19 novembre 2009
ANNIE GIRARDOT, ELOGE D'UNE ACTRICE EMOUVANTE (2ème partie)
2ème Partie
On retrouve Annie Girardot dans une comédie qui n'arrive point à s'affirmer, "JULIETTE ET JULIETTE " (1973) de Rémo Forlani avec Marlène Jobert et Pierre Richard.Apparaissent également au cours du film : Philippe Léotard en catcheur séducteur, Patrick Préjean en client de taxi irascible et Daniel Prévost qui personnifie l'ami du photographe, joué par Rémo Forlani lui-même.
L'année 73 se termine avec le tournage du film "URSULE ET GRELU" du cinéaste Serge Korber. Le film n'eut pas un grand intérêt, mise à part l'interprétation d'Annie Girardot, elle y est membre de l'armée du salut, aux côtés d'un Bernard Fresson en accordéoniste. A cette époque là, Annie tourne trop, on a l'impression qu'elle ne prends pas le temps de lire suffisamment les scénarios qui lui sont proposés.
C'est en 1974, qu'Annie Girardot va remporter son plus grand succès avec "LA GILFE" de Claude Pinoteau aux côtés de Lino Ventura, Isabelle Adjani et Francis Perrin. Le film est resté à l'affiche des cinémas parisiens en exclusivité pendant plus de 27 semaines. Ce sucès elle le partage avec Lino Ventura qui déclara :"Le sujet m'a plu, déclare Lino Ventura, car Dabadie, Pinoteau et moi-même avons des filles, nous avons voulu faire une comédie intergénération en faisant appel à nos propres expériences de père". Cette "comédie passionnelle" comme aime l'appeler Claude Pinoteau, est le second film du réalisateur qui a en effet signé avec la même équipe un film policier très apprécié "Le silencieux".
Annie Girardot s'engage dans trois autres films, l'un sur l'évocation de la tragédie chilienne "IL PLEUT SUR SANTIAGO" (1975) d'Helvio Soto aux cotés de André Dussolier, Bernard Fresson, Jean-Louis Trintignant, Maurice Garrel, Serge Marquand, Laurent Terzieff, Bibi Andersson et Ricardo Cucciolla. Le suivant avec Alain Delon dans "LE GITAN" (1975) adapté du roman "Histoire de fou", paru, dans la série noire, José Giovanni la nettement transformé : le héros, Pierre Loutrel, alias Pierrot le fini, disparaît et se mue en Gitan, devenu truand par révolte hors de toute mythologie gangstériste. Alain Delon, ici également coproducteur.
Et enfin "IL FAUT VIVRE DANGEREUSEMENT" (1975) dont ce fut l'unique réalisation de Claude Makowski. Elle y est l'amie de Claude Brasseur, petit detective privé qui rêve de partir construire un hôtel sur une île et manger des écrevisses tous les jours.
Un autre triomphe d' Annie Girardot, "DOCTEUR FRANCOISE GAILLAND" (1976), inspiré d'un roman de Noelle Loriot "Un cri" ". C'est Annie Girardot, passionnée par le roman, qui choisit d'en confier l'adaptation à Jean-Louis Bertucelli, dont elle avait beaucoup admiré "Remparts d'argile" (1970) et "On s'est trompé d'histoire d'amour" (1974). Il semble qu'ensuite les affinités entre le cinéaste et son interprète aient fait place à de l'incompréhension - " Quand j'ai eu connaissance de cette adaptation, j'ai été catastrophée. C'était insipide, crétinisant... " (A. Girardot, entretien dans " L'Unité ").
" Annie Girardot est une grande comédienne, mais le film que je voulais faire n'était pas celui qu'elle voulait faire. Cette histoire ne m'intéressait pas. " (J.-L. Bertucelli, Le Film Français, 8 avril 1977).
En dépit de ces " divergences " et d'un accueil critique plutôt mitigé, le film connut un très grand succès commercial puisqu'il rassembla, en quinze semaines d'exclusivité parisienne, 527 204 spectateurs.
Avec le film de Jean-Pierre Blanc, Annie donne la réplique à Julien Clerc et Miou-Miou avec "D'amour et d'eau fraîche" (1975) et retrouve par le suite le cinéaste de "Mourir d'aimer" et "Il n'y a pas de fumée sans feu", André Cayatte qui s'interroge sur l'enfance kidnappée dans "A CHACUN SON ENFER" (1976), quelques temps auparavant, l'affaire Patrick Henry et celle du "Pull-over rouge" ont été un choc émotionnel auprès du peuple français. Annie Girardot a de nouveau pour partenaire Bernard Fresson. Il s'agit d'un des derniers films avec Fernand Ledoux.
Annie Girardot incarne une toiletteuse de chiens dans "COURS APRES MOI QUE JE T'ATTRAPPE" (1975) mise en scène par Robert Pouret avec Jean-Pierre Marielle. Elle forme avec lui un couple ordinaire, mais attachant auprès du public français. Elle est patronne de gargotte dans "JAMBON D'ARDENNE" (1976) de Benoit Lamy, chauffeur de taxi dans "LE DERNIER BAISER" (1976) de Dolorès Grassjan avec Bernard Fresson et Maria Pacôme.
"LE POINT DE MIRE" (1977) de Jean-Claude Tramont s'inscrit dans la lignée de ces films répondant à la paranoïa engendrée par l'assassinat du président Kennedy. C'est à dessein que le scénario reste flou sur certains points, accréditant la thèse que le meurtre de John W. Maxwell a été décidé au plus haut niveau et que, comme Lee Harvey Oswald, il fallait trouver un homme (ou une femme) « de paille » : « L'important, c'est de savoir choisir, dit l'un des artisans du complot. Choisir sa victime, c'est facile. Il faut savoir choisir le coupable. ». Aux côtés d'Annie Girardot, Jacques Dutronc et Jean Bouise.
En 1977, Annie Girardot et Philippe Noiret forment un tandem dans "TENDRE POULET" d'après le roman "Le Frelon" – dont la construction en trois points de vue différents a ici disparue Jean-Paul Rouland et Claude Olivier, fut suivi de "La Fouine" et de "Poulet à l'italienne". La voix du mainate d'Antoine Lemercier est en fait celle de Michel Audiard. En 1980, Philippe de Broca réalisa une suite de "Tendre poulet", "ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER", avec la même équipe :Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Francis Perrin et Roger Carel.

Dans "L'AMOUR EN QUESTION" (1977) d' André Cayatte, Annie Girardot incarne un juge d'instruction, avec "VAS Y MAMAN" (1978) elle est un écrivain aux côtés de Pierre Mondy, Nicole Calfan et Claude Piéplu. Annie donna également la réplique à Patrick Dewaere dans "LA CLE SUR LA PORTE" (1978) d'Yves Boisset.
Annie Girardot affirme une certaine indépendance dans le choix de ses films, et celà depuis "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch. "LA ZIZANIE" (1978) réalisé par Claude Zidi fut l’unique occasion pour Annie Girardot et Louis de Funès de partager la vedette d’un film, ils furent tous deux assez émouvant.

On peut également ajouté dans la filmographie d'Annie Girardot sa participation dans le film de Luigi Comencini "LE GRAND EMBOUTEILLAGE" (1978) ou l'on pouvait reconnaître un nombre important d'acteurs de toutes nationalités confondues : Miou-Miou, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu, Fernando Rey, Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi et Stefania Sandrelli...
Il y eut aussi "LE CAVALEUR" (1979) de Philippe de Broca avec Jean Rochefort,Danielle Darrieux et Nicole Garcia, et "CAUSES TOUJOURS TU M'INTERESSES" (1978) du cinéaste Edouard Molinaro, elle y retrouvait son partenaire Jean-Pierre Marielle. l’aube des années quatre-vingts, Annie Girardot demeure toujours l’actrice française la plus populaire. Selon son habitude, elle alterne les genres, passant d’une comédie à un film policier puis à un drame sentimental, en interprétant des personnages souvent profondément ancrés dans la réalité sociale tels que médecin, professeur, chauffeur de taxi, avocat ou tout simplement femme au foyer. «Je crois que je suis la seule en France à avoir joué des rôles qui pouvaient aider les femmes. J’ai joué des rôles plus forts, des rôles d’homme» (in «La Revue du Cinéma» n° 472, Juin 1991).
