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01 décembre 2009

GERARD PHILIPE, UN ANGE EST PASSE

GERARD PHILIPE               1922 -1959    

Acteur  Français

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Gérard Philipe a laissé le souvenir du plus grand acteur de sa génération, même s'il fut parfois contesté, avat et après sa mort, survenue le  25 novembre 1959. L'on fête les cinquante ans de sa disparition. En tout cas, il fut certainement le plus fêté, le plus aimé, le plus populaire. La critique et le public étaient unanimes, chose rarissime, elle provenait d'une réputation sans égale, reposant elle-même sur une carrière exceptionnelle : vingt pièces et trente films, parmi lesquels on compte bien peu d'échecs et d'erreurs. Il arriva à Gérard Philipe de se tromper comme tout le monde, mais il ne céda jamais à la facilité, et fut toujours d'une grande exigence vis-à-vis de lui-même et de son art.

Gérard Philipea18967644_1_De Philipe, la postérité a oublié l'acteur pour ne garder que le mystère solaire où l'appétit de vivre le dispute à une étrange mélancolie.847993628_L

Acteur français, né le 4 décembre 1922, à Cannes dans le Var. Il vécut dans un milieu de la bourgeoisie aisée, il y eut une enfance parfaitement heureuse, entre des parents unis et un frère ainé qu'il aimait également. Sa jeunesse, par contre, fut traversée par les bouleversements du siècle, et et il en conserva toujours comme une ombre, qui contribua sans doute, à l'insu de tous, au romantisme profond de son personnage. Tenu soigneusement secret de son vivant, ce drame fut divulgué plusieurs années après sa mort. Le voici en deux mots : son père, d'abord avocat, puis directeur d'un grand hôtel, s'était jeté dans les mêlées politiques confuses de l'avant-guerre. Il fut l'un des premiers adhérents du P.P.F. de Jacques Doriot, qui fut la seule vraie tentative d'edification d'un parti fasciste français. Marcel Philipe devint le responsable départemental pour les Alpes Maritimes. Resté fidèle à ses engagements politiques pendant la guerre, il fut contraint, en 1944, de choisir l'exil en Espagne, et ne fut plus dès lors qu'un proscrit politique, condamné dans son pays. Gérard Philipe, très attaché à son père, en souffrit profondément et contrairement à ce qui fut parfois ecrit, il alla lui rendre visite en Espagne. Lui même devait afficher souvent des prises de position politiques bien différentes, pour ne pas dire plus; nul doute qu'elles s'expriment par le souvenir de ce drame familial et intime. 

Mais avant ces terribles drames, son père, Marcel Philip (sans e), avait un cabinet de contentieux, avant de devenir administrateur-gérant d'hôtel, à Grasse. Jean le frère de Gérard est entrepreneur de construction au Maroc. En 1941, le réalisateur et découvreur de talents, Marc Allégret, fait passer une audition au jeune Gérard et lui fait suivre des cours d'art dramatique. En 1942, il débute au théâtre (après avoir ajouté un "e" à son nom) dans "Une Grande Fille toute Simple" d'André Roussin, aux côtés de Madeleine Robinson. Marc Allégret lui fait interpréter une silhouette dans "LA BOITE AUX RÊVES" (1942) que son frère Yves tourne à Nice, avec Viviane Romance.

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En 1943, Gérard Philipe s'établit à Paris. Admis au Conservatoire, il y obtient un second prix de comédie et participe à la Libération de Paris. En mai 1944, dix jours avant le débarquement allié sortait "LES PETITES DU QUAI AUX FLEURS", où lui-même se plaignait qu'on "ne le voyait que de dos", dans un rôle peu important. Tourné à Nice, aux studios de la Victorine, c’est une comédie alerte, dont les protagonistes sont des jeunes garçons et filles, interprétés par des acteurs presque tous débutants: c’est le cas de Gérard Philipe, Danièle Delorme, Simone Sylvestre et Jacques Dynam, qui n’avaient fait jusqu’alors que des figurations. Colette Richard était également une inconnue. Maria Mauban fit là ses débuts. La plupart fera carrière par la suite. Au contraire, le patriarche André Lefaur tient ici son dernier rôle à l’écran.

Selon Jacques Lourcelles, "LES PETITES DU QUAI AUX FLEURS" se veut proche de Musset et n’est pas indigne du modèle. Marcel Achard n’a jamais rien écrit de meilleur pour le cinéma que cette comédie si inventive dans ses demi-teintes

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En 1945, la création de "Caligula" d'Albert Camus, au théâtre Hébertot apporte à Gérard Philipe la consécration definitive. Celle du cinéma n'allait pas tarder à suivre. Ce ne serait pas avec son film suivant "LE PAYS SANS ETOILES" (1945), bon scénario de Pierre Véry, mais platement réalisé par Georges Lacombe, ce serait avec le suivant, "L'IDIOT" (1945) d'après le roman de Dostoievski, adapté par Charles Spaak, réalisé par Georges Lampin avec Edwaige Feuillère, Lucien Coedel, Jean Debucourt, Jane Marken, Sylvie et Marguerite Moreno. Gérard Philipe donnait du personnage complexe du prince Muichkine une interprétation d'une telle intensité, qu'on vit bien de quoi il allait aussi être capable à l'écran.

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C'est grâce à Claude Autant-Lara que la preuve définitive fut fournie, l'année suivante avec "LE DIABLE AU CORPS", d'après le roman de Raymond Radiguet.  On ne peut qu'apprécier la création du personnage de Gérard Philipe dans le personnage de François, Micheline Presle dans celui de Marthe.  Gérard Philipe fut récompensé du grand prix d'interprétation masculine au Festival international de Bruxelles en 1947. Il est vrai qu'il n'y en eut que pour le protagoniste masculin, dont on célèbra à l'envi le charme, la séduction et le talent.

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Dès lors, Gérard Philipe était installé au premier rang du cinéma français de la fin des années 40. Il allait y rester plus de vingt ans, alternant drames et comédies avec une égale réussite. On a beaucoup médit, à l'époque, de l'adaptation de "LA CHARTREUSE DE PARME" (1947) par Christian-Jaque et Pierre Véry. Aragon excellent stendhalien, fut à peu prés le seul à la défendre. Elle est pourtant beaucoup plus réussie et finalement plus fidèle à l'esprit de l'original que celle de l'autre grand roman de Stendhal, "LE ROUGE ET LE NOIR" (1954) réalisé par Claude Autant-Lara.

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Pour Gérard Philipe aussi, il est beaucoup plus satisfait en Fabrice, juvénile et romantique qu'en Julien Sorel, pour lequel il n'avait déjà plus l'âge du rôle et paraissait manquer de flamme intérieure qui doit habiter le personnage. De plus, il était bien entouré par Maria Casarès et Renée Faure, également remarquables en Sanseverina et en Clélia.

Après avoir retrouvé Micheline Presle, sa partenaire du "Diable au corps", Gérard Philipe lui donne la réplique dans "Tous les chemins mènent à Rome" (1948) de Jean Boyer et enchaîne avec "UNE SI JOLIE PETITE PLAGE" (1948) du duo Yves Allégret-Jacques Sigurd, ayant obtenu un triomphe avec "Dédée d'Anvers" qui avait encouragé les producteurs à leur laisser carte blanche pour ce film où Gérard Philipe devenait le nouveau héros du cinéma français après avoir tourné "Le diable au corps". En même temps Allégret créait un mythe : celui du personnage néo-romantique perdu dans la pluie, le brouillard et le désespoir. Mais le miracle n'eut pas lieu et le film fut un échec. La dernière scène du film, au cours de laquelle un couple s'éloigne sous un parapluie, a été tournée à l'envers pour que les techniciens ne se voient pas : les acteurs marchent à reculons. Seule manière de s'en apercevoir : les vagues remontent au lieu de venir mourir sur le sable. "Une si jolie petite plage", est un titre célèbre qui recouvre une sombre histoire, assez conventionnelle, mais qui conserve des admirateurs.

C'est Madeleine Robinson, elle-même, qui a enregistré la chanson (écrite spécialement à cette occasion par Jacques Sigurd) du disque que l'on entend à plusieurs reprises dans le film.

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En 1950, Gérard Philipe fait une rencontre beaucoup plus importante, celle du cinéaste René Clair, qui deviendra un ami et sera même témoin de son mariage.  Tous deux se retrouveront sur le tournage de  "LA BEAUTE DU DIABLE" (1950) avec pour partenaire principal Michel Simon.  René Clair, dans sa préface à LA BEAUTÉ DU DIABLE nous avertit : "A quoi peut ressembler le Diable, sinon, dans un spectacle, à l'acteur qui l'incarne ? Est-il petit, grand gros ou maigre jeune ou vieux ? Nous avons pensé qu'il est le reflet de chacun de nous. Et puisque c'est Faust qui l'Invoque, c'est de Faust lui-même qu'il est l'image." A noter que certains critiques anglais se scandalisèrent que. dans le,film. Faust avant signé le pacte n'en exécutait pas le clauses. Ce qui n'était pas correct.

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Gérard Philipe participe dans les années 50 à de nombreux films à skektches dont celui de Max Ophuls "LA RONDE" (1950) ou de nombreux acteurs se succèdent : Simone Signoret, Serge Reggiani, Daniel Gélin, Danielle Darrieux, Fernand Gravey, Isa Miranda...Avec ce film on pourrait faire croire que Max Ophuls a réalisé un film polisson, voire graveleux. Il n'en est rien, le ton étant plutôt, ainsi que l'a noté Gunter Grol, à l'"élégie élégante", à la "critique en habit de société". C'est - comme le précise le meneur de jeu - de " l'art de l'amour " qu'il est question dans "LA RONDE", non d'érotisme. La distinction est faite nettement entre le bonheur (qui se trouve "dans la vérité et la pureté") et " cette existence horrible de ruses, de mensonges et de périls constants " qu'est le libertinage.

Autres films à sketches : Il y eut également "SOUVENIRS PERDUS" (1950) réalisé par Christian-Jaque, ou l'on pouvait remarquer une brillante distribution : Yves Montand, Gérard Philipe, Edwige Feullère, Pierre Brasseur, Bernard Blier, Suzy Delair, Daniele Delorme, François Périer, Armand Bernard...

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"JULIETTE OU LA CLÉ DES SONGES" (1950) fut réalisé tout de suite après "La Marie du port". Sacha Gordine, le producteur de ce dernier film, ulcéré qu'on dise qu'il avait produit un " Carné à bon marché " donna le champ libre à Marcel Carné. Carné lui proposa aussitôt le scénario de "Juliette" sur lequel il avait déjà travaillé avec Jacques Viot et dont Jean Cocteau avait fait les dialogues, dix ans auparavant. Le scénario fut remanié et c'est Georges Neveux lui-même, auteur de la pièce originale, qui signa les dialogues. Leslie Caron fut pressentie pour le rôle de Juliette, mais elle signa un contrat avec Hollywood et fut engagée pour tourner "Un américain à Paris" avec Gene Kelly. Pour la longue séquence de la forêt, Marcel Carné voulait éviter de tourner en extérieur, bien que les décors en studio soient très coûteux. Ce fut Alexandre Trauner, le grand décorateur de la plupart des films de Carné, qui trouva la solution : au milieu d'arbres réels, il installa des arbres creux en staff autour desquels on colla l'écorce. Il suffisait de soulever ces arbres légers avec l'aide d'un palan pour changer complètement la physionomie du décor. Le film fut mal accueilli au Festival de Cannes pour lequel il avait été sélectionné. La première à Paris fut, en revanche, un véritable triomphe. Le 29 novembre 1951 il épouse Nicole Foucade qui prend le nom d'Anne Philipe.

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L'année suivante, c'est un réveil en fanfare avec "FANFAN LA TULIPE" (1951) du cinéasteChristian-Jaque. Même si Gérard Philipe n'est pas Douglas Fairbanks ou Errol Flynn, il reste néanmoins ce que l'on a fait de mieux chez nous dans le genre du cape et d'épée à la française. En tout cas ce rôle fit plu que n'importe quel autre pour la popularité de son interprète, plus même que "Le diable au corps", et au fond, cela se conçoit assez bien.

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Nouvelle grande réussite en 1952, avec "LES BELLES DE NUIT" de René Clair, qui restera peut-être le dernier grand film du cinéaste. L'amitié qui unissait René Clair et Gérard Philipe facilitèrent la sûrement la réussite de ce flm.    René Clair eut l'idée de son 22e film le 18 avril 1951, en montant la 51e avenue de New York. Rentré précipitamment au 12e étage de l'Hôtel Pierre, il jeta sur le papier quelques éléments de scénario sous le titre "Une idée d'INTOLÉRANCE comique". En effet, à la manière de Griffith, le film devait se dérouler sous quatre époques différentes : 1900, le Romantisme, la Révolution, les Mousquetaires. Un texte de Pascal sur le rêve de l'artisan qui se voit roi avait été à l'origine de cette fulgurante inspiration.

René Clair multiplia les brouillons au cours de ses déplacements à Paris, Venise et Metz, pour aboutir à un scénario qui comportait 514 plans. Le montage définitif en comportera 584. Grâce à un travail de préparation minutieux, le film fut tourné en 9 semaines par 2 équipes qui utilisèrent 2 plateaux voisins des studios de Boulogne. Clair dirigeait la première, il avait confié à Michel Boisrond la responsabilité de l'autre équipe. L'horaire de tournage était strict : de midi à 20 heures. Pour ne pas faliguer ses comédiens; René Clair fit un grand usage des doublures.

Présenté hors compétition au Festival de Venise 1952, le film obtint le Prix de la Critique Internationale. En France, la première eut lieu à l'Opéra, dont Clair s'était si souvent moqué. La sortie aux cinémas Madeleine et Biarritz fut un triomphe.

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"LES ORGUEILLEUX" (1953) mise en scène par Yves Allégret est inspiré de "Typhus" de Jean-Paul Sartre, ce film fort réaliste tourné à la fois au Mexique (décors naturels) et en France (studios de Boulogne, décors exécutés par Auguste Capelier d'après une conception de Gunther Gerszo) marqua une date dans l'histoire du cinéma français : celle de la rencontre entre Gérard Philipe et Michèle Morgan. Ces deux acteurs exceptionnels se surpassèrent durant le tournage, en particulier Gérard Philipe qui, dans la célèbre séance où il danse pour un "verre d'alcool", est sublime. Notons que dans le rôle du médecin nous trouvons l'acteur mexicain Carlos Lopez Moctezuma, célèbre jusqu'alors dans son pays pour ses compositions de "méchants" et que le directeur de la photo n'est autre que le fameux Alex Philips responsable des images du classique: "La red" (Le filet) réalisé au Mexique en 1953 par Emilio Fernandez. Gérard Philipe et Michèle Morgan se retrouvèrent en 1955 dans "LES GRANDES MANŒUVRES" de René Clair.

Gérard Philipe avait pris la parfaite mesure de ce réalisateur qui savait tirer du meilleur de  lui-même, sa fantaisie, son humour, son allégresse, sa fougue, sa gentillesse jamais dupe". Ce film est la dernière rencontre cinématographique des deux hommes, ce sera d'égale qualité, dans une note plus mélancolique, voire dramatique, que guette un soupçon d'académisme.

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Deux autres rôles dominent encore la carrière du comédien: "MONSIEUR RIPOIS" (1953 mise en scène par René Clement, sorte de chef d'oeuvre insolite et méconnu,  peut-être le meilleur film du cinéaste!. 

C'est Raymond Queneau qui conseilla à René Clément la lecture du roman de Louis Hémon. Cette co-production franco-britannique fut tournée sur deux immenses plateaux des studios d'Elstree et dans les rues de Londres. Les prises de vues en extérieur se firent à l'insu des passants, avec une caméra dissimulée, ce qui permettait d'enraciner parfaitement la fiction dans un contexte réaliste proche du documentaire.

Le script était prêt lorsque Gérard Philipe fut engagé, ce qui amena René Clément et Hugh Mills à modifier le texte initial en fonction de la personnalité et du tempérament du grand acteur français. Pour la vraisemblance du personnage, on consulta même le docteur Strauss, psychanalyste londonien renommé. On décida alors de tourner simultanément deux versions, en anglais et en français. En treize semaines Raymond Queneau écrivit de nouveaux dialogues français. On intégra aussi la "Chanson de Margaret", de Mac Orlan et Marceau, interprétée par Germaine Montéro.

"Monsieur Ripois", que Gérard Philipe considérait comme son meilleur rôle a obtenu le Prix Spécial du Jury pour la mise en scène au Festival de Cannes 1954.

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Il y eut aussi, Sacha Guitry qui lui propose de jouer dans deux de ses films "SI VERSAILLES M'ETAIT CONTE" (1954) dans le rôle de d'Artagnan et "SI PARIS NOUS ETAIT CONTE" (1956). Et c'est encore Micheline Presle qui lui donne la réplique dans "Les Amants de la Villa Borghese" (1953) de Gianni Franciolini, les deux autres interprètes sont François Périer et Vittorio de Sica. 

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Le tournage du film "LA MEILLEURE PART"  débuta le 25 juillet 1955, dans la région de Saint-Jean-de Maurienne, sur le site du barrage d'Aussois, et prit fin le 8 octobre. A l'origine du film, la volonté de certains industriels d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en chantier un plus grand nombre de barrages hydro- électriques.
Prenant parti pour les justes revendications des travailleurs sur les salaires et la sécurité, fustigeant, au passage, le racisme à l'encontre des immigrés, algériens ou italiens, le scénario du film n'a pu que séduire Gérard Philipe, alors très engagé, syndicalement et politiquement. Quant à Yves Allégret qui dirigeait le comédien pour la troisième fois après "Une si jolie petite plage" (1949) et les "Orgueilleux" (1953), il obtint le prix de la mise en scène au Festival Karlovy-Vary.

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le 7 novembre 1956 sortit au cinéma l'unique réalisation de Gérard Philipe "LES AVENTURES DE TILL L'ESPEGLE", il fut soutenu par le cinéaste de documentaires Joris Ivens. Le film adapte l’œuvre célèbre, publiée en 1867, de Charles De Coster,  écrivain belge d’expression française, où Till, personnage légendaire, symbolise l’esprit de résistance populaire. Les images, par les couleurs, les décors et surtout les costumes, recréent l’atmosphère des tableaux des maîtres flamands, surtout ceux de Breughel.

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Le tournage eut lieu pour l’essentiel en Allemagne de l’Est, mais également aux studios de la Victorine (Nice) et, pour les scènes d’hiver, en Scandinavie. Cité au générique comme représentant de la D.E.F.A. (Berlin-Est), le réalisateur franco-néerlandais Joris Ivens fut en fait le conseiller technique de Gérard Philipe. Trois jours après la sortie du film, ce fut  l’entrée des chars soviétiques dans Budapest, fâcheuse coïncidence qui nuisit à la carrière du seul film signé Gérard Philipe, où il tentait de retrouver l’esprit de "FANFAN LA TULIPE", qui avait fait sa gloire cinématographique.

"MONTPARNASSE 19" (1957), oeuvre incomprise de Jacques Becker, où il faisait une composition intéressante en Modigliani. 
Le film est dédié à Max 0phuls qui devait le réaliser. Se sentant malade, il avait souhaité que Jacques Becker mène à bien son projet Ophuls avait écrit le scénario avec la collaboration d'Henri Jeanson. Celui-ci, et le costumier Annenkov, s'inquiètent des bouleversements que Becker apporta à l'œuvre primitive. Il s'ensuivit une longue et pénible polémique à laquelle se mêla la fille de Modigliani. Becker tint bon et réalisa, comme il en avait l'intention, "MONTPARNASSE 19", "d'après son propre découpage et avec le sérieux qu'on voulait bien lui prêter en général".

