. » (rapporté dans “Jules Dassin”, par Fabien Siclier & Jacques Lévy, Édilig, 1986).
Avant "LA VOLEUSE" (1966), Claude Lelouch avait proposé à Romy le rôle d'Anne dans "UN HOMME ET UNE FEMME". Comme à son habitude, le cinéaste ne lui avait soumis qu'un bref synopsis et la comédienne, préférant se déterminer à la lecture d'un scénario dialogué, avait refusé. D'abord intitulé « Cheminée 4 », ce premier long métrage de Jean Chapot, est dialogué par Marguerite Duras, déjà auteur du scénario et des dialogues, d'après son roman, de DIX HEURES ET DEMIE... Le film, où Romy Schneider partageait pour la première fois la vedette avec Michel Piccoli, fut un échec critique et commercial en dépit de l'interprétation, tout en nuances, de Romy, qui trouva là un des meilleurs rôles de sa brillante carrière.
Romy complèta la distribution internationale dans "LA FANTASTIQUE VRAIE HISTOIRE D'EDDIE CHAPMAN" (Triple Cross-1967).Le titre original du film "Triple Cross", est un jeu de mots à partir de l'expression "double cross" qui signifie en anglais, "double jeu". Aux côtés de Romy, Yul Brynner, Christopher Plummer et Harry Meyen, qui deviendra son époux.
Le 15 juillet 1966, Romy Schneider épouse Harry Meyen, adaptateur et metteur en scène de théâtre. Un fils David-Christopher, naît le 3 décembre 1966. " Ma volonté, déclare-t-elle, c'est de changer de personnage à chaque film. À chaque film, une autre femme, un autre monde, c'est ma devise. J'aurais pu refaire dix SISSI. Mais, déjà à cette époque, ça m'était impossible. J'étouffais. Je ne savais rien. J'ai appris avec les années. Depuis "LA PISCINE", je choisis les sujets que je tourne en fonction du scénario dialogué et du metteur en scène avec qui je discute du film. Du film dans son ensemble, pas seulement de mon rôle, qui n'est pas forcément le principal".
Ce n'est qu'avec "LA PISCINE" (1968) de Jacques Deray, ou elle retrouve Alain Delon (après une longue séparation), qu'elle se voit offrir un rôle vraiment important."La piscine" constitua pour ce dernier d'émouvantes retrouvailles avec Romy Schneider, avec qui il avait, à la ville comme à l'écran, formé un des couples modernes les plus célèbres. Le film fut tourné dans la continuité du scénario, du 15 août au 30 octobre 1968. Le film réunit à nouveau Alain Delon et Maurice Ronet.
Tout commence véritablement avec "LES CHOSES DE LA VIE" (1970) de Claude Sautet, dont elle restera l'interprète favorite. C'est lui qui élaborera son personnage définitifif : une femme libre, ou qui s'efforce de l'être, en qui se reflète l'évolution des moeurs. Le cinéma de Sautet se veut un retour à la simplicité, au naturel. Tout cela ne va pas sans rouerie ni recours à des procédés éprouvés. Mais il y avit chez Romy Schneider une authenticité qui faisait tout passer. Sa rencontre avec Claude Sautet est décisive : le très grand succès critique et public des "CHOSES DE LA VIE", va la placer au sommet de sa popularité et révéler le talent de Claude Sautet. " Je me fais un peu peur, explique Romy Schneider, peur de lasser le public s'il me voit trop souvent. Peur quelquefois de l'épuisement nerveux. Mais je sens que je tiens bien le coup et je n'oublierai jamais que Claude Sautet, qui m'a redonné confiance en moi avec "LES CHOSES DE LA VIE", m'a dit un jour :" Continue tant que tu en auras envie, tu le peux".
Le roman de Paul Guimard avait été un grand succès : le film connut le même sort : tout en conservant soigneusement l'esprit du livre, les auteurs ont assuré une vraie transposition en images. Claude Sautet prépara méticuleusement son film, six mois durant, avant le tournage qui à Paris et à La Rochelle, se déroula au cours de l'été 1969. L'accident, qui constitue le point central de l'histoire, fut mis au point par le cascadeur Gérard Streiff. Le montage très délicat de cette séquence retarda celui du film en prenant trois nouveaux mois.
"La violence absurde de l'accident nous a obligés, Jean-Louis Dabadie et moi, à traiter tout le reste du film, c'est-à-dire les neuf dixièmes, sur le mode de la "banalité" la plus rigoureuse : des rapports normaux, entre des gens normaux, dans des situations normales. C'était un point de vue moral". (Claude Sautet).
Le film fut récompensé par le prix Louis-Delluc et rencontra un triomphe public et critique.

Romy eut Maurice Ronet pour partenaire dans "QUI ?". Le cinéaste du film Léonard Keigel,tenta de faire avec "QUI ?" une œuvre commerciale : «…mais j’ai raconté une histoire qui m’était très personnelle, complètement fantasmatique, dans un contexte qui se voulait policier et je crois que c’était l’erreur fondamentale du film : il fallait mener le combat de front et non pas faire cette concession au récit et au commerce » (in “Cinéma 77”, n° 227).
Débordante d'activité (en tout vingt cinq longs métrages de 1970 à 1981). Romy Schneider vise par ailleurs à une certaine diversification et met un style de jeu assez sobre au service de rôles tout à fait différent : l'ouvrière de "LA CALIFFA" (1970) d'Alberto Bevilacqua avec Ugo Tognazzi dans le rôle d'un patron pris dans la tourmente du monde syndicaliste...Le cinéaste, journaliste au "Messagero" était surtout connu pour ses travaux littéraires. En 1960, il avait écrit "LA CALIFFA", et, dix ans plus tard, il décida de porter son roman à l'écran, sans expérience cinématographique préalable. Toutefois, il fallait moderniser son récit et l'adapter à une nouvelle situation sociale. Le propos restait le même, et Alberto Bevilacqua se plaisait à le définir comme " le portrait de l'humanité féminine en pleine mutation, face à la suprématie séculaire du mâle. " Pour accéder à plus de réalisme, il emmena son équipe dans la région de Terni, zone industrielle du nord de lItalie. Le tournage commença par une audacieuse scène d'amour et Romy Schneider se retrouvant toute nue pour les premières prises de vues déclara avec humour qu'il s'agissait peut-être d'une " technique subtile chère aux réalisateurs italiens pour mettre tout de suite à son aise son interprète féminine".
LA CALIFFA connut les honneurs d'une sélection au Festival de Cannes 1971 pour représenter officiellement l'Italie. L'accueil critique fut plutôt réservé. A noter la magnifique mélodie du musicien Ennio Morricone.
Dans "MAX ET LES FERRAILLEURS" (1971), Romy incarne Lily, la prostituée aux côtés de Michel Piccoli et Bernard Fresson.. Ce film de Claude Sautet inaugure ce qui pourrait être appelé le cycle des prénoms, poursuivi avec "CÉSAR ET ROSALIE", "VINCENT FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES" et "MADO". "Pour moi,précisa le réalisateur, le prénom c'est la première identité des personnages, il m'inspire. Parfois, au lieu de travailler sur le scénario, nous passons des jours entiers à chercher un prénom. A un moment donné, arrive un prénom qui chante et on voit le personnage s'épaissir à travers lui." (Unifrance, novembre 1974.)
Claude Sautet retrouvait ici Michel Piccoli et Romy Schneider, qu'il venait de réunir dans LES CHOSES DE LA VIE (1970), et qu'il devait diriger à nouveau ensemble dans MADO (1976).
L'actrice retrouva son ancien partenaire et ami, Alain Delon, pour interpréter la maîtresse du meurtrier de "L'ASSASSINAT DE TROTSKY" (1972).Joseph Losey et Nicolas Mosley se sont référés scrupuleusement à divers ouvrages sur la mort de Trotsky: " Je n'ai à aucun moment pris parti et chaque fois que c'était possible, f ai suivi très exactement les traces de l'Histoire". Le producteur J. Shaftel avait d'abord proposé le film au cinéaste Costa-Gavras qui refusa. Puis Delon, déjà prévu pour le rôle de Jackson, demanda à Losey de reprendre le projet. Le cinéaste hésita avant de confier le rôle de Trotsky à Richard Burton.
Avec "CESAR ET ROSALIE" (1972) Le cinéaste Claude Sautet récidive en proposant le rôle de Rosalie à Romy Schneider. Il avait écrit le scénario de ce film huit ans avant de le réaliser. Il avait d'abord songé confier le rôle de César à Vittorio Gassman qui 'était dérobé. " Ce n'est qu'il y a deux ans, un jour où j'ai croisé Yves Montand à la sortie d'une projection, que son visage m'a frappé. Je l'ai trouvé changé, avec quelque chose de vulnérable et d'enfantin. Je me suis alors décidé à lui proposer le rôle. Il a accepté immédiatement. "
Claude Sautet est un analyste minutieux des hommes de quarante / cinquante ans, au moment où ils se posent les questions de travail, d'amitié, de respect de soi-même et des autres, au moment aussi où leur vie sentimentale est à un tournant. Alors qu'il a déclaré : "Ce qui compte avant tout pour moi, c'est de chasser les références extra-cinématographiques, car moins un film nous ramène à la littérature, à la peinture, ou au théâtre, plus il est obligatoirement du cinéma ", son œuvre se lit comme un roman d'analyse contemporaine.







Romy enchaîna en étant une réfugiée allemande dans "LE TRAIN" (1973) du cinéaste Pierre Granier-Deferre, ou elle donne la réplique à Jean-Louis Trintignant et Maurice Biraud. Il s'agissait du troisième film du cinéaste.
Elle retrouve aussi le personnage de Sissi entrant dans sa maturité, dans "LUDWIG, LE CREPUSCULE DES DIEUX" (1972) sous la direction de Luchino Visconti, plus rien à voir avec les précèdents "Sissi" de sa jeunesse, revue et corriger par Ernst Marischka, ici, Romy s'est transformée en grande dame volontaire et douloureuse.L'idée de tourner un film sur Louis II de Bavière était venue à Luchino Visconti au moment où il préparait "Les Damnés". Pour tenir le rôle de l'énigmatique roi, le réalisateur choisit Helmut Berger dont la ressemblance avec Louis II est frappante. C'est au Festival International du Film à Cannes 1971, que Visconti proposa le rôle d'Elisabeth d'Autriche à Romy Schneider. La production eut l'autorisation de tourner sur les lieux mêmes où vécut et mourut Ludwig. Elle reçut également l'aide de la famille des Wittelsbach qui prêta ses tableaux, bijoux et autres objets précieux. Le tournage débuta fin janvier en Autriche pour se terminer fin avril aux studios de Cinecitta. La majeure partie des prises de vues se déroulèrent en Bavière : à la Rezidenz, à Munich aux châteaux de Berg, Neuschwanstein, Linderhof, Hohenschwangau, Herrenchiemsee, sur le lac de Starnberg et l'Ile des Roses. La sortie du film fut retardée par la maladie de Luchino Visconti.
Luchino Visconti - Helmunt Berger
Après un bref passage dans le film réalisé par son ami Jean-Claude Brialy dans "Un amour de pluie" (1973) aux côtés de Nino Castelnuevo et Mehdi el Glaoui. Romy enchaîne avec "LE MOUTON ENRAGE" (1973) de Michel Deville avec Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Cassel et Jane Birkin. Ce fut un succès public, puisque plus de 400 000 entrées en exclusivité parisienne.