Jamais négatifs ou résignés, les personnages qu’elle incarne sont en perpétuel combat contre les injustices et les préjugés, comme l’avocate d’"UNE ROBE NOIRE POUR UN TUEUR" (1980) de José Givanni et son attaque virulente contre la peine de mort. Mais à la suite de quelques échecs publics consécutifs, dont le méconnu "LA VIE CONTINUE" (1981) mise en scène par Moshé Mizrahi aux côtés de Jean-Pierre Cassel et Pierre Dux, où elle donne la réplique à sa propre fille Giulia Salvatori, les producteurs se détournent subitement d’elle et les projets, comme «Ticket d’acier» écrit par Bertrand Blier pour Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et elle, n’aboutissent pas. De surcroît, son spectacle au Casino de Paris «Revue et corrigée», en 1982, s’avère un échec cuisant, laissant la comédienne moralement meurtrie. Mais Annie Girardot représente une figure familière dont le cinéma français semble ne pouvoir se passer et, en 1984, les propositions affluent de nouveau.
Une nouvelle Girardot, plus sereine et libérée des fluctuations du box-office, entame une nouvelle carrière dominée par les rôles de mères : vengeresse "LISTE NOIRE" (1984) d' Alain Bonnot, jalousement possessive de son fils unique "PARTIR REVENIR" (1984) de Claude Lelouch, "CINQ JOURS EN JUIN" (1988) de Michel Legrand ou simplement attendrie et bienveillante face à une progéniture turbulente et envahissante "MERCI LA VIE" (1991) du cinéaste Bertrand Blier.
Les cinéastes n’hésitent plus à lui confier des personnages peu sympathiques, comme la taularde féroce et délatrice de "PRISONNIÈRES" (1988) de Charlotte Silvera et «Le Fléau», insupportable mégère et compagne grossière de Paul Léautaud dans "COMÉDIE D’AMOUR" aux côtés de Michel Serrault. Claude Lelouch, qui lui voue une fidélité à toute épreuve, l’engage avec régularité. L’Italie, sa seconde patrie, la sollicite également tant au cinéma qu’à la télévision, mais les films qu’elle y tourne demeurent à ce jour inédits en France. Sa popularité l’amène tout naturellement à travailler pour la télévision et les populaires séries estivales «Le vent des moissons» et «Orages d’été» la confrontent aux réalités rurales et aux déboires sentimentaux dont le grand public raffole.
Elle tourne également pour le petit écran dans «Un métier de seigneur», «Le front dans les nuages», aux côtés de Danielle Darrieux, «Les merisiers» et «Un pull par-dessus l’autre». Toujours présente au théâtre, elle joue «Marguerite et les autres» (1983), spectacle composé de textes de Jean Cocteau, Jean-Loup Dabadie, Pierre Étaix, Michel Audiard et Félix Leclerc, «L’avare» de Molière, dans une mise en scène de Roger Planchon (1986), avec Michel Serrault, «Première jeunesse» de Christian Giudicelli (1987), avec Odette Joyeux, «Le roi se meurt» d’Eugène Ionesco (1988), «Heldenplatz» de Thomas Bernhard (1991), «La famille écarlate» de Jean-Loup Dabadie (1992) et «Les chutes du Zambèze» de Daniel Soulier (1995), etc… En complément de ces multiples activités, Annie Girardot est l’auteur de deux recueils de souvenirs «Vivre d’aimer» et «Ma vie contre la tienne», dédié à sa mère.
De 1990 à 2000, la carrière de la comédienne se décline essentiellement à la télévision, en Italie ou en France. Elle joue beaucoup moins au cinéma mais décroche malgré tout un César du meilleur second rôle féminin pour sa prestation dans "LES MISERABLES" (1994) de Claude Lelouch. Sur scène, l’actrice livre un bouleversant discours qui restera dans les annales de la cérémonie, lâchant en larmes « je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma, mais lui m’a manqué infiniment, follement, éperduement… ».
On la retrouve ensuite dans "LES BIDOCHONS" (1996), "CECI EST MON CORPS" de Rodolphe Marconi (2001) et surtout "LA PIANISTE" de Michael Haneke où une fois de plus son remarquable charisme crève l’écran, ce qui lui permet de remporter un nouveau César. Récemment, Annie Girardot a prêté sa voix au film d’animation de Jacques Rémy Gireird "LA PROPHETIE DES GRENOUILLES" (2003) avant de faire des apparitions dans "LE TEMPS DES PORTE-PLUMES" (2006) de Daniel Duval, "C’EST BEAU UNE VILLE LA NUIT" (2006) de Richard Bohringer, "BOXES" (2007) de Jane Birkin ou "CHRISTIAN" (2007) de Elisabeth Löchen. En septembre 2006, le grand public apprend par l’intermédiaire de son avocat, puis de la presse, qu’Annie Girardot est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le livre « La Mémoire de ma mère » paru en avril 2007 et écrit par sa fille Giulia Salvatori, raconte le combat quotidien de l’actrice contre la maladie.
Annie Girardot reçoit des mains de Charles Vanel, le César de la Meilleure actrice pour "Docteur Françoise Gailland". 1976
Contrairement à d'autres, on peut percevoir la tendresse de l'immense comédien qu'était Michel Serrault à l'égard d'Annie Girardot...
Présidente des César l'année suivante, il faut reconnaitre que nous avont tous été émus par son discours émouvant...lors des César.

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Son bien-aimée Renato Salvatori
Philippe Noiret
Claude Brasseur
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12 novembre 2009
ANNIE GIRARDOT, ELOGE D'UNE ACTRICE EMOUVANTE
Actrice Française
Annie Girardot est l'une des dernières actrices d'une époque révolue, le public se reconnait en elle, elle reste l'une des comédiennes les plus aimées et les plus authentiques du cinéma français . Quelques titres parmis les plus importants de sa carrière : "L'homme aux clés d'or" avec Pierre Fresnay, "Maigret tend un piège" de Jean Delannoy avec Jean Gabin,"Rocco et ses frères" de Luchino Visconti avec Alain Delon et Renato Salvatori (son futur époux), "La proie pour l'ombre" d'Alexandre Astruc avec Daniel Gélin, "Le Rendez-vous" de Jean Delannoy avec Jean-Claude Pascal et Philippe Noiret, "Le bateau d'Emile" de Denys de la Patellière avec Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon, "Le vice et la vertu" de Roger Vadim avec Catherine Deneuve et Robert Hossein, mais également "Trois chambres à Manhatta" de Marcel Carné avec Maurice Ronet, "Vivre pour vivre" de Claude Lelouch avec Yves Montand, "La bande à Bonnot" avec Jacques Brel, "Dillinger est mort" de Marco Ferreri avec Michel Piccoli, "Un homme qui me plait" de Lelouch avec Jean-Paul Belmondo, "Clair de terre" de Guy Gilles avec Edwige Feuillère, Micheline Presle et Roger Hanin, "Elle boit pas, elle fume pas mais elle cause" d'Audiard avec Bernard Blier entre autres.
A partir des années 70, on peut souligner sa participation dans "Les novices" avec Brigitte Bardot et "Guerre secrète" avec Bourvil, même si on aurait préfèrer un autre face à face avec Bourvil. Il y eut également "Mourir d'aimer" d'André Cayatte, quatre autres films en compagnie de Philippe Noiret, cela commence avec "La vieille fille" puis "La mandarine", et enfin les deux films de Philippe de Broca "Tendre poulet" et "On a volé la cuisse de Jupiter".
Il y eut aussi "Docteur Françoise Gailland" avec Jean-Pierre Cassel et une débutante nommée Isabelle Huppert, "Traitement de choc" d'Alain Jessua avec Alain Delon et Michel Duchaussoy, "Il n'y a pas de fumée sans feu" et "A chacun son enfer" deux films réalisés par André Cayatte. Et enfin, l'un de ses plus grands succès populaires "La gifle" aux côtés de Lino Ventura et Isabelle Adjani.
Annie Girardot est née le 25 octobre 1931 à Paris, dans le quartier de la Bastille. Sa mère est présidente des sages-femmes de France. Elle n'a jamais connu son père, décédé alors qu'Annie était une jeune enfant. Son frère, Jean, est de cinq ans son aîné. Après une enfance passée à Caen, elle prépare un diplôme d'infirmière à Paris sans grand enthousiasme.
Annie Girardot se découvre une vocation pour la comédie, elle se met à fréquenter le Centre Dramatique de la rue Blanche dès le mois d'avril 1949. Elle à Jean Meyer pour professeur. Sa première prestation au théâtre fut le rôle de Dorine dans une scène de "Tartuffe"; Elle poursuit la filière qui l'a conduit directement au Conservatoire, ou elle travaille sous la direction d'Henri Rollan.