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"LA VIE A DEUX" (1958) est un film posthume de Sacha Guitry, mort le 24 juillet 1957, qu’il n’eut pas le temps de tourner, terrassé par la maladie, il fut remplacé par Clément Duhour qui avait produit ou co-produit les quatre derniers films de Sacha Guitry. Gérard Philipe s'associe à cette prestigieuse distribution : Fernandel, Louis de Funès, Pierre Brasseur, Danielle Darrieux, Edwige Feuillère, Jean Marais, Robert Lamoureux, Lilli Palmer, Sophie Desmarets, Pierre Mondy, Jean Tissier

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Avec "LE JOUEUR" (1958), Claude Autant-Lara, délibérément, a gommé de son adaptation du roman de Dostoievski ses aspects tragiques et métaphysiques pour en faire une farce sordidement burlesque. Gérard Philipe avait déjà incarné un personnage de Dosioievski dans "L'IDIOT" de Georges Lampin en 1946.

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En 1951, Gérard Philipe avait rejoint Jean Vilar au Théâtre national populaire (T. N. P.) et cette seconde carrière au theâtre vint redoubler sa gloire et sa popularité.". "Le Cid", "Le Prince de Hambourg", "Lorenzaccio", "Ruy Blas", "Les Caprices de Marianne", "On ne badine pas avec l'amour" (monté par René Clair en 1959) firent autant que les plus célèbres films pour sa jeune renommée. "Gérard Philpe, ange, aigrette du théâtre...écrivait Roger Nimier après sa mort. Théâtre et cinéma sont inséparables dans cette carrière unique, ils ont également contribuer à fixer la figure inoubliable de celui, qui "derrière lui ne laisse que l'image du printemps", ainsi que l'écrivait Aragon, quand il disparut, encore en pleine jeunesse.

  Le 25 novembre 1959, Gérard Philipe meurt, en pleine gloire, à 37 ans. Il repose au petit cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez.

A SUIVRE_______________________________

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Le Cid

Anne Philipe

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Brigitte Bardot

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Anouk Aimée

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Sur le tournage de "La meilleure part" d'Yves Allégret

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21 novembre 2009

JOCELYN QUIVRIN

JOCELYN QUIVRIN               1979 -2009    

Acteur  Français

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L'acteur Jocelyn Quivrin se tue au volant de sa voiture de sport en région parisienne, un dimanche 15 novembre 2009. Il fut l'un des acteurs  les plus prometteurs du cinéma français.

Le jeune acteur français Jocelyn Quivrin qui avait tourné dans une trentaine de films au cinéma et de nombreux téléfilms dont "Rastignac ou les ambitieux" qui l'avait fait connaître, est mort dimanche soir dans un accident de la route sur l'A13, a-t-on appris de source policière.

Vers 23H20, l'acteur, 30 ans, a perdu le contrôle de son véhicule de sport, qui a pris feu sous le tunnel de Saint-Cloud en région parisienne, a précisé une source policière, confirmant une information de RTL. Il était seul à bord, a-t-on précisé.

Selon les premiers éléments de l'enquête, son véhicule aurait percuté une rampe de béton après avoir dérapé sur une chaussée humide, dès l'entrée du tunnel.

Selon le centre régional d'information routière (Crir) d'Ile-de-France, le tunnel a été fermé à la circulation dans le sens province-Paris jusqu'à 02H30 lundi.

En 2008, il donnait la réplique à sa compagne Alice Taglioni, avec laquelle il avait un enfant, dans "Ca$h" d'Eric Besnard. L'acteur avait débuté au cinéma à l'âge de 13 ans dans "Louis, enfant roi" de Roger Planchon, en sélection officielle au Festival de Cannes en 1993.

Mais il avait été popularisé par le téléfilm "Rastignac ou les ambitieux" d'Alain Tasma diffusé sur France 2 en 2001 et dont il tenait le rôle-titre à vingt-deux ans. Son interprétation flamboyante de ce jeune ambitieux balzacien lui avait valu le prix d'interprétation masculine au Festival de Luchon.

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Né le 14 février 1979, Jocelyn Quivrin s'était inscrit en faculté de cinéma après le baccalauréat mais avait vite abandonné les cours pour se lancer dans la vie professionnelle.

A la télévision, il avait débuté en 1990 dans "Port Breac'h" de Pierre Goutas et enchaîné les rôles dans une vingtaine de téléfilms en dix ans, apparaissant aussi dans les séries "Julie Lescaut", "L'instit" ou "Maigret".

Au cinéma, il débute dans "LOUIS ENFANT-ROI" (1992) de Roger Planchon aux côtés de Carmen Maura, il incarnait Philippe Duc d'Anjou; Puis il enchaîne avec deux autres tournages  :"FIESTA" (1995) réalisé par Pierre Boutron avec Jean-Louis Trintignant, Marc Lavoine et Laurent Terzieff dans les rôles principaux, et "AU PETIT MARGUERY" (1995)  de Laurent Bénégui aux côtés de Stéphane Audran, Michel Aumont et Jacques Gamblin.

En 1998, il participe au tournage de "TOULOUSE-LAUTREC"  réalisé par Roger Planchon. A la fin des années 90, il a déjà interprété plusieurs rôles au cinéma dont le fameux "PEUT-ETRE" (1998) de Cedric Klapisch avec Jean-Paul Belmondo et Romain Duris. Il est également à l'affiche de "SANS PLOMB" (1999) de Muriel Téodori avec Emma de Caunes.

Il y eut aussi "Féroce" (200) de Gilles de Maistre, "CLEMENT" (2001) d'Emmanuelle Bercot, "SANS ELLE" (2003) d'Anna da Palma.  Suivront un nombre important de longs métrages tournés au fil du temps, on peut souligner sa participation en 2006 dans "JACQUOU LE CROQUANT" (2005) de Laurent Boutonnat aux côtés d'un autre jeune acteur prometteur Gaspard Ulliel. Jocelyn Quivrin qui a d’abord été pressenti pour incarner le personnage de Jacquou finalement tenu par Gaspard Ulliel. L’acteur qui venait de terminer "L’EMPIRE DES LOUPS" a décliné la proposition de Laurent Boutonnat avant d’accepter finalement d’interpréter le comte de Nansac, ennemi juré de Jacquou.

Jocelyn Quivrin  avait joué dans une trentaine de films, dont les comédies à succès "Lol" (2009) de Lisa Azuelos (qui n'est autre que la fille de Marie Laforêt)  "99 Francs" de Jan Kounen et sera à l'affiche de "La famille Wolberg" d'Axelle Ropert, attendu en salles le 2 décembre 2009.

Il avait également été dirigé à deux reprises par Léa Fazer "L'île aux parents" en 2009, "Notre univers impitoyable" deux ans plus tôt et travaillé avec Jean-Claude Brisseau ("A l'aventure").

Jocelyn Quivrin avait aussi fait deux incursions au théâtre, en jouant dans la pièce d'Oscar Wilde "L'éventail de Lady Wintermere" mise en scène par François-Louis Tilly en 2003 et dans "Do you love me" de Redjep Mitrovista au Festival d'Avignon cinq ans plus tôt.

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31 octobre 2009

HARRY BAUR

HARRY BAUR                 1880 -1943    

Acteur   Français

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Harry Baur est sûrement le plus grand acteur français de tous les temps,
bien sûr on peut considérer que le grand Raimu avait lui aussi le même génie
Celui d'être authentique devant la caméra et de jouer avec un tel naturel déconcertant,
que l'on peut faire un parallèle entre ces deux géants du cinéma d'avant guerre.

un film cent pour cent germanique intitulé "SYMPHONIE D'UNE VIE" avec un cachet de six millions de francs, et ferait de lui la première vedette française travaillant dans les studios du IIIème Reich depuis la défaite de la France.

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DIFFERENTS EVENEMENTS

Paris occupé par les allemands en juin 1940

-Décembre 1940, Harry Baur rejoue le personnage du vieux professeur dans
"Jazz" au Théâtre du gymnase à Paris avec Maurice Dorléac,
(père de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac)

-Fin décembre 1940, Harry Baur fait l'objet de violentes critiques, non pas dirigé
contre son interprétation mais contre les origines qu'on lui attribuait!

Janvier 1941, une campagne de presse orchestrée par "Le cri du peuple" de Doriot,
"Jeunesse" et "La France au travail ainsi que l'hebdomadaire antisémite "le Pilori"
l'accusa formellement d'être à la fois juif et franc-maçon

Harry Baur crut donner le change et confondre ses detracteurs en publiant
dans un numéro de janvier 1941 de l'hebdomadaire ultra-collaborationniste "La Gerbe"
un article sous forme d'hommage à Antoine auquel fit suite une lettre ouverte
au comédien Victor Boucher au mois de juin suivant.

Alain Laubreaux, virulent critique dramatique de "Je suis partout" qualifia le comédien
de néo-aryen. Harry Baur riposta en adressant au journaliste une attestation de son origine chrétienne,

15 février 1941, tournage à Chamonix du film "L'assassinat du père-noel", il s'agit du premier film
produit par la société de production allemande "La Continental" dont le siège était au
104 de l'avenue des Champs Elysées à Paris 8ème.

Plusieurs cinéastes sont interdits de tournage, certains de religion juive. Plusieurs projets
prévus pour Harry Baur tombent à l'eau (Ivan le terrible) (Graine au vent ou Alexandra) (Météore 39)

Octobre 1941, l'hebdomadaire "L'illustration" informa ses electeurs du symbole
que représentait Harry Baur dans une collaboration franco-allemande sur le plan artistique.
On le vit dans des mondanités féliciter des stars de cinéma nazi de passage à Paris et se faire photographier avec elles....

Il participe à un dîner offert par le Docteur allemand Greven en mars 1941 chez Ledoyen par la Continental en l'honneur de l'actrice Zarah Leander, pendant
son bref séjour en France. Cependant, s'il avait fallu le lui reprocher, le même grief
aurait dû être adressé aussi à Corinne Luchaire, ainsi qu'aux invités français pour
la plupart sous contrat à La Continental: l'actrice Danielle Darrieux,
les cinéaste Maurice Tourneur,Henri Decoin (cinéaste et époux de Danielle Darrieux),
l'ecrivain Georges Simenon, le cinéaste Christian-jaque, l'actrice Arletty,
le cinéaste Georges Lacombe et bien d'autres....!

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Il se rendit aussi à la reception organisée chez Maxim's pour accueillir Heinrich George,
venu donner à la Comédie française plusieurs représentations avec sa compagnie du Schiller Theate
(A noter que ce Heinrich George etait arrivé à Paris avec une totale désinvolture et avait déconcerté
les sociétaires et pensionnaires du Théâtre Français en se figeant au garde-à-vous
pour saluer, le bras levé, la perruque et le buste de Molière.
Il décontenança Harry Baur en révélant avec un certain empressement que son camarade
français lui avait fait découvrir Paris, quelques années auparavant, après l'avoir reçu
chez lui, Heinrich George qualifié "d'hôte parfait" et de "frère chaleureux"..

Harry Baur se rendu compte que l'étau de l'occupant ne cesserait de se resserrer sur lui.
Il déclina tout offre de la Continental afin de souscrire pour l'année suivante à trois
propositions de films échappant à l'emprise de La Continental.
(Aucun de ces trois films ne seront tournés
)

Harry Baur échappa aux griffes de La Continental pour tomber dans celles bien plus

SYMPHONIE D'UNE VIE (Dernier film d'Harry Baur)

Harry Baur avait quitté Paris le dimanche 14 septembre 1941 par le train à destination
de Berlin.
Pendant ces deux mois à Berlin, il perfectionna la langue allemande.
Il excursionna dans quelques villes proches de la capitale du Reich mais commit
l'imprudence de se mêler à la foule qui se massait au Sportpalatz pour écouter un discours
du chancelier Hitler. Plusieurs magazines dont "Signal" publièrent des clichés montrant
Baur parmi l'assistance. L'un de ces clichés fut reproduit au mois d'octobre, en première page
dans un numéro du quotidien parisien "Aujourd'hui".
Absence d'Harry Baur à la première du film "L'assassinat du père-Noel" sur les Champs Elysées.

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Son dernier film est une oeuvre d'une grande qualité, un présage, Harry Baur demeurait
inquiétant,pathétique, ou douloureux dans la séquence initiale le montrant vieilli, délabré
avançant péniblement dans les couloirs de l'Opéra pour entendre sa symphonie dont il avait
manqué le début.
Le film fut présenté à Berlin le 21 avril 1943, treize jours après la mort du comédien.

SIGNES AVANT-COUREUR OU DETAILS RELATIFS A SON ARRESTATION

Avril 1942 : son appartement parisien fut cambriolé...plusieurs tableaux de sa collection furent volés.

30 mai 1942 : Arrestation d'Harry Baur et sa femme par la police allemande, ils furent
transférés respectivement à la prison de la Santé et celle du cherche-Midi

115 jours de détention pour madame Harry Baur (Rika Radifié)

Harry Baur fut privé de visites, de colis et de médicaments pourtant nécessaire à sa santé.. Il fut interrogé sans ménagement par dennecker, officier allemand spécialement préposé
"aux affaires juives" ainsi que son adjoint Thiemann.

Harry Baur ne bénificia pas de la protection dont le premier avait gratiffié Picasso impliqué
dans un trafic de devises et Jean Cocteau compromit dans un achat d'opium.

Il fut remis en liberté trois mois et demi plus tard, le 19 septembre 1942, dans
un état de délabrement. Ainsi les allemands donnèrent l'impression que le comédien
mourrut de maladie à son domicile! il meurt le
8 avril 1943

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Toutes les hypothèses ont été étudié :
1-Un châtiment infligé par les Allemands à un homme qui avait trahi leur confiance
et s'était parjuré

2-D'après le grand historien de cinéma Charles Ford, le comédien aurait commis une regrettable
faute, il aurait été invité à souper par le Docteur Goebbels,ministre de la propagande
du Reich, celui-ci lui aurait proposé, à la fin du repas d'accepter le statut honorifique
de "Voldeutsch", en clair citoyen adoptif ou "d'honneur" du peuple allemand.
Harry Baur ayant bu un peu plus qu'il ne fallait au cours de cette soirée, il se serait senti
flatté et soulagé dans la mesure ou cette naturalisation germanique au second degré était suceptible
de le mettre à l'abri. Il alla se coucher et cuva son kummel.

Le lendeman matin, totalement dégrisé, il aurait repris conscience de la terrible responsabilité
qu'il encourait vis à vis de l'opinion publique de son pays.
Il refusa de signer le brevet qu'un émissaire de Goebbels était venu lui remettre par la suite.
Le ministre de hitler ne lui aurait pas pardonné cette volte-face injurieuse mais l'aurait néanmois
laisser terminer le tournage de "Symphonie d'une vie" pour ne pas nuire à la valeur symbolique
du rapprochement français que représentait cette entreprise artistique.

Au dernier jour de tournage, le comédien fut arrêté
Certaines personnalités  douté de l'origine d'Harry Baur, et cela n'aida pas le comédien...

D'autres hypothèses furent retenues mais pour ma part, je retiens celle-cité par l'historien Charles Ford qui me semble la plus crédible.

Que sont devenus les deux officiers allemands qui ont torturé le comédien?
Comment se fait-il qu'aucun hommage n'est jamais rendu à Harry Baur?
C'est bien d'honorer nos artistes d'aujourd'hui de la légion d 'honneur mais il serait peut être judicieux aussi, de pouvoir remettre à titre posthume un hommage solennel aux français et françaises qui ont donner de leurs vies pendant cette période trouble

Il serait bien qu'un jour... le gouvernement allemand  accepte de s'excuser au nom du peuple allemand, leurs anciens qui ont torturé et  assassiné nos deux comédiens français Harry Baur et Robert Lynen.

Vive Harry Baur!

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J'ai découvert le génie qu'etait Harry Baur, grâce au Cinéma de minuit, qui a eu la bonne idée de diffuser il y a fort longtemps :"David Golder" de Duvivier, "Poil de carotte" avec Robert Lynen,"Samson" avec Gaby Morlay, "Volpone" avec quelques uns des plus grands comédiens français du moment : Louis Jouvet, Charles Dullin,Fernand Ledoux, Jean Temerson et bien sûr Harry Baur en Volpone mangifique!
Mais aussi "L'assassinat du père-noel" de Christian Jaque ou "Péchés de jeunesse"  de Maurice Tourneur à qui le cinéma de minuit lui avait consacré un cycle.

Au départ de la création de ce blog, je me suis promis de témoigner de mon admiration à l'égard de ce grand acteur qu'était Harry Baur. il fait partie de ces grands hommes,que j'ai tant admiré dans quelques uns de ces films les plus importants.

Il y a avait du génie, de l'audace,un regard qui analyse les situations, parfois les plus drôles mais aussi les plus dramatiques.Une collaboration avec de grands cinéastes d'avant-guerre. J'ai toujours pensé que certains de ses films représentés une forme de néo-réalise à la française, une touche de poésie,
un contraste dans la qualité de l'image et bien sûr la présence d'Harry Baur qui s'impose.

Aussi Je tenais à essayer d'expliquer (modestement) les raisons qui ont conduit à l'arrestation puis au décès du comédien par les allemands en 1943. (avec le concours du livre d'Hervé le Boeuf "HARRY BAUR" editions Pygmalion)

Quant à ceux et celles qui estiment qu'Harry Baur est coupable de collaboration avec l'ennemi, je leur dirai, viver cette époque, afin de pouvoir vous exprimer et affirmer que l'on est un traite, lorsque parfois votre vie vous échappe

"j'aurais fais comme ça"...mourir c'est pas toujours évident" accepter, refuser, il faut un peu plus de psychologie pour comprendre que l'on est pas toujours responsable de ses actes, la peur ....de mourir,  on peut toujours essayer de méditer....

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21 octobre 2009

HARRY BAUR L'UN DES PLUS GRANDS ACTEURS FRANCAIS

HARRY BAUR                 1880 -1943    

Acteur   Français

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Harry Baur a été le roi de la scène et de l'écran français durant toute la période de l'entre deux-guerres. Considéré alors comme un monstre sacré. Harry Baur s'efforçait à s'identifier le mieux possible aux personnages qu'il incarnait au cinéma, on ne peut oublier son interprétation magistrale dans "Les Misérables" de Raymond Bernard aux côtés de Charles Vanel dans le rôle de Javert.

Entre 1930 à 1945, les deux grands monstres sacrés du cinéma français sont Raimu et Harry Baur. Ils nous quittèrent tous deux dans les années 40, Harry Baur fut dénoncé comme juif, ce qui n'était qu'une fausse information, il fut arrêté et torturé par la gestapo. Il ne retrouva la liberté seulement pour mourir chez lui...

Un journal corporatif américain publia la liste des dix acteurs qui, en cette année 1936 avaient les plus fortes recettes dans les cinémas de France. Harry Baur arrivait largement en tête, devançant dans l'ordre, Annabella, Jean Murat, Danielle Darrieux, Charles Chaplin, Gary Cooper, Franchot Tone, Jeannette MacDonald, James Cagney et Robert Donat.

"Poil de Carotte", "David Golder,"La tête d'un homme (Maigret), "Les Misérables", "Crime et châtiment", "Un grand amour de Beethoven", "Samson", "Volpone", "Mollenard et "L'assassinat du père-noel" restent gravés dans ma mémoire. Tom

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Harry Baur est né à Paris le 12 avril 1880, de parents catholiques alsaciens. Son père était originaire de Mulhouse, sa mère de Bitche en Moselle. Ses parent furent ruinés, deux hommes armées pénètrèrent dans la boutique, et fit main basse sur les bijoux et s'enfuirent. Les Baur étaient ruiné et furent contraints de prendre un appartement moins onéreux au Cour de Vincennes, puis un logis plus modeste au boulevard Blanqui.

Le père  d'Harry Baur meurt alors qu'il n'avait que dix ans et fut élevé par sa mère et sa grande soeur Blanche. Des études secondaires au collège de Saint-Nazaire, École d'Hydrographie à Marseille, Harry Baur exerça temporairement plusieurs métiers colporteur,charretier, tresseur de courrones mortuaires, fabricant de fleurs artificielles…

Avec le temps, Harry Baur parvint à décrocher un premier engagement à la « Comédie Mondaine » dans « Le Filleul du 31 », puis des premiers prix de tragédie " Le Cid " et de comédie " L'Avare " au Conservatoire de Marseille, service militaire au Mans. Devient le secrétaire de Mounet-Sully et joue, à partir de 1904, dans de nombreux théâtres parisiens : Comédie Mondaine, Grand Guignol, Palais-Royal, Mathurins, puis chez Gémier et Antoine. Réformé en 1914, à la suite d'un début de paralysie faciale, continue de jouer à la Gaîté-Lyrique, à l'Ambigu, à la Porte Saint-Martin, au Gymnase, à l'Édouard VII, aux Variétés, etc. Tient notamment le rôle de César à la création de " Fanny " de Marcel Pagnol. Il collabore à la rubrique cinématographique du " Crapouillot ", signant parfois du pseudonyme d'Orido de Fhair.