Avec Michel Deville
Elle s'est aussi efforcée de rompre délibérement avec son image cinématographique, comme dans "LE TRIO INFERNAL" (1974) de Francis Girod, histoire féroce et burlesque d'une série de crimes commis par un escroc et ses deux maîtresses. Ce film est inspiré d'un fait divers réel. À la suite de dénonciations en cascades, Sarret fut arrêté, condamné et guillotiné le 10 avril 1934, à cinq heures du matin. Sa politique constante, dès l'instructio de son procès, de ne reconnaître aucun de ses crimes, s'était révélée inefficace. Qu'importe. Quand le procureur de la République pénétra dans sa cellule pour lui annoncer que son pourvoi était rejeté, il déclara : "Je suis victime d'une injustice".
Le principe du film, selon Francis Girod : "Je place trois monstres dans un bocal. Et je les observe. À intervalles réguliers, je jette un victime dans le bocal et regarde comment elle se fait dévorer. Mes trois monstres ne peuvent venir à bout de la dernière victime. Elle est "indigeste"...
C'est avec "L'IMPORTANT C'EST D'AIMER" (1974) d'Andrzej Zulawski, qu'elle va le plus loin en ce sens. Le film est d'une noirceur difficilement supportable : univers crépusculaire peuplé d'épaves (Jacques Dutronc est extraordinaire), mensonges, chantages, réglements de compte. Romy Schneider y incarne une petite actrice sans envergure et exprime remarquablement sa solitude face à un monde sinistre. C'est une réussite qui a parfois des allures d'exorcisme; mais l'expérience restera sans suite...
Albina de Boisrouvray possédait les droits du livre de Christopher Frank "La nuit américaine" et un contrat avec Romy Schneider. C'est lors d'une projection du film "LA TROISIÈME PARTIE DE LA NUIT" qu'elle proposa le projet à Andrzej Zulawski qui accepta.
L'adaptation de "La nuit américaine" devenu "L'IMPORTANT C'EST D'AIMER" posa beaucoup de problèmes, car il fallait absolument éviter d'en faire un film trop parisien. Un travail de collaboration de huit mois entre Zulawski et Frank a modifié totalement l'aspect initial du roman, car il était impossible de rendre à l'écran le thème assez complexe et cette méditation permanente entre le choix amoureux et le choix artistique.
C'est à une projection également que le réalisateur trouva en la personne de Jacques Dutronc le personnage idéal pour le film.
En fait c'est grâce à Romy Schneider que le film a pu être réalisé; amoureuse du scénario, elle a voulu absolument le tourner et a mis tout en œuvre poury parvenir. Le 3 avril 1976, Romy Schneider se voit décerner le "César" de la Meilleure Interprétation Féminine de l'année pour son rôle dans "L'IMPORTANT C'EST D'AIMER", sans oublier sa création dans "LE VIEUX FUSIL".
La carrière de Romy reflète assez bien l'état du cinéma français dont elle était l'une des valeurs les plus sûres. Pas de mauvais films, beaucoup d'oeuvres estimables, d'un classicisme de bon aloi. Après avoir essuyé un echec cuisant avec le film de Claude Chabrol "Les innocents aux mains sales" (1974), manifestement le courant n'est pas passé entre la fragile Romy et ce cinéaste débordant de vitalité. L'accueil de la critique fut très sévère, reprochant à Chabrol d'avoir, dans la seconde partie du film, multiplié les coups de théâtre « jusqu'aux limites de la parodie ». Partant du roman du même titre de Richard Neely ("The Damned Innocents", 1971), et se réfugiant derrière l'alibi d'un « polar féministe », le cinéaste s'en est expliqué dans un entretien avec Guy Braucourt : «... Une fois découverte la possibilité de faire un très beau portrait de femme, j'ai accumulé encore davantage les artifices : de sorte que, plus la situation devient délirante, plus le portrait devient vrai sur le plan de la physiologie féminine [...] L'artifice le plus délirant en profondeur consistant dans la construction régressive du récit qui se manifeste très visuellement et physiologiquement par le fait que Romy commence le film cuisses écartées et le finisse dans la position du fœtus. Avec cette division de l'histoire en deux parties qui fait terminer la première sur l'image clichée de la "salope blonde criminelle" et la seconde par un retournement total du spectateur en sa faveur... » (in "Écran 75" n° 36, mai 1975). Chabrol reconnaît néanmoins que "la mayonnaise n'a pas pris" à cause d'une incompatibilité d'humeur entre lui et ses interprètes, Romy Schneider et Rod Steiger (c'est Peter Finch qui avait été initialement pressenti). Le film fut entièrement tourné dans les environs de Saint-Tropez, dans la villa d'Elsa Martinelli, prêtée pour la circonstance.
puis avec Robert Enrico pour "LE VIEUX FUSIL" (1975), ou elle fait une composition magistrale. "LE VIEUX FUSIL" fut un énorme succès. L'Académie des Arts et Techniques du Cinéma lui décerna 3 Césars en 1975, récompensant le meilleur film français, la meilleure interprétation masculine à Philippe Noiret et la meilleure musique à titre posthume à François de Roubaix, décédé avant la sortie du film.
De Romy Schneider, Robert Enrico disait qu'"elle est une comédienne merveilleuse et d'une photogénie diabolique. Elle veut devenir la première. Elle sait se donner à fond dans un rôle. Dans la scène cruciale où elle est violentée, où elle se débat et où elle assiste à l'assassinat de la fille de son mari, elle était déchaînée au point qu'elle a renversé un comédien dans les escaliers. Elle était à la fin du tournage couverte de bleus, ses ongles étaient cassés et elle avait un doigt abîmé. J'ai coupé volontairement le son pour ne laisser agir que l'image, mais les hurlements étaient terrifiants" .
Des retrouvailles, d'abord avec Claude Sautet dans "MADO" (1976) ou elle ne joue qu'n petit rôle, puis avec Pierre Granier-Deferre et Philippe Noiret pour le tournage d' "UNE FEMME A SA FENETRE" (1976).
Si elle tourne sous la direction de metteurs en scène consacrés, Losey ou Visconti, elle fait aussi confiance à de jeunes réalisateurs : Francis Girod ou Andrzej Zulawski. Divorcée d'avec Harry Meyen, elle épouse Daniel Basiani, le 18 décembre 1975. Le 21 juillet 1977, naissance d'une petite fille, Sarah Magdalena. À la fin de l'année 1977, Romy Schneider commence LULU, adaptation de l'œuvre de Frank Wedekind, sous la direction de Liliana Cavani, la célèbre réalisatrice italienne. Les deux femmes s'opposent violemment sur leur conception du rôle et le film est arrêté.
"PORTRAIT DE GROUPE AVEC DAME" (1977) d'Aleksandar Petrovic, fut présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes 1977. Romy Schneider et Michel Galabru se donnèrent la réplique pour la première fois. Située à Berlin, à la fin de la guerre, l'action du film nécessitait des scènes de bombardement qui, sur l'écran, apparaissent particulièrement impressionnantes: "Il existait à Berlin, explique Aleksandar Petrovic, tout un quartier voué à la démolition; le Sénat de Berlin nous avait permis de nous en servir pour le film. Alors on s'est mis en rapport avec l'entreprise de démolition, et on a fait sauter les maisons, pan de mur après pan de mur. (...) D'autre part, je dois dire que j'ai acquis suffisamment d'expérience personnelle à Belgrade, pendant la guerre, pour savoir à quoi m'en tenir, en matière de bombardements!" (Cinématographe -Juin 1977).
Le moment fort de la collaboration entre Claude Sautet et Romy Schneider reste "UNE HISTOIRE SIMPLE" (1978), avec Claude Brasseur, Bruno Cremer et Roger Pigaut. Le cinéaste a écrit "Une histoire simple", en collaboration avec Jean-Loup Dabadie, pour offrir enfin un grand premier rôle à son actrice favorite Romy Schneider, qu'il avait déjà fait tourner dans trois de ces précédents films. Donc, on peut dire que ce dernier film est un hymne à la féminité rayonnante d'une comédienne. Mais c'est aussi la suite d'une longue chronique qui commence avec "Les choses de la vie" et où le cinéaste décrit avec minutie les petits et grands problèmes d'un milieu spécifique, celui des nantis. L'amitié, les parties de campagne ne résolvent pas les problèmes personnels. Une de ses plus belles créations : "J'ai voulu peindre un caractère. Un caractère inspiré en grande partie par le vrai caractère de Romy, avec cette fragilité qu'elle a, qui m'a toujours frappé, cette espèce de fierté dans le quotidien, cette noblesse." (Claude Sautet). L'univers de Sautet est celui des années soixante-dix, confort et amertume.
Le film connut un immense succès et valut à Romy Schneider un second César de la meilleure interprétation féminine. L'actrice trouve là un rôle à sa mesure, qui correspond à l'image que le public avait d'elle : femme adulte à la fois épanouie et vulnérable...
Succès et lauriers qui firent oublier l'erreur d'une apparition dans "LIÉS PAR LE SANG" (1979) à laquelle Romy consentit par amitié pour son réalisateur, Terence Young, malgrè une brillante distribution : Audrey hepburn, Omar Sharif, Maurice Ronet, Ben Gazarra, Irene Papas, James Mason et Gert Froebe. Romy Schneider avait déjà tourné sous la direction de Terence Young, en 1966, "Triple Cross"; elle était, à l'époque, enceinte de son fils David et le cinéaste s'était montré, à son égard, particulièrement prévenant sur le plateau. C'est pour lui manifester sa reconnaissance que la comédienne accepta ce petit rôle qui lui imposa, pendant une quinzaine de jours, en 1978, de tourner à Paris, à Munich et en Sardaigne. Le film ne sortit à Paris que le 16 janvier 1980, bien après "Clair de femme" et juste avant "La mort en direct l'un et l'autre réalisés plusieurs mois après.
"CLAIR DE FEMME" (1978) de Costa-Gavras fut encore l'occasion d'un grand succès public, partagé cette fois avec Yves Montand, son partenaire de "César et Rosalie". Le 15 avril 1979, Harry Meyen, le premier mari de Romy Schneider, se suicide. À compter de cette date, la vie privée et la carrière de la comédienne et de la femme vont se dérouler sous le signe de la mort. Mort cinématographique, d'abord. À la fin de "LA MORT EN DIRECT" (1980) réquisitoire contre les médias tout puissants et le voyeurisme qu'ils engendrent, Katherine Mortenhoe, malade traquée par les caméras d'une télévision avide de sensationnel se suicide. Ce film est un très beau sujet de science-fiction ou une femme condamnée par la médecine est suivie sans cesse grâce à des caméras implantées dans les yeux du témoin attaché à ses pas. C'est là encore, une histoire de solitude, que l'actrice semble avoir vivement ressentie.A propos de son film, Bertrand Tavernier déclarait : "Quand j'ai lu le livre, j'ai tout de suite vu la possibilité de faire un film qui soit à la fois lyrique et très fort par sa signification emblématique. J'ai tourné à Glasgow parce que j'y ai senti quelque chose de très évident. C'est une ville, qui depuis 1948, n'a jamais a été photographiée à l'écran, une ville à la fois victorienne, et dickensienne, qui servait parfaitement d'arrière-plan à cette histoire quand même étrange. A noter la présence dans le générique de Harvey Keitel, Harry Dean Stanton et Max Von Sydow.
Avec le cinéaste Costa-Gavras
1980 c'est l'année de la sortie de "LA BANQUIERE" de Francis Girod, un film à costumes (l'entre-deux-guerres) qui retrace la montée, puis la chute d'une femme d'affaires. Le film s'inspire de la vie de Marthe Hanau,femme d'affaires des années trente. À son propos, les auteurs entreprirent un énorme travail de recherche et découvrirent un personnage exemplaire.