En 1954 au Conservatoire : double premier prix de comédie, classique et moderne, que celle-ci remporte pour avoir interprété une scène de " La locandiera," de Carlo Goldoni. Annie est engagée à la Comédie Française. Pendant deux années elle interprète le répertoire : (Sylvia dans "Les jeux de l'amour et du hasard" de Musset), (La paix chez soi de Courtenine), (Les Misérables de Victor Hugo avec Aimé Clariond)
Annie Girardot débute au cinéma à la fin de l'été 1955, dans un film méconnu d'André Hunebelle "TREIZE A TABLE" (1956), adapté d'une pièce de Marc-Gilbert Sauvajon avec Micheline Presle et Fernand Gravey. Le film n'offre guère grand interêt, mise à part qu'il s'agit de son premier film. Juste après son premier tournage cinématographique, elle enchaîne une pièce de théâtre de Jean Cocteau "La machine à écrire" et endosse le rôle de Margot. La critique est unanime, on parle d'Annie Girardot comme la grande révélation de ses dix dernières années.
Le cinéma s'interesse au cas Girardot, elle donne la réplique à Pierre Fresnay dans "L'HOMME AUX CLES D'OR", sous la direction de Léo Joannon. Le tournage débute le 22 mai 1956 pour s'achever le 13 juillet 1956. Annie eut un succès considérable, les critiques étaient emballés par sa performance. Les "clefs d'or" du titre sont celles figurant sur le blason cousu au revers de la livrée des portiers des grands hôtels. "Aidé par l'association des "Clefs d'Or" et par son président qui m'a donné quelques préceptes, je me suis amusé à observer les gens de l'hôtellerie et j'ai eu leur accord. Ils m'ont dit "C'est parfaitement vraisemblable." ("Pierre Fresnay", La Table Ronde, 1975). C'est le second film interprété par Annie Girardot qui, durant le tournage à Monte-Carlo, devait rentrer à Paris presque tous les soirs pour jouer, à la Comédie Française, "La machine infernale" de Jean Cocteau. Elle obtient l'année suivante le " Prix Suzanne Bianchetti ", pour "L'homme aux cles d'or".
Annie Girardot joue a merveille les petites garces, trois jours après la fin du tournage de "L'homme aux clés d'or", Annie Girardot enchaîne avec "REPRODUCTION INTERDITE" (1956) de Gilles Grangier, adapté du roman de Michel Lebrun. Il s'agit du seul film joué en vedette par le comédien Paul Frankeur : «Le producteur, Lucien Viard, voulait faire un film avec Paul Frankeur, expliqua Gilles Grangier. (…) Il était très ami avec lui et ne trouvait pas juste qu’il soit toujours réduit au rôle de faire-valoir. Je connaissais bien Paul, qui était un ami et avec qui j’avais fait plus d’une douzaine de films. . Je l’aimais beaucoup et je n’étais pas le seul. (in «Passé la Loire, c’est l’aventure», entretiens avec François Guérif, Terrain Vague, Losfeld, 1989). C’est Annie Girardot qui avait lu le livre de Michel Lenoir à la faveur d’un voyage en train et qui le recommanda à Gilles Grangier. Michel Lenoir était alors le pseudonyme de Michel Lebrun, auteur réputé de romans policiers (plus de 80 titres) dont une dizaine devait fournir des sujets au cinéma, et qui allait devenir dans le courant des années soixante, le «scénariste le mieux payé de France». Insatisfait des recettes, le producteur ressortit le film sous le titre "Meurtre à Montmartre", ce qui est mensonger, étant donné que l’action ne se passe jamais sur la Butte… «… Il paraît que "Meurtre à Montparnasse" faisait trop long sur l’affiche» précisa Gilles Grangier.
L'année 1957, elle participera à quatre films : "LE ROUGE EST MIS" mis en scène par Gilles Grangier, adapté par Michel Audiard et Auguste Le Breton, d'après son roman. Aux côtés de Jean Gabin, Lino Ventura, Paul Frankeur et Marcel Bozzuffi. Grangier énonce dans ses mémoires "50 ans de cinéma" : " Le vieux (Gabin) était monolithique, sans pitié ! Lino crevait l'écran. Frankeur et Bozzuffi étaient parfaits. Et je retrouvais Girardot. Elle était bandante, l'Annie, et quel talent !".
Le suivant "L'AMOUR EST EN JEU" ou "Ma femme, mon gosse et moi" de Marc Allégret lui permet d'interpréter quelque chose de différent dans le rôle de Marie-Blanche,si fine et sensible, Annie Girardot partage l'afficihe avec Robert Lamoureux, Jacques Jouanneau, Pierre Doris (qui vient de nous quitter) et Jean Parédès.
Le troisième film de l'année 57 est "MAIGRET TEND UN PIEGE", Jean Gabin fut chronologiquement le huitième comédien à incarner le commissaire Maigret au cinéma depuis 1932, d'après les romans de Georges Simenon. Jean Delannoy assura la mise en scène. Ce fut l'un des meilleurs films du cinéaste, il semblait s'interesser à ce film beaucoup plus qu'à certains autres. Maigret y faisait l'analyse pychologique d'un tueur (Jean Desailly) dont sa femme n'est autre qu'Annie Girardot.
Et enfin "Le desert de Pigalle" permet à Annie de retrouver Leo Joannon en 1957, cette fois-ci comme partenaire et réalisateur, elle y est encore une fois, une fille perdue "Josy la panthère" dont un prêtre essaue de la remettre dans le droit de chemin. Pendant deux ans, Annie Girardot va déserter les plateaux de cinéma, jusqu'en septembre 1959,au profit des planches...Elle quitte la Comédie Française. En 1958, aux côtés de Jean Marais, elle joue " Deux sur une Balançoire ", de William Gibson, au Théâtre des Ambassadeurs. En 1960, c'est " L'idiote ", de Marcel Achard, avec Jean-Pierre Cassel, au Théâtre Antoine.

Annie Girardot tourne "LA CORDE RAIDE" (1959) d'un jeune réalisateur Jean-Charles Dudrumet, tiré d'un roman de Michel Lebrun "La veuve". Son partenaire n'est autre que François Périer. Elle poursuit avec "RECOURS EN GRACE" (1959) du cinéaste Laszlo Benedek, (célèbre pour avoir tourné "L'équipée sauvage" avec Marlon Brando) inspiré d'un roman d'Henri Calef, le film n'offre pas une performance interessante à l'actrice. Il lui faudra attendre une rencontre exceptionnelle, celle de Luchino Visconti qui fait appel à elle pour tourner aux côtés d'Alain Delon, Katina Paxinou, Renato Salvatori, Suzy Delair dans "ROCCO ET SES FRERES" (1960). Une oeuvre magistrale, inoubliable sur une musique de Nino Rota. Un véritable chef d'oeuvre dont la première projection date du 10 mars 1961.
Adapté d'un ouvrage italien, "Rocco et ses frères" combine diverses influences, en particulier celles de Dostoïevski ("Les frères Karamazov") et Verga. On peut aussi le considérer comme une sorte de suite libre à "La terre tremble" tourné par Visconti en 1948 et qui fut un des grands films de l'école néo-réaliste. Le mélange d'acteurs italiens et français ne nuit pas à la profonde authenticité de l'œuvre. En 1960, le film remporta le Prix Spécial du Jury, le "Lion de Saint-Marc", en argent, au Festival de Venise. Annie Girardot interpréter le rôle de Nadia, une jeune prostituée. Ce film a permit à Alain Delon de voir lancer sa carrière internationale. Quant à Annie Girardot, elle épousa Renato Salvatori le 6 janvier 1962.
Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti pendant le tournage
Entre-temps, Annie Girardot avait tourné dans le film à sketches "LA FRANCAISE ET L'AMOUR" (1960) dont le sketche s'intitule "Le divorce". Alexandre Astruc réalise "LA PROIE POUR L'OMBRE" (1960) dans lequel Annie a pour mari Daniel Gélin et Christian Marquand pour amant. Alexandre Astruc présentait ainsi son film: La protagoniste de "La proie pour l'ombre" s'occupe d'une galerie de peinture et habite avec son mari, qu'elle a épousé sans jamais l'avoir réellement aimé. Aussi le sentiment qui l'unit à lui préserve son indépendance. Mais quand elle rencontrera un homme qu'elle adore et auprès de qui elle ira vivre, l'amant se substituera au mari. Elle deviendra alors dépendante et sera amenéeà briser, ainsi que les premiers, ces nouveaux liens.