L’année 1911,marquera le changement, Harry Baur  avait pris du poids tant dans la variété de ses emplois mais aussi physiquement.

Entre 1909 et 1914, Harry Baur interpréta près de trente films muets dont notamment dans « LA LÉGENDE DU BON CHEVALIER «  de Victorin Jasset,(1909), « L'ÉVASION DE VIDOCQ », « LA FILLE DES CHIFFONNIERS » avec Mistinguett, « LE SUICIDE DE LORD STILSON, » « SHYLOCK », « L'AME DU BRONZE »,  « LA VOYANTE » avec Sarah Bernhardt (1923).

Un évènement inattendu, survenu en cette fin d'année 1931, allait marquer un nouveau tournant dans la carrière du comédien. Harry Baur succédait à Raimu dans le personnage de César en créant le 5 décembre, au Théâtre de Paris, "Fanny", la suite que Marcel Pagnol s'était enfin décidé à donner à "Marius", dix-huit mois après.

L'interprétation de Baur fut sans défaut, ainsi que l'atteste cette lettre d'un natif de la Canebière, Felix Ruster Giaccobi, daté du 16 décembre 1931, que l'acteur conserva précieusement dans ses archives : "Ce que je puis vous dire, c'est la place immense que vous occupez dans le succès de Pagnol. C'est l'autorité réflechie avec laquelle vous l'interprétez. C'est le soucis des détails vrais, et non music-hall, qui m'ont attendri, moi, pur marseillais. C'est dans le sens exact de la mesure qui vous guide, trois actes durant. C'est l'aveu joyeux que je puis vous dire d'avoir, enfin deux ans et demi de représentations, vu pour la première fois, le César de chez nous, qui n'est pas un farouche mais un brave homme."

Dirigé par des metteurs en scène aussi différents que Duvivier, Raymond Bernard, Gance, L'Herbier, Chenal, Robert Siodmak, Maurice Tourneur, il campera, avec la même aisance, le père Lepic de "POIL DE CAROTTE", le commissaire Maigret, Jean Valjean, le juge Porphyre de "CRIME ET CHATIMENT", Hérode, Tarass Boulba, Beethoven, le capitaine Mollenard, le tsar Paul Ier, Raspoutine, Volpone. " Quand je joue, disait-il, seul existe pour moi et en moi le personnage que j'incarne.

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Le comédien avait débuté en 1931 dans un film parlant, tourné en Angleterre,  "LE CAP PERDU " le film avait été réalisé en trois versions anglaise, allemande et française. Ce film du cinéaste allemand  Ewald Andréas Dupont connu quelques désagréments, une mauvaise entente entre le cinéaste et Harry Baur, le film ne fut pas une réussite .

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Tout cela hélas n’a guère laissée de traces dans les mémoires ni même dans les cinémathèques. Sa véritable carrière cinématographique commence en 1930, par un grand succès du cinéaste Julien Duvivier « DAVID GOLDER » ou il incarne magnifiquement un banquier juif trahi. Ce film révéla la puissance de jeu d’Harry Baur. L'acteur était entré sans difficulté dans la peau de son personnage, sans apporter la moindre opposition à l'adaptation dialoguée que le réalisateur avait lui-même tirée du roman d'Irène Nemirovsky. "David Golder" fut réalisé pratiquement selon la technique du muet en ayant recours à un grand nombre à un grand nombre d'extérieurs sur la Côte Basque.

Sa création de « David Golder » le classa d’un seul coup parmi les grandes vedettes françaises.Le comédien tournera plusieurs de ses meilleurs films avec Julien Duvivier.Dans l'œuvre de Julien Duvivier, "David Golder" est un film charnière. Tourné en 1930, il révéla la puissance de jeu d'Harry Baur et démontra surtout que le talent de Duvivier, porté volontiers vers les scènes paroxystiques, pouvait pleinement s'épanouir avec l'avènement du parlant.  A noter que le film avait été auparavant une pièce de théâtre, interprété et réalisé par Harry Baur au Théâtre de la Porte Saint-Martin . Le film obtint un succès retentissant, dès sa sortie au cinéma le 19 décembre 1930

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DAVID GOLDER de Julien Duvivier (1931)

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Le 15 mars 1931, le réalisateur Jean Kemm commençait le tournage du film "LE JUIF POLONAIS" au studio de Courbevoie,  (qui ne connut aucun succès).  Baur faisant une comparaison entre Emil Jannings et lui, demanda une augmentation de salaire, pretextant que vu son âge, il ne tournerait plus que cinq ou six films. Tout le film reposait sur les épaules de Baur, il était charger d'incarnait un cabaretier alsacien, revivant en rêve le jour du mariage de sa fille, le meurtre crapuleux mais méconnu qu'il avait commis, quinze ans auparavant. Sortant terrorisé, de son cauchemar, le criminel était victime d'une crise cardiaque et s'effrondrait, mort, sur son lit.

Avec "CRIMINEL" (1932) de Jack Forrester, Harry Baur interpréte un directeur de prison, l'action se situait dans une prison américaine où un jeune détenu, déjà condamné par erreur, se trouvait ensuite impliqué dans un crime commis à l'intérieur du pénitencier. Ce fut les débuts au cinéma de Jean Servais.

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LE JUIF POLONAIS (1931) de Jean Kemm

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CRIMINEL (1932) de Jack Forrester

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Suivront trois films de  Duvivier : "LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS " (1932) avec René Lefèvre et Robert Le Vigan, Julien Duvivier tourna conjointement une version allemande, "DIE FÜNF VERFLÜCHTEN GENTLEMEN", avec Adof Wohlbruck, Camilla Horn et Jack Trevor; seuls Marc Dantzer et Georges Péclet jouaient le même rôle dans les deux versions. Les extérieurs du film furent tournés à Fez, à Marrakech et à Moulay-Idriss. La critique salua à sa sortie l'aptitude du cinéaste pour la création d'atmosphère, son goût du pittoresque et son sens de l'exotisme.

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LES 5 GENTLEMEN MAUDITS (1932) de Julien Duvivier

"POIL DE CAROTTE " avec Robert Lynen , d’après le célèbre roman de Jules Renard ou Harry Baur fait  du personnage de Monsieur Lepic, une composition inoubliable au côté du jeune Robert Lynen (il connut un destin particulièrement tragique : membre d'un réseau de Résistance, dans la région de Cassis, il fut emprisonné en 1943 et fusillé par les Allemands, à l'âge de vingt-trois ans, à la forteresse de Karlsruhe, le 1er avril 1944.

Pour cette version parlante, réalisée d'après " Poil de Carotte", récit paru en 1894 (et qui fut adapté au théâtre en 1900), Julien Duvivier effectua des emprunts à d'autres œuvres de Jules Renard -comme" La Bigote " (publiée en 1909). Signalons l'autre version cinématographique de 1926, une adaptation muette,  réalisée par Duvivier, avec André Heuzé (Poil de Carotte) et Henry Krauss (M. Lepic).

Harry Baur avait une conception très précise de son personnage, il l'imposa à son metteur en scène. Baur apportait un soin méticuleux à l'élaboration de son personnage. Il le joua en perfectionniste. "Poil de Carotte" fut présenté  à Paris, en novembre 1932, Harry Baur reçut des éloges mérités.

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POIL DE CAROTTE (1932) de Julien Duvivier avec Robert Lynen

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Ne souhaitant pas se priver de sa vedette fétiche, Duvivier proposa à Baur d'interpréter le commissaire Maigret pour la troisième fois au cinéma dans  "LA TETE D’UN HOMME " (1932), d'après le roman de Georges Simenon dont Duvivier modifia le scénario afin de laisse libre court la décision de Maigret de laisser s'échapper un condamné, pendant la reconstitution....Ce film est un des meilleurs Maigret au Cinéma…cependant, Georges Simenon n'apprécia pas la composition de Baur et déclara : "Harry Baur était sans doute un grand acteur, mais il avait vingt-ans de plus que moi, à cette époque, un faciès à la fois mou et tragique".

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LA TETE D'UN HOMME (1932) de Julien Duvivier

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Harry Baur accepta d'incarner Monsieur de Tréville, le capitaine des gardes du roi dans "LES TROIS MOUSQUETAIRES" (1932) d'Henri Diamant-Berger, lequel avait déjà tourné, onze ans auparavant, une première adaptation du roman d'Alexandre Dumas en douze épisodes. Pour cette version sonore, filmé au cours de l'été 1932, il dut se contenter de deux époques portant les sous-titres "Les ferrets de la reine" et "Milady". Le film fut un énorme succès public.

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LES TROIS MOUSQUETAIRES (1933) d'Henri Diamant-Berger

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"CETTE VIEILLE CANAILLE" (1933) fut le premier film où Harry Baur et Pierre Blanchar étaient partenaires. Ils devaient à nouveau être réunis dans "CRIME ET CHÂTIMENT" (1935) de Pierre Chenal. Ce film est tiré d'une pièce de Fernand Nozière et réalisé par Anatole Litvak, metteur en scène d'origine russe. Harry Baur réussit une grande composition et s'iimpose comme l'un des plus grands acteurs du moment. 

À noter qu’une célèbre photo de tournage du film représentant Claude Heymann (assistant de réalisation), Simon Schiffrin (directeur de production), Georges Friedland (monteur) et Anatol Litvak, fut exposée au Palais Berlitz en 1941 par la propagande de Vichy pour vilipender “la mainmise des Juifs sur le cinéma français” (in “Positif” n° 170, juin 1975).

Baur enchaîne en interprétrant le clochard "ROTHCHILD" (1933) en se faisant passer pour un lointain parent de la famille des Rothchild. Pour rentrer dans la peau de son personnage, le comédien  observait les clochards de la capitale. Malgré tout son talent, Baur ne parvint pas à convaincre avec ce film signé Marco de Gastyne.

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Après avoir connu un succès mérité avec le film "Les Croix de bois", Raymond Bernard se livra à une nouvelle transposition du roman de Victor Hugo: "LES MISERABLES". Le film tourné en 1933 permit à Harry Baur de trouver le rôle le plus marquant de sa carrière cinématographique, une interprétation inoubliable, le meilleur "Jean Valjean" de toute l'hsitoire du cinéma...

Le célèbre roman de Victor Hugo a fait l'objet de maintes adaptations à l'éran. Les plus connues sont: en France, celles d'Alberi Capellani (1912, avec Henry Krauss et Mistinguett d'Henri Fescourt (1925, en quatre époques avec Gabriel Gabrio), de Jean-Paul Le Chanois (195& avec Jean Gabin) et de Robert Hossein (1982, avec Iino Ventura); aux États-Unis, celles de Frank Lloyd (1917), de Richard Boleslavski (1935, avec Chris Laugthon dans le rôle de Javert) et de Lewis Milestone (1952);en Italie de Riccardo Freda (L'ÉVADÉ DU BAGNE 1946).

Seuls, semble-t-il, Henri Fescourt et Raymond Bernard ont su retrouver le " souffle " hugolien, Harry Baur, après Gabriel Gabrio, a campé un Jean Valjean inoubliable.
En raison de sa longueur, le film de Raymond Bernard fut présenté en version réduite (deux époques de 90 minutes chacune). Le tournage du film exigea sept mois de travail à Paris et dans le Midi de la France.  A noter la présence de  Charles Dullin en Thénardier.

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Les Misérables (1934) de Raymond Bernard

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Après le retentissement de la sortie en Europe, les dirigeants des compagnies hollywoodiennes commencèrent à s'interesser à la personnalité de Harry Baur, mais celui-ci ne fut pas interessé à quitter Paris. Cette même année, Harry Baur fut la vedette principale de différents films qui n’eurent pas le même succès escompté, « UN HOMME EN OR » du célèbre cinéaste Jean Dréville, tiré d'une pièce de Roger Ferdinand qui avait ecrit l'adaptation. Baur retrouvait Josseline Gael, sa "Cosette des Misérables". Après le tournage, le comédien remonté chaque soir sur la scène, pour créer une nouvelle pièce qui eut lieu au Théâtre des Mathurins, le 15 février 1934.

, puis « LE GRELUCHON DELICAT » de Jean Choux, qu'il avait auparavant joué au théâtre avec les deux mêmes acteurs : Paul Bernard et Julien Carette. Deux films réalisés à la façon du théâtre filmé.

UN HOMME EN OR (1934) de Jean Dreville

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Dans « LES NUITS MOSCOVITES » (1934) inspiré d’un roman de Pierre Benoit,Harry Baur incarné un marchand de blé russe, brutal, grossier mais riche..il donna la réplique à Annabella et Pierre-Richard Wilm, il y eu deux versions, l’une réalisée par Alexis Granowski et l’autre, l’année suivante par Anthony Asquith. Baur  n’était pas familier de la langue anglaise. La presse anglaise fit remarquer que ce film était l’un des meilleurs de la saison passée. Le succès du film incita les producteurs de films à n’offrir que  des rôles de russes au comédien. Il  eut bien du mal à s’en défaire par la suite …

Le film marque en outre la première apparition au cinéma de Tino Rossi (1907-1983) qui joue un chanteur napolitain dans une séquence musicale qui n'excède pas deux minutes. Les films tournés par (ou avec) des Russes exilés en France étaient alors très populaires. Interrogé par Christian Gilles en novembre 1994, Jean Dréville se rappelait en ces termes du cinéaste russe Alexis Granowsky (1890-1937) - réalisateur du fameux "Tarass Boulba" (1935) - qui, « c'est le moins qu'on puisse dire, travaillait d'une manière particulière. Jugez plutôt : alors qu'il convoquait tout le monde pour huit heures du matin, lui n'arrivait que vers midi. Puis il s'attablait avec caviar et vodka, et enfin, vers trois ou quatre heures de l'après-midi, il tentait de tourner un plan ou deux. Ce manège durait ainsi jusqu'à trois heures du matin. De tels abus ont été à l'origine des lois syndicales actuelles. » (in "Le Cinéma des années trente par ceux qui l'ont fait", tome ii, l'Avant-Guerre : 1935-1939, Éd. L'Harmattan, 2000).

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LES NUITS MOSCOVITES (1934) d'Alexis Granowski

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La General Production lui proposa de tenir le rôle du juge Porphyre dans "CRIME ET CHATIMENT"  (1935) de Pierre Chenal, d’après le roman de Dostoievski. Le face à face avec Pierre Blanchar fut remarquable,.le film fut un grand succès commercial. Cette adaptation française de l'œuvre célèbre de Dostoïevski connut avant guerre un franc succès et imposa le nom de son metteur en scène, Pierre Chenal, dont c'était le troisième long métrage. Le duo formé par Harry Baur et Pierre Blanchar fit merveille (le second obtint pour ce rôle un prix d'interprétation au Festival de Venise), et la reconstitution de l'ancienne Russie en studio ne choqua point. Chenal et ses collaborateurs avaient recherché une certaine stylisation, en s'inspirant des leçons de l'expressionnisme allemand.

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CRIME ET CHATIMENT (1935) de Pierre Chenal

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Harry Baur et Simone Simon ont été les protagonistes du film « LES YEUX NOIRS » (1935) de Victor Tourjansky. Le scénario entraînait une fois de plus, le comédien dans une Russie de la fin de l'époque impériale, en y jouant le rôle d'un veuf malheureux, une autre vedette au générique : Jean-Pierre Aumont avait été engagé après le succès confortable du "Lac aux dames" de Marc Allégret.

Il va promener, pendant plus de dix ans durant, le même visage d'argile, le même caractère ombrageux et matois, la même truculence abrupte, évoquant le boyard ou le paysan caucasien - ce qui lui faisait dire : "Il semble que je sois voué aux rôles russes! "

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Harry Baur retrouva la Russie, d'une part sous les brumes de la Tamise pour tourner la version anglaise déjà évoquée des "NUITS MOSCOVITES" . D'abord sous-titré "RASPOUTINE" et "LA FIN DES ROMANOFF", "LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE" fait partie des "films russes" d'Harry Baur, avec notamment LES NUITS MOSCOVITES (1934), TARASS BOULBA (1936) et LE PATRIOTE (1938). Pour incarner le personnage historique de Raspoutine, il expliqua qu'il dut hausser sa taille en munissant ses bottes de faux talons et en se faisant maigrir. Il ajouta qu'il avait composé son rôle en s'inspirant de deux ouvrages à son avis les plus documentés : "Raspoutine et les femmes", de Dumur, et "Raspoutine", de Muller (in "L'Intransigeant").

Puis ce fut les steppes hongroises ou Baur retrouve le cinéaste Alexis Granowsky, qui se prépare à réaliser "TARASS-BOULBA" (1936).

Ce film qui est tiré du roman de Nicolas Gogol et adapté à l 'écran par un nouvel académcien français le romancier Pierre Benoît. Danielle Darrieux (dont c’était déjà le dix-huitième rôle) se rappelle le tournage : « Je n’ai rencontré ni Harry Baur ni aucun autre acteur, à l’exception de Jean-Pierre Aumont. Il faut dire qu’on m’a engagée alors que le film était pratiquement terminé. Ne manquaient que les scènes d’amour entre le personnage qui m’était dévolu et celui qu’interprétait Jean-Pierre. Du coup, j’ai eu l’impression d’avoir participé à un sketch ! » (in “Danielle Darrieux”, filmographie commentée par elle-même, Éditions Ramsay, 1995).

Jamais depuis "Les Misérables", Harry Baur n'avait connu un tel succès à l'écran. On pouvait en trouver l'écho dans l'article de J-B Susini publié dans "La Volonté". Il traduisait à l'dentique l'opinion partagée par un public et une critique conquis.

la composition de Baur fut l'une des plus prodigieuses de sa carrière cinématographique. Il avait investi de Boulba un portrait à la fois féroce et poignant dont le trait était encore rehaussé par une magistrale indentification physique au personnage.

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Baur se décida à changer de registre et de laisser de côté sa "carrière slave" et incarne un protecteur éclairé des arts et des sciences dans  "LE GOLEM" (1936) de Julien Duvivier. Cette légende juive d’Europe Centrale datant du XIIIe siècle, qui inspira un roman fameux de Gustav Meyrinck (1915), avait déjà été adaptée par deux fois au cinéma. En faisant du personnage de l’empereur Rodolphe, ami de l’astronome Kepler et protecteur des savants de son époque, un despote dément et sanguinaire, les auteurs insufflèrent une dimension politique et sociale prémonitoire à la révolte du ghetto.
Tourné dans les studios de Prague dans le courant de l’année 1935, le film, qui se situe, dans la carrière de Duvivier, entre "La Bandera" et "La Belle équipe".


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LE GOLEM (1936) de Julien Duvivier

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Mais bien d’autres cinéastes que celui de « GOLGOTHA » (1935) (il n’eut qu’un rôle épisodique) recoururent au grand talent d’Harry Baur. Ils lui confièrent généralement des rôles de composition, le plus souvent dans des « films à costumes » eux-mêmes inspirés de la littérature. L’art du grimage du grand comédien pouvait s’y donner libre cours et par goût du pittoresque, il lui arrivait parfois  (tout comme Raimu) de changer un peu sa composition.

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Le cinéaste Maurice Touneur tourne « SAMSON » en 1936  avec Harry Baur, Gaby Morlay, André Luguet, Gabrielle Dorziat, André Lefaur et Suzy Prim . Un drame de l’adultère et du pouvoir de l’argent. Gaby Morlay et Harry Baur forment un couple d’interprètes dont les silences sont aussi éloquents que les paroles.