À propos de "La Banquière", Le cinéaste Bertrand Tavernier déclara : "J'aime créer une fiction romanesque à partir de faits divers qui me paraissent exemplaires... j'essaie de donner à ce ciné-roman de l'histoire un éclairage moral personnel... le film joue sur plusieurs notes : à la fois "jeu de massacre", mais aussi apologie de la fidélité en amitié et en amour".
Avec Jacques Rouffio

Romy entreprend de jouer dans un film ou le fantastique peut rejoindre la réalité dans "FANTOME D'AMOUR" (1981) de Dino Risi, qui, renonçant occasionnellement à ses comédies grinçantes, signe là un film fantastique prenant. C'est le plus réussi des rares films qu'elle a tournés hors de France dans la seconde partie de sa carrière, bien supérieur à "Portraits de groupe avec dame". Son partenaire italien n'est autre que Marcello Mastroianni.
Pendant le tournage avec Dino Risi et Marcello Mastroianni
Romy fait une émouvante apparition d'une vingtaine de minutes dans "GARDE A VUE" (1981) réalisé par Claude Miller avec pour principaux interprétes Lino Ventura (Ce fut la première rencontre cinématographique de Ventura et Romy Schneider)C'est Michel Audiard qui découvrit le roman de Wainwright "Brainwash" (littéralement : "lavage de cerveau"), et le porta chez Ariane Films qui, à son tour, le proposa à Claude Miller. Ce dernier fit remarquer que, bien qu'il s'agisse d'un film de commande, il aurait lui-même cherché à le tourner si le hasard lui avait fait rencontrer le roman. En adaptant celui-ci, le personnage de Martinaud est devenu plus fort alors qu'à l'origine il n'était qu'un rond-de-cuir terrorisé par sa femme.
Chantal Martinaud, épouse d'un notable accusé de viol et de meurtre et se tire une balle dans la tête.... et, enfin, dans" LA PASSANTE DU SANS-SOUCI" (1982) de Jacques Rouffio, Romy n'est autre que Lina Baumstein, alias Elsa Wiener, qui est abattue par les nazis. Au générique de ce dernier film auquel Romy tenait tant et qui faillit ne pas se faire - à la veille du tournage, l'actrice subit une grave opération, l'ablation d'un rein - une mention le dédie : "A David et son père...".
Avec Gérard Klein et Jacques Rouffio
David, son fils et celui d'Harry Meyen, adolescent qui va fêter son quinzième anniversaire, s'est tué le 5 juillet 1981 dans des conditions atroces : il s'est empalé sur la pointe d'acier d'une grille qu'il avait voulu franchir d'un bond... La maladie, cette mort terrible, sa séparation d'avec Daniel Biasini, son second mari, compromirent la participation de Romy à "LA PASSANTE DU SANS-SOUCI". Déjà, Hannah Schygulla a été pressentie pour la remplacer. Pourtant, fin octobre 81, le tournage du film commence. Raymond Danon, le producteur, Jacques Rouffio, le réalisateur, ont tout fait pour que Romy en soit l'interprète, malgré les sommes considérables déjà perdues. LA PASSANTE... sort le 14 avril 1982. C'est un triomphe pour l'actrice dont le prochain film est déjà prévu : "L'UN CONTRE L'AUTRE", avec Alain Delon et sous la direction de Pierre Granier-Deferre. Mais, le 29 mai 1982, Romy Schneider est retrouvée morte à son domicile. Elle a succombé à une crise cardiaque dont les causes demeurent inconnues. À la mort de Luchino Visconti, Romy Schneider avait dit : "La vie a fait quelque chose de mal." À l'aube du samedi 29 mai 1982, la vie a récidivé...
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Avec Alain Delon, au temps des amoureux...
Jean-Claude Pascal
Luchino Visconti - Romy Schneider -Ingrid Bergman
Avec Claude Sautet
Georges Cravenne -Jean Gabin -Romy Schneider
Gala de l'Union des artistes avec Jean Marais
Romy Schneider, 25 ans après
François-Guillaume Lorrain
L'anniversaire est un peu dépassé, Romy est morte le 29 mai 1982, mais l'édition française (via les Editions Place des Victoires), propose aux éternels éplorés un nouvel objet propre à entretenir leur dévotion. Pour le texte, rien de nouveau, et l'on se reportera toujours à l'étude fine et perspicace de l'actrice qu'Evelyne Bloch-Dano avait rédigée l'an dernier dans La Biographe (éd. Grasset). L'objet, un album de près de 250 photos, rappelle à quel point Romy Schneider fut, avec Marilyn Monroe, l'actrice la plus aimée, la plus recherchée et dévorée par les photographes. Dès 1957, alors qu'elle vient tout juste de tourner Sissi et qu'elle est encore pour tout le monde la jeune fille sage, elle entame une relation visuelle étonnante avec Franz Xavier Lederle. Le décalage entre ces photos, où elle est déjà la femme qu'on connaîtra en France plus tard avec Sautet, et ce qu'elle montre à l'écran est stupéfiant. Au fond, c'est par la photo d'abord qu'elle a pu montrer son vrai visage et elle garda à cet art une éternelle reconnaissance. Il y eut bien sûr ensuite cette perpétuelle tentation de la nudité (avec les photographes George Pierre, Emil Peraner, Eva Sereny, au mitan des années 1970) chez cette femme qui ne se trouvait pas sexy, mais la séance la plus forte, la plus dramatique, demeure celle réalisée avec Will McBride. La photo de tournage sur La Piscine traduit très clairement la différence d'état. L'ouvrage égrène des citations extraites du Journal de ma vie , de Romy Schneider, mais on rappellera que l'édition française, publiée en 1989, livrait une version tronquée de ce journal que Romy Schneider tenait depuis l'âge de 14 ans. Y aura-t-il un jour une édition complète?
25 ans après sa mort, le culte demeure. Le nombre de sites consacrés à l'actrice est stupéfiant. On en trouve en hongrois, en russe et même en chinois. Après un rapide tour d'horizon, on vous conseillera l'adresse suivante : http ://site.voila.fr/RomySchneider. On y trouve un maximum d'interviews et d'anecdotes, qui rappelle que l'actrice fut la première à être contactée par Lelouch pour Un homme et une femme . Mais le "contact" ne passa pas entre l'actrice germanique et le jeune Parisien. Voilà comment Anouk Aimée, qui s'était pourtant endormie à la lecture du scénario, fut engagée. On retrouve aussi le récit par Robert Enrico de la scène de viol dans Le Vieux Fusil , où Romy Schneider joua comme une furie, griffant et battant les autres acteurs. "Ses cris étaient si terribles que je dus enlever la bande-son."
Revenons à l'album, signé Johannes Thiele : une des photos les plus parlantes concerne le tournage de La Piscine , qui marqua les retrouvailles professionnelles entre Delon et Schneider, trois ans après leur rupture. On y voit une Romy très amoureuse, heureuse de reposer sur la poitrine bronzée de son ex-fiancé, tandis que l'acteur arbore un air lointain, une mine
20 mai 2009
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CINEASTES du XXème siècle
Jacques Tati (Je vous avoue que je n'ai pas compris, les raisons qui ont poussé la RATP, à supprimer la pipe de Tati, plantée entre les lèvres de Monsieur Hulot, la régie publicitaire de la RATP a exigé qu’elle disparaisse des affiches de l’exposition que la Cinémathèque française consacre à l’auteur de Mon Oncle.) J'ai l'impression qu'il ya un retour en arrière mais pas dans le bon sens, en ce qui concerne la suppression d'un objet qui a toute son importance dans l'oeuvre de Tati. Si ça continue, qui sait, un jour, peut être verrons nous l'affiche du "PERE-NOEL EST UNE ORDURE" retirée elle aussi, comme cela le fut jadis, au début des années 80, ils avaient prétexté (la RATP), que le père-noel ne pouvait être une ordure...!" ils n'ont toujours rien compris.......désolant)
Buster Keaton (quel génie, mais quel régal aussi de voir ou revoir quelques uns de ses plus grands chefs d'oeuvre : "Go West" "Le mécano de la général", "Cadet d'eau douce"...)
Charles Chaplin (Evocation sur ce blog du génie Chaplin en décembre 2009)
Jean Cocteau (Une belle réussite sur le plan cinématographique : "La Belle et la Bête", "Orphée" et "Le testament d'Orphée", mais aussi l'adaptation de "L'eternel retour" sans oublier "Les Parents terribles"....)
Federico Fellini (Un faible pour "Amarcord", "Huit et demi" et "La strada")
Jean Renoir (le plus grand cinéaste français !...)

Marcel Carné (heureux de l'avoir rencontré à Cannes, tout à fait par hasard, à la sortie d'un restaurant....)



John Cassavetes (J'ai découvert à l'âge de 20 ans, quelques uns de ses films,certains m'ont bouleversé)
David Lean (On lui doit bien entendu "Lawrence d'Arabie", "Docteur Jivago", "Le pont de la rivière Kwai", mais aussi, "La route des Indes", sans oublier "La fille de Ryan" avec Robert Mitchum entre autres. En 1945, un film important "Brève rencontre" avec Trevor Howard et Celia Johnson)
Vincente Minnelli (Les films que l'on a aimé sont nombreux, chez ce cinéaste, alors voici quelques affiches d'une infime partie de son oeuvre...)
David Wark Griffith
Allan Dwan
Clarence Brown
Black Edwards
Claude Chabrol
François Truffaut
Howard Hawks
Jerry Lewis
Jean-Luc Godard
John Huston
Ida Lupino
Maurice Pialat
Alfred Hitchcock
Satyajit Ray
Werner Herzog
Clint Eastwood
Francis Ford Coppola
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16 mai 2009
LE PETIT MONDE DE DON-CAMILLO de Julien Duvivier
LE PETIT MONDE DE
DON-CAMILLO
Coup de Coeur *****
de Julien Duvivier 1951
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Don Camillo |
FERNANDEL |
Peppone |
Gino CERVI |
Mariolino Brusco |
Franco INTERLENGHI |
Me Christina |
SYLVIE |
Gina Filotti |
Vera TALCHI |
L'evêque |
Charles VISSIERES |
Des rivalités entre le Maire communiste et révolutionnaire "Giuseppe Botazzi dit Peppone et le curé de la paroisse Don Camillo font bouillonner le petit village italien de Bassa. Le maire du pays, Peppone, un rouge, vient de triompher aux élections et son succès est dur à Don Camillo, sympathique curé de choc, qui, dans l'ombre du presbytère, s'entretient presque amicalement avec Notre Seigneur.
La population de Bassa est divisée en deux clans, sauf pour la vieille institutrice Madame Cristina qui revoit toujours les notables comme s'ils avaient dix ans. Une espèce d'amitié, fondée sur une estime réciproque, réunit pourtant Peppone et Don Camillo dans les cas graves et ils agissent alors de concert pour le bien de la commune et de la paroisse. C'est le cas par exemple lorsque les familles Filotti et Brusco, qui se détestent, veulent empêcher le mariage de leurs enfants Gina et Mariolino. Comme Roméo et Juliette, les jeunes gens pensent à la mort. Don Camillo et Peppone les sauvent et du coup arrivent à célébrer leur union.
Quand le départ du trop turbulent curé est annoncé par l'évêque qui lui reproche d'avoir copieusement rossé plusieurs partisans du maire, la consternation est générale. les deux groupes politiques, blancs et rouges, viennent le saluer en cachette et Peppone ne lui cache pas qu'il espère son prochain retour.