Le film reprenait un projet écrit deux ans auparavant par Astruc et Françoise Sagan, "La plaie et le couteau", qui devint, après le désistement de la romancière, "LA PROIE POUR L'OMBRE". " Astruc ajoutait : "On dit déjà que mon film est le conflit entre la femme moderne et l'amour. Ce n'est pas exact. J'ai voulu plus précisément exprimer la difficulté qu'a une femme d'accepter d'être une femme. Elle est tellement persuadée qu'elle est l'égale de l'homme que lorsqu'un homme, par amour, la féminise, elle éprouve non pas une révolte mais un déchirement."








Après avoir rapidement tourné un sketch du film de Michel Boisrond "LES AMOURS CELEBRES" (1961), Annie Girardot donna la réplique à Edwige Feuillère. Après avoir séjourné aux Etats-Unis aux côtés de Renato Salvatori, Annie s'investit corps et âmes dans "LE BATEAU D'EMILE" (1961) de Denys de la Patellière aux côtés de Lino Ventura, Pierre Brasseur et Michel Simon. Ce film est tiré d'une adaptation de Simenon – "Le bateau d'Émile", retitré "Le homard flambé" lors d’une nouvelle sortie, fut tourné à La Rochelle. La nouvelle de Simenon, en revanche, se situait à Fécamp. Annie Girardot, au «Mistigri», interprète une chanson écrite spécialement pour le film par Jacques Plante pour les paroles et Charles Aznavour pour la musique.
Annie Girardot va rester absente des plateaux pendant pendant une dizaine de mois, le temps de donner naissance à a fille Giulia, le 15 juillet 1962. Annie retrouve les plateaux de cinéma, Roger Vadim prépare son prochain film "LE VICE ET LA VERTU" (1962). Ce film permet à l'actrice de rivaliser avec une débutante Catherine Deneuve, et de donner la réplique à Robert Hossein.
Lorsque, en 1961, Roger Vadim et Roger Vaillant annoncèrent leur projet d'adapter très librement les textes sulfureux du Marquis de Sade, l'affaire fit grand bruit. Le cinéaste et le romancier avaient fait sensation l'année précédente avec la sortie commerciale tumultueuse des LIAISONS DANGEREUSES 1960, que plusieurs municipalités avaient censurées. Le titre et le choix des prénoms féminins évoquaient directement l'_uvre du Marquis de Sade, l'auteur de et de l'. Les conditions de production et de distribution, bridées par une censure vigilante, ne permettaient guère une transposition fidèles des délires sadiens. On était loin de la liberté que s'octroya en 1975 Pier Paolo Pasolini pour SALO -OU LES CENT VINGT JOURNEES DE SODOME. Au moment de la sortie du film, Roger Vadim minimisa la référence au divin marquis, mais la critique en était restée aux précédentes déclarations d'intentions. Le malentendu desservit considérablement le film. Après avoir été le démiurge de Brigitte Bardot et d'Annette Stroyberg, Roger Vadim avait confié l'un des deux rôles principaux à Catherine Deneuve, alors jeune débutante devenue sa compagne.
Annie Girardot participera au tournage de sept films italiens, dont trois d'entre eux sortent du lot. 1963 est sa première rencontre avec l'univers si particulier des films de Marco, Ferreri, "LE MARI DE LA FEMME A BARBE" (1963) avec Ugo Tognazzi. Le film fut accueilliavec mépris et dégoût par la presque totalité de la presse française. Ce sixième film de Marco Ferreri permettait une difficile performance d'actrice; couverte des pieds à la tête d'un pelage inesthétique, Annie Girardot parvenait à exprimer une sensibilité qui faisait oublier la laideur factice dû à ce maquillage inhabituel. Le scénario ne faisait aucune concession à la bienséance, ce qui explique l'hostilité que "LE MARI DE LA FEMME A BARBE" rencontra au festival de Cannes de 1964. Pour ne pas heurter un public commercial désorienté par un tel excès d'humour noir, les producteurs imposèrent un autre dénouement. C'est ainsi qu'on put voir la femme-singe perdre tous ses poils avant d'accoucher et mettre au monde un bébé normalement constitué. Maria cessait d'être le monstre qu'on exhibe et commençait une nouvelle vie de femme normale. Antonio, sur les conseils d'un médecin avisé devenait un travailleur honnête... Il va de soi qu'une telle fin heureuse provoquait une rupture de style qui contrastait fort avec le ton grinçant de cette fable sur l'appât du gain et l'irrespect de la personne humaine.


Il faut souligner également la prestation d'Annie Girardot dans le film de Mario Monicelli "LES CAMARADES" (1963). Le film fut tourné au printemps 63, l'actrice incarnait à nouveau une prostituée. Après avoir été plusieurs fois primé, notamment à Mar Del Plata, où il a remporté le grand prix en 1964, ce film, dont la sortie en France a été tardive, a partout connu un échec commercial, à la grande amertume de ses auteurs. Sans doute, comme le pense Monicelli lui-même (Cf. " Le Cinéma Italien ", par Jean Gili, 10/18) était-il en avance sur son temps. On avait alors peu l'habitude de voir une fresque sociale (sur la première grève ouvrière à une époque charnière de l'histoire italienne) aussi peu chargée d'effets romanesques, d'accessoires " d'époque ", d'éléments dramatiques. Refusant, tout à la fois, le pur documentaire sur la condition ouvrière, selon un schéma politique propagandiste, et la reconstitution néo-réaliste d'un univers à la Zola, Monicelli et ses collaborateurs ont accumulé les handicaps.



Il y eut aussi le film à sketches "Les hors-la-loi du mariage" (1963) d'une ultime collaboration entre Valentino Orsini et les frères Taviani. Il s'agissait de six sketches sur les aberrations engendrées par une législation proscrivant le divorce.
Elle accepte de jouer dans le premier film de Robert Thomas, d'après une pièce de Felix Marceau "LA BONNE SOUPE", ainsi que de donner la réplique à Bourvil dans "GUERRE SECRETE" (1965) de Terence Young (il s'est illustré dans les premiers James Bond ). On peut s'apercevoir que sa carrière cinématographique est dans une impasse. On ne lui propose rien d'interessant.
Elle est l'interprète d'Arthur Miller, dans " Après la chute ", en 1965, au Gymnase, avec Michel Auclair et d'une comédie musicale de Renato Rascel, " Le Jour de la Tortue", aux côtés de Philippe Nicaud, au Théâtre Marigny. Annie est à l'affiche avec "TROIS CHAMBRES A MANHATAN" (1965), adaptation d'un roman de Georges Simenon, plusieurs cinéastes s'y étaient interessés. Carné souhaitait donner un cacher d'authenticité au roman de Simenon en tournant effectivement son film à New York. Après un voyage préparatoire, il dut y renoncer pour des raisons financières. Le tournage eut donc lieu dans les studios de Billancourt, le décorateur Léon Barsacq ayant rapporté de New York une énorme documentation photographique, des meubles et les accessoires nécessaires. La figuration fui choisie dans les milieux américains de Paris. Présenté, contre l'avis de son réalisateur au Festival de Venise 1965. TROIS CHAMBRES A MANHATAN fut récompensé en la personne d'Annie Girardot qui reçut la coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine.
Un autre moment intéressant dans la carrière de l'actrice, le film à sketches "LES SORCIERES " (1966) réalisé par Luchino Visconti. Silvano Mangano en était l'actrice principale aux côtés de Clint Eastwood. On s'aperçoit également que la Nouvelle Vague l'ignore plus ou moins, mise à part Claude Lelouch, qui va enfin révèler le talent immense de l'actrice.
C'est en décembre 1966, qu'Annie Girardot revient devant une caméra, celle de Claude Lelouch dans "VIVRE POUR VIVRE", elle y joue l'épouse délaissée par Yves Montand. Ce film a permis à la comédienne de reprendre goût du cinéma.
L'extraordinaire succès d'"UN HOMME ET UNE FEMME" avait projeté Claude Lelouch au premier plan de l'actualité. "Vivre pour vivre" bénéficie de moyens beaucoup plus importants, en particulier d'une distribution à caractère international. La carrière d'Annie Girardot qui piétinait depuis plusieurs années, fut relancée par ce film. La comédienne a très bien su décrire les rapports particuliers que Lelouch entretient avec ses acteurs : "Lelouch nous laisse vivre et nous regarde. Et nous surprend. Nous ne sommes plus des jouets. Il n'y a pas toute une cour alentour et des spots qui vous traquent. Il fait des choses humaines. Dans le travail, il donne du bonheur. Je ne connais pas beaucoup de metteurs en scène capables de le faire". En 1968, Annie Girardot remporte le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Mar del Plata, pour sa création.