L'auteur dramatique Henry Bernstein fut « la coqueluche du boulevard parisien pendant quarante ans, entre la Belle Époque et la seconde guerre mondiale » (in “Le Nouvel Observateur” du 29 août 1986). Son œuvre décrit les mœurs d’un milieu qu’il connaît très bien pour en être lui-même issu : la haute bourgeoise. L’action de ses pièces se situe dans un monde où l’argent et la sensualité constituent les seules raisons de vivre. « Samson », fut écrite en 1907.

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Paru en 1922, le roman de Claude Farrère avait déjà fait l’objet, la même année, d’un film muet réalisé par Édouard Violet et E. B. Donatien, adapté par l’auteur lui-même et qui avait bénéficié de l’aide du maréchal Lyautey en personne. Pour la présente version du film "LES HOMMES NOUVEAUX" (1936), Marcel L’Herbier tourna une première partie documentaire sur la pacification du Maroc avec un Gabriel Signoret maquillé en maréchal Lyautey que tout le monde s’accorda à reconnaître d’une étonnante ressemblance. Au même comédien échut l’incarnation d’un second rôle, celui de Maurice de Tolly, inspecteur général des Travaux et ministre d’empire.
Bien ancré dans son époque, le film tentait, selon les propres termes du cinéaste, de glorifier « l’œuvre semi-fraternelle et en tout cas civilisatrice que la France poursuivait sur le sol chérifien » (in “La Tête qui tourne”, 1979). Le paradoxe voulut que ce film « colonialiste » fût dirigé par un ardent militant CGT pour l’unification des professionnels du cinéma au sein du Syndicat des techniciens de la centrale communiste. Mais la véritable raison pour laquelle il l’avait entrepris était qu’il désirait réveiller le patriotisme national jugé par lui apathique face à l’inquiétant développement de la puissance militaire allemande.
On peut apercevoir le jeune Jean Marais, alors à ses débuts, les autres principaux interprètes sont Nathalie Paley et Gabriel Signoret.

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Tiré d'une petite pièce de l'écrivain monarchiste René Benjamin, le scénario de "PARIS" (1936)  était un petit mélodrame réalisé par Jean Choux. Baur incarné avec brio un chauffeur de taxi desespéré de voir sa pauvre enfant délaissé par un jeune homme de la haute société.... Le film ne fut pas un succès, Serve Veber, critique de l'hebdomadaire "Pour Vous" expliqua : "Pourquoi fait-on encore des films comme celui-là?. Qu'espère-t'on ?. Que le titre et le nom prestigieux d'Harry Baur attireront les foules?. Très sincèrement, je ne le crois pas ni ne le souhaite, et je ne pense même pas que ce "Paris" plaira à la province."

Abel Gance lui fournit un rôle admirable dans un chef d’œuvre un peu méconnu « UN GRAND AMOUR DE BEETHOVEN » (1937) ou il donne une vision puissante et inspirée du grand compositeur.

La présence de Paul Pauley dans le rôle du confident de Beethoren surprit beaucoup en 1936. Pauley, poids lourd du cinéma français, jouait les rondeurs sur la scène des Variétés

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PARIS (1936) de Jean Choux

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Jacques de Baroncelli s'interesse à renouveler une experience cinématographique "NITCHEVO" (1936), qu'il avait tourné dans une version muette en 1926, à laquelle il voulait légèrement transformer dans une adaptation bénéficiant des avantages du parlant. C'est ainsi qu'Harry Baur reprit le rôle d'un commandant d'un sous-marin joué dix ans auparavant par Charles Vanel.

A peine terminé le film de Baroncelli, Harry Baur s'imposa un repos bien mérité en Italie, à son retour à Paris, Julien Duvivier lui proposa d'interpréter un moine dominicain dans le film à sketches "UN CARNET DE BAL" (1937)  qui est parait-il un film amer, triste, désabusé, Il caractérise en fait parfaitement le ton et le style des films de Julien Duvivier de cette époque.

il s’agit du premier  et plus célèbre film à sketches français, Harry Baur fut un moine dominicain, eclipsé par Raimu et Louis Jouvet. Le succès du film fut rettentissant et récompensé par la Coupe « Mussolini » du meilleur film etranger à la Biennale de Venise !.Il constitue aussi par son affiche qui réunit les plus grands comédiens d’avant-guerre.

"UN CARNET DE BAL" constitua enfin, par son affiche qui réunit les comédiens les plus célèbres et les plus talentueux, la plus prestigieuse distribution française d'avant-guerre : Marie Bell, Françoise Rosay, Louis Jouvet, Harry Baur, Raimu, Fernandel, Pierre-Richard Willm, Pierre Blanchar, Robert Lynen, Milly Mathis, Sylvie et Jeanne Fusier-Gir.

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Baur s'embarque pour l'Algérie en 1937 pour y tourner "SARATI LE TERRIBLE" sous la direction d'André Hugon. Le scénario est tiré du roman de Jean Vignaud. Le comédien incarnait une brute sordide, imposant la loi du racket aux dockers d'Alger. Le film n'eut pas le succès escompté, mais permis à Harry Baur d'effectuer une composition magistrale.

Baur interpréte un cheik arabe d'Afrique orientale dans "LES SECRETS DE LA MER ROUGE" (1937) tourné par Richard Pottier, cinéaste à qui l'on doit (le chanteur de Mexico). On pouvait croire que la période propice au rôles de russe était révolu, peine perdue, Harry Baur retrouvait son cinéaste des "Yeux noirs", Victor Tourjansky lequel réalisa "NOSTALGIE" (1938).   

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« MOLLENARD » (1938) figure parmi les meilleurs films de la période avant guerre et un grand rôle pour le comédien Harry Baur qui fut victime d’une attaque cardiaque sans gravité toutefois. Le jeune acteur Robert Lynen incarnait à nouveau le fils d’ Harry Baur.

Tiré du livre du romancier et journaliste belge O.P. Gilbert dont cinq autres romans furent adaptés au cinéma en 1938 et l939, Mollenard fut tourné de septembre à novembre 1937 à Dunkerque où Trauner reconstitua le port de Shanghaï, et à Joinville pour les intérieurs... dunkerquois.

Robert Siodmak eut à faire face à de nombreux problèmes avant de pouvoir tourner. Julien Duvivier s'intéressait également au roman et Siodmak fut contraint d 'investir ses économies pour racheter les droits.

Pendant plus d'un an, il chercha d'éventuels producteurs qui ne se décidèrent qu'une fois qu'Harry Baur eut accepté le rôle (auparavant Raimu l'avait refusé car il ne supportait pas la mer). Enfin le tournage était à peine commencé qu'Harry Baur fut victime d'une attaque cardiaque, sans gravité toutefois.

Siodmak envisageait de tourner en janvier 1938 une version anglaise avec Victor Mc Laglen et Ruth Chatterton mais le projet ne se réalisa jamais.

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Au cours de cette même année, Baur compléta son "cycle russe" avec le film de Maurice Tourneur "LE PATRIOTE " (1938)  il était le temps d'un film le Tsar Paul 1er , les deu autres interprétes du film sont Pierre Renoir, Josette Day, Jacques Varennes et Suzy Prim.

La pièce “Der Patriot”, publiée en 1925, avait fait l’objet d’une première adaptation cinématographique en 1928 aux États-Unis, réalisée par Ernst Lubitsch, "THE PATRIOT", avec Emil Jannings (le tsar) et Lewis Stone (Pahlen). C’était un film muet à l’origine, avec des séquences parlées et postsynchronisées.

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Une autre de ses œuvres romanesques a donné lieu à un film célèbre, "LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE" (1937) de Marcel L'Herbier, sur la vie et l’influence de Raspoutine sur le règne du tsar Nicolas II, avec, de nouveau, Harry Baur (Raspoutine). Le tsar Paul 1er qui régna de 1796 à 1801, était le fils de Pierre III et de la Grande Catherine II. C’est son fils Alexandre qui lui succéda.

Manquant cruellement de moyens, l’équipe dut réaliser le film – produit par une petite société – dans des conditions matérielles très précaires et, qui plus est, sous une chaleur accablante.
Baroncelli avait néanmoins pris soin de s’entourer de comédiens qu’il appréciait : Harry Baur, qui avait déjà été son interprète dès 1916 pour "LE SUICIDE DE SIR LESTON".

Avec « LA TRAGEDIE IMPERIALE » (1937), Marcel L’Herbier a sollicité l'acteur Harry Baur d'incarner Raspoutine, celui-ci a accepté plus par curiosité que convictions. D'abord sous-titré "RASPOUTINE et LA FIN DES ROMANOFF", "LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE" fait partie des "films russes" d'Harry Baur, avec notamment "LES NUITS MOSCOVITES" (1934), "TARASS BOULBA" (1936) et "LE PATRIOTE"  (1938). Pour interpréter le personnage historique de Raspoutine, il expliqua qu'il dut hausser sa taille en munissant ses bottes de faux talons et en se faisant maigrir. Il ajouta qu'il avait composé son rôle en s'inspirant de deux ouvrages à son avis les plus documentés : "Raspoutine et les femmes", de Dumur, et "Raspoutine", de Muller (in "L'Intransigeant").

LA TRAGEDIE IMPERIALE (1938) de Marcel L'herbier

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Les extérieurs de « L’HOMME DU NIGER »(1939) furent tournés au Soudan entre mars et avril 1939 et ceci dans des conditions difficiles. Le film fut selectionné pour représenter la France au 1er Festival de Cannes en 1939, ajourné pour cause de guerre.

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L'HOMME DU NIGER (1939) de Jacques De Baroncelli

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Baur avait quitté le Soudan pour se rendre à Casablanca ou le cinéaste Jean Dréville l'attendait pour touner "LE PRESIDENT HAUDECOEUR" (1940). Baur avait déjà été dirigé par le réalisateur dans "Un homme en or" (1934), adapté d'une pièce du même auteur dramatique Roger Ferdinand. Le tournage eut lieu également dans les studios de Marcel Pagnol et le film sortit sur les écrans français le 11 avril 1940. À noter que le comédien Cecil Grane alias Cecil Baur était en réalité le fils d'Harry Baur ; on avait déjà pu le voir dans un petit rôle de "NORD-ATLANTIQUE" de Maurice Cloche (1939).

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LE PRESIDENT HAUDECOEUR (1939) de Jean Dreville

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L’entrée en guerre de la France avait pour effet  la suspension de la plupart des tournages de films. Le film , nombre de comédiens ont été mobilisés, mais tous n'étaient pas sous les drapeaux, c'est ainsi que le film" VOLPONE" (1940) finit par aboutir, il fut adapté par Jules Romains, Marcel L'Herbier s'étant montré trop gourmand quant à son salaire, ce fut Maurice Tourneur qui fut engagé afin de mener à bien ce long métrage, tiré d'une pièce qui fut au théâtre un grand succès de Charles Dullin qui tient ici le rôle de Corbaccio. Il sera présenté à Paris le 10 mai 1941. Son réalisateur suit fidèlement le texte et dirige des comédiens qui font du film un véritable panthéon du théâtre français. Il faut saluer le jeu inégalable de Fernand Ledoux, Charles Dullin, Louis Jouvet, Jacqueline Delubac, ou bien de Jean Temerson, tout ces grands comédiens autour d’Harry Baur.

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VOLPONE (1940) de Maurice Tourneur

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A cette période précise, Harry Baur donna sa propre formule de ce qu'est le cinéma: "J'estime que le cinéma est un miroir. Comme tel, il faut que l'acteur abandonne toutes les fictions pour suivre sa nature. Il ne faut pas y rechercher des attitudes. Il est, surtout et avant tout, représentatif. Il réserve une place aussi prépondérante à l'aspect extérieur du personnage qu'à sa vie intérieure. La marche, le vêtement, le physique, sont autant de facteurs aussi importants que le jeu lui même".

Paris est occupé depuis le 14 juin 1940 par l'armée allemande, l'activité cinématographique était au ralentie, les théâtres parisiens  avaient rouvert  leurs portes, et c'est ainsi que le comédien Harry Baur se dirigea vers le Théâtre du Gymnase pour une reprise de "Jazz" sous la direction de Marcel Pagnol. Harry Baur fut l'objet  de violentes critiques qui  furent orientés non pas du côté artistique mais bien contre les origines qu'on lui attribuait. Une campagne de presse orchestrée entre la fin décembre 1940 et le début de janvier 1941 par "Le cri du peuple" de Doriot, "Jeunesse" et "La France au travail" et l'hebdomadaire antisémite "Le pilori" l'accusa formellement d'être à la fois juif et franc-maçon.

Au fur et à mesure que le temps passé, Baur souhaitant se justifier en adressant une attestation de son origine chrétienne au journaliste Alain Laubreau (virulent critique dramatique de "Je suis partout").

Quinze jours auparavant  était sorti « L’ASSASSINAT DU PERE-NOEL » (1941) dont ce fut le premier film produit par La Continentale, firme allemande pendant la période de guerre, le cinéaste Christian-Jaque (François 1er) (Fanfan la tulipe) débuta à Chamonix le tournage du film le 15 février 1941. On découvrit des intentions cachées dans le dialogue de Charles Spaak. Harry Baur avait un rôle en or dans le personnage du père Cornusse, fabriquant de mappemondes….Le film est tiré du roman de Pierre Véry

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En 1941, Maurice Tourneur retrouva une ultime fois le comédien dans  " PECHES DE JEUNESSE" avec Jacques Varennes et Guillaume de Sax, le sujet peut se lire comme une sorte de version masculine du « Voile Bleue » avec Gaby Morlay et Pierre Larquey.

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" Dénoncé comme " juif " et " communiste " (par confusion curieuse avec certaines de ses interprétations), il est arrêté en 1942, , il fut interrogé, torturé dans des conditions mal eclaircies, I emprisonnépar la Gestapo. Il ne fût relaché que pour revenir mourir chez lui, le 8 avril 1943.

Ses obsèques eurent lieu à St Philippe du Roule en présence du Tout-Paris du cinéma et du théâtre. Ainsi pris fin tragiquement autant que prématurément  la carrière du grandiose interprète de Jean Valjean ou de Beethoven. Il repose à Montmartre, au cimetière Saint-Vincent, ou sa tombe demeure une des plus visitées.

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Perso :

Le plus grand acteur français du XXème siècle, souvent oublié mais pourtant tant apprécié par de nombreux artistes ( Audiard...) a été assassiné par les allemands qui  ne se sont jamais excusé, de même pour le jeune Robert Lynen "Poil de Carotte" (fusillé par les allemands).

Pour ceux et celles qui souhaitent le détail de l’arrestation du grand acteur, quelques extraits du livre d’Hervé Le Boterf « Harry Baur » dans la suite de cette évocation

- 1931
LE CAP PERDU (Ewald André Dupont)
DAVID GOLDER (Julien Duvivier)


LE JUIF POLONAIS (Jean Kemm).
- 1932
CRIMINEL (Jack Forrester)
LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS (Julien Duvivier)

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POIL DE CAROTTE (Julien Duvivier)

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LA TETE D'UN HOMME (Julien Duvivier).
- 1933
CETTE VIEILLE CANAILLE (Anatole Litvak)
LES TROIS MOUSQUETAIRES (Henri Diamant-Berger).
- 1934
LES MISERABLES (Raymond Bernard)
ROTHSCHILD (Marco de Gastyne)
UN HOMME EN OR (Jean Dréville)
LE GRELUCHON DELICAT (Jean Choux)
LES NUITS MOSCOVITES (Alexis Granowski).
- 1935
MOSCOW NIGHTS, version anglaise des NUITS MOSCOVITES (Anthony Asquith)
CRIME ET CHATIMENT (Pierre Chenal)
GOLGOTHA (Julien Duvivier)
LES YEUX NOIRS (Victor Tourjansky).
- 1936
TARASS BOULBA (A. Granowski)
LE GOLEM (Julien Duvivier)
SAMSON (Maurice Tourneur)
PARIS (Jean Choux).
- 1937
LES HOMMES NOUVEAUX (Marcel L'Herbier)

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UN GRAND AMOUR DE BEETHOVEN (Abel Gance)

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NITCHEVO (Jacques de Baroncelli)
NOSTALGIE (Victor Tourjansky)
UN CARNET DE BAL (Julien Duvivier)
LES SECRETS DE LA MER ROUGE (Richard Pottier).
- 1938
SARATI LE TERRIBLE (André Hugon)
MOLLENARD (Robert Siodmak)
LA TRAGÉDIE IMPÉRIALE (Marcel L'Herbier)
LE PATRIOTE (Maurice Tourneur).
- 1939
L'HOMME DU NIGER (Jean de Baroncelli)
LE PRÉSIDENT HAUDECŒUR (Jean Dréville)
VOLPONE (Maurice Tourneur).

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- 1941
L'ASSASSINAT DU PÈRE NOEL (Christian-Jaque)

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PÉCHÉS DE JEUNESSE (Maurice Tourneur).
- 1943
En Allemagne : SYMPHONIE D'UNE VIE (Hans Bertram).

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29 septembre 2009

BOURVIL, côté photos

BOURVIL            1917 - 1970

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René Château

Je me souviens avoir vu sur les grands boulevards (Bd Montmartre, ou j'ai habité pendant de longues années) un cinéma appartenant à René Château ou l'on pouvait voir les premiers films de Bruce Lee entre autres. Depuis, l'éditeur est devenu l'un des meilleurs si ce n'est le meilleur pour l'edition des grands classiques du cinéma français, mais également des anciens films que l'on ne pouvait plus voir nulle part ailleurs. Certains sont d'ailleurs de véritables perles du septième art.

En ce qui concerne Bourvil :"Fortunat", "Le tracassin", "Par la Fenêtre", "Pas si bête", "Blanc comme neige," "Le trou Normand", "Poisson d'avril", "La traversée de Paris", "Les Misérables"   

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Le Hasard. C'est lui qui m'a fait lire "Deo Gratias", Prix international du Premier Roman. Emballé, je conclus bien vite que seul, Bourvil, pouvait incarner Georges Lachesnaye, le héros mystique et farfelu du roman, grand bourgeois demeurant place des Vosges, parlant un langage châtié, portant manteau redingote et chapeau d’Eden gris souris, et pillant avec astuce les troncs d’église. J’adressais le découpage du film qui deviendra "UN DROLE DE PAROISSIEN", boulevard Suchet, chez Bourvil. Deux jours plus tard, Bourvil me téléphone. Non seulement, il accepte le rôle, mais encore il le tournera en en participation presque totale pour m’aider. En plus il rit à tous les gags de ce rire complice, qui tout au long de nos huit ans de collaboration jalonnera la préparation, le tournage et la sortie des quatre films que nous avons fait ensemble: "UN DROLE DE PAROISSIEN", "LA CITE DE L’INDICIBLE PEUR", "LA GRANDE LESSIVE" et "L’ETALON". Noble distingué et déchu ou voleur impénitent dans "UN DROLE DE PAROISSIEN", policier viking au regard bleu poursuivant un assassin, et en découvrant tout un lot dans "LA CITE DE L’INDICIBLE PEUR", professeur de latin partant en guerre contre la pollution télévisée dans "LA GRANDE LESSIVE", ou vétérinaire se penchant sur la solitude des femmes fidèles et leurs vapeurs dans L’ETALON. Bourvil crée des personnages originaux et vrais qui viennent ceux magnifiques de "LA TRAVERSEE DE PARIS" et du "CERCLE ROUGE" où en fin son prénom André, viendra sur les affiches précéder son nom consacrant l’acteur et non plus le clown sans prénom que l’on qualifiait volontiers de bébête. Je ne parlerais pas de ses autres films. Je ne les aime pas. Peut-être ont-ils été de grands succès d’argent ; alors, que ceux qui en ont gagné avec les défendent devant la postérité.
Bourvil, je le connaissais mieux que quiconque car notre complicité était désintéressée. Ce qui nous a réuni, c’est l’amour de notre métier, tel qu’on le pratique en Italie et en Amérique, et si peu en France : la création de personnages et d’histoires nouvelles et non les sempiternelles redites. Combien de fois n’est-il pas venu me dire qu’on tel ou tel autre lui déconseillait de travailler avec moi, et combien de fois devant mon anxiété de le voir suivre ces avis, il éclatait de ce rire sain et tonitruant qui le faisait aimer de tous. Oui, Bourvil était aussi intelligent que le bel esprit du Tout-Paris, aussi cultivé que beaucoup d’académiciens, aussi généreux que les paysans normands sont réputés avares. Son éclectisme a été total. Il a autant aimé jouer les opérettes style « Ouah-Ouah » qui ravissaient son public, qu’il aurait adoré jouer Sartre. Son rêve était aussi de tourner sous la direction des plus grands réalisateurs internationaux dont il connaissait les films, mais qui eux ne le connaissaient pas sous son vrai jour. Quel dommage ! Quelquefois, quand un de mes films était fait de bric et de broc, il se révoltait et ne comprenait pas. Alors, je lui rappelais certains films de Michel Simon et de tant d’autres dont les sujets étaient tabous, et qui avaient et tant de difficultés à se faire. Alors il se calmait et de nouveau on riait. Ce jour de septembre où il est mort, j’ai été frappé comme s’il avait été mon frère. Depuis, de nombreux sujets écrits pour lui, dorment dans mes tiroirs.