Fernandel et Julien Duvivier
Fernandel -Gino Cervi et Giovanni Guareschi
Le Retour de Don Camillo de Julien Duvivier
LE PETIT MONDE DE DON CAMILLO obtint, en 1952, le prix de l'Écran d'Argent décerné en Italie et en France les "Victoires" du meilleur film et du meilleur acteur : Fernandel.
Nos deux héros sont devenus légendaires avec la fabuleuse histoire écrite par Giovanni Guareschi. Gino Cervi (Peppone) avait déjà connu la gloire, à l'époque du néo-réalisme avec des oeuvres telles que "La couronne de fer " (1940)d'Alessandro Blasetti, mais aussi, du même cinéaste: "Quatre pas dans les nuages" (1942).
Ce retour ne se fit pas attendre; dès 1953 Femandel et Gino Cervi célèbrent en effet LE RETOUR DE DON CAMILLO, toujours sous la direction de Duvivier. A partir de 1955, les réalisateurs italiens prennent la relève et Carmine Gallone tourne LA GRANDE BAGARRE DE DON CAMILLO, suivie en 1961 de DON CAMILLO MONSEIGNEUR. C'est Luigi Comencini qui réalise en 1965 DON CAMILLO EN RUSSIE. Enfin, Christian-Jaque avait commencé en 1970 DON CAMILLO ET LES CONTESTATAIRES. La maladie de Femandel interrompit le tournage du film qui ne futjamais terminé, l'interprète de Don Camillo étant mort au début de l'année suivante.
DVD
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15 mai 2009
JULIEN DUVIVIER ou l'artisan exemplaire
Cinéaste, Scénariste français
La véritable carrière de Julien Duvivier débute en 1930, et pourtant il réalisa plus de dix sept films entre 1919 et 1929 !. Il fut un artisan consciencieux, développant de nombreux thèmes.
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Julien Duvivier naît à Lille le 8 octobre 1896. L'amitié et l'exemple de Pierre Bertin le décident à tenter une carrière d'acteur. Il entre à l'Odéon en 1916. Il tient quelques petits rôles, mais s'oriente vite vers le cinéma, d'abord comme acteur, puis comme assistant (entre autres, de Louis Feuillade, André Antoine, Marcel L'Herbier, etc.). Dans la production muette de cet ancien acteur, passé du théâtre à la réalisation de films sur le conseil du grand Antoine.
, Duvivier réalise en 1919 le premier de ses soixante-sept films : "HACELDAMA OU LE PRIX DU SANG", avec Séverin-Mars. Le négatif du second, "LA RÉINCARNATION DE SERGE RENAUDIER" (1920), fut détruit par un incendie avant son exploitation.
Il redevient assistant et scénariste avant de réaliser, en 1922, "LES ROQUEVILLARD", d'après Henry Bordeaux, qui inaugure sa série d'adaptations d'œuvres littéraires. Pour la compagnie Le Film d'Art, il adapte des romans de Ludovic Halévy "L'ABBÉ CONSTANTIN" (1925), Jules Renard "POIL DE CAROTTE" (1925) et Pierre Frondaie. On lui doit également une série de films religieux : "CREDO OU LA TRAGÉDIE DE LOURDES" (1923), "L'AGONIE DE JÉRUSALEM",(1927)" LA VIE MIRACULEUSE DE THÉRÉSE MARTIN" (1929), un genre où il s'illustrera plus tard avec "GOLGOTHA" en 1935 et les "DON CAMILLO" (1951 et 1953...).
Autre oeuvre littéraire, "AU BONHEUR DES DAMES" (1930), d'après Émile Zola, avec Dita Parlo et Andrée Brabant. fut le dernier film muet de Julien Duvivier - quelques scènes furent cependant sonorisées lors de l'exploitation en salles en 1930 - "AU BONHEUR DES DAMES" fut redécouvert et restauré par les Archives du Film du CNC en 1988. Il fut tourné dans un Paris contemporain, en studio, dans le grand magasin des Galeries Lafayette, en extérieurs Gare Saint-Lazare et à L'Isle-Adam.
Rien de tout cela ne sort de l'anonymat et ne suffit à imposer le metteur en scène. Seule peut être une première adaptation de "Poil de carotte" autorise quelques espoirs, assez vagues; encore pouvait-on être tenté, à l'époque, d'en attribuer les mérites à la forte personnalité du co-adaptateur, alors en pleine gloire : Jacques Feyder. Il faut se rendre à l'évidence : sans son oeuvre parlante;Julien Duvivier n'aurait laissé aucun nom dans l'histoire du cinéma.
Dès son premier film parlant, tout change. "DAVID GOLDER" (1930), pour une bonne part grâce à l'interprétation d'Harry Baur, nouveau venu qui s'impose d'emblée, est tout de suite reconnu comme un film important. Tiré d'un roman à succès d'Irène Nemirowsky, le film comporte quelques scènes curieuses, la mort de Golder sur le bateau, au milieud'émigrants juifs qui lui rappellent ce que lui même fut jadis, reste émouvante et forte. Incontestablement, elle révélait un tempérament de vrai cinéaste.
Dans l'œuvre de Julien Duvivier, "DAVID GOLDER" est un film charnière. Il révéla la puissance de jeu d'Harry Baur et démontra surtout que le talent de Duvivier, porté volontiers vers les scènes paroxystiques, pouvait pleinement s'épanouir avec l'avènement du parlant.
Harry Baur, très connu au théâtre, ne s'était encore jamais imposé à l'écran : ses apparitions dans quelques films d'Art d'avant 1914 étaient passées inaperçues. Sa création de " David Golder " le classa d'un seul coup parmi les grandes vedettes françaises.
"LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS" (1931) fut le deuxième film parlant de Julien Duvivier, il tourna conjointement une version allemande et une version française ( DIE FÜNF VERFLÜCHTEN GENTLEMEN avec Adof Wohlbruck, Camilla Horn et Jack Trevor), seuls Marc Dantzer et Georges Péclet jouaient le même rôle dans les deux versions. Le film est tiré du roman d'André Reuze. Les extérieurs du film furent tournés à Fez, à Marrakech et à Moulay-Idriss. La critique salua à sa sortie l'aptitude du cinéaste pour la création d'atmosphère, son goût du pittoresque et son sens de l'exotisme. . Ce deuxième long métrage n'eut pas le même intérêt que le précèdent, malgrè la présence d'Harry Baur, René Lefevre et Robert Le Vigan.
Par contre, "ALLO BERLIN ? ICI PARIS!" (1932), qui suivit, est un film aujourd'hui assez oublié, qui mériterait d'être redécouvert. Dans son ouvrage sur Duvivier (Collection "Premier Plan"), Raymond Chirat le compare aux meilleures comédies de René Clair et le qualifie de "chef d'oeuvre méconnu". Le scénario, assez original, reposait sur le principe de héros s'exprimant, les uns et les autres, dans leur langue natale, ce qui, à l'époque, était une nouveauté. Il s'agissait de téléphonistes, allemands d'un côté, français de l'autre, qui malgré la barrière des langues, finissaient par très bien se comprendre. Traité en comédie bien enleveé, ou une musique allègre jouait son rôle, le film reste une des bonnes réussites de Duvivier, en dépit d'une interprétation privée de noms connus, exception faite pour Josette Day, alors débutante prometteuse.
ALLÔ BERLIN ? ICI PARIS ! prônait sur le mode léger de la comédie sentimentale le rapprochement des deux pays et s’inscrivait dans une veine résolument pacifiste et européenne avant la lettre. Ainsi était-il question, à la fin, dans la scène de la réception officielle à Berlin, d’une Fédération des Amitiés Universelles
Le réalisateur cita son nom à deux reprises dans le cours du film : d’abord, on voit en gros plan une enveloppe adressée rue… Duvivier, à Paris; puis, dans la scène se déroulant au “Lapin Agile”, le présentateur annonce qu’un chanteur va interpréter «Chanson lasse», «musique de Karol Rathaus et paroles de Julien Duvivier».
"LA TETE D'UN HOMME" (1933) fut le troisième film porté à l'écran sur le fameux Commissaire Maigret d'après l'oeuvre de Georges Simenon, cette version permettait à Harry Baur d'interpréter le rôle de Jules Maigret.Simenon avait même envisagé de réaliser lui-même ce nouveau film. Ce fut enfin de compte Julien Duvivier qui put modifier certains aspects du livre avec l'accord de l'écrivain. Ce film connaît une nouvelle réussite, dans un genre bien différent
En 1932, Duvivier connaît son premier vrai grand succès, avec la version parlante de "POIL DE CAROTTE". Le chef d'oeuvre de Jules Renard, qu'il avait déjà tourné en 1926, lui inspire un film qui déjoue assez bien les pièges mélodramatiques auxquels l'exposait le sujet. Tout le monde admira l'interprétation d'Harry Baur en monsieur Lepic, et celle du jeune Robert Lynen en "Poil de carotte". M Bardèche et R. Brasillach qui, dans leur "Histoire du cinéma", émettent sur le film un jugement nuancé, signalent toutefois une scène admirable : "Le mariage de Poil de carotte et de sa petite amie de cinq ans...Duvivier avait transformé la scène douteuse en poésie bucolique, avec les deux enfants couronnés de fleurs qui s'avancent dans un paysage miraculeux, et les animaux qui les suivent comme un cortège." Eux aussi font la comparaison avec René Clair.
Après ces deux grans films, Duvivier va pendant deux ans, accumuler plusieurs échecs, tout en déployant toujours le même savoir-faire. Il n'y a rien à dire du "PETIT ROI" (1933), enfantine fadaise.André Lichtenberger est un auteur de récits pour enfants dont le plus célèbre est “Mon petit Trott”. Son roman “Le Petit roi” fut porté à l’écran par Julien Duvivier pour prolonger le succès que venait de remporter son jeune interprète Robert Lynen dans la version parlante de POIL DE CAROTTE (1932). Mais comme le notait un critique du temps (cité par Raymond Chirat dans son étude sur Duvivier, in “Premier Plan” n° 50), « il est plus difficile de nous apitoyer sur le sort d’un petit roi, fût-il malheureux, que sur celui d’un pauvre gosse de la campagne maltraité par ses parents ». Aussi bien le film ne rencontra-t-il qu’un accueil mitigé. Duvivier déclarait à l’époque que cette histoire, imaginaire, du “Petit roi” annonçait de façon frappante le destin, postérieur, du prince Michel Ier de Roumanie. Il tourna les extérieurs dans la région de Cracovie et (pour la seconde partie) sur la Côte d’Azur. A noter la disparition tragique du jeune acteur Robert Lynen "Poil de Carotte", il fut membre d'un réseau de Résistance, dans la région de Cassis, il fut emprisonné en 1943 et fusillé par les Allemands, à l'âge de vingt-trois ans, à la forteresse de Karlsruhe, le 1er avril 1944.
De même, "LE PAQUEBOT "TENACITY" (1934) avec Albert Préjean, Marie Glory, Hubert Prélier ne suscita pas l'intérêt du public, il s'agissait d'une pièce filmée sans grande invention, mise à part que ce film faisait partie des quelques oeuvres qui annonçaient le courant qu'on a appelé le Réalisme Poétique. Le film est tiré de la pièce de Charles Vildrac (1882-1971), première de son auteur.
En 1934, "MARIA-CHAPDELAINE", adaptée du beau roman de Louis Hémon, valait un peu mieux. Au moins, avait-il le mérite d'avoir été filmé sur place, et de montrer les admirables paysages québecois du lac Saint-Jean et de la rivière Péribonka. Malheureusement Jean Gabin incarnant François Paradis avec l'accent parigot, enlevait toute crédibilité au film, et plus encore, Madeleine Renaud, en robuste paysanne québecoise, avec son impossible diction très "comédie française".Duvivier et son équipe tournèrent sur place le extérieurs du film qui reçut le Grand Prix du cinéma,français en 1935, Le cinéaste était logé chez un épicier qui jugeait inutile de chauffer sa maison puisque, selon lui, la vie ne devait être que souffrance,... A cette époque, la caméra était actionnée par une manivelle dont il est arrivé plus d'une fois que le mécanisme gèle,...