Annie Girardot enchaîne avec deux autres films "LES GAULOISES BLEUES" (1967), unique réalisation d'un critique célèbre Michel Gournot. Ce film qui, bien que tourné avant mai 1968, en annonce prophétiquement le climat, est à ce jour l'unique film de Michel Cournot, poète, romancier, journaliste, longtemps critique de cinéma au "Nouvel Observateur", et critique de théâtre au journal "Le Monde". C'est un exemple de ce cinéma de poésie que Pasolini, en une définition passée à la postérité, apposait au traditionnel cinéma de prose. Diversement accueilli, il suscita des réactions d'une intensité au moins égale à celle que firent naître les critiques passionnées, voire provocatrices et anticonformistes, de Cournot, infatigable défenseur du cinéma de Jean-Luc Godard. Il fut tourné en son direct. A ce propos Cournot précisait à Gérard Langlois venu l'interroger pour " Les Lettres Françaises " (4 septembre 1968) : "Le doublage est un vrai scandale. Le son direct est plus concevable, mais il est très dur à utiliser et il augmente considérablement le budget. J'ai donc pris au départ des options. Par exemple, tourner en un seul plan à chaque fois, très long pour éviter les raccords sonores. "
Assez réussi, le film de Philippe Fourrastié : "LA BANDE A BONNOT" (1968), film ambitieux mené à bien, le film sortit en octobre 1968, ce qui le desservit considérablement dont la mesure ou le message pro-anarchiste qu'il véhicule ne fut compris que comme une volonté opportuniste de "raccrocher" à une actualité récente. Inspiré de faits réels qui défrayèrent la chronique pendant six mois, de 1911 à 1912. Le film se veut un document d'époque. Nombre de scènes sont d'ailleurs - reconstituées d'après des documents photographiques - comme le siège du Petit Robinson, à Nogent-sur-Marne - ou tirées de gravures parties dans "La Petite Illustration", même si, en ce qui concerne le scénario, la mort de Bonnot correspond en fait à celle d'un de ses complices, Valet, qui n'apparaît pas dans le film - Bonnot avant été abattu à Choisy-le-Roi avant que ses lieutenants ne tombent lors du siège de Nogent-sur-Marne.




Depuis 1962, Annie Girardot mène parallèlement une double carrière cinématographique, en France et en Italie où elle tourne plusieurs films avec Marco Ferreri. "DILLINGER EST MORT" (1968) est le second des trois films interprétés par Annie Girardot sous la direction de Marco Ferreri, entre LE MARI DE LA FEMME A BARBE (La Donna Scimmia, 1963) et "IL SEME DELL' UOMO" (1969) toujours inédit en France. Ce deuxième film est sûrement le meilleur film de Marco Ferreri. Par contre, c'est le début d'une longue collaboration entre Ferreri et Michel Piccoli qui, dans son livre "Dialogues égoïstes", cerne avec précision la signification profonde du film : "Mon personnage s'efforce d'habiter le temps qui le provoque. Je balise les secondes qui passent. Comme un nageur en train de sombrer, je griffe le décor pour mieux laisser la trace de mon présent. Pour exister en attendant que se matérialise dans mon futur le voilier libérateur, je déplace les objets, tue des rituels". Car, ainsi que le définit le comédien : "Ferreri n'envisage pas l'avenir. Il se contente de mettre en scène des êtres sans passé ni avenir qui se débattent dans les pièges du temps présent".
Le film fut présenté à Cannes, lors du Festival 1969, un an après l'interruption de la compétition cannoise par les événements de Mai 68. La critique y a vu une dénonciation de la "société de consommation", alors que Ferreri en a dit : "C'est encore un film bourgeois pour les bourgeois. Nous n'avons pas de dialogue révolutionnaire avec le public. La révolution se fait en faisant la révolution, pas en faisant des films." Ce qu'il précisera encore, de, manière provocatrice, en déclarant : "Dillinger ne sert à rien, il plaît au ghetto de la culture. Et on s'en fout..."
En Yougoslavie, elle est l'interprète de "IL PLEUT SUR MON VILLAGE", un film écrit et réalisé par Aleksandar Petrovic (l'auteur de J'AI MÊME RENCONTRÉ DES TZIGANES HEUREUX).
Outre son activité au studio, elle poursuit également une carrière théâtrale ("L'Idiote", "Deux sur une balançoire", "Seule dans le noir", etc.). À la Scala de Milan, elle est la récitante de "Perséphone", l'opéra de Stravinski, tiré de l'œuvre d'André Gide. Seule en scène pendant deux heures, elle fut récemment encore "Madame Marguerite", dans une adaptation de Jean-Loup Dabadie. Sa personnalité et sa vivacité d'esprit lui permettent d'incarner les personnages les plus variés et d'aborder tous les registres.
Fin 1968, Annie renoue avec le comique grâce à une gentille satire de la publicité, "EROTISSIMO" (1968) du cinéaste Gérard Pirès avec qui,elle prend beaucoup de plaisir à travailler : "J'adore ce rôle, je me réjouis de l'interpréter. J'ai adoré ce film. Pirès voilà un garçon fantastique, et que j'aime beaucoup. Tourner avec lui, c'était très agréable, et je souhaite un jour refaire un film avec lui. C'est un garçon très efficace, très jeune, complètement fou." (In Cinémonde no1820, 27 janvier 1970).
On retrouve Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot dans "UN HOMME QUI ME PLAIT" (1969) filmé par l'un des précurseurs de la Nouvelle Vague, Claude Lelouch. Annie s'invita à visiter les Etats-Unis. Elle poursuit sa carrière cinématographique avec un film atypique : "LE CLAIR DE TERRE" (1969), grand prix du Festival du Jeune Cinéma de Hyères en 1970, ce film est le troisième long métrage de Guy Gilles, cinéaste inclassable né en 1940 à Alger et mort prématurément en 1996. « Je n'ai jamais fait un film qui raconte ma vie. J'avais attendu d'ailleurs très longtemps pour faire "LE CLAIR DE TERRE", car, par rapport au problème de l'Algérie, cela m'embêtait de raconter l'histoire de quelqu'un qui retourne dans son pays. Cela faisait appel à trop de thèmes « romantiques », ce qui me déplaisait. J'ai fait le film plus tard, en m'inspirant du personnage de mon frère, qui est plus jeune que moi : le film devint alors l'histoire de quelqu'un qui va dans un pays où il a des attaches sentimentales mais qu'il n'a pas connu. D'où l'importance des objets, des paysages, des gens qui allaient ressusciter ce passé inconnu. »
Retour à la bonne grosse rigolade avec un impérissable chef d'oeuvre d'Audiard "ELLE BOIT PAS, ELLE FUME PAS, MAIS ELLE DRAGUE" (1970). C’est le troisième des neuf films réalisés par Michel Audiard, qui a toujours avoué préférer un roman pour bâtir un script : « J’aime partir d’un livre parce que c’est un bon moteur au départ, même si on le fout en l’air après. » (in “Audiard par Audiard”, René Chateau, 1995). Une pléiade de vedettes se succèdent :Annie Girardot, Bernard Blier, Sim, Jean-Pierre Darras, Jean Carmet, et Jean le Poulain.
On me parle souvent des longs titres de mes films, expliquait-il Audiard. J’aime bien ça, les titres-phrases. Parce que par goût, par vice, j’ai toujours été plus tenté d’acheter un roman dont le titre est une phrase. Je trouve cela chouette. Si je vois sur une couverture “Marie” ou “Joseph”, il faut vraiment que je sois sûr de l’auteur, sinon cela ne me tente pas. Je suis certain que si “À la recherche du temps perdu” s’appelait simplement “Albertine”, ce serait moins bon. » (ibid.). En 1972, Audiard tourna, toujours avec Annie Girardot, ELLE CAUSE PLUS… ELLE FLINGUE qui n’est pas une suite de ce film.