Bourvil, c’était celui à qui tout le monde souriait dans la rue, et à qui il souriait de même. Mais derrière cette bonhomie il y avait une soif de vivre et d’apprendre (Comme il travaillait son anglais ! Comme il était curieux de tout !).
Bourvil, c’était le travail, la simplicité, la santé. C’est cette dernière qui l’a emporté de l’autre côté, du côté où sont maintenant Jouvet, Raimu, Fernandel, Simon, Berry, Stroheim, Baur et tous ceux de cette race. Pour notre plus grand malheur.

Jean-Pierre Mocky

Annie Cordy

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Pierrette Bruno

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Annie Cordy "La route fleurie"

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Bourvil en famille

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En famille

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Louis de Funès et son complice

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Fernandel fut très affecté par la disparition de Bourvil

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Brigitte Bardot

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Jeanne Moreau

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Pendant le tournage du "Mur de l'Atlantique" de Marcel Camus

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Georges Guétary "La route fleurie"

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Bourvil en famille

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18 septembre 2009

BOURVIL, Bouleversant d'authenticité

BOURVIL            1917 - 1970

Acteur, chanteur, humouriste Français

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Le succès commercial n'a jamais éloigné Bourvil de ses origines paysannes. C'était un homme simple et droit, qui a su interpréter avec beaucoup de sincérité et d'humanité des rôles bouleversants.

Henri Jeanson avait dit de lui : C'était un personnage qui, le film terminé ou le rideau baissé, nous prenait par la main, nous accompagnait jusqu'à la porte et nous glissait dans la paume un peu de son innocence.

Le 23 septembre 1970, disparaissait l'un des plus grands acteurs français du XXème siècle/ Il fut émouvant dans quelques uns de ses plus grands rôles au cinéma : On oubliera jamais  son interprétation  émouvante de "Fortunat" d'Alex Joffé aux côtés de sa partenaire Michèle Morgan, avec qui il avait  précèdemment  tourné "Le miroir à deux faces" d'André Cayatte.

Charles Ford : Aux heures les plus sombres de l'occupation, la France entière écoutait la radio. De Suisse nous parvenait la voix d'un chanteur nommé Pierre Dudan qui détaillait une chanson nostalgique sur "le café au lait au lit". Bientôt sur les ondes françaises se fit entendre un chanteur et conteur assez obscur se faisant appeler Bourvil.

Au lendemain de la Libération, Bourvil mit au service du cinéma le personnage de paysan ahuri mais malicieux qui lui a valu une immense populairité à la radio. Sa personnalité normande dégageait une sympathie à laquelle le public répondit bien vite par la réciproque. "Pas si bête", "Blanc comme neige", "Le coeur sur la main" furent les premiers succès de ce personnage qui prit bientôt du relief en abandonnant le comique pur au profit d'une plus grande humanité. "Seul dans Paris" amorçait le virage qui allait se concrétiser dans "La traversée de Paris" que d'aucuns regardent comme son meilleur film.

Petit à petit, pas à pas, le talent de Bourvil prenait de l'ampleur et, à la stupéfaction des anciens admirateurs du chansonnier satirique, le paysan normand plein de bonhomie mais aussi d'astuce se transformai en un grand comédien. Il allait donner de multiples preuves de son immense savoir-faire en élargissant considérablement l'éventail de ses créations, des "Misérables" à "Fortunat", du "Chemins des ecoliers" au "Jour le plus long", des "Bonnes causes" au "Cercle rouge". Aussi parfait dans la comédie que dans le drame, Bourvil insufflait une vie authentique dans chacun de ses personnages les plus divers. Il reste inoubliable et toujours regretté.

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André Raimbourg dit Bourvil est né le 27 juillet 1917 à Pretot-Vicquemare, en Normandie et passe son enfance dans le petit village nommé Bourville. Ses parents soucieux d'assurer la promotion sociale de leur descendance, auraient voulu faire de lui un instituteur. Mais celui qui allait devenir l'un des acteurs les plus populaires du cinéma français des années 50 et 60, avait l'humeur vagabonde et la tête pleine de chansons. Son séjour à l'Ecole normale d'Yvetot ne lui a pas laissé de très bons souvenirs : "J'avais une petite casquette, un uniforme, on marchait en rangs. Pendant deux ans, de treize à quinze ans, j'ai eu l'impression que j'étais un petit soldat désemparé dans un pauvre petit régiment."

De retour à la ferme familiale, après avoir définitivement renoncé à la carrière à laquelle le destinaient ses parents, il va manifester, en revanche, un goût prononcé pour la musique : pas la grande, bien sûr, pas celle que l'on écoute le mercredi soir au théâtre de Rouen, mais celle qui fait tourner le coeur des garçons et des filles de la campagne dans les petits bals du samedi soir.

Son premier maître sera un boulanger de Fontaine-le-Dun, auprès de qui on l'a mis en apprentissage. Son patron lui apprend à faire le pain, certes, mais aussi à jouer du cornet à piston : il l'enrôle d'autorité dans la fanfare municipale. Mais avec ses économies, André Raimbourg achète un accordéon, et le voilà qui parcourt les villages du canton les jours de fête, se taillant rapidement une jolie réputation locale. C'est en faisant ainsi danser la jeunesse normande qu'il rencontre celle qui sera la femme de sa vie, Jeanne Lefrique.

Cependant, André Raimbourg a gardé les pieds sur terre. Il n'a pas vingt ans, Jeanne n'en a que dix-sept, et il décide de se doter d'une situation stable : il revient à Bourville pour s'y établir comme boulanger. Mais comme la clientèle ne vient pas assez vite remplir sa boutique. Il prend rapidement une autre décision. Il ferme sa boulangerie et, devançant l'appel, va s'engager pour trois ans dans la musique du 2ème régiment d'infanterie, à Paris. Il profite de ses jours de permission pour jouer dans les guinguettes de la banlieue parisienne et pour tenter sa chance dans les "crochets radiophoniques qui, à l'époque, permettaient aux amateurs de se faire connaître, et, le cas échéant, d'attirer l'attention sur leur talent. Car André Raimbourg ne joue pas seulement de l'accordéon : il chante aussi, puisant dans le répertoire à la mode et imitant Fernandel.

La percée des armées allemandes, en 1940, va jeter le soldat Raimbourg sur les routes du Sud. A la signature de l'armistice, il revient à Bourville, où il aurait pu traverser confortablement les années noires de l'Occupation. Pourtant André Raimbourg va choisir l'aventure : il prend le train et débarque un beau matin à la gare Saint-Lazare. Il survit tant bien que mal dans la capitale, passe des auditions, devient l'accordéoniste attitré d'une chanteuse, et finit par se produire seul dans un cabaret "chez Carrère". Mais il lui faut prendre un nom de scène : ce sera tout simplement Bourvil !

C'est avec une indéniable réussite qu'il se compose alors un personnage de paysan à l'âme trop sensible pour être madré, de benêt de village dont le regard trahit parfois une  muette souffrance. Dès le lendemain de la guerre, sa popularité lui vaut de participer aux émissions radiophoniques de Francis Blanche et Jean-Jacques Vital. Ses chansons ne sont certes pas des plus subtiles. Mais, comme le dit Maurice Bessy, c'est un univers naif, un peu fleur bleue sur les bords, drôle à force d'être banal, aimable, peu dérangeant, peuplé de calembours, de plaisanteries d'autant plus sûres de faire mouche qu'elles son éculées, avec quand même, un arrière goût d'amertume, un soupçon de peine".Il participe à des "crochets" et obtient le premier prix à celui de Radio-Paris. Il chante alors le répertoire de Fernandel et tout particulièrement "Ignace".

Le 23 janvier 1943, le Normand au coeur fidèle avait épousé Jeanne Lefrique : sa vie privée sera d'ailleurs un modèle de modestie et de simplicité. Mais dès 1945, le cinéma comprend tout le parti qu'il peut tirer de son personnage. Les dix premières années de sa carrière cinématographiques seront  difficiles

En 1942, après avoir figuré dans "CROISIÈRES SIDÉRALES", on retrouve Bourvil en 1945, il incarne son premier rôle au cinéma dans "LA FERME DU PENDU" du cinéaste JEAN Dréville, où à la fin d'un repas de noces il chante l'un de ses succès "Elle vendait des cartes postales". Le cinéma exploite son côté "paysan benêt"

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Bourvil avait tourné quatre films avec un même cinéaste : André Berthomieu "Pas si bête" (1946), "Blanc comme neige" (1948), "Le coeur sur la main" (1949) avec Paulette Dubost et Mona Goya et "LE ROI PANDORE" (1950). il crée l'un des personnages clé du cinéma français, le gendarme et remporte un énorme succès avec la chanson "La Tac-tac-tac-tic du gendarme".

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Henri-Georges Clouzot lui offre un rôle totalement différent dans "MIQUETTE ET SA MÈRE" (1950), celui d'un timide. Aux côtés de Bourvil, Louis Jouvet, Danièle Delorme, Saturnin Fabre, Pauline Carton, Mireille Perrey, Jeanne Fusier-Gir, Louis Seigner et Jean Temerson (Volpone).

Selon les propres termes de son réalisateur, "Miquette et sa mère" est " une erreur et le fruit d'un malentendu". " J'avais signé un contrat pour un autre film que le Centre du Cinéma m'a déconseillé de faire, précisa le cinéaste. J'ai donc dû renoncer, mais des pressions se sont exercées sur moi qui m'ont obligé à faire Miquette, que je n'avais pas du tout en vie de tourner " (Cinéma 65, n¼ 96, mai 1965). En fait, "Miquette et sa mère" est la seule et unique incursion du réalisateur du CORBEAU dans le domaine superficiel et factice de la comédie de boulevard.

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Dans "LE ROSIER DE MADAME HUSSON" (1950) réalisé par Jean Boyer, il prend la place de Fernandel qui avait interprété le fameux "rosier" en 1932. Inspiré d’une nouvelle de Marcel Aymé (1902-1967), “Le passe-muraille”, qui donne son titre à un recueil publié en 1943, le film de Jean Boyer lui est relativement infidèle: à la fin du texte, par exemple, le modeste employé reste bloqué au milieu d’un mur!

Il s’agissait d’un des premiers travaux du scénariste Michel Audiard, alors âgé de 30 ans. Bourvil, quant à lui, y confirmait sa popularité naissante avec ce rôle qui le changeait de ceux de paysan benêt, dans lesquels il était alors souvent relégué.

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Bourvil donna la réplique à l'actrice Suzy Delair dans un film de Gilles Grangier "PAR LA FENETRE" en 1948. Le cinéaste ecrivit : C'est Berthomieu, qui venait de faire "Pas si bête" avec Bourvil, qui m'a recommandé au producteur. "PAR LA FENETRE" est un bon souvenir en ce qui concerne Bourvil, mais Suzy Delair m'a beaucoup emmerdé. Je n'avais pas pensé à elle pour le rôle, mais Clouzot, que j'avais connu lorsqu'il était scénariste et qui était un copain m'a fait un chantage à l'amitié : "Je suis aux abois, il faut que tu engages Suzy, la vie n'est plus possible à la maison."

Moi, je voulais Michèle Philippe que j'avais dirigé dans "Le cavalier noir" et qui était d'une grande vivacité. Elle joue dans le film d'ailleurs, mais un rôle secondaire. Finalement, j'ai accepté de prendre Suzy. Mais dès le moment ou elle avait signé, elle a commencé à nous emmerder, sous n'importe quel pretexte. Elle arrivait tous les jours au studio avec une seule envie : mettre le bordel.....

Et comment t'es-tu entendu avec Bourvil? -Très bien. C'était quelqu'un de blagueur, toujours très gai. Pendant le tournage, une voiture venait nous chercher tous les matins. Elle prenait Bourvil juste avant moi. Et celui-ci pour m'appeler, jouait un solo de clairon dans la cour de mon immeuble. Inutile de dire que ce réveil matinal n'était pas du goût de tous. J'ai dû faire promettre à Bourvil de laisser le clairon chez lui. Le lendemain, à sept heures moins le quart du matin, il se pointait avec un accordéon !. Gilles Grangier -Entretien avec François Guerif

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Après avoir joué dans un film méconnu "SEUL DANS PARIS" (1951) de Hervé Bromberger, il enchaîne avec "LE TROU NORMAND" (1952) de Jean Boyer avec une débutante nommée Brigitte Bardot. Situé sur les terres natales de Bourvil, ce film marquait de fameux débuts : ceux de Brigitte Bardot à l’écran. Autre révélation : celle de Jacques Deray comédien. Les autres acteurs du film sont Jane Marken, Pierre Larquey, Noel Roquevert, Jeanne Fusier-Gir et Roger Pierre.

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Après avoir fait une apparition dans le film de Jean Boyer "Cent francs par seconde". Bourvil débute une collaboration avec le réalisateur André Hunebelle, avec le tournage de quatre films : "LES TROIS MOUSQUETAIRES" (1953) aux côtés de Georges Marchal et Gino Cervi, puis l'année suivante "CADET ROUSSELLE" avec François Périer et Dany Robin. (Suivront en 1959 "Le bossu" et "Le capitan", ces deux films auront pour interprète principal Jean Marais.

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Bourvil participe au tournage du colossal "SI VERSAILLES M'ETAIT CONTE" (1954) de Sacha Guitry, en interprétant un gardien du Château de Versailles. La distribution est des plus importante puisqu'elle comprend 83 acteurs...Jean Marais, Georges Marchal, Brigitte Bardot, Micheline Presle, Gérard Philipe, Orson Welles, Charles Vanel, Jean-Louis Barrault, Claudette Colbert, Gino Cervi, Tino Rossi, Gaby Morlay,Fernand Gravey....

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En 1954, c'est la première rencontre entre Bourvil et Louis de Funès, le futur tandem inoubliable et légendaire avec "Le corniaud" et "La Grande vadrouille". Mais en cette année 54, c'est dans un film de Gilles Grangier que nos deux acteurs français vont faire leur première scène au cinéma, avec "POISSON D'AVRIL". Le cinéaste déclara : De Funès est resté seulement quatre jours sur le film. Il était très drôle. Lui et Bourvil ont tout de suite sympathisé. C'était difficile de ne pas sympathiser avec Bourvil qui était très agréable et avait toujours le sourire aux lèvres. Ce qui frappe dans le film, c'est le côté assez réaliste des décors, notamment en ce qui concerne le deux-pièces cuisine de Bourvil et Annie Cordy. 

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1956 marque une date importante dans la carrière de Bourvil, la sortie du film "LA TRAVERSEE DE PARIS" de Claude Autant-Lara, d'après une nouvelle de Marcel Aymé. Bourvil compose un personnage timoré et pitoyable qui lui valut le grand prix d'interprétation à Venise. "Au terme d'une dizaine d'années de cinéma pour digestions difficiles, écrit encore Maurice Bessy dans l'excellente monographie qu'il lui a consacrée, Bourvil atteint ici une grandeur dans le pitoyable qui le classe soudain parmi les plus grands, à force de candeur suggérée, de simplicité, de désarroi."

Marcel Aymé estimait que "LA TRAVERSÉE DE PARIS" nouvelle tirée de son recueil " Le Vin de Paris " - était la plus fidèle adaptation que le cinéma ait fait de ses écrits. Cependant dans son récit, Martin poignardait Grandgil, et l'épilogue de la Gare de Lyon a été rajouté. Autant-Lara, qui n'approuvait pas cette fin " plus public ", a su montrer son désaccord par un noir entre la vraie fin du film et cette séquence. Gabin crée ici un personnage nouveau, assez éloigné de sa mythologie habituelle, cynique, agressif, antipathique. Face à Gabin hurlant son fameux " salauds de pauvres ",  Le film tourné en noir et blanc a été tiré sur une pellicule couleur : ce procédé employé pour la première lois par Autant-Lara lui permettait de retrouver " le cÔté froid, verdâtre, de l'Occupation".

Il obtient le grand prix d'interprétation au Festival de Venise pour son rôle de Martin dans "LA TRAVERSÉE DE PARIS". " J'ai eu le prix à Venise, bon, j'en suis pas mal fier. déclare-t-il mais je ne confonds pas vitesse et précipitation. Bourvil et Sarah Bernhardt. Le rire dans la qualité c'est ce que je voudrais pouvoir faire. L'imbécile heureux, voilà mon emploi. Que je m'évade de temps en temps je ne dis pas non mais ce sera toujours pour y revenir. " (cité par M. Bessy in "André Bourvil").

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Dès lors, Bourvil va trouver des rôles merveilleusement accordés à sa personnalité. Avec "LES MISERABLES- 1ère Partie" (1957) et "LES MISERABLES-2ème Partie" (1958) où il interprète l'ignoble Thénardier sous la direction de Jean-Paul Le Chanois avec Jean Gabin dans le rôle de Jean Valjean et Bernard Blier dans celui de Javert. Le cinéaste est arrivé à condenser en deux parties l'énorme roman de Victor Hugo en bourrant de faits, de personnages et d'épisodes célèbres le deuxième épisode surtout. L'adaptation de 1934 due à Raymond Bernard et André Lang, découpée en trois époques (avec Harry Baur), suivait plus minutieusement les chapitres du livre.


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Bourvil aura tourné deux opérettes avec son ami Luis Mariano : "Sérénade au Texas" (1956) et "LE CHANTEUR DE MEXICO" (1958), tous les deux sous la direction de Richard Pottier.

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Bourvil poursuit sa carrière cinématographique en interprétant le pitoyable Tardinet dans "LE MIROIR A DEUX FACES" (1958) d'André Cayatte. Connu pour avoir défendu à l’écran diverses thèses qui lui avaient été inspirées par son ancien métier d’avocat, André Cayatte (1909-1989) changeait radicalement de style avec cette étude psychologique de la vie d’un couple, dont le sujet fut le premier travail de scénariste du comédien Gérard Oury qui amorçait ainsi son passage à la mise en scène. Excité par « le numéro de corde raide que constituait l’enlaidissement de Michèle Morgan, et les problèmes techniques énormes qu’il a soulevés » – la difficulté à trouver le moyen de rendre l’actrice méconnaissable grâce à un maquillage plastique –, le cinéaste avoua qu’avec ce film, il prenait « un risque plus formel et esthétique qu’intellectuel. » (in “André Cayatte”, par Guy Braucourt, Seghers, 1969). À noter qu’il n’existe aucune photo sur laquelle Michèle Morgan apparaît dans son maquillage enlaidissant : le découvrir était l’un des arguments publicitaires du film. La performance de Bourvil fut récompensée par une Victoire du meilleur acteur français.

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Il retrouvera avec bonheur l'univers cruellement ambigu de Marcel Aymé avec "LE CHEMIN DES ECOLIERS" (1959) de Michel Boisrond avec une distribution prestigieuse : Lino Ventura, Françoise Arnoul (qui était sommet de sa carrière),Alain Delon, Jean-Claude Brialy (tous deux au début de leurs carrières),Pierre Mondy, Paulette Dubost (bientôt centenaire), Lise Delamare et Jean Brochard.