Duvivier et son équipe tournèrent sur place le extérieurs du film qui reçut le Grand Prix du cinéma,français en 1935, Le cinéaste était logé chez un épicier qui jugeait inutile de chauffer sa maison puisque, selon lui, la vie ne devait être que souffrance,... A cette époque, la caméra était actionnée par une manivelle dont il est arrivé plus d'une fois que le mécanisme gèle,...
Ce fut pire avec "GOLGOTHA" (1935) : le couple Jean Gabin (Ponce Pilate), Edwige Feuillère (sa femme), très boulevardier, empêchait tout à fait de croire, à cette évocation de la vie du Christ, pétrifiée de respect et d'académisme. Le Vigan, lui même si souvent génial, n'arrivait pas à animer le personnage de Jésus qui, aux dires de son amie Céline, devait tant le marquer. Seul Harry Baur, toujours excellent chez Duvivier, parvenait, dans le rôle d'Hérode, à tirer son épingle du jeu, au sein de cette très lourde machinerie.
Le film fut l'objet des soins les plus méticuleux de la part du chanoine Raymond qui veilla à l'authenticité des phrases prononcées. Au départ Jésus devait être joué par un anonyme, il fallut y renoncer et choisir Robert Le Vigan qui composa son rôle avec un soin extrême, se faisant arracher les dents pour avoir un visage émacié. Alger, et plus exactement Fort de l'Eau, fut choisi pour le tournage des extérieurs et la distribution primitive qui annonçait Constant Rémy en Pierre, Alcover en Hérode, Charles Vanel en Judas fut profondément remaniée.
La production fut en partie commanditée par des quêtes faites dans les paroisses, en France.
Le succès devait revenir en 1935, avec "LA BANDERA" qui, aujourd'hui encore reste un des meilleurs films de Duvivier. C'est un véritable classique de la légion étrangère. Bien adapté par lui-même et Charles Spaak. Le célèbre roman de Mac Orlan sur la légion étrangère espagnole fournissait au cinéaste une matière cinématographique de premier ordre. Compromis heureux entre le romanesque et le documentaire, "La Bandera" (qui est dédié au colonel Franco, dont les troupes figurent dans le film) est de plus excellemment joué par Jean Gabin, cette fois tout à fait dans son personnage, le Vigan, Aimos, Gaston Modot, sans oublier Annabella, dans une étonnante composition de jeune Berbère amoureuse. Les extérieurs du film furent tournés au Maroc espagnol, avec le concours d'authentiques légionnaires.
Après ce film, et jusqu'à son départ pour Hollywood, en 1940. Duvivier va tourner neuf films en cinq ans, alternant le meilleur avec le moins bon. Cette courte période d'un lustre, constitue en effet l'apogée de la carrière du cinéaste, qui, plus jamais ensuite, ne retrouvera pareil statut au sein du cinéma français. Pendant ces quelques années, il est devenu, en quelque sorte, le quatrième "grand" (avec Renoir, Clair et Feyder), en attendant que le jeune Carné vienne se joindre au peloton.
"LE GOLEM" (1935) fut tourné dans les studios de Prague dans le courant de l’année 1935, Harry Baur accepta d'incarner l'Empereur Rodolphe II. Considéré comme un médiocre remake d'un classique de l'expressionnisme allemand, également "L'Homme du jour" (1936) scénario pretexte pour Maurice Chevalier, tristement dépourvu de verve.
En revanche, "LA BELLE EQUIPE" (1936), film social qui préfigure assez bien l'atmosphère d'un "Front populaire" alors imminent, est considéré, à juste titre, comme un classique de ce réalisme poétique, si caractéristique d'une certaine tendance du cinéma français de ces années. Gabin chante dans le film une célèbre valse musette: " Quand on s'promène au bord de l'eau ", particulièrement adaptée au sujet. Le cas est assez rare dans l'histoire du cinéma de deux fins différentes tournées pour le même film, l'une tragique, l'autre optimiste. Aux côtés de Jean Gabin, Charles Vanel, Raymond Aimos, Charpin, Viviane Romance, Charles Granval et Raymond Cordy.
LE GOLEM (1936) de Julien Duvivier
Autre film symbole, autre grand succès, en 1936 également, le fameux "PEPE LE MOKO", qui contribua beaucoup à imposer le "mythe Gabin". Jamais les qualités de cinéaste de Duvivier ne furen plus grandes, et pourtant elles ont fort à faire contre un scénario artificiel et complaisant, dont les dialogues à effet, d'Henri Jeanson, soulignent les facilités. Restent un certain romantisme, encore efficace, l'atmosphère de la Casbah d'Alger, deux ou trois scènes assez fortes....et Gabin.
Henri Jeanson a raconté comment Julien Duvivier accepta ce scénario que Jean Renoir avait refusé. Le film fut un des plus grands succès du cinéma français d'avant-guerre et contribua, avant "LE QUAI DES BRUMES", à créer le mythe de Jean Gabin être en marge condamné à la fatalité. La distribution est exceptionnellement brillante même pour l'époque. Chaque petit rôle est tenu par un grand acteur : Mireille Balin, Line Noro, Lucas Gridoux, Gabriel Gabrio, Fernand Charpin, Saturnin Fabre, Gilbert Gil, Gaston Modot et Marcel Dalio. La grande chanteuse Fréhel fait une de ses rares apparitions à l'écran.
"UN CARNET DE BAL" (1937) est un film très amer, triste, désabusé. Il caractérise en fait parfaitement le ton et le style des films de Julien Duvivier de cette époque. Il s'agit en outre du premier et plus célèbre film à sketches ftançais et qui a remporté en 1937, à la Biennale de Venise, la Coupe Mussolini du meilleur film étranger, en compétition avec LA GRANDE ILLUSION de Jean Renoir et LES PERLES DE LA COURONNE de Sacha Guitry. Cette oeuvre rencontra un succès non négligeable. On retrouve dans le générique, les plus grands noms du cinéma français : Marie Bell, Françoise Rosay, Louis Jouvet, Fernandel, Harry Baur, Raimu et Robert Lynen, sans compter une demi douzaine de scénaristes dont Henri Jeanson.
Il contribua également à ouvrir à son auteur les portes d'Hollywood où Duvivier tourna en octobre 1937, "TOUTE LA VILLE DANSE" (1938), évocation brillante et fantaisiste de la vie de Johann Strauss interprété par Fernand Gravey, pour la Metro-Goldwyn-Mayer. Soutenue par la musique célèbre, le luxe des grandes productions américaines et, en prime, une collaboration épisodique du grand von Sternberg lui-même. Après quoi, Julien Duvivier revint en France réaliser un projet qui lui tenait à coeur : "LA FIN DU JOUR" (1938). Ce film sur la vieillesse des comédiens retirés dans une maison de repos est réalisé avec brio et comporte d'étonnants numéros d'acteurs de Michel Simon, Louis Jouvet et Victor Francen.
D'après Julien Duvivier, lui-même, "LA FIN DU JOUR" était resté pour lui son film préféré, et la biennale de Venise lui décerna en 1939 la coupe de la VIP Mostra, récompensant le meilleur film à scenario. A la sortie du film, les vieux comédiens de Pont-aux-Dames participèrent à un grand banquet offert au réalisateur qui avait utilisé pour les nombreuses silhouettes un certain nombre de pensionnaires aux noms jadis applaudis : Arquillière, Claude Bénédict, Emilie Lindey, Émilie Prévost, Raphaël Cailloux, Fernand Liesse, Henriette Moret, Louise Marquet et Georges Denola, autrefois metteur en scène dont Duvivier avait été l'assistant au temps héroïque du muet.










Film de prestige de l'année 1939, "LA CHARRETTE FANTOME" avait été choisi pour représenter la France au premier Festival de Cannes qui n'eut jamais lieu. Le film parut sur les écrans parisiens en mars 1940 alors que Duvivier tournait un grand film de propagande "UNTEL PÈRE ET FILS". Celui-ci reconnaissait n'avoir jamais vu le grand classique muet que le roman de Selma Lagerlöf avait inspiré en Suède, en 1920, à Victor Sjöström. Le succès fui d'estime pour Duvivier. Ce film insolite au milieu de sa production d'alors. Il en fit un très bel album d'images, froides et très soignées, sans recréer vraiment le climat de légende qu'exigeait la belle histoire. Le réalisme lui convenait mieux, tout comme ses interprètes, Pierre Fresnay et Louis Jouvet.
Pendant la drôle de guerre, survenue juste après ce film, Duvivier fut convié officiellement, peut être par Jean Giraudoux, à exalter les vertus nationales. Il en résulta une oeuvre de circonstance, presque patriotique et empesée, "UNTEL PERE ET FILS" achevée à la veille de la défaite et qui ne put sortir en France qu'en 1945, après avoir servi à notre propagande aux Etats-Unis, tout au long de la guerre. Malgrè Jouvet, Raimu, Michèle Morgan, Suzy Prim, Louis Jourdan, c'est une oeuvre médiocre et qui tombe à plat. Sur cet échec, s'achevait une période de dix ans ou Duvivier avait accumulé les succès et qui méritait une meilleure conclusion.
Le tournage s'achève peu avant la débâcle. Duvivier arrive à sauver les bobines et les expédie aux USA. Le film y fait une carrière honorable, augmenté de scènes essayant de décrire l'occupation allemande. Ainsi Michèle Morgan, émigrée comme Duvivier, tourne des raccords la montrant en train d'attendre une distribution de pain. Des inserts font allusion à de Gaulle. Le récit change de titre et devient pour les Américains: "HEART OF A NATION". En France, le film ne sortira qu'en 1945.
Agé alors de quarante quatre ans, le cinéaste de "Pépé le Moko" ne se doutait pas qu'il avait réalisé le meilleur de son oeuvre, et qu'il n'y ajouterait plus rien d'important sur le plan cinématographique. Pendant l'été 1940, il regagna Hollywood ou il passa toutes les années de guerre. Il y réalisa quatre films qui n'ajoutèrent pas à sa gloire. Trois furent des films à sketches qui s'efforçaient d'exploiter la veine d'"Un carnet de bal", avec de moins en moins de bonheur : "LYDIA" (1941) avec Merle Oberon, "SIX DESTINS" (1942) avec Rita Hayworth et Charles Boyer, "OBSESSIONS" (1943) avec Barbara Stanwyck et Charles Boyer. Le quatrième était un film "patriotique" sur un sujet assez ridicule, pour lequel il retrouvait Jean Gabin, lui aussi exilé à Hollywood : "L'IMPOSTEUR" (1943).
Ce fut donc le dernier film de la période américaine de Julien Duvivier commencée en 1938 , le film est aussi le second film tourné par Jean Gabin aux États-Unis. Avant-guerre, l'acteur avait refusé toutes les propositions venues de ce pays. Seul Darryl Zanuck parvint à le convaincre. Tourné à la gloire du général de Gaulle, le film fut boudé par les publics américain et français. Il n'a sans doute été distribué en version originale qu'à Paris, la version doublée étant présentée aux spectateurs de province, tout surpris d'entendre la voix de Robert Dalban à la place de celle de Jean Gabin qui, au moment de la post-synchronisation, combattait dans les Vosges. Pour Duvivier comme pour Gabin, ce film est l'un des plus mauvais de leur carrière.