Avec Michel Audiard
Annie Girardot se retrouve au début de l'été 1970 aux côtés de Brigitte Bardot pour le tournage du film "LES NOVICES" de Guy Casaril. Annie énonca : "J'ai l'impression d'être la mère de Brigitte. Je prends plaisir à être aux petits soins avec elle. Je l'oblige à dormir au moins dix heures par jour. Je lui prépare ses menus... (Annie Girardot press-book du film) -Avec Annie tout est merveilleux. J'aime autant la comédienne que la femme. Je suis sûre qu'ensemble nous allons faire un film étonnant". (Brigitte Bardot,idem)
Annie a beaucoup tourné avec une moyenne de quatre films par an, en 1971, André Cayatte réalise "MOURIR D'AIMER" qui s'inspire sans détours de l'histoire authentique de Gabrielle Russier; professeur dans un lycée du sud-ouest de la France, divorcée, mère de deux enfants, qui se donna la mort à la suite des accusations portées contre elle. Annie Girardot atteint une côte de popularité record avec "Mourir d'aimer". Elle s'est beaucoup investit....
Hormis ses "Lettres de Prison", présentées par Raymond Jean, deux ouvrages furent consacrés à l'affaire : "Les Écrous de la haine" par Michel Del Castillo et "Plaidoyer pour une âme" de Geneviève Lefèvre-Toussaint. Maître Palanque, juge d'instruction chargé de l'affaire en 1969, rendit publique une lettre (publiée dans "Le Provençal") dans laquelle il reprochait au metteur en scène son manque d'objectivité à l'égard de la justice et des parents. Aux côtés d'Annie Girardot, le regretté Bruno Pradal (l'élève) et François Simon.
Robert Chazal ecrivait le 23 janvier 1971 sur France-Soir "Annie Girardot domine tout le film de son autorité, de sa sensibilité. Quand elle est au milieu des élèves, c'est elle dans le comportement est le plus jeune et la plus dynamique. Dans le drame et dans le desespoir elle est bouleversante au-delà de toute expression. C'est la plus grande des artistes dans le plus généreux des films.
"LA VIEILLE FILLE" (1971) est le premier long métrage de Jean-Pierre Blanc, réalisé grâce à l'appui de Philippe Noiret et Annie Girardot, enthousiasmés à la lecture du scénario. C'est l'histoire de la rencontre de Muriel Bouchon, "vieille fille" et de Gabriel Marcassus quadragénaire solitaire incarné par Philippe Noiret qui semblait bien s'amuser avec sa partenaire....Le film connut un succès public honorable : 370.000 entrées à Paris en neuf semaines d'exclusivité. Le cinéaste retrouva même Annie Girardot en vedette de son troisième film, "D'AMOUR ET D'EAU FRAICHE" (1975) avec Miou-Miou et Julien Clerc.
Annie Girardot enchaîne avec "LES FEUX DE LA CHANDELEUR" (1972) de Serge Korber, qui avait précédemment dirigé Louis De Funès dans "Sur un arbre perché" et dans "L'homme orchestre", revient à un cinéma, intimiste et poétique, celui de ses courts métrages et de son premier long métrage "LE 17e CIEL".
Si le film reste fidèle à l'esprit du roman, la construction en est malgré tout différente. Le roman comprend de nombreux retours en arrière alors que le film se déroule chronologiquement de 1962 à 1972, car, avoue Serge Korber "je ne crois pas au "flash back" au cinéma". Le film fut tourné à Besançon, Pontarlier et Mouthiers en janvier et février 1972 mais cette année-là l'hiver fut si doux qu'il fallut faire appel aux spécialistes en neige artificielle.
L'un des meilleurs films de l'année 1972 reste sans conteste "TRAITEMENT DE CHOC" avec Alain Delon, Robert Hirsch et Michel Duchaussoy. Alain Jessua eut l'idée de ce film grâce à une expérience personnelle : "Je me suis trouvé dans la situation d'Annie Girardot. J'ai pris quelques vacances dans une maison de repos en Bretagne. Au bout de quatre jours, j'en avais assez. J'ai laissé aller mon imagination et je me suis dit que ce serait marrant de tourner un film dans un institut de ce genre."
Le cinéaste juge TRAITEMENT DE CHOC comme "un film d'angoisse, de suspense, où l'humour trouve sa place de temps en temps, alors que tout devient de plus en plus angoissant". Pourtant, Alain Jessua n'a pas voulu faire un film délibérément noir : "C'est un film optimiste, grâce à l'action du personnage joué par Annie Girardot.".
Alain Jessua rend hommage à la comédienne : "Elle n'a cessé de prendre à cœur son travail activement." La scène du crime final a été pour nous tous un grand moment de cinéma. Je voulais très précisément revenir à une certaine vérité de ce type de situation. Je voulais un crime auquel on puisse croire, pas un crime "de cinéma".
Le film est resté célèbre pour les scènes dans lesquelles les deux acteurs principaux apparaissent entièrement nus. Les extérieurs ont été tournés à Belle-Ile-en-Mer.
Annie Girardot - Alain Delon - Luchino Visconti
A SUIVRE
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17 août 2009
MICHELE MERCIER, Angélique pour toujours
Actrice Française
Michèle Mercier incarna de nombreuses héroines, mais il faut reconnaître que le public, toutes générations confondues l'a assimilé à Angélique, la Marquise des Anges, qui gagna ses galons avec la saga des Angéliques...Restera dans toutes les mémoires, le duo tout à fait exceptionnel entre la jolie demoiselle de Sancé de Monteloup, qui épousa le Comte de Peyrac.
Elle aura joué avec les plus grands noms du cinéma français : Michèle Morgan, Daniel Gélin, Bernard Blier, Charles Aznavour, Yves Montand, Charles Vanel, Jean-Paul Belmondo, Robert Hossein, Jean-Louis Trintignant, Jean Rochefort, Samy Frey, Roger Pigaut, Jean-Claude Pascal, Claude Rich, Pierre Brasseur....
Michèle Mercier est née le 1er janvier 1939 et prénommée Jocelyne, Yvonnne, Renée. Fille de pharmaciens niçois. Elle débute par la danse et devient petit rat de l’Opéra de Nice à huit ans. Michèle Mercier rencontre Maurice Chevalier, elle n'avait que 15 ans, et pourtant l'homme au célèbre canotier lui prédit sa réussite.
En 1957, Denys de La Patellière, tournant à Nice "RETOUR DE MANIVELLE", l’engage pour jouer la bonne de Michèle Morgan, c'est ainsi qu'elle tourna son premier film, un suspense bien ficellé et cela jusqu'au dénouement. Daniel Gélin en faux-amant de Michèle Mercier, obligé de rendre des comptes au commissaire de police interprétait par Bernard Blier. (Pour ménager aux spectateurs une surprise de taille, le générique omettait de mentionner Bernard Blier qui n'apparaissait qu'au milieu du film).
Léonide Moguy la remarque et lui donne le rôle principal de "DONNEZ-MOI MA CHANCE" (1957). Sa beauté illumine aussi quelques films d’aventures italiens. On la retrouve aux côtés de Romy Schneider, Henri Vidal et Jean-Paul Belmondo dans "MADEMOISELLE ANGE" (1959) de Geza von Radvanyi.
Michèle Mercier fit une rencontre cinématographique importante celle avec François Truffaut, qui lui donna l'un des rôles dans "TIREZ SUR LE PIANISTE" (1960) avec Charles Aznavour, Marie Dubois, Nicole Berger et Albert Rémy. Après une escapade dans l'univers de l'acteur-cinéaste Robert Lamoureux dans "LA BRUNE QUE VOILA" (1960). Les deux autres actrices du film sont Françoise Fabian et Pierrette Pradier, à leurs côtés Jean-Pierre Marielle et Pierre Tchernia.
On la vit également dans "AIMEZ-VOUS BRAHMS ? " (1960) du cinéaste d'origine hongroise Anatole Litvak, les trois principaux interprètes sont Yves Montand, Ingrid Bergman et Anthony Perkins.
Daniel Boulanger et Claude Chabrol
Michèle Mercier - Yves Montand - Anthony Perkins - Ingrid Bergman
Michèle Mercier travailla avec de nombreux cinéastes italiens reconnus tels que : Dino Risi avec "LES MONSTRES" (1963), ainsi que "I GIOVEDI" (1963). Il eut également Mario Monicelli pour "CASANOVA 1970" (1964), ainsi que le maître du cinéma d'épouvante italien Mario Bava avec "LES TROIS VISAGES DE LA PEUR" (1962) aux côtés de Michèle Mercier ; Boris Karloff (le meilleur monstre de Frankenstein). Ce septième film de Mario Bava est un film comportant trois histoires, dont la première s'intitule : "Le Téléphone" (avec Michèle Mercier).