Trois ans avant "Le Chemin des écoliers", Aurenche et Bost avaient adapté une autre oeuvre de Marcel Aymé avec "La Traversée de Paris". (Ils utilisèrent le même style de décor de "Paris de l'Occupation" et même contexte de marché noir et l'altitude des Français face à la Résistance). Mais la vision de Michel Boisrond est moins tragique et cynique que celle de Claude Autant-Lara.

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Il y eut également "LA JUMENT VERTE" (1959) de Claude Autant-Lara aux côtés de Francis Blanche, Yves Robert, Julien Carette et Sandra Milo. Le roman, qui fut un des gros succès de vente de Marcel Aymé, comporte en regard de l'intrigue proprement dite une série de chapitres intitulés "les propos de la jument", dans lesquels l'animal fabuleux donne son point de vue sur le déroulement des événements Une des difficultés de l'adaptation fut de rendre visuels ces propos. Autant-Lara révéla que deux versions en furent tirées. L'une où la jument se transformait en femme, l'autre où la jument restait accrochée dans son cadre tandis que ses propos sont prêtés aux différents personnages; c'est cette version qui fut adoptée.

Le film terminé eut des démêlés avec la censure qui, à la présentation, le renvoya en commission plénière et interdit la projection des bandes-annonces, puis l'interdit aux mineurs de moins de dix-huit ans.

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Bourvil trouve un nouvel emploi, celui de valet dans les films de cape et d'épée. Il sera Passepoil dans "LE BOSSU" (1959) et Cogolin dans "LE CAPITAN" (1960) tous deux réalisés par André Hunebelle avec Jean Marais.Il s'agit de la seconde version inspirée par le roman de Zévaco, après celle de Robert Vernay, réalisée en 1945 avec Aimé Clariond, Claude Génial, Jean Tissier, Pierre Renoir et - déjà - Lise Delamare.

Préparée pour le centenaire du célèbre roman de Paul Féval, celle adaptation tournée par André Hunebelle (après celles de Jean Kemm en 1925, René Sti en 1934 et Jean Delannoy, en 1944) restitue la flamme et la droiture généreuse du chevalier de Lagardère auquel Jean Marais confère son charme et la popularité que lui a conquise son intrépidité de "premier cascadeur de France". Sa composition dans la seconde partie demeure légendaire et l'association avec Bourvil se reproduira l'année suivante, lors du "CAPITAN", toujours sous la houlette de André Hunebelle.

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Période Alex Joffé

1960, Bourvil réussit à nous émouvoir avec l'un de ses plus beaux rôles au cinéma : "FORTUNAT", il y retrouve sa partenaire du "Miroir à deux faces", Michèle Morgan. Alex Joffé reformait en cette occasion le couple Bourvil-Morgan qui avait fait le succès, en 1958, du film d'André Cayatte: "LE MIROIR A DEUX FACES".

Il s'agit d'un des très rares films français - avec "Le Vieil homme et l'enfant" - qui ne comporte pratiquement aucune erreur de détail sur la restitution du temps de l'Occupation.
Bourvil et Alex Joffé ont tourné ensemble outre "FORTUNAT", cinq autre films : "LES HUSSARDS" (1955), "LE TRACASSIN" (1961), "LES CULOTTES ROUGES"(1962), "LA GROSSE CAISSE" (1965) et  "LES CRACKS" (1967).

Français moyen pris au piège du quotidien dans un Paris embouteillé dans "LE TRACASSIN ou les plaisirs de la ville" (1961), aux côtés de Bourvil, Armand Mestral, Rosy Varte et Maria Pacôme.

  C'est peut être dans "LES CULOTTES ROUGES" (1962) toujours sous la direction d'Alex Joffé, que Bourvil fit sa création la plus émouvante, la plus humaine. Son personnage de prisonnier de guerre pétainiste qui, aux exploits guerriers, préfère la couture, et qui verra sa timidité maladive affreusement blessée par la violence cynique du jeune gaulliste qui veut l'associer à ses plans d'évasion, est proprement inoubliable. Le film, d'une facture parfaitement classique, est d'ailleurs très réussi.

Le film de Joffé se situe tout de suite après "La Vache et le Prisonnier" (1959) d'Henri Verneuil,  et "Le Caporal épinglé" (1961) de Jean Renoir. Les histoires de prisonniers de guerre connaissaient alors une certaine vogue, un peu analogue à celle des films de caserne avant la guerre. S'y ajoutaient le parfum de l'aventure, un chauvinisme élémentaire et des tentatives d études de caractères comme ceux des héros des "CULOTTES ROUGES". Alex Joffé avait beaucoup contribué à débarrasser Bourvil de son personnage de paysan naïf et madré, d 'abord en 1955 avec "LES HUSSARDS", ensuite avec "Fortunat" douloureux récit de l'occupation, enfin avec "LE TRACASSIN" satire de la vie dans une grande ville. Quant à Laurent Terzieff, il put abandonner l'espace de ce film, les rôles de séducteur ténébreux qu'on lui imposait depuis sa révélation dans LES TRICHEURS (Carné, 1958).

A propos des "CULOTTES ROUGES", Maurice Bessy écrivait : "un jour viendra où l'on s'apercevra qu'il est une manière de chef-d'œuvre. Avec, pour point de départ, un cadre et un sujet au premier degré qui n'incitent guère au rire - de peur d'avoir à en pleurer -, le film évolue subtilement vers une thématique infiniment plus complexe, plus ambiguë : les liens terribles qui unissent le bourreau et sa victime avec, au fond de tout cela, l'image comme en négatif de toutes les amours humaines qui font que l'on est tour à tour le tyran et le supplicié de l'autre". (in : "Bourvil " Collect. Étoiles 1972)

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Sous la direction de René Clair, Bourvil composa plusieurs rôles dans "TOUT L'OR DU MONDE" (1961) aux côtés de Philippe Noiret, Claude Rich, Alfred Adam et la jeune actrice Françoise Dorléac. Fernandel avait lui aussi eut le privilège d'interpréter plusieurs personnages dans "Le Mouton à cinq pattes" d'Henri Verneuil.

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Dans "LE JOUR LE PLUS LONG" (The Longest Day",1962) de Bernard Vicki, Andrw Marton, Ken Annakin, Bourvil complèta la prestigieuse distribution d'acteurs internationaux, du côté des acteurs français, s'affichèrent Arletty, Fernand Ledoux, Madeleine Renaud, Pauline Carton, Daniel Gélin.

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"LA CUISINE AU BEURRE" (1963) de Gilles Grangier n'est pas seulement la rencontre dans un même film de deux grands acteurs français, de deux grands comiques, mais c'est à travers la personnalité de Bourvil et de Fernandel, la confrontation de deux types de français : le Normand et le Marseillais.

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Avec le tournage du film "LE MAGOT DE JOSEFA" (1963) le co-producteur du film (via Raimbourg Productions), Bourvil avait demandé au cinéaste Claude Autant-Lara d'engager des acteurs de premier plan. Le cinéaste racheta donc au prix fort le contrat d'exclusivité qui liait Anna Magnani au producteur italien Alfredo Bini (Arco Film). Le film fut sur le plan commercial un échec, et Autant-Lara ruiné par l'achèvement, à ses frais, de "Tu ne tueras point" (1961), son film sur l'objection de conscience, aurait été déclaré en faillite si Bourvil, en souvenir de son Prix d'interprétation à Venise pour "La Traversée de Paris", n'avait comblé lui-même le lourd déficit de l'opération. Josefa est émue par le disque que lui fait écouter Pierre dans l'église : il s'agit de « Un Air de jeunesse », chanson mise en musique par Henri Salvador, sur des paroles de Bernard Dimey et interprétée par Bourvil.

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"LES GRANDES GUEULES" (1965), dit Robert Enrico, c'était un projet de Lino Ventura. À l'origine José Giovanni avait écrit une nouvelle sur les libérés conditionnels embauchés dans un haut-fer(une scierie). Sur les conseils de Lino, Giovanni a transformé la nouvelle en scénario. Puis, comme personne ne voulait le tourner, il a repris son scénario et cette fois l'a transformé en roman." (Nouvelles Littéraires, 28 octobre 65). Le producteur Michel Ardan s'intéresse alors au sujet et envisage d'en confier la réalisation à Jean Becker, puis à Claude Sautet.
Le film a été tourné sur les lieux où Giovanni a situé son roman, dans la clairière de Cellet, près de Gérardmer. Aux côtés de Lino Ventura, Bourvil, Marie Dubois, Michel Constantin, Jean-Claude Rolland, Jess Hahn et Paul Crauchet.

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Reconnu comme l'un des meilleurs acteurs français de sa génération, Bourvil sera bientôt l'heureux bénéficiaire, avec Louis de Funès, de deux succès commerciaux sans précèdent dans l'histoire du cinéma français : sous la direction de Gérard Oury, il tourne en effet "LE CORNIAUD" (1964) puis "LA GRANDE VADROUILLE" (1966). Le premier fera 915 000 entrées pendant l'exclusivité parisienne, le second pas moins de 1 295 000..._____

Mais il va connaître un immense succès populaire dans les deux films où Gérard Oury l'oppose à Louis de Funès : LE CORNIAUD (915 000 en première exclusivité parisienne) et surtout LA GRANDE VADROUILLE (1 295 000 entrées en vingt semaines d'exclusivité !). Robert Enrico révèle un nouvel aspect de son talent en lui confiant le rôle du forestier dans LES GRANDES GUEULES. Enfin, Bourvil incarne, sous la direction de Jean-Pierre Melville, le très impressionnant commissaire Mattei du CERCLE ROUGE, et, pour la première fois au générique d'un film, son prénom précède son surnom : André Bourvil. Malheureusement, avec courage, il supporte plusieurs mois un mal impitoyable : il meurt le 23 septembre 1970, maintenant regretté par le public sensible à la générosité, à la bonté, à l'humanité de son grand talent

"C'est Louis De Funès, jouant la seule scène drôle de mon film "Le crime ne paie pas", qui m'a décidé à tourner "Le Corniaud", déclara Gérard Oury. "J'ai raconté mon scénario à Louis et à Bourvil et ils ont tous les deux signés, sans avoir rien lu." (in "France-Soir", 11-10-71).

Après l'immense succès du "Corniaud", la même équipe, à laquelle vint se joindre Danielle Thompson (la fille de Gérard Oury, future réalisatrice de "La Bûche", tenta et tint la gageure de reformer le tandem Bourvil-De Funès et de le conduire au triomphe, au terme d'une "GRANDE VADROUILLE" qui fut vue par quelque 13 millions de spectateurs.

Tout fut mis en œuvre lors de la préparation et de la réalisation, sans oublier le budget (trois fois celui du CORNIAUD, le plus élevé pour un film français à cette époque) pour mettre en valeur l'étonnante complémentarité des deux acteurs, dont De Funès disait : "Bourvil avait quelque chose de plus. Un je ne sais quoi de tendresse qui ajoutait à son jeu. Moi, je n'ai qu'un seul registre mais les ressources sont grandes".

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Gérard Oury a travaillé deux ans sur la préparation du film "LE CERVEAU" (1969). Il voulait, en effet, qu'à aucun moment il ne rappelle ses films précèdents. La Compagnie Générale Transatlanlique a accepté que Gérard Oury attache entre les cheminées du "France" une gigantesque reproduction de la statue de la Liberté. Au générique Bourvil, Jean-Paul Belmondo, David Niven et Elli Wallach.

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Période Jean-Pierre Mocky

1963, la rencontre entre Bourvil et le cinéaste Jean-Pierre Mocky, le meilleur est à venir, c'est sans conteste Jean-Pierre Mocky qui va nous l'offrir. Anarchiste aux utopies truculentes, ce jeune cinéaste indépendant va utiliser l'ancien boulanger de Bourville, avec un véritable génie de l'inattendu : dans "UN DROLE DE PAROISSIEN" (1963) avec la complicité de Francis Blanche, Jean Poiret, Jean Tissier et Marcel Perès.

C'est parce qu'il avait été séduit par le personnage de Lachesnaye, un rôle d'"aristocrate distingué" inhabituel pour lui, que Bourvil avait accepté de tourner ce film (en y participant, également, financièrement).  "Un drôle de paroissien" fut tourné dans les décors naturels de vingt-cinq églises parisiennes, les prises de vues s'efforçant d'avoir lieu entre les baptêmes et les enterrements. À signaler, dans ce film en noir et blanc, une séquence-couleurs d'environ dix minutes : le cauchemar de Bourvil. D'autre part, dans le couple insolite poussant, fugitivement, un landau, devant l'église Saint-Bernard, on peut reconnaître le metteur en scène, Jean-Pierre Mocky et son assistant, Luc Andrieux.

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L'amitié et la complicité qui les liaient l'un à l'autre donna lieu à trois autres films :

"LA CITÉ DE L'INDICIBLE PEUR" plus connu sous le titre : "LA GRANDE FROUSSE" (1964), ce film fut exploité, en 1964, dans une version mutilée. À la demande des distributeurs Jean-Pierre Mocky avait dû tourner des scènes supplémentaires et en supprimer d'autres. En 1972, à l'expiration des droits de distribution, le metteur en scène racheta tout le matériel et rétablit le film dans son montage et avec son titre d'origine (celui du roman de Jean Ray). Le tournage eut lieu dans le Cantal, à Salers, ville du XVe siècle, avec le concours de la population locale. Un figurant - qui était sorcier - refusé, se vengea en jetant un sort sur le film... Effectivement, au retour du développement, la pellicule impressionnée présentait des traînées claires d'origine inconnue (des " effluves ") qui obligèrent à refaire des séquences importantes.

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"LA GRANDE LESSIVE" (1968) permit à Bourvil de retrouver ses acolytes (Francis Blanche, Jean Poiret, Jean Tissier et Marcel Perès) pour une nouvelle aventure avec Mocky, il incarne un professeur délicieusement vieux jeu qui, pour sauver la santé mentale de ses élèves, entreprend de priver les Parisiens de télévision. Ce neuvième film réalisé par Jean-Pierre Mocky et dont le tournage se déroula au moment même des événements de Mai 68, devait primitivement s'intituler "Le Tube", ou encore "Le Schproum". D'un avis toutefois différent de celui de Mocky, les distributeurs optèrent pour "LA GRANDE LESSIVE". Le (!) insolite qui ponctue ce titre - et qui figura d'ailleurs dans tout le matériel publicitaire - indique les distances prises par le réalisateur vis-à-vis de cette option.

Dans l'un de ses derniers films "L'ÉTALON" (1970), Bourvil interprète un philanthrope aux idées peu ordinaires, le crâne rasé, il compose un personnage particulièrement anticonformiste.

Le film fut tourné à Port-Bou. Bourvil qui devait disparaître quelques mois seulement plus tard. Au sujet de sa collaboration avec celui-ci, Mocky précise : "L'ÉTALON" est le film le plus violent que j'ai fait avec Bourvil. Je crois qu'il faut insister sur ce point : lorsque je fais "un Bourvil", ce n'est pas "un Bourvil" comme les autres. J'utilise Bourvil comme "dérangeur" de la société de consommation alors que, généralement, Bourvil est utilisé comme un héros de cette société. La grande vertu du comique, c'est de déranger le public sans qu'il s'en aperçoive; le faire rire tout en "agaçant" les dents ! "L'ÉTALON" - ajoute Mocky - n'est certes pas un film pudique, mais c'est incontestablement un film sain, décontractant, disons rabelaisien, une sorte de Gargantua érotique...

C'est tout à l'honneur du populaire comédien que d'avoir accepté de mettre son talent et sa notoriété au service d'oeuvres aussi originales et aussi personnelles.  Une association fructueuse qui devait être, hélas, interrompue par la disparition de l'acteur. "L'étalon" est le dernier des quatre films que Jean-Pierre Mocky réalisa avec Bourvil.

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Tourné par Terence Young, "L'ARBRE DE NOEL" (1969) s'inspirait d'un incident survenu quelque temps auparavant : la perte d'un engin nucléaire par un avion au large de Palomares, en Espagne, qui avait fortement troublé l'opinion publique. Laurent Ségur y fait d'ailleurs allusion lorsqu'il téléphone à un ami au ministère, qui demeure singulièrment muet. On a mémorisé la musique, la même que celle de "Jeux Interdits" de René Clément. Avec une distribution internationale, William Holden, Bourvil, Virna Lisi 

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C’est fort du succès de "La grande vadrouille", qu’il avait écrit pour Gérard Oury, et dans la même veine, que Marcel Jullian adapta "LE MUR DE L'ATLANTIQUE" (1970) pour le peu prolixe Marcel Camus (réalisateur d’Orfeu Negro) ce récit de résistance rapporté par le colonel Rémy, alias Gilbert Renault, fondateur d’un réseau de renseignement pendant la guerre et auteur des «Mémoires d’un agent secret de la France libre». Aux côtés de Bourvil, Sophie Desmarets, Bourvil, Peter McEnery et Jacques Bulletin.

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Les possibilités dramatiques de Bourvil étaient immenses. Avant qu'un mal impitoyable ne l'emporte à l'aube de l'automne, le 23 septembre 1970, dans sa chère campagne normande où il aimait se retirer entre chaque film, il avait eu l'occasion de donner la mesure de son talent dans un superbe film policier de Jean-Pierre Melville, "LE CERCLE ROUGE" (1970). De son jeu grave et pudique, Melville dira : "Il apporte à mon histoire un élement d'humanité que je n'avais imaginé." C'est sans doute le plus bel hommage qui pouvait être fait à cet acteur, qui n'a jamais été meilleur que lorsqu'il était simplement lui-même.

Melville avait fait inscrire au générique de l'ultime film de l'immense acteur, son prénom suivi de son nom André Bourvil. La télévision française lui rendit un hommage en diffusant le film d'Alex Joffé "LES CULOTTES ROUGES" ....

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- 1942
CROISIÈRES SIDÉRALES (André Zwobada).
- 1945
LA FERME DU PENDU (Jean Dreville).
- 1946
PAS SI BÊTE (André Berthomieu).

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- 1948
BLANC COMME NEIGE (André Berthomieu)
LE STUDIO EN FOLIE (Walter Kapps. c.m.)
PAR LA FENÊTRE (Gilles Grangier).

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- 1949
LE COEUR SUR LA MAIN (André Berthomieu).

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- 1950
MIQUETTE ET SA MÈRE (Henri-Georges Clouzot)
LE ROI PANDORE (André Berthomieu)
LE ROSIER DE MADAME HUSSON (Jean Boyer).

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- 1951
LE PASSE MURAILLE (Jean Boyer)
SEUL DANS PARIS (Hervé Bromberger).
- 1952
LE TROU NORMAND (Jean Boyer)
CENT FRANCS PAR SECONDE (Jean Boyer, apparition).
- 1953
LES TROIS MOUSQUETAIRES (André Hunchelle).
- 1954
SI VERSAlLLES M'ÉTAIT CONTÉ (Sacha Guitry)
CADET ROUSSELLE (André Hunebelle)
POISSON D'AVRIL (Gilles Grangier).
- 1955
LE FIL À LA PATTE (Guy Lefranc)
LES HUSSARDS (Alex Joffé).

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- 1956
LA TRAVERSÉE DE PARIS (Claude Autant-Lara)
LE CHANTEUR DE MEXICO (Richard Pottier).
- 1958
SERENADE AU TEXAS (Richard Pottier)
LES MISERABLES (Jean-Paul Le Chanois)
UNE DROLE DE DIMANCHE (Marc Allégret)
LE MIROIR A DEUX FACES (André Cayatte).
- 1959
LE CHEMIN DES ECOLIERS (Michel Boisrond)
LA JUMENT VERTE (Claude Autant-Lara)
LE BOSSU (André Hunebelle).
- 1960
FORTUNAT (Alex Joffé)
LE CAPITAN (André Hunebelle).
- 1961
TOUT L'OR DU MONDE (René Clair)

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LE TRACASSIN (Alex Joffé).
- 1962
LES CULOTTES ROUGES (Alex Joffé)
LE JOUR LE PLUS LONG (Bernard Vicki, Andrw Marton, Ken Annakin).
- 1963
LES BONNES CAUSES (Christian Jaque)

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UN DROLE DE AROISSIEN (Jean-Pierre Mocky)
LE MAGOT DE JOSEFA (Claude Autant-Lara)
LA CUISINE AU BEURRE (Gilles Grangier).
- 1964
LA GRANDE FROUSSE (Jean-Pierre Mocky).
- 1965
LE CORNIAUD (Gérard Oury)
GUERRE SECRETE (Christian Jaque)
LA GROSSE CAISSE (Alex Joffé)
LES GRANDES GUEULES (Robert Enrico).
- 1966
LA GRANDE VADROUILLE (Gérard Oury)
TROIS ENFANTS DANS LE DESORDRE (Léo Joannon).
- 1967
LES ARNAUD (Léo Joannon).
- 1968
LES CRACKS (Alex Joffé)
LA GRANDE LESSIVE (Jean-Pierre Mocky).
- 1969
LE CERVEAU (Gérard Oury)

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L'ARBRE DE NOEL (Terence Young).
- 1970
GONFLES A BLOC (Those daring Young men in their jaunty jalopies - Ken Annakin)
L'ETALON (Jean-Pierre Mocky)
LE MUR DE L'ATLANTIQUE (Marcel Camus)
LE CERCLE ROUGE (Jean-Pierre Melville).