En 1945, le cinéaste rentre en France, ou il trouva un cinéma français qui avait beaucoup changé, avec l'apparition en 1941-1943 d'une nouvelle génération pleine de talent (Clouzot, Becker, Bresson, Autant-Lara). Duvivier adapte un roman de Georges Simenon et se remit au travail en tournant : "PANIQUE" (1946), dans la manière de l'avant-guerre. Le film parut démodé et ne fut pas pour son auteur la rentrée éclatante qu'il espérait. sa reprise d'activité se heurta à des jalousies, à des calomnies, que le climat de l'année 1945 envenimait. D'où sans doute, le pessimisme violent qui baigne le film.
Curieusement, l'intrigue qui est censée se dérouler dans la banlieue parisienne, fut tournée dans les studios de Nice et – comme pour certains films de Carné – le décorateur dut édifier autour d'une place, tout un quartier égayé par une fête populaire. La mode était alors à ces sortes de reconstitutions en studio.
Les difficultés furent nombreuses : une partie du décor fut emportée par des pluies torrentielles, un incendie ravagea l'outillage sonore, enfin un certain nombre de prises de vues dut être recommencé, la pellicule étant de mauvaise qualité. On y trouve au générique Michel Simon, Viviane Romance et Paul Bernard.
Après deux ans d'inaction, celui-ci partit tourner en Angleterre une nouvelle adaptation (due à Jean Anouilh) d'"ANNA KARENINE" (1948), avec Vivien Leigh. Ni l'un, ni l'autre ne firent oublier la fameuse version réalisée par Clarence Brown pour Greta Garbo.
En 1949, Duvivier a réalisé "AU ROYAUME DES CIEUX" avec Serge Reggiani, Suzanne Cloutier et Suzy Prim.Le film, «dédié à l’enfance malheureuse», comme il est dit au générique, était proche dans son sujet (les maisons de redressement) de "La fleur de l'âge", écrit par Jacques Prévert, mis en scène par Marcel Carné et resté inachevé en 1947. Chez Carné, on trouvait déjà Serge Reggiani ainsi que Pierre O’Connell et Arys Nissotti, associés d’une production qui fut alors défaillante. La dénonciation des bagnes d’enfants et d’adolescents était un sujet d’actualité.
Dans "Au royaume des cieux", la musique est remplacée par des effets sonores très travaillés : bruits de cloche, d’eau — inondation, pluie — aboiements, cris d’oiseau ou chants dans le lointain. La fin du film reste assez ouverte : Pierre sort Maria de l’eau; est-elle vivante et choquée ? Morte ? On ne sait pas.
Julien Duvivier, qui avait tourné plusieurs films aux États-Unis – ainsi qu’en Angleterre, termina avec "BLACK JACK" (1950),cette coproduction anglo-américaine (qui comprenait des acteurs anglais, français, américains et espagnols) sa carrière internationale et rentra en France où il allait encore tourner seize films jusqu’en 1967 – mis à part un film en Allemagne, "LA GRANDE VIE" (1960). C’était la seconde fois qu’il travaillait avec George Sanders, qui avait déjà fait une apparition dans "Six destins". Le cinéaste, qui garda un très mauvais souvenir du film, avait été contraint de le tourner pour des raisons d’argent. Le film fut réalisé en extérieurs aux îles Baléares et en Méditerranée et dans les grottes de Palma de Majorque. A noter la présence d'Agnès Moorehead (Endora dans "Ma sorcière bien-aimée),dans le rôle principal aux côtés de George Sanders.
Avec "SOUS LE CIEL DE PARIS" (1950) Duvivier renoue avec le style qu'il l'a rendu célèbre, qui peut être considéré comme un lointain descendant de "La belle équipe". En 1951, Duvivier renoue enfin avec le grand succès, en tournant "LE PETIT MONDE DE DON-CAMILLO" d'après le livre savoureux de Giovanni Guareschi. C'est ainsi que Fernandel s'accapara de la soutane du curé Don Camillo Gino Cervi celui du maire communiste Peppone. Le film obtint, en 1952, le prix de l'Écran d'Argent décerné en Italie et en France les "Victoires" du meilleur film et du meilleur acteur : Fernandel.
Il y eut, bien sûr, une suite ou le public retrouva avec le même plaisir Don Camillo et son adversaire Peppone, toujours sous les traits de Fernandel et Gino Cervi : "LE RETOUR DE DON CAMILLO" (1953) Il s’agit du deuxième et dernier volet pour son réalisateur Julien Duvivier des affrontements entre Don Camillo et Peppone, dont le succès fut comparable au "PETIT MONDE DE DON CAMILLO""quelques mois plus tôt. Dans un entretien accordé au journaliste Michel Aubriant, le cinéaste déclara : « il faut tuer Don Camillo pour lui éviter le ridicule des suites sans fin. Le film se termine sur une mise à mort et Don Camillo monte au ciel… Par une délicate attention des auteurs, le ciel, voyez-vous, c’est son village… Peppone est là, près de Saint-Pierre, qui l’accueille… Don Camillo meurt noyé en voulant sauver ses ouailles d’une crue » (in “Cinémonde”, n° 956, 28 novembre 1952).
Les producteurs menaçant d’annuler son contrat et celui du scénariste René Barjavel, et malgré le soutien de Fernandel qui ne voulait pas d’autre réalisateur, Julien Duvivier dut renoncer à son projet, laissant à Carmine Gallone et Luigi Comencini le soin de poursuivre la série. Les scènes de l’inondation furent tournées au cours d’une véritable crue du Pô.
Fernandel et Julien Duvivier
Avec "L’AFFAIRE MAURIZIUS" (1953), dont les extérieurs furent tournés à Berne et à Zurich Julien Duvivier traite d'un sujet ambitieux qui, sous les dehors d'un film criminel ou policier débouche sur l'étude de mœurs, abordant tout à la fois les implications morales d'une erreur judiciaire, les problèmes de l'éducation et le conflit des générations. Pour rendre plausibles ces multiples facettes le cinéaste a choisi des images claires-obscures et des décors très stylisés, notamment pour les scènes de reconstitution du procès. De ce fait, ce long métrage est l'un des derniers films expressionnistes de l'histoire du cinéma. Aux côtés de Daniel Gélin, Madeleine Robinson, Charles Vanel, Anton Walbrook et Eleonora Rossi-Drago.
En 1952, c'est la sortie du nouveau film de Duvivier, "LA FETE A HENRIETTE", film plus ambitieux, avait été beaucoup moins bien reçu. Le succès fut moyen comme celui en France de "LA FÊTE A HENRIETTE". Julien Duvivier constatant à la fois ce relatif échec et le bon accueil réservé à son film par les Anglais se consolait en répétant que les Français n'ont en aucune façon le sens de l'humour et sont facilement déconcertés. Au générique, de nombreux acteurs ont été sollicité : Dany Robin, Michel Auclair, Michel Roux, Julien Carette, Saturnin Fabre, Henri Crémieux, Louis Seigner, Daniel Ivernel, Micheline Francey, Alexandre Rignault, Paulette Dubost et Odette Laure.
Duvivier chercha, tout au long de sa carrière, à traduire sur l'écran une grande œuvre romantique. La dernière grande tentative "ambitieuse" de Duvivier se situe en 1954 et se nomme "MARIANNE DE MA JEUNESSE" . C'est une sorte de féerie poétique, qui dans une atmosphère vaguement inspirée du "Grand Meaulnes" prodigue enchantements et sortilèges. Duvivier garda toujours un faible pour cette oeuvre. MARIANNE DE MA JEUNESSE fut tourné en double version, française et allemande. Dans celle-ci Horst Buchholz fit une création remarquable, mais la production souffrit des complications engendrées par la direction de deux troupes différentes, ainsi que du mauvais temps.
Duvivier revint à son savoir-faire passe-partout; il reprit plusieurs films policiers : "VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS" (1956) avec Jean Gabin, Gérard Blain et Daniele Delorme. Ce film qui exploite jusqu'à la frénésie l'ambiguïté, banale au cinéma, de la garce au visage d'ange, se présente aussi comme un catalogue des procédés efficaces du réalisateur. On y retrouve le goût pour des lieux bien définis et des décors pittoresques, J'atmosphère épaisse, la multiplication des rôles secondaires et leur utilisation piquante, le pessimisme sublimé qui vire à l'exaspération. A le revoir, alors que les Halles de Paris ont disparu, il prend une coloration nostalgique.
Entre temps, Duvivier adapte Zola "POT-BOUILLE" (1957) qui raconte les débuts d'Octave Mouret. Le cinéaste et Henri Jeanson avaient imaginé et tourné une fin différente (qui fut finalement coupée par les producteurs), dans laquelle Maître Duveyrier prononçait une plaidoirie et en exaltant les vertus bourgeoises remettait en scène toute l'histoire. Ce fut Gérard Philipe qui interpréta Octave Mouret, à ses côtés, Danielle Darrieux, Danny Carrel, Anouk Aimée et Jane Marken.
"L'HOMME A L'IMPERMEABLE" (1957) avec Fernandel et Bernard Blier fut réalisé par Julien Duvivier entre "VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS" et "POT-BOUILLE", trahissait quelque peu le roman de James Hadley Chase en l’adaptant au ton de la comédie noire et à Fernandel, alors au plus haut de sa popularité. Il s’agissait de l’avant-dernière collaboration du comédien et du réalisateur.Les nombreuses scènes de théâtre qui émaillent le film furent tournées au Châtelet, Fernandel occupant durant la journée la loge de celui qui était alors le maître des lieux, Tino Rossi, et la lui rendant le soir pour l’opérette «Méditerranée», qui triomphait alors.
Julien Duvivier reviendra à James Hadley Chase en adaptant «Tirez la chevillette» dans "CHAIR DE POULE" (1963) avec Robert Hossein, Jean Sorel, Georges Wilson et Catherine Rouvel. "Chair de poule" est l’avant-dernier film de Julien Duvivier.
Fernandel et Julien Duvivier
Tourné en vingt-trois jours "MARIE-OCTOBRE" (1959) demeure l'un des plus grands succès de l'après-guerre du tandem Duvivier-Jeanson. Adapté très librement d'un roman de Jacques Robert, ce film permet à chacun de ses interprètes un grand numéro d'acteur (Danielle Darrieux, Lino Ventura, Bernard Blier, Serge Reggiani, Paul Meurisse, Paul Frankeur, Daniel Ivernel, Paul Guers, Jeanne Fusier-Gir, Noel Roquevert et Robert Dalban.
On peut noter que, lors de l'exclusivité du film, l'entrée des salles était rigoureusement fermée durant les vingt dernières minutes, ceci afin de ne pas déflorer le coup de théâtre final. Par la suite MARIE-OCTOBRE fut joué, également, au théâtre.
Julien Duvivier et Jean-Pierre Léaud
Duvivier réalise une nouvelle version cinématographique du célèbre roman de Pierre Louÿs (publié en 1898). "LA FEMME ET LE PANTIN" (1959)La version de Julien Duvivier modernise l’intrigue (l’un des personnages est un ancien collaborateur), la change (fin heureuse de circonstance) et les patronymes sont modifiés. Des extérieurs réels furent tournés à Séville. La “danse du châle” de Brigitte Bardot fit, en son temps, sensation.
Le réalisateur ne s’estima guère satisfait du résultat. Au critique Michel Aubriant qui lui avait consacré un article aimable, il répondit : «Je vous remercie, mais mon film est totalement idiot, totalement manqué».