Pendant le tournage du film "Casanova 70" avec Marcello Mastroianni et Bernard Blier
La carrière d’un comédien parfois se résume à la seule réussite d’un succès commercial, ce fut le cas pour Michèle Mercier avec la saga populaire des "ANGÉLIQUE". Pourtant cette comédienne avait déjà fait ses preuves dans plus de vingt films
Lorsque Michèle Mercier fut contactée pour interpréter le rôle d'Angélique, elle avait déjà à son actif plus de vingt films dans sa filmographie. Bernard Borderie l’immortalise enfin en 1964 avec "ANGÉLIQUE MARQUISE DES ANGES", premier volet d’une saga costumée et mélodramatique créée par Anne et Serge Golon. Jusqu’en 1968, durant cinq aventures, de la Cour des Miracles aux marchés d’esclaves d’Arabie, Michèle Mercier apporte l’élément érotique indispensable aux tribulations d’une courtisane amoureuse d’un Robert Hossein boiteux. Entorses historiques, action, grands sentiments et zeste de sadisme sont les ingrédients obligés de cette recette commerciale dévoilant les épaules et la chute de reins d’une voluptueuse héroïne.
Le premier film de cette saga apparaissa sur les écrans le 8 décembre 1964. Pour incarner le principal personnage masculin (Joffrey de Peyrac) Francis Cosne songea à Robert Hossein, celui-ci fut choisi avant d'avoir engagé Michèle Mercier, qui pourtant était déjà une vedette en Italie. La production la considéra comme une débutante.
Aux côtés de Michèle Mercier et de Robert Hossein, l'excellent acteur Jean Rochefort dans le rôle de François Desgrez, avocat de Peyrac dans le premier film générique, qui deviendra par la suite lieutenant de police et ne cessera de soutenir la belle Marquise.....Au générique, une brillante distribution Giuliano Gemma (Un vrai crime d'amour de Comencini), Claude Giraud (Les Av de Rabbi Jacob), Jacques Toja (Sociétaire de la comédie française), François Maistre, Robert Porte, Jacques Castelot et Philippe Lemaire (disparu tragiquement dans le métro parisien). Puis dans le second volet "MERVEILLEUSE ANGELIQUE" (1964) on y vit Jean-Louis Trintignant en "poète crotté", Claire Maurier (Les 400 coups, La cuisine au beurre), Noel Roquevert, Charles Régnier, Serge Marquand et le nain Roberto.
Le troisième volet "ANGELIQUE ET LE ROY" (1966) fut adapté par Alain Decaux, contrairement aux deux précèdents films ou Francis Cosne, Claude Brulé et Bernard Borderie avaient assuré l'adaptation. Côté distribution, seuls Samy Frey, Estella Blain, Jean Parédès, Michel Galabru, Jean lefebvre, René Lefèvre furent ajouter à la distribution. Le film sortit sur les écrans en février 1966.
Malgré la participation furtive de Robert Hossein, les chiffres d'entrée furent si élevés qu'on décida de continuer une suite aux trois premiers volets. La musique fut écrite par Michel Magne, (disparu lui aussi tragiquement après avoir lu un livre qui s'intitule "suicide mode d'emploi" dans une chambre d'hôtel). Le style bien particulier de Michel Magne contribua au succès du film, au point que l'on vit un 45 tours et 33 tours réédités quelques années plus tard.
Roger Pigaut, Ettore Manni, Jean-Claude Pascal et Jacques Santi sont aussi dans le générique des deux derniers films de la sage des "Angélique" avec "INDOMPTABLE ANGELIQUE" (1967) et "ANGELIQUE ET LE SULTAN" (1967). Les trois premiers récits se passent en France, les deux suivants se situaient en Méditerranée et au Moyen Orient...."Indomptable Angélique sortit sur les écrans français le 27 octobre 1967 et "Angélique et le sultan" le 23 août 1968. Après la sortie de ce dernier, la saga s'acheva. Nous étions à la veille de Mai 68, la libération des moeurs, et l'émancipation des femmes avaient peut être accentué la chute brutale des entrées des deux derniers volets....
Angélique est devenue un mythe du cinéma populaire, Michèle Mercier lui a donné une autre dimension humaine où se fondirent le personnage et l'actrice.
Elle tentera en vain de se diversifier, produisant "LES BAROUDEURS" (1970) de Peter Collinson et "MACÉDOINE" (1970) de Jacques Scandelari au côtés de Pierre Brasseur et qui ne connaîtront pas le succès escompté. En 1987, Michèle Mercier a publié son autobiographie : “Angélique à cœur perdu” (Éditions Carrère), préfacée par Roger Peyrefitte.
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Festival de Cannes 1951-Michèle Mercier
Jacques Chazot
Robert Webber
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- 1957
RETOUR DE MANIVELLE (Denys de La Patellère)
DONNEZ-MOI MA CHANCE (Léonide Moguy).
VHS
- 1959
LES NUITS DE LUCRÈCE BORGIA (Le notti di Lucrezia Borgia, Sergio Grieco)
MADEMOISELLE ANGE (Ein Engel auf Erden, Geza von Radvanyi).
- 1960
TIREZ SUR LE PIANISTE (François Truffaut)

LA BRUNE QUE VOILÀ (Robert Lamoureux)
LA LIGNE DE MIRE (Jean-Daniel Pollet)
LE SAINT MÈNE LA DANSE (Jacques Nahum)
LES PIRATES DE LA NUIT (Fury at Smugglers Bay, John Gilling)
AIMEZ-VOUS BRAHMS, (Good bye again, Anatole Litvak).
- 1961
LES MILLE ET UNE NUITS (Le meraviglie di Aladino, Henry Levin et Mario Bava)
LE BOUCANIER DES ÎLES (Il giustiziere dei mari, Domenico Paolella)
L’ÎLE DES FILLES PERDUES (Le prigioniere dell’isola del diavolo, D. Paolella).
- 1962
LES ANNÉES RUGISSANTES (Gli anni ruggenti, Luigi Zampa)
LES 3 VISAGES DE LA PEUR (I tre volti della paura, sketch “Le téléphone”, Mario Bava).

- 1963
SYMPHONIE POUR UN MASSACRE (Jacques Deray)
L’AÎNÉ DES FERCHAUX (Jean-Pierre Melville)
LA PUPA (Giuseppe Orlandini)
HAUTE INFIDÉLITÉ (Alta infidelta, sketch “Des gens modernes”, Mario Monicelli)
LES MONSTRES (I mostri, Dino Risi)
VIA VENETO (Giuseppe Lipartiti)
FRENESIA DELL’ESTATE (Luigi Zampa)
I GIOVEDI (Dino Risi).
- 1964
A GLOBAL AFFAIR (Jack Arnold)
ANGÉLIQUE MARQUISE DES ANGES (Bernard Borderie)
CASANOVA 70 (id., Mario Monicelli)

L’AMOUR EN 4 DIMENSIONS (Amore in quattro dimensione, sketch “Amore e Morte”, Mino Guerrini).
- 1965
MERVEILLEUSE ANGÉLIQUE (Bernard Borderie)
LE TONNERRE DE DIEU (Denys de La Patellière).
- 1966
ANGÉLIQUE ET LE ROY (Bernard Borderie)
LA SECONDE VÉRITÉ (Christian-Jaque)
SOLEIL NOIR (Denys de La Patellière)
LE PLUS VIEUX MÉTIER DU MONDE (sketch «L’amore attraverso i secoli», de Franco Indovina)
I NOSTRI MARITI (sketch “Il complesso di Angelotto”, L. Zampa)
COMMENT J’AI APPRIS À AIMER LES FEMMES (Como imparai ad amare le donne, Luciano Salce).
- 1967
INDOMPTABLE ANGÉLIQUE (Bernard Borderie).
- 1968
UNE CORDE, UN COLT (Robert Hossein)
ANGÉLIQUE ET LE SULTAN (Bernard Borderie).
- 1969
LES AMOURS DE LADY HAMILTON (Christian-Jaque)
UNE VEUVE EN OR (Michel Audiard).
- 1970
LES BAROUDEURS (You Can’t Win’em All, Peter Collinson).
- 1971
MACÉDOINE (Jacques Scandélari)
SCANDALE À ROME (Roma bene, Carlo Lizzani)
PER AMORE O PER FORZA (Massimo Franciosa)
LES FANTÔMES DE HURLEVENT (Nella stretta morsa del ragno, Antonio Margheriti).
- 1972
LE VIAGER (Pierre Tchernia, apparition)
L’APPEL DE LA FORÊT (Call of the Wild, Ken Annakin).
- 1978
GOTZ VON BERLICHINGEN (Wolfgang Liebeneimer).
- 1984
JEANS’ TONIC (Michel Patient).