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28 juillet 2009

SIMON DE LA BROSSE, un petit prince...

SIMON DE LA BROSSE     1965 - 1998

Acteur  français

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« Il y a deux Simon de La Brosse : l’un truffaldien, romanesque, fiévreux, incandescent, avec de vrais moments d’abandon (chez Assayas ou Téchiné), l’autre beaucoup plus contrôlé, plus mécanique, attiré, comme quelques autres jeunes acteurs (Anglade en tête) par le jeu calibré, “à l’américaine”. Est-il besoin de dire celui qu’on préfère ? » Les “Cahiers du Cinéma” ont tiré avec justesse le portrait de Simon de La Brosse en mai 1988. Qui pouvait alors imaginer le suicide de ce jeune acteur prometteur moins de dix ans après, le 17 avril 1998 à Suresnes, à l’âge de 32 ans ?

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Né le 9 octobre 1965 à Paris, Simon de La Brosse use ses fonds de culotte sur les escaliers de la butte Montmartre. Il s’ennuie plus à l’école que les dimanches et s’y fait essentiellement remarquer comme pitre. Devenu garçon de café, sa chance est d’être repéré à dix-sept ans par Dominique Besnehard qui le présente à Éric Rohmer qui prépare "PAULINE À LA PLAGE". Il y sera l’attachant Sylvain, qui découvre à ses dépens, l’espace d’un été, les retours de bâton du marivaudage.

"PAULINE À LA PLAGE" (1983) est le troisième volet de la série "Comédies et proverbes" qu'Éric Rohmer inaugura en 1980 avec "La femme de l'aviateur" (le second volet étant "Le beau mariage", sorti en 1982). De ce film, le réalisateur dit simplement, mais non sans une pointe d'humour : "A qui aime B aime C. Autrement dit, c'est le "drame" des passions sans écho...".

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Le jeune acteur s'inscrit au Conservatoire en 1984, puis au cours Florent. Simon de la Brosse participe au tournage d'un film de Claude Sautet : "GARCON" (1983) avec Yves Montand, Nicole Garcia et Jacques Villeret. Il enchaîne avec "GLAMOUR" (1984) de François Merlet avec Yves Jouffroy et Gabriella Dufwa. Simon rejoint l'équipe de Jacques Doillon pour "LA VIE DE FAMILLE" (1985). Avec ce film, Jacques Doillon signe son huitième long-métrage pour le cinéma.

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En 1985, il a le bonheur de participer à "37°2, LE MATIN". Hélas, son personnage disparaît au montage… pour réapparaître en 1991 dans la version longue. Il affine ensuite son image de dandy à la page dans "DÉSORDRE" et "BUISSON ARDENT", tantôt névrosé à l’excès, tantôt trop policé. Couronné par le "Prix de la Critique Internationale" au Festival de Venise 1986, "DESORDRE" est le premier long métrage d'Olivier Assayas - critique des " Cahiers du Cinéma" et scénariste de deux films d'André Téchiné: "Rendez-vous" et "Le lieu du crime". Assayas (né en 1955) présente ainsi son film et ses personnages: "Oui, c'est un film noir, mais noir comme J'est le romantisme de l'adolescence, à la fois tourmenté, fiévreux et torturé par un tropplein de vie. C'est une période qu'on peut difficilement traiter de manière légère et gaie.. Quant à mes personnages, je n'ai pas voulu les juger. D'une certaine façon, ils se posent les mêmes questions que chacun, ils se heurtent aux mêmes parois, passant de l'enthousiasme de la jeunesse aux anxiétés de l'âge adulte."BUISSON ARDENT" (1987) est le second long métrage de Laurent Perrin et a obtenu le Prix Jean Vigo 1987.

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En dépit de son charme certain et de son bagout, Claude Miller lui confie par deux fois des rôles analogues d’amants de poche que des donzelles ambitieuses rejettent temporairement, pour goûter à l’homme mûr. Simon était en butte à Féodor Atkine dans PAULINE…, il trouve sur son chemin, Jean-Philippe Écoffey dans "L’EFFRONTÉE" (1985) et Didier Bezace dans "LA PETITE VOLEUSE" (1988).

Simon de la Brosse est au générique de "LA PETITE VOLEUSE" (1988) de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg. Dans une lettre à Helen Scott, François Truffaut, en 1965, écrivait : "Je suis un peu ému aujourd'hui car j'ai revu ma première maîtresse, la première fille avec qui j'ai habité et vécu en 1948. Elle est devenue un peu moche, tout comme moi, et elle a fait de la prison, trois enfants, le trottoir et un peu de tout. Elle vit à Marseille. J'irai la voir en octobre pour l'interroger au magnétophone afin de faire le scénario de " La petite voleuse " de cette manière. " Avant sa mort, Truffaut en avait confié le canevas à Claude Berri- une trentaine de pages - le chargeant de le mettre en scène lui-même ou de le faire réaliser par un cinéaste de son choix. Claude Miller tint à soumettre son adaptation à l'approbation de Claude de Givray, de Madeleine, la veuve de Truffaut, et de ses deux filles : leur accord fut sans réserve...

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"TRAVELLING AVANT "lui offre une variante. Il y brûle d’amour pour le Septième Art ! Puis André Téchiné et Gérard Frot-Coutaz jouent davantage encore de sa plastique impeccable au fil d’emplois plus physiques. Il se remet d’un coup de couteau dans le dos dans "LES INNOCENTS" (1987). Ce film a fait l'objet d'une sortie en deux temps. Diffusé dans une seule salle des Champs-Elysées, le 23 décembre 1987, le film a été diffusé au niveau national quinze jours après, soit le 6 janvier 1988. A l'affiche de ce film : Sandrine Bonnaire, Simon de la Brosse, Abdel Kechiche, Jean-Claude Brialy et Marthe Villalonga.

Le film s'achève sur une citation d'Antigone. "Les Innocents" est, selon André Téchiné lui-même, "une adaptation très libre et moderne de la pièce. " Le titre devait d'ailleurs être " Les Oiseaux sauvages ", idée encore tirée d'Antigone et dont le sens était: " défendre la cité contre l'assaut des oiseaux sauvages. "

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Après avoir joué le rôle d'un masseur dans "APRÈS APRÈS-DEMAIN (1990), il incarne un doux rêveur marginal dans "LES ARCANDIERS" (1991) de Manuel Sanchez aux côtés de Dominique Pinon, Géraldine Pailhas et Charles Schneider.

Qu’est-ce qu’un arcandier ? Selon le réalisateur, il s’agit, en parler nivernais, d’une personne à l’esprit brouillon, condamnée à se démener sans trêve, ni repos et qui “cultive l’art de n’aboutir à rien”. Manuel Sanchez signait là son premier long métrage.

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Simon de La Brosse, qui a parcouru avec bonheur la décennie 80, se voit moins demandé au début des années 90. Hors "Les Arcandiers".  Il ne tournera plus que dans trois films : "L’AMOUR EXTRÊME" (1991,Ao Fim da Noite) de Joaquim Leitao (une romance lisboète en compagnie de Laura Morante),
"L’OMBRE DU DOUTE" (1993 ) d'Aline Issermann (dans lequel il interprète un agent d’assurance le laissent insatisfait) et
"DES FEUX MAL ÉTEINTS" (1994) de Serge Moati.

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Simon de La Brosse a toujours beaucoup tourné pour la télévision. Il tient un petit rôle dans “L’Amour en héritage” de Douglas Hickox (1984), une saga sur la bohême parisienne des années trente dont les vedettes sont Stefanie Powers et Stacy Keach. Il est Alexandre Chazelle dans “Lace” (1984) et “Lace 2” (1985), réalisés par William Hale II, série dans laquelle l’héroïne, jouée par Phoebe Cates, est successivement à la recherche de son père et de sa mère. Simon y côtoie aussi Anthony Higgins et Arielle Dombasle.

En 1989, il participe au “Suspect” d’Yves Boisset aux côtés de Jean-Pierre Bisson, et en 1991 à “Fatale Obsession” de Catherine Corsini face à Anne Roussel. Il interprète enfin Gino Coppi, le frère du champion cycliste dans “Fausto et la dame blanche” d’Alberto Sironi (1995) et Rodolphe Farouz dans “Louise et les marchés”, un véhicule à la gloire de Line Renaud signé Marc Rivière (1998).

En 1991, Simon de La Brosse exprimait son point de vue sur sa profession au magazine “Première” : « Acteur, c’est le seul métier qu’on peut apprendre tout seul, où l’on ne fait appel qu’à soi et à son imaginaire. Mais je crois que, tous les jours, les acteurs sont tentés de s’arrêter et se disent : Mais pourquoi je n’ouvre pas un restau ? C’est vrai que c’est un peu un métier de fêlé où on alterne de grands moments de doute avec d’autres, plus brefs, où on a un peu confiance en soi. Il faut savoir aller au bord du gouffre, le plus près possible, sans y tomber… »_BWrGU9gBGk___KGrHgoH_EQEjlLlbinfBKYkFP_U7____1

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- 1983
PAULINE À LA PLAGE (Éric Rohmer)

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GARÇON ! (Claude Sautet).
- 1984
GLAMOUR (François Merlet).
- 1985
LA VIE DE FAMILLE (Jacques Doillon).
L’EFFRONTÉE (Claude Miller)
- 1986
DÉSORDRE (Olivier Assayas).
- 1987
BUISSON ARDENT (Laurent Perrin)
TRAVELLING AVANT (Jean Charles Tacchella) B
LES INNOCENTS (André Téchiné).
- 1988
LA PETITE VOLEUSE (Claude Miller) C.
- 1990
APRÈS APRÈS-DEMAIN (Gérard Frot-Coutaz)
STRIKE IT RICH (James Scott).
- 1991
LES ARCANDIERS (Manuel Sanchez) D
37°2, LE MATIN (Jean-Jacques Beineix, version longue)
L’AMOUR EXTRÊME (Ao Fim da Noite, Joaquim Leitao).
- 1993
L’OMBRE DU DOUTE (Aline Issermann).
- 1994
DES FEUX MAL ÉTEINTS (Serge Moati).

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05 avril 2009

BERNARD BLIER (1)

BERNARD BLIER     1916 - 1989

Acteur Français

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Vingt ans après sa mort (29 mars 1989) Bernard Blier reste l'un des comédiens français les plus populaires, il a imposé sa rondeur joviale dans plus de 180 films.  50 ans de carrière, depuis 1938, d'innombrables succès au théâtre (dont "Le nombril" de Jean Anouilh)... (Bernard Blier -Un Homme façon puzzle-de Jean-Philippe Guerand) (Editions Robert Laffont)

Il a tout joué, les durs, les tendres, les veules, les généreux, les cocus... Bernard Blier, c'est une voix, des répliques-cultes, une «gueule» qui appartiennent à notre mémoire collective. En cent quatre-vingts films et plus de trente pièces, sa carrière traverse un demi-siècle de cinéma et de théâtre. Et déroule un des plus beaux génériques du septième art hexagonal, de Quai des Orfèvres à "Buffet froid" en passant par les irrésistibles "Tontons flingueurs". Pourtant, de ce comédien toujours aussi populaire vingt ans après sa mort, en 1989, on ne sait presque rien

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Bernard Blier, comédien français, né à Buenos Aires le 11 janvier 1916, sa famille résidant alors en Argentine où son père, biologiste à l'Institut Pasteur, était en mission. Dès 12 ans, Bernard Blier savait tout à fait ce qu'il souhaitait faire plus grand...Tous les jeudis, il assistait aux représentations des matinées classiques du Théâtre Français.

Il voit pour la première fois, Pierre Fresnay jouer la tragédie dans "Horace", nous sommes en janvier 1927, Blier a 11 ans !. Grâce à l'appui de ses parents, qui sont tous deux membres de la Société des amis de Charles Dullin, ce qui permit à Blier de se rapprocher du théâtre ainsi que de toutes les créations de l'immense comédien qu'était Charles Dullin.  Blier pratique l'école buissonnière, des études à Paris au lycée Condorcet puis il rencontre une jeune première (Monique Mélinand qui lui présente Raymond Rouleau (son premier mentor) qui lui permet de suivre des cours d'art dramatique dans l'école de théâtre qu'il vient d'ouvrir avec Julien Bertheau et Jean-Louis Barrault.Blier débute  à l'écran en 1937 dans "TROIS, SIX, NEUF" dans le quatrième film réalisé par Raymond Rouleau avec pour principale interpréte une jeune débutante du nom de René Saint-Cyr (mère de Georges Lautner). Blier poursuit sa carrière cinématographique dans un film de Marc Allégret  "GRIBOUILLE ", (1938) l'acteur eut deux scènes à jouer aux côtés de l'inoubliable Raimu et une débutante du nom de Michèle Morgan dont ce fut la révélation...

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Pendant l'année 1937, Bernard Blier s'affiche dans sept films dont "LE MESSAGER" de Raymond Rouleau, (Blier ne figure pas dans le générique) aux côtés de Jean Gabin (première rencontre) et Gaby Morlay, "La dame de Malacca" de Marc Allégret avec Edwige Feuillère et Pierre-Richard Willm, le film fut tourné à Épinay-sur-Seine dans les anciens décors de "La Kermesse Héroique". Paru en 1935, " La Dame de Malacca " est le seul roman de Francis de Croisset (1877-1937), écrivain d'origine belge. Le film se déroula en deux versions (française puis allemande). Blier poursuit sa jeune carrière avec "L'HABIT VERT" (1937) de Roger Richebé  avec trois grands du cinéma français d'avant-guerre : Jules Berry, Elvire Popesco et Victor Boucher, ce fut un grand succès de l'époque, ce film est typique d'une certaine comédie "à la française" des années 30, où l'aspect théâtral de l'œuvre est oublié au profit de l'étonnant brio des acteurs.

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En six semaines de temps, l'acteur s'est affiché dans pas moins de cinq longs métrages dont "Le double crime sur la ligne Maginot" (1937) de Félix Gandéra. Dans une interview, Blier raconte qu'un assistant lui demandait : "Dis donc, tu ne veux pas venir me jouer un flic ou un facteur ? ". Je répondais : "Je ne peux pas, je suis engagé dans un autre film"...

Refusé trois fois au conservatoire Bernard Blier rencontre Louis Jouvet qui lui conseille de persévérer. Reçu au conservatoire il entre dans la classe de Jouvet. Toujours sur les conseils de Jouvet il fait du théâtre : "Mailloche ", " l'Amant de Paille"... Louis Jouvet  incarne aux yeux de l'acteur un second père.

En mars 1938, commence le tournage  "ALTITUDE 3200" de Jean-Benoît Lévy et Marie Epstein avec Jean-Louis Barrault, Odette Joyeux, Fernand Ledoux et Blanchette Brunoy. D’abord intitulé “Le grand rêve”, puis “Nous les jeunes”, ce film adapta – en l’aérant par de nombreuses scènes d’extérieurs – la pièce homonyme de Julien Luchaire, présentée avec succès au théâtre de l’Étoile en 1937, dans une mise en scène de Raymond Rouleau, avec dans les principaux rôles Corinne Luchaire (petite-fille de l’auteur et fille du journaliste Jean Luchaire), Jean Mercanton, Gaby Sylvia, Jean Chevrier, Gilbert Gil, Odette Joyeux et Bernard Blier, ces deux derniers se retrouvant seuls dans le film. Les extérieurs furent tournés près d’Auron, (les hauteurs de Nice) station hivernale des Alpes-Maritimes.

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1938, une année importante : la sortie du film, "ENTREE DES ARTISTES", un film  romancé sur le conservatoire réalisé par Marc Allégret sur un scénario d'Henri Jeanson et André Cayatte avec Louis Jouvet, Claude Dauphin, Odette Joyeux et Bernard Blier. Préfaçant, en 1946, l'édition en librairie de " Entrée des Artistes " Louis Jouvet écrivait : (C'est) l'un des premiers exemples de cette littérature neuve qui ouvre une ère sans précédent jusqu'ici dans les distractions, les évasions, les représentations diverses où, désormais, vont s'alimenter et se confronter l'imagination et l'attente des hommes... Le cinéma est un puissant rameau greffé sur le tronc robuste et millénaire du théâtre". Initialement, le film devait s'intitulait "Le jeu de la vérité".

Blier avait été préssenti pour interpréter le rôle du mécanicien dans "La bête humaine" de Jean Renoir, malheureusement, son jeune âge ne  pût convaincre le cinéaste, qui se décida à conserver ce rôle pour Julien Carette.

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Cette même année, Marcel Carné lui confie un rôle important dans "HOTEL DU NORD", l'un des chefs d'oeuvre de Carné. Deux jeunes acteurs se firent remarquer : Bernard Blier et François Périer. La France se prépare à la mobilisation, et Blier obtint le vedettariat pendant l'occupation.  Il fête son vingt-troisième anniversaire le 11 janvier 1939, à la radio, animé par l'acteur René Lefèvre. Le film fut salué par la critique ainsi que le public.

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Le 14 mars 1939 naissait  Bertrand Blier. Blier participe au tournage de "NUIT DE DECEMBRE" (1941)  de Kurt (Curtis)Bernhardt avec Pierre Blanchar, Renée Saint-Cyr et Jean Tissier.Le premier titre du film était "L’heure exquise". Le titre définitif (peu explicable, rien n’indiquant que la rencontre initiale ait lieu en hiver) est emprunté à Musset, dont une citation du poème «La nuit de décembre» figure en exergue et en conclusion :
«Partout où j’ai voulu dormir,
Partout où j’ai voulu mourir,
Sur ma route est venu s’asseoir
Un malheureux vêtu de noir…»

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Mobilisé, prisonnier, il s'évade et revient à Paris où il retrouve plusieurs amis cinéastes dont Christian-Jaque, avec qui, il tournera "L'ENFER DES ANGES" (1938) aux côtés de Louise Carletti, Jean Tissier et  le trio des "Disparus de Saint-Agil" (Serge Grave, Mouloudji et Jean Claudio), des acteurs favoris de Christian-Jaque, tels que Bernard Blier et Jean Brochard, mais aussi de jeunes habitants de la rue de la Sablonière – où furent tournés les extérieurs –, dont les apparitions furent sans lendemain.

Choisi pour représenter la France au premier festival de Cannes, que la déclaration de guerre fit annuler, le film ne sortit qu'en 1941 sur les écrans parisiens. Les temps avaient changé, certaines évocations paraissaient de mauvais goût et, orchestré par la critique, le succès du film fut moyen. Il fallait oublier que le sujet avait été inspiré en partie par les campagnes de ‘‘Paris-Soir’’, écrites par Alexis Danan et consacrées à l'enfance malheureuse.

Il reprend le chemin des studios et refait du théâtre de façon régulière. Il impose une drôle de silhouette de jeune premier maigre (à cause des restrictions) et au front dégarni.

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1939, l'envoûtement du "réalisme poétique", c'est ainsi que Blier participa au chef d'oeuvre de l'école du "réalisme poétique" d'avant-guerre "LE JOUR SE LEVE" (1939). Une réussite de l'ensemble tient à la réunio d'une équipe magistrale (Carné -Prévert-Viot), des acteurs d'exception : Jean Gabin, Arletty et Jules Berry, le décor étonnant d'Alexandre Trauner, entièrement reconstruit en studio, la musique de Maurice Jaubert, dont ce fut sa dernière musique de film , tué à la guerre, en 1940.