Le titre du film "LA CHAMBRE ARDENTE" (1962), fait allusion au nom du tribunal spécial qui jugea et condamna au XVIIe siècle la marquise de Brinvilliers, en prélude à la célèbre affaire des Poisons dans laquelle fut impliquée, par la suite, la marquise de Montespan, la favorite du roi Louis XIV. Tiré du roman de John Dikson Carr, au générique : Jean-Claude Brialy, Claude Rich et Nadja Tiller.




Avec "LE DIABLE ET LES DIX COMMANDEMENTS" (1962) La séquence de prologue sert de prétexte pour montrer le Diable – sous la forme d’un serpent – se jouant de la faiblesse des humains. Les Dix Commandements sont donc transgressés au cours des cinq sketches suivants, chacun d’eux traitant parfois de deux ou trois commandements (le prologue concerne les jurons). C’était la troisième et dernière incursion de Julien Duvivier dans le genre du film à sketches. De nombreux comédiens participèrent au tournage : Michel Simon, Fernandel, Alain Delon, Louis de Funès, Jean-Claude Brialy, Danielle Darrieux, Charles Aznavour, Lino Ventura, Micheline Presle, Françoise Arnoul, Mel Ferrer, Georges Wilson, Maurice Biraud, Claude Dauphin....
La jeune critique, François Truffaut en tête, l'avait relégué au rang des vieilles lunes, en compagnie de Delannoy, Decoin, et d'autres, ce qui était injuste, mais que ses derniers films semblaient hélas, confirmer. Ses ultimes oeuvres, réalisées en pleine vogue de la "nouvelle vague" passèrent totalement inaperçues.
Julien Duvivier n'avait pas tourné depuis quatre ans . Lorsque, le 21 août 1967, il donne le premier tour de manivelle de son dernier film : "DIABOLIQUEMENT VOTRE", En dépit de sa fatigue — il a 71 ans — le cinéaste termine le film à la date prévue, le 27 septembre 1967, sortit à l'orée de cette année 1968 qui annonçait de nouveaux âges, dont il était dorénavant trop éloigné. Quand elle fut présentée, son auteur était déjà mort : le 29 octobre 1967, Duvivier rentre en voiture, chez lui, à Rueil-Malmaison; en plein Paris (métro Ranelagh), sa voiture à la dérive avait percuté, celui du ministre Maurice Schumann qui arrivait en sens inverse et percute un arbre. Julien Duvivier était mort avant le choc. Le ministre était sauf, tandis que le cinéaste avait succombé à une crise cardiaque, son film est sorti le 22 décembre 1967.
Ainsi disparut, comme dans un scénario un peu trop apprêté de Charles Spaak ou d'Henri Jeanson, ce "consciencieux artisan...virtuose à la manière de Hollywood, (a qui) il ne faut pas demander plus qu'un métier assurément remarquable". Cet éloge mesuré nous semble aujourd'hui un des plus beaux qui puisse être adressé, en fin de compte, à un cinéaste. Il est probable que Julien Duvivier, homme modeste, s'en serait déclaré satisfait.
______________Julien Duvivier__________________
Orson Welles - Henri Alekan -Julien Duvivier
Filmographie
09 mai 2009
LE JOUR LE PLUS LONG de Ken Annakin-Andrew Marton et Bernard Wicki
LE JOUR
LE PLUS LONG
Coup de Coeur *****
de Ken Annakin -Andrew Marton-Bernard Wicki 1962
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Richard TODD-Sean CONNERY-BOURVIL Jean-Louis BARRAULT-ARLETTY-Irina DEMICK Madeleine RENAUD-Curd JURGENS-Leo GENN Peter VAN EYCK-Gert FROEBE-Pauline CARTON Robert WAGNER - Rod STEIGER-Red BUTTOMS Jeffrey HUNTER-Paul ANKA-Eddie ALBERT Peter LAWFORD-Christian MARQUAND-Sal MINEO Kenneth MORE-Wolfgang PREISS-E. O'BRIEN George SEGAL-Jean SERVAIS-Georges WILSONLieutenant-colonel Vandervoort
John WAYNE
Général Norma Cota
Robert MITCHUM
Théodore Roosevelt
Henry FONDA
Général Gavin
Robert RYAN
Major Haines
Mel FERRER
Le pilote de la R.A.F.
Richard BURTON
| Réalisateur Ken ANNAKIN-Andrew MARTON-Bernard WICKI | |
Scénario Cornelius RYAN-Romain GARY-James JONES- |
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| David PURSALL-Jack SEDDON | |
D'après le livre de Cornelius RYAN Décors |
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| Directeur de la photo Jean BOURGON-Henri PERSIN-Walter WOTTITZ | |
| Décors | |
| Musique Maurice JARRE | |
| Producteur 20 TH CENTURY FOX | |
| Co-Producteur Darryl F. ZANUCK | |
Distributeur FOX-LIRA Date de sortie : / 1962 Durée et synopsis : _______________________________________
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4 juin 1944, Eisenhower donne l'ordre: le 6 juin sera le jour " J ", 5 juin. Les Allemands ne croient pas à la possibilité d'un débarquement allié alors que la Résistance française, alertée par des messages codés a déjà commencé à agir.
6 juin. Les premiers parachutistes atterrissent à Sainte-Mère-l'Église. Les troupes américaines débarquent sur les plages de Omaha et Utah. Les Rangers, les troupes canadiennes et britanniques abordent le sol français.
Sean Connery
Henry Fonda
Robert Wagner
Roddy MacDowall
Le tout-puissant général en chef de ce film colossal qui mobilisa 23 000 hommes de troupe et dont le tournage dura plus de dix mois, c'est Darryl F. Zanuck, l'ancien grand patron de la 20th Century-Fox qui jouait ici d'un coup l'avenir de sa carrière.
Grâce à ses amitiés personnelles (Eisenhower lui-même, Mountbatten Lord Lovat), Zanuck parvint à obtenir le concours militaire indispensable et le tournage se déroula principalement dans l'Ile de Ré.
A la fin du film, Zanuck une nouvelle fois victorieux (le film sera un triomphe commercial) déclara à Lord Mountbatt en " J' ai eu plus de travail qu'Eisenhower n'en avait eu pour le véritable " Jour J" en ce qui concerne le matériel. J'ai été obligé de retrouver tout le matériel, de le restaurer et enfin de le transporter en Normandie"...
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08 mai 2009
DECES DU CINEASTE KEN ANNAKIN
DECES DU CINEASTE KEN ANNAKIN
1914 - 2009
Le cinéaste britannique Ken Annakin, qui avait tourné "La bataille des Ardennes" et co-réalisé "Le jour le plus long", est décédé mercredi 22 avril 2009 en Californie (ouest) à l'âge de 94 ans, a rapporté jeudi le Los Angeles Times.
Ken Annakin était affaibli après avoir souffert d'une crise cardiaque et d'une attaque cérébrale en février. Il s'est éteint mercredi à son domicile de Beverly Hills, ville prisée des stars de cinéma dans l'ouest de Los Angeles, selon le quotidien, qui cite la fille du cinéaste.
En 50 ans de carrière, Ken Annakin avait tourné presque autant de films, dont en 1965 "La bataille des Ardennes" avec Henry Fonda et le film d'aventures "Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines", qui lui avait valu une nomination à l'Oscar du scénario.
Trois ans plus tôt, il figurait dans l'équipe de réalisateurs du "Jour le plus long", superproduction sur le Débarquement de Normandie avec John Wayne, Robert Mitchum et déjà Henry Fonda.
Ken Annakin avait aussi tourné en 1960 un classique du film d'aventures familial de Disney, "Le Robinson suisse", l'une des adaptations à l'écran d'un roman de 1812.
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Le cinéaste est né le 10 aout 1914 à Beverley, pendant sa jeunesse, le jeune Ken Annakin voyagea énomément (Australie, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis), il entre dans le milieu de la publicité puis vient au cinéma durant la Seconde Guerre mondiale comme collaborateur technique (assistant caméraman,...) à des documentaires, mais aussi comme assistant de Carol Reed. après ce début prometteur dans le documentaire, il rentre aux Rank studios, en 1947. Ken Annakin débute sa carrière de réalisateur, à l'âge de 33 ans.
Son premier film s'intitulait : "Holiday Camp" (1947), puis il enchaîne avec "West Riding" (1947) ,il poursuit avec "QUARTET" (1948) avec Basid Radford, Naunton Wayne et Jack Watling. Tiré d'après des nouvelles de W Somerset MAUGHAM, ce fut un hommage au talent de l'auteur, et à la diversité de son inspiration; c'est l'écrivain en personne qui présente chacune de ses histoires, assure la liaison entre les différents sketches et apporte une conclusion ou une moralité.
Le succès de "QUARTET" incita la Gainsborough Production (Anthony Darnborough et Sydney Box) à récidiver avec le second volet, "TRIO" (1950) et "ENCORE" (1951). Le personnage d'Ashenden, héros passif et observateur du troisième sketch, peut s'interpréter comme une transposition de l'écrivain lui-même qui appartint à l'Intelligence Service durant la Première Guerre mondiale et consigna librement ses souvenirs dans un recueil de nouvelles intitulé " Mr Ashenden Agent Secret "(1928). L'ouvrage inspira d'ailleurs un film célèbre d'Alfred Hitchcock tourné en Angleterre, "Quatre des l'espionnage" (1936).
En 1951, il réalise "Hôtel Sahara" avec Yvonne de Carlo, pour principale interprète, puis en 1953, "LA ROSE ET L'EPEE". "FRONTIERE DANGEREUSE" (1957) avec Rod Steiger et Bernard Lee fut considéré par le cinéaste, comme son film préféré, également pour l'acteur Rod Steiger. La production avait trouvé la chienne Dolorès dans un chenil de Liverpool. Par la suite, devenu très populaire en Angleterre, l’animal tourna un grand nombre de spots publicitaires, permettant à son dresseur et maître d’ouvrir un refuge pour chiens qu’il baptisa « Dolorès ». Producteur indépendant très actif de 1929 à 1960, John Stafford qui était un ami personnel de Graham Greene, avait déjà produit deux films d’Annakin, "LA FEMME DU PLANTEUR" (The Planter’s Wife) (1952) et "QUI PERD GAGNE" (Loser Takes All) (1956), ce dernier également adapté de Greene, ainsi qu’un quatrième, "RENCONTRE AU KENYA" (Nor the Moon by Night), qu’Annakin devait tourner en 1958. C’est le scénariste Guy Elmes qui recommanda Rod Steiger pour le rôle de Schaffer après avoir vu "Sur les quais" (On the Waterfront) (1954) d’Elia Kazan.
Jack Hawkins
You Know What Sailors Are (1954)
QUI PERD GAGNE (1956) -Loser Takes All
ELEPHANT GUN (1956)
Le Troisième homme sur la montagne (1959)
En 1960,Le cinéaste travailla pour les studios Disney en Californie, ce fut "LES ROBINSONS DES MERS DU SUD". Mais ce qui retiendra l'attention d'un grande nombre d'entre nous, c'est la mise en scène d'une des plus grandes fresques d'Hollywood, ce fut "LE JOUR LE PLUS LONG" (1962) (The longest day).Le tout-puissant général en chef de ce film colossal qui mobilisa 23 000 hommes de troupe et dont le tournage dura plus de dix mois, c'est Darryl F. Zanuck, l'ancien grand patron de la 20th Century-Fox qui jouait ici d'un coup l'avenir de sa carrière.