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Blier participe au tournage de deux autres films réalisé  par Christian-Jaque sous l'Occupation : "L'ASSASSINAT DU PERE-NOEL" (1941) avec Harry Baur, Renée Faure, Fernand Ledoux, Raymond Rouleau et Jean Parédès. Le film fut commencé en extérieurs à Chamonix, le 15 février 1941, ce premier film de la Continental, société de production allemande installée à Paris, marqua la reprise du travail dans les studios français. L'occupant avait convoqué un certain nombre de réalisateurs – dont Christian-Jaque – et leur avait mis le marché en mains. S'ils refusaient de travailler pour la Continental, les maisons de productions françaises seraient condamnées à une inactivité totale. Il fallut se décider et mettre.en chantier "L'assassinat du Père-Noel"...

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Dans "LA SYMPHONIE FANTASTIQUE" (1941)  ce sont les amours romancées d'Hector Berlioz interprété par Jean-Louis Barrault et qui fut un très grand succès commercial. Blier  incarne Antoine Charbonnel, ami du musicien...L'acteur était redevable du soutien et de l'engagement de Christian Jaque à son égard.

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Avec "PREMIER BAL" (1941) Christian-Jaque et Charles Spaak semblent avoir voulu retrouver l’esprit et le rythme des comédies américaines d’avant-guerre; aux côtés de Blier, Marié Déan Gaby Sylvia, Fernand Ledoux, Raymond Rouleau et François Périer.Pour Jacques Lourcelles (in “Dictionnaire des Films”, Éd. Robert Laffont), il s’agit là d’un «petit film élégant et charmant qui bénéficie d’excellents dialogues de Spaak, d’une ravissante musique de Van Parys et donne à Fernand Ledoux ainsi qu’à Marie Déa un de leurs meilleurs rôles».

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Blier enchaîne deux films coup sur coup, pendant cette pérode de "vaches maigres" "Caprices" (1941) de Léo Joannon puis "Le pavillon qui brûle" de Jacques de Baroncelli. Pour célèbrer le premier tour de manivelle, on invita toute l'équipe du film : Elina Labourdette, Pierre Renoir, Marcel Herrand, Odette Joyeux, Jean Marchat, Bernard Blier et la nouvelle recrue Jean Marais.

Avec "LA NUIT FANTASTIQUE" (1942) de Marcel L'Herbier se plaçait résolument dans la tradition de Méliès : il avait même songé à intituler son films " Le Tombeau de Méliès " - dans le sens où Ravel composa " Le Tombeau de Couperin". Si Marcel L'Herbier évoque Méliès - constate Roger Régent (in " Cinéma de France", 1948) - ce n'est pas à cause des escamotages et des tours de passe-passe, c'est plus vraisemblablement parce que cette œuvre nouvelle se réclamait directement des primitifs d'un art en voie de perdition, qu'elle s'efforçait d'arracher à l'écran tous les barbarismes, tous les contresens qui s'y étalaient encore et qui, depuis quarante ans et dans l'état de confusion où nous étions plongés, risquaient de se substituer pour longtemps au véritable langage cinématographique. C'est Henri Jeanson qui, clandestinement, écrivit les dialogues de "La nuit fantastique"; les Allemands lui ayant interdit toute activité son nom ne pouvait, en effet, figurer au générique. En 1943,"La nuit fantastique" remporta le Grand Prix de la Critique Cinématographique. Le tournage eu lieu aux studios de Saint-Maurice et aux  studios de Joinville.

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Dès la fin du tournage du film de Marcel L'Herbier, Blier  s'engage dans le film suivant : "LE JOURNAL TOMBE A CINQ HEURES" (1948) de Georges Lacombe avec Pierre Fresnay, Marie Déa, Pierre Larquey, Pierre Renoir et Gabrielle Dorziat,  une partie de la pellicule fut perdu, et Pierre Fresnay fut contraint de rejouer quelques scènes du film.  Blier obtint sa carte professionnelle dont le matricule (1839) complétée de ses coordonnées fut disponible dans la rublique "Artistes de cinéma (hommes)". "Romance à trois" (1948) de Roger Richebé permet à Bernard Blier de jouer le rôle d'un financier amoureux de Simone Renant.

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Pendant cette drôle de guerre, Blier ne fut ni résistant, ni collabo, il resta quelque part, traumatisé par cette guerre imposée. La naissance de cette "CARMEN" (1942), tournée durant la guerre par Christian-Jaque, connut de nombreux aléas. Les autorités allemandes, furieuses d'apprendre cette co-production avec l'Italie fasciste, bloquèrent l'équipe à Nice en lui refusant les visas pour l'Italie. Ensuite, le tournage du film ne dura pas moins de neuf mois dans les studios romains, où André Paulvé, le producteur, fit venir un peintre espagnol pour rendre les décors authentiques. Des plans d'ensemble furent aussi tournés en Espagne et des extérieurs... dans les Abruzzes ! La première du film eut lieu au "Normandie", à Paris, le 8 août 1944, tandis que les convois militaires allemands quittaient précipitamment la capitale... Aux côtés de Jean Brochard,  Viviane Romance, Jean Marais et Bernard Blier (qui connu ses débuts de cascadeur).

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Viviane Romance - Bernard Blier - Jean Marais

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L'année 42 s'achève pour Bernard Blier avec le tournage d'un film intéressant "MARIE-MARTINE" , le cinéste  Albert Valentin trouva et maîtrisa une construction dramatique offrant un portrait brisé de l'héroïne, peint en trois récits par des personnages pittoresques. Renée Saint-Cyr donna la réplique à Bernard Blier et Jules Berry.La diversité des personnages gravitant autour de Marie-Martine, leur foisonnement dans des épisodes formant de véritables sketches démontre une fois encore l'efficacité des acteurs de composition: ainsi Jeanne Fusier-Gir en libraire un peu snob; ainsi surtout Saturnin Fabre qui imposa comme une scie la réplique devenue aussitôt célèbre: "Tiens ta bougie droite!" Quant à Jules Berry, le romancier qu'il incarne est une caricature plaisante de l'apparence de Gide. On dit que Jacques Viot n'avait fourni qu'un rapide scénario et que Jean Anouilh fit le reste, dialogues compris, sans signer.

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"LES PETITES DU QUAI AUX FLEURS" (1943) fut tourné à Nice, aux studios de la Victorine, ce film est l’un des cinq réalisés par Marc Allégret sous l’Occupation, Blier  apprécie depuis ses débuts la prestation de Marc Allégret en tantque cinéaste.   C’est une comédie alerte, dont les protagonistes sont des jeunes garçons et filles, interprétés par des acteurs presque tous débutants: c’est le cas de Gérard Philipe, Danièle Delorme, Simone Sylvestre et Jacques Dynam, qui n’avaient fait jusqu’alors que des figurations. Colette Richard était également une inconnue. Maria Mauban fit là ses débuts. La plupart fera carrière par la suite. Au contraire, le patriarche André Lefaur tient ici son dernier rôle à l’écran.

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L'été 43, Bernard Blier est dirigé par Henri Decoin dans le film "Je suis à toi", d'après l'auteur belge Fernand Crommelynck. Ce film marque la première collaboration de Pierre Fresnay avec Bernard Blier, qui a été pendant le tournage, témoin de disputes dans le couple Fresnay-Yvonne Printemps.

Au début de l'année 1944, Blier participe au tournage d'un sketch de "Farandole" d'André Zwobodad ou il a pour partenaires Jany Holt et Gaby Morlay. La france est libérée , Bernard Blier reprend le chemin des studios au début 1945 pour interpréter un inspecteur de police sous l'oeil attentif du metteur en scène Christian Stengel. Initialement le film devait s'intituler "L'assassin chantait" puis ce fut "SEUL DANS LA NUIT", Bernard Blier était en tête d'affiche.

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Il récidive avec  "Monsieur Grégoire s'évade" (1945) de Jacques Daniel-Norman avec Jules Berry, préférant le champs de course au tournage du film,puis"LE CAFÉ DU CADRAN", de Jean Gehret dont ce fut son premier film,  supervisé par Henri Decoin. Autour de Blier  (pour la 1ère fois, le rôle de cocu), Blanchette Brunoy et Aimé Clariond.

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En 1947,  "QUAI DES ORFÈVRES" marqua le retour d'Henri-Georges Clouzot  après quatre années d'interruption. Histoire d'un crime sordide, interprétée par Suzy Delair, Louis Jouvet, Bernard Blier, et Robert Dalban. Clouzot se désinteresse du côté policier de son récit pour s'attarder sur la psychologie de ses personnages; avec une cruauté implacable, il stigmatise la jalousie, l'arrivisme, la résignation et la honte.Tiré d'un roman de l'écrivain belge Stanislas-André Steeman (le père du commissaire Wens de "L'assassin habite au 21", déjà signé par Clouzot en 1942), le scénario prit, dans la peinture des personnages, de sérieuses libertés.

Jouvet imposa à Clouzot la présence de Blier et de son viel ami Charles Dullin, dont ce fut sa dernière apparition au cinéma. L'écrivain publia, en 1952, une importante préface à l'un de ses livres, "La Nuit du 12 au 13", où il raconte les avatars cinématographiques de ses personnages avec une certaine amertume, tout en reconnaissant que "QUAI DES ORFÈVRES" est "le meilleur film peut-être de ce diable d’homme, véritable « bête de cinéma »..." qu’était Clouzot.

À signaler que le film abonde en mouvements de caméras aujourd'hui encore cités en exemple d'intelligence cinématographique. L’une des séquences les plus célèbres du film est sans conteste celle où Suzy Delair, tout en soulevant effrontément sa robe, chante sur scène « Avec son tralala », chanson d’André Hornez et Francis Lopez.
Présenté au Festival de Venise, le film y reçut le prix de la meilleure mise en scène.

Blier fut très affecté par la disparition tragique de son ami "Coco", plus connu sous le nom de Lucien Coedel. En effet, il fut ejecté du train (Paris-Dijon) dans des circonstances jamais élucidées. Son corps fut mutilé, on retrouva la tête et le tronc qui gisait entre deux voies. Blier et Coedel avaient tourné sept films ensemble

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Dans le film de Jean Dréville,"LES CASSE-PIEDS"  tourné en janvier 1948, puis prolongé jusqu'en août 48, on retrouve aux côtés de Bernard Blier, quelques uns des plus grands noms du cinéma français d'avant-guerre : Noel-Noel, Jean Tissier, Paul Frankeur, Henri Crémieux.Né de l'imagination de Noël-Noël, ce film constitue une critique humoristique de tous ceux que l'on rencontre à un moment où justement on ne désire pas les voir, c'est-à-dire "LES CASSE-PIEDS". À l'origine le scénario (qui portait pour titre "Parade du Temps perdu") avait été refusé par de nombreux producteurs. C'est grâce au succès du "PÈRE TRANQUILLE" que Noël-Noël parvint à imposer ce film réalisé par Jean Dréville.

Le succès du film fut foudroyant : 500 000 entrées en 5 semaines au Gaumont-Palace et au Rex. Le soir de la première, le directeur du Gaumont-Palace refusa 2 000 entrées. En revanche, le film ne fit pratiquement pas de recettes en province. "LES CASSE-PIEDS" obtint le Prix Louis-Delluc 1948, le Grand Prix du Cinéma Français 1948, et le Prix du Festival Mondial de Bruxelles 1949.

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L'année 1948, Bernard Blier s'implique dans le tournage de quatre films et ainsi d'achèver d'affirmer son talent. Il y eut : "D'HOMME A HOMMES" de Christian-Jaque, ce film retrace la vie et l’œuvre généreuse du philanthrope suisse Henri Dunant (1828-1910) (interprété par Jean-Louis Barrault), dont le dévouement inlassable permit, en 1863, la création de la Croix-Rouge. L’idée de lui consacrer un film incombe à une firme française, Majestic-Film (qui avait produit, notamment, "Quai des orfèvres"). Le scénario, adapté du roman de Fernand Gigon «L’épopée de la Croix-Rouge», avait alors été confié à Ernest Neubach, l’adaptation à Marc-Gilbert Sauvajon. Le projet n’ayant pas abouti, il fut repris par Christian-Jaque et Charles Spaak, en co-production avec la Suisse.

Avec "RETOUR A LA VIE" (1949), Blier donne la réplique à Jane Marken dans le film à sketches d'André Cayatte ( Blier-Marken), Georges Lampin (François Périer), Henri-Georges Clouzot (Louis Jouvet, Noel Roquevert), Jean Dréville (Noel-Noel, Serge Reggiani et Paul Frankeur). Le film s'est vu décerner le Prix Féminin du cinéma 1950 du meilleur film français ainsi que le Laurier d'Argent (Prix décerné par un jury d'écrivains et de journalistes).

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"L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE" (1949) de Jean-Paul Le Chanois fut tourné en grande partie selon les méthodes du néo-réalisme, alors triomphant, le film retrace dans ses grandes lignes l'histoire de Paul Freinet, instituteur à Vence qui s'élevant contre des méthodes poussiéreuses d'éducation, développa un nouvel enseignement reposant sur la recherche de la personnalité et des aptitudes de l'enfant. Ouvrant les portes de l'école, il fit découvrir le plein air à ses élèves. Le film fut tourné dans le Midi de la France. Sa sortie au cinéma fut en mars 1949. La critique fut enthousiate et Blier remporta le Grand Prix de la meilleure interprétation masculine au festival de Knokke-le-Zoute 1949.

Bernard Blier après ses remarquables compositions dans "QUAI DES ORFÈVRES", "MANÈGES", "L'ÉCOLE BUISSONNIERE", est devenu un acteur fort sollicité aussi bien par le cinéma que par le théâtre. Son type d'homme le cantonne alors dans des emplois de maris trompés et d'amoureux bafoués.

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Dans le film d'Yves Allégret "DÉDÉE D'ANVERS"(1947), Blier devient un acteur de tout premier plan. Cette oeuvre prolonge le goût des ambiances sordides et des atmosphères troublantes...Georges Wakhevitch reconstitua le port d'Anvers dans les studios de Joinville avec un bonheur qui permit à Jean Bourgoin des effets de lumière parfaitement dignes de l'école expressionniste. Le film fut sélectionné pour la Biennale de Venise en 1948 où son caractère réaliste, certaines images brutales et évocatrices, son dialogue, rebuteront le jury.

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Blier et Yves Allégret achevèrent de tourner en 1950, le film "MANÈGES"  de nouveau avec Simone Signoret qui s'y taille la part du lion. A l'époque ce film fut censuré et subit des coupures. L'action se situe dans dans une école d'équitation dirigée par un brave homme (Bernard Blier), dont la femme a un amant. Avec l'aide de celui-ci et de sa belle-mère, elle projette de tuer son mari pour lui voler ses biens. Ce film achève d'affirmer le talent de Blier. "MANEGES" est bâti entièrement sur des retours en arrière et la construction dramatique du film nous découvrent l'histoire, non telles que le résumé ci-dessus la narre mais par une suite de scènes révélant les pensées les divers personnages ou les moments qu'ils ont vécus mais qu'ils racontent différent. Souvenirs, incidents, confidences tronquées se mêlent en un puzzle d'ou naît un récit étonnamment clair.

Cette réussite dans la réalisation fut, à l'époque, justement souligné si le sujet lui-même et surtout la noirceur totale des personnages amènent de très vives critiques ou "galerie de monstre" été la moins dure. Suzy Prim fut remplacé par Jeanne Marken. Le film fut diffusé pour la première à la télévision en 1967, dans le cadre de l'émission "Au cinéma ce soir".

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Blier retrouve son ami François Périer pour le tournage de "LA SOURICIERE" (1949) d'Henri Calef,  ce qui permit à nos deux protagonistes de s'amuser à coeur joie sur le plateau en se divertissant comme des mômes....

La  découverte du roman de Jean Martet, “Monseigneur”, va donner l’occasion d’évoquer l’époque de la Révolution française, mais cette fois au temps présent à Roger Richebé (1897-1989, Féru d’Histoire de France,  producteur, distributeur et réalisateur du film "MONSEIGNEUR" (1949) avec Bernard Blier et Fernand Ledoux  permit à son auteur de connaître un succès considérable.

Aux  studios de Billancourt se tourne "LES ANCIENS DE SAINT-LOUP" (1950) de Georges Lampin, aux côtés de Blier, François Périer et Serge Reggiani. D'après un roman de Pierre Véry. Cette évocation ressemble à un clin d'oeil de Pierre Véry au film de Christian-Jaque, "Les disparus de Saint-Agil"-, adaptation d'un autre de ses romans, où trois garnements les "Chiche-capons", hantaient nuitamment les couloirs de leur vieux collège.

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En 1950, Bernard Blier  retrouve son ami Christian Jaque qui réalise un des sketches de "SOUVENIRS PERDUS" , Avec son exceptionnelle affiche de comédiens et de scénaristes réputés, le film fut à l'époque un succès très populaire. Son sujet original s'inscrit dans une série de films à sketches qui fit fureur aux alentours de 1950

Blier poursuit sa carrière cinématographique avec un film de Jean-Paul Le Chanois "SANS LAISSER D'ADRESSE" (1950) On peut parler de l'air du temps à propos d'un film comme celui de Le Chanois; d'abord parce qu'il fait intervenir au cours de l'itinéraire du chauffeur de taxi certains visages à la mode : celui de Juliette Gréco qu'on voit le temps d'une chanson, celui de Simone Signoret qui s'amuse à faire de la figuration, celui de France Roche, celui encore de Le Chanois, lui-même, qu'on entrevoit en infirmier; en fond de tableau le Paris des années 50 et, particulièrement Saint-Germain-des-Prés.  Ce film fut couronné de  l'Ours d'or du Festival de Berlin 1951. Le film de Le Chanois remporta un énorme succès.

Une semaine avant la sortie du film de Le Chanois, Blier fêta son trente-cinquième anniversaire dans un bistro parisien avec la présence de Micheline Presle et son mari Bill Marshall , Paul Meurisse, et Yves Allégret.

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Par la suite, Blier interpréte Félix Bonnadieu  dans "La maison Bonnadieu" (1951) face à Danielle Darrieux qui fête par la même occasion ses 20 ans de cinéma. Le 14 août 1951, alors qu'il répétait " La Puissance et la Gloire " de Graham Greene, avec Monique Mélinand, sa dernière compagne, et la petite Françoise Dorléac âgée de 9 ans, Louis Jouvet est terrassé par un infarctus du myocarde dans l'enceinte du théâtre de l'Athénée. Le corps médical avait jugé Jouvet intransportable, en raison d'une hémiplégie gauche suvie de complications pulmonaires. Il décède dans son bureau de l'Athénée, théâtre qui depuis porte son nom. 

Le bonheur pour Bernard Blier de retrouver son metteur en scène "fétiche", Jean-Paul le Chanois qui lui propose  de jouer dans "Agence matrimoniale" (1951) aux côtés de Julien Carette, Michèle Alfa et Louis de Funès. Blier déclarar : Quand le Chanois me dit : "L'année prochaine, on fait un film ensemble, je dis d'accord, je signe le contrat et je ne me fais plus de soucis. J'ai confiance en l'auteur  et réalisateur, le reste est littérature".

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Blier  n'avait jamais eu l'occasion de jouer pour Sacha Guitry, il fallut attendre l'année  1952, pour réparer cet oubli avec  "JE L'AI ETE TROIS FOIS", dont certaines scènes exterieures furent tourner à Monte Carlo, ce qui permit à l'acteur de faire escale à Cannes pour participer au Festival de Cannes. Au générique du film, on pouvait lire la présence d'une fidèle de Guitry, Pauline Carton.

Blier avait déjà été l’interprète de Georges Lampin trois ans auparavant dans" LES ANCIENS DE SAINT-LOUP" (1950)  quand ils se décidèrent à renouveller l'aventure avec   "SUIVEZ CET HOMME"(1953 ) avec Suzy Prim et Yves Robert.

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