Grâce à ses amitiés personnelles (Eisenhower lui-même, Mountbatten Lord Lovat), Zanuck parvint à obtenir le concours militaire indispensable et le tournage se déroula principalement dans l'Ile de Ré. A la fin du film, Zanuck une nouvelle fois victorieux (le film sera un triomphe commercial) déclara à Lord Mountbatt en " J' ai eu plus de travail qu'Eisenhower n'en avait eu pour le véritable " Jour J" en ce qui concerne le matériel. J'ai été obligé de retrouver tout le matériel, de le restaurer et enfin de le transporter en Normandie"... Le film mobilisa trois réalisateurs : Ken Annakin pour les séquences britanniques, Andrew Marton pour les séquences américaines, et enfin Bernard Wicki pour les séquences allemandes.
Un nombre considérable d'acteurs de toutes générations et nationalités confondues, de John Wayne à Robert Mitchum, de Bourvil à Arletty, de Sean Connery à Roddy MacDowall, d'Henry Fonda à Fernand Ledoux, de Gert Froebe à Madeleine Renaud, de Robert Wagner à Henry Fonda....
Un Personnage très important (1961) avec Stanely Baxter
Puis en 1965, c'est la sortie de "CES MERVEILLEUX FOUS VOLANTS DANS LEURS DROLES DE MACHINES".Le décor de ce film fut très coûteux et gigantesque: 320 000 ml. Il est, en fait, la reproduction exacte du fameux Brooklands qui, en 1910, à quelques kilomètres de Londres, était situé au milieu d'un autodrome. Il occupe une place importante dans l'histoire de l'aéronautique britannique. La course aérienne internationale entre Londres et Paris, sujet du film est un grand moment de l'aviation puisqu'il recoupe l'inoubliable exploit du grand pilote français Louis Blériot qui, en 1909, atterrit à l'endroit exact où la course fut filmée 50 ans plus tard. Au générique de ce film, l'on peut voir, Jean-Pierre Cassel, Stuart Whitman, Sarah Miles, Albert Sordi, Gert Froebe, Robert Morley, James Fox et Terry-Thomas.
"LA BATAILLE DES ARDENNES" (1966) tentait de renouer avec le succès du film de Darryl F. Zanuck en s'appuyant sur les mêmes recettes : faire incarner tous les personnages essentiels par des stars internationales. Avec des moyens considérables et un budget colossal, le film fui entièrement tourné en Espagne où un stock impressionnant de tanks américains réformés fut mis à sa disposition. Le scénario développe l'histoire de la contreoffensive de von Rundstedt déjà évoquée dans "Bastogne" (Battleground, 1950) de William Wellman. Sorti en décembre 1965 et exploité en Cinérama durant sa période d'exclusivité, il fut le plus gros succès financier de la Warner Bros pour l'année 1966.
Ken Annakin poursuit sa carrière cinématographique avec "LES TURBANS ROUGES" (1967) aux côtés de Yul Brynner, puis se sera "GONFLES A BLOC" (1969) avec Bourvil, Mireille Darc et Tony Curtis. Puis enfin, en 1972, le cinéaste tourne un enième version de "L'APPEL DE LA FORET" avec Charlton Heston et Michèle Mercier.
La Bande à César (1968)
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06 mai 2009
L'ADVERSAIRE de Nicole Garcia
L'ADVERSAIRE
Coup de Coeur *****
de Nicole Garcia 2002
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Jean-Marc Faure |
Daniel AUTEUIL |
Christine |
Géraldine PAILHAS |
Marianne |
Emmanuelle DEVOS |
Luc |
François CLUZET |
Rémi |
François BERLEAND |
Le père de Jean-Marc |
Michel CASSAGNE |
| Réalisateur Nicole GARCIA | |
Scénario Nicole GARCIA-Jacques FIESCHI- |
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| Frédéric BELIER-GARCIA | |
D'après le récit de Emmanuel CARRERE Montage |
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| Directeur de la photo Jean-Marc FABRE | |
| Décors | |
| Musique Angelo BADALAMENTI | |
| Producteur Les Films Alain Sarde-France 3 Cinéma | |
| Co-Producteur Pauline's Angel-Vega Film-Vertigo Films | |
Distributeur Bac Films Date de sortie : / 2002 Durée et synopsis : _______________________________________ |
Un jour, Jean-Marc Faure assassine sa femme, ses enfants, puis ses parents. Il tente ensuite, sans y parvenir, de se tuer lui-même. L’enquête révèle que celui que tout le monde prenait pour un brillant médecin n’a en fait jamais réussi les concours de l’école de médecine. Tout sa vie était basée sur le mensonge. Il n’exerçait, en réalité, aucune profession, et vivait d’argent emprunté à sa famille. Près d’être découvert, il préfère supprimer ceux dont il ne peut supporter le regard.
Avec la réalisatrice Nicole Garcia
Cannes 2002 : Sélection officielle, en compétition. L’ADVERSAIRE est librement adapté du livre éponyme d'Emmanuel Carrère, qui s’inspirait d’un fait-divers tragique de 1993. A l’origine de ce drame, un homme, Jean-Claude Romand, qui, pendant vingt ans, s’est fait passer pour un médecin et chercheur. Le 9 janvier 1993, il a tué sa femme, ses deux enfants, ses parents, et mis le feu à sa maison en restant à l’intérieur. Il a survécu et est aujourd’hui en prison, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. C'est le quatrième long métrage de Nicole Garcia comme réalisatrice, après UN WEEK-END SUR DEUX (1990), LE FILS PRÉFÉRÉ (1994) et PLACE VENDOME (1998). L'affaire Romand a également été le point de départ de L'EMPLOI DU TEMPS de Laurent Cantet avec Aurélien Recoing, sorti en salles le 14 novembre 2001.
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Le nouveau film tant attendu de Nicole Garcia souffrira certainement de deux comparaisons. D’abord de l’inévitable rapprochement avec L’EMPLOI DU TEMPS de Laurent Cantet, dont certains plans de L’ADVERSAIRE semblent (c’est troublant dans les premières scènes) tout droit sortis. Ensuite du parallèle avec le livre d’Emmanuel Carrère dont la réalisatrice s’est inspirée. L’auteur, après une correspondance régulière avec Jean-Claude Romand et sa propre introspection, nous faisait sonder d’une manière remarquable le tortueux esprit de cet homme. Mais ce qu’Emmanuel Carrère réussissait à faire ressentir par des mots, Nicole Garcia l’effleure, peinant à atteindre la force psychologique du récit. Malgré sa direction d’acteurs et un casting irréprochable (Daniel Auteuil, quasi-muet, est parfait), la réalisatrice garde ses distances avec le remue-ménage intérieur vécu par son mystérieux « héros ».
LES FAITS, RIEN QUE LES FAITS
Paradoxalement, Laurent Cantet, dont le film était plus librement inspiré du fait-divers, captait mieux toute l’ambiguïté de la personnalité de Romand. Autre paradoxe : ici Nicole Garcia affirme haut et fort avoir voulu faire une fiction, mais reste fidèle aux faits, et rien qu’aux faits. On aurait aimé qu’elle creuse davantage encore dans les racines de ce mal qui rongeait Romand et retrace la construction de cette pyramide de mensonges plutôt que seulement son effondrement. Ici, les détails du quotidien (le « pager », seul moyen de le contacter, les nuits dans les chambres d’hôtels) ou même les magouilles financières qui assuraient son train de vie ne sont que brièvement évoqués. Pourtant, Nicole Garcia a adopté un parti-pris de narration intéressant en choisissant comme fil conducteur la journée noire du 10 janvier 1993 que Romand a passée tout seul chez lui après le macabre passage à l’acte. Rien à redire non plus sur la pudeur avec laquelle elle traite les scènes de meurtres. Mais d’autres idées, comme les témoignages des proches devant les policiers ou l’auto-confession enregistrée, sont déstabilisantes, d’autant plus qu’elles interviennent à certains moments du film et que la réalisatrice les abandonne subitement. Au fur et à mesure que l’étau se resserre, que le mensonge étouffe celui qu’on suit depuis deux heures, l’angoisse nous gagne aussi. Mais lorsque le générique de fin défile sous les notes d’Angelo Badalamenti, une énigme persiste, encore et toujours : à quoi pense aujourd’hui celui qui dort en prison à jamais ?
Stéphanie Thonnet
Perso, Daniel Auteuil est remarquable dans cette tragédie hors norme, l'ensemble est réussit mise à part, comme le souligne Stéphanie Thonnet, ce film fut en conccurence directe avec celui de Laurent Cantet "L'emploi du temps" avec Laurent Lucas (il avait déjà interprété un rôle ambigu dans "Harry, un ami qui vous veut du bien").
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FESTIVAL DE CANNES 1958
11ème Festival Internation du Film de Cannes
Président :Marcel Achard
Bernard Buffet -Jean Cocteau -Jean Marais -Georges Auric -Francine Jacques Tati et Alain Bécourt Nombreuses actrices Madeleine Robinson Madeleine Robinson Annette Vadim Serge Reggiani Jeanne Moreau Jeanne Moreau -Anouk Aimée -Maurice Ronet Gina Lollobrigida - Yul Brynner -Michèle Morgan - Gérard Oury-Arletty-Cannes -Mai 1958 Louis Malle - Jayne Mansfield Cérémonie de clôture -Cannes -Mai 1958
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Le 11ème Festival international du Film s'ouvrit le 2 mai 1958 sous la présidence de Marcel Achard. Claire Bloom et Yul Brynner présentèrent "LES FRÈRES KARAMAZOV" Lee Remick et Orson Welles "LES FEUX DE L'ÉTÉ", hors-festival, Jeanne Moreau et Louis Malle "ASCENSEUR POUR L'ÉCHAFAUD".
Alain Delon, jeune acteur, fit une forte impression lors de son séjour à Cannes. Parmi les films en compétition, la Tunisie présenta "GOHA" de Jacques Baratier, la Suède "AU SEUIL DE LA VIE" d'Ingmar Bergman qui valut à Bibi Andersson, Eva Dahlbeck. Barbro Hiort-Af-Ornas et Ingrid Thulin le prix collectif d'interprétation féminine, l'Italie "LES JEUNES MARIS" de Mauro Bolognini dont les scénaristes. Pier Paolo Pasolini. Massimo Franciosa, Pasquale Festa Campanile, reçurent le prix du scénario original.
Pour les longs métrages Mme Tomiko Asabuki (Japon). Mme Madeleine Robinson (France); Jean de Baroncelli (France); Bernard Buffet(France); Helmut Kautner (Allemagne). Dudley Leslie (Grande-Bretagne), Ladislao Vajda (Espagne), Charles Vidor (États-Unis); Serge Youtkevitch (URSS); Cesare Zavattini (Italie).
Pour les courts métrages Mme Krishna Riboud (Inde); Norman McLaren (Canada): Jean Mitry (France). Edmond Sechan (France), Jerzy Toeplitz (Pologne).
En Compétition








- Ernst MARISCHKA





QUAND PASSENT LES CIGOGNES (Letiat Jouraylyi) de Mikhail Kalatozov (URSS).
Pour l'ensemble de ses qualités artistiques et humaines. Le jury tient à souligner l'apport exceptionnel de l'interprétation de: Tatiana Samoilova



Prix spécial du jury :
MON ONCLE de Jacques Tati, pour l'originalité et la puissance comique de son oeuvre (France). 

Prix ex-aequo aux films :
GOHA de Jacques Baratier (Tunisie). Pour son originalité poétique et la qualité exceptionnelle du commentaire et des dialogues de Georges Schehade.

VISAGE DE BRONZE de Bernard Taisant (Suisse). Pour la probité et l'authenticité de sa réalisation et pour la simple beauté de ses images.





































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