- 1998
LA RUMBERA (Piero Vivarelli)
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27 mai 2009
ROMY SCHNEIDER, Côté photos
Romy enfant
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Avec Alain Delon
Sophia Loren
Avec Luchino Visconti "son mentor"
Jean-Claude Brialy
Mylène Demangeot -Curd Jurgens -Karl Heinz-Bohm- Romy et Magda Schneider
Curd Jurgens
Gilbert Bécaud
Yves Montand -dans sa loge 9 octobre 1958 -Jean-Claude Brialy-Romy Schneider-Alain Delon
Errol Flynn à l'air de bien aimer se faire embrasser par Romy....
Henri-Georges Clouzot (Tournage inachevé du film "L'enfer")
Henri-Georges Clouzot - Alfred Hitchcock
Yul Brynner
Yves Montand -Pendant le tournage de "Paris brûle-t'il?" de René Clément
Anthony QuinnMarguerite Duras
Festival de Cannes -avec Harry Meyen
Léa Massari-Michel Piccoli-Claude Sautet-Romy-Harry Meyen (A la première du film "Les Choses de la vie")
Boby Lapointe - Michel Piccoli
Philippe Noiret - Pierre Granier-Deferre "Pendant le tournage d'"Une femme à sa fenêtre"
Claude Sautet -"son mentor "
Retrouvailles pour le tournage de "Clair de femme" de Costa-Gavras
Bertrand Tavernier -Harvey Keitel -Tournage de "La Mort en direct"
Francis Girod -Tournage de " La Banquière"
Lino Ventura -Romy Schneider -Michel Serrault Après le tournage de "Garde à vue" de Claude Miller
Dino Risi -Tournage de "Fantôme d'amour"
Les César :Meilleure actrice (Je reconnais avoir apprécié le discours de Romy, au moment ou elle était aux côtés de Jean Marais pour informer l'Académie des César afin de leur dire que de ne point venir à la Cérémonie, pour ceux et celles qui ont été nommés, relever de l'incorrection. Que la moindre des choses était de faire honneur à la profession.
Suis totalement d'accord avec elle, je respecte la volonté de Jean-Paul Belmondo, Jean-Louis Trintignant, Miou-Miou, Brigitte Bardot, Gérard Lanvin et quelques uns d'autres...Ils se trompent, cette soirée est une fête pour le cinéma avant tout.
C'est une façon également de mieux faire connaître le cinéma français aux jeunes générations, cela permit aussi de rendre hommage, à quelques uns de nos grands acteurs français ou étrangers. Le différent qui oppose JP Belmondo et Georges Cravenne, à cause du refus de celui-ci de proposer la création de la statuette à son père, Paul Belmpondo était, je le reconnais une deception pour le comédien...Mais le temps a passé, et les français seraient heureux de le voir être honoré par la profession, de même pour ceux et celles que j'ai cité...désolé pour les fautes d'orthographe, mais ça n'a jamais été mon point fort...
Catherine Deneuve - Yves Montand- Jean Marais
Avec David, son fils
Sarah Biasini
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24 mai 2009
ROMY SCHNEIDER, Les choses de la vie...
Actrice Française
Propulsée très jeune au faîte de la gloire grâce à l'espiègle Sissi, Romy Schneider tourna le dos à ce trop joli personnage pour se métamorphoser en grande comédienne, émouvante de beauté et de talent. Claude Sautet a donné à Romy Schneider quelques uns de ses plus beaux rôles : "Les Choses de la vie", "Max et les ferrailleurs", "César et Roslalie" ou "Une histoire simple".
Claude Sautet disait en parlant de Romy : "Je ne suis peut être pas très bonne comédienne, je ne suis peut être pas très bien foutue, mais je suis photogénique, ça je le sais ! C'est ma chance ! Mon père me l'a dit !. Ainsi m'avait parlé Romy la première fois que je l'ai rencontrée.
Etre à la hauteur de sa photogénie, de sa "chance", remplir cette image de toute la vie qu'elle pouvait y mettre, tel est peut être le secret del'intense combativité de cette véritable enfant de la balle. Fille et petite fille de comédiens fameux, toute sa vie professionnelle était tendue vers son père (Wolf Albach-Retty) disparu trop tôt de sa vie.
Romy était à la fois l'émotion et la violence, la panique et la plénitude, mais avant tout une force, une force éprise d'absolu. Il y avait en elle quelque chose de la grande écuyère de cirque, altière et dure avec son métier : lorsqu'après le tournage d'une scène difficile elle s'était sentie un peu en dessous, elle était sitôt prise d'un profond dégoût d'elle-même que rien ne pouvait apaiser. Cette exigence était la même vis à vis des autres. Elle en attendait beaucoup, avec soif de netteté morale et de rigueur partagée.
Pour moi, Romy c'était d'abord l'impulsivité populaire et sensuelle mais aussi à travers la lumière de son regard cette impression de dignité qui émanait d'elle et s'imposait à ceux qui l'entouraient.
Claude Sautet
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Actrice autrichienne, née à Vienne, le 23 septembre 1938. De son vrai nom : Rose-Marie Albach-Retty, elle est la fille de Magda Schneider et de Wolf Albach-Retty, un des couples de comédiens les plus populaires d'Europe à l'époque. Romy Schneider n'était pas une figure mythique. La réelle affection que lui portait son public reposait au contraire sur une correspondance directe entre la femme et l'actrice, qui formaient une entité unique, une image évoquant à la fois la beauté de la maturité et une certaine liberté d'allure, sans pour autant cesser d'être familière et très proche. Aussi sa mort, le 29 mai 1982, a-t'elle été profondèment ressentie, mort qui mettait un terme à une carrière de près de trente ans.
À l'arrivée des nazis, la famille Schneider doit quitter Vienne et l'enfance de la jeune Romy se passe dans un petit village près de Berchtesgaden. Quelque temps après la naissance d'un fils, Wolfgang, ses parents se séparent. Après la capitulation de l'Allemagne, Romy est pensionnaire dans une institution religieuse, près de Salzbourg. À quinze ans, Romy veut devenir décoratrice : elle rentre à l'École de Dessin de Mode, à Cologne. Magda Schneider, qui a repris son métier de comédienne, va tourner "LILAS BLANC" (1953) pour lequel on cherche une adolescente qui doit tenir le rôle de sa fille dans le film : ce sera pour Romy l'occasion de faire ses débuts à l'écran.
Elle tournera plusieurs productions allemandes : "Feu d'artifice" (1953) de Kurt Hoffmann, "Mon premier amour" (1955) d'Haral Braun. C'est en 1954 que Romy connait la célèbrité internationale avec "LES JEUNES ANNEES D'UNE REINE" d'Ernst Marischka ou elle interprète déjà une souveraine, le film relatait les débuts de la reine Victoria sur le trône d'Angleterre.
Puis, en 1955, le cinéaste Ernst Marischka lui offre le rôle principal de "MAM'ZELLE CRI-CRI" (Die deutschmeister), ou elle persuade un empereur autrichien de se fournir en pain auprès de sa tante Thérèse, la boulangère ! La jeunesse, le charme, la gentillesse de la jeune comédienne - elle avait alors dix-sept ans - avaient convaincu Marischka qu'il tenait en Romy celle qui, selon ses propres termes, allait faire rêver toutes les jeunes filles d'Europe. Il savait qu'elle serait l'Elisabeth de Bavière idéale, cette impératrice d'Autriche toujours chère au coeur de ses compatriotes,
- Mais c'est avec la série des "SISSI", où elle incarne l'Impératrice Elisabeth d'Autriche, aux côtés de Karl-Heinz Böhm, dans le rôle du jeune Empereur François-Joseph, que Romy Schneider devient célèbre. "SISSI" (1955), "SISSI IMPERATRICE" (1956) et "SISSI FACE A SON DESTIN" (1957). Tous trois mise en scène par le veux routier Ernst Marischka, ils réactivents les bonnes vieilles traditions de l'opérette viennoise, revues selon les règles du roman-photo, et n'entretiennent avec la réalité historique que des rapports involontaires, mais le charme adolescent de Romy Schneider suffisait à faire passer tout cela.Avec des moyens financiers à la mesure de ses ambitions, Marischka réalise un film qui va rencontrer un succès considérable dans toute l'Europe. En France, SISSI sera vu par plus de six millions et demi de spectateurs.
Romy Schneider avait déjà manifesté quelques réticences à l'idée de s'enfermer dans cet unique personnage, elle accepte encore, succès oblige, de tourner le troisième vollet des "SISSI" à la suite duquel elle refusera obstinément, malgré la promesse d'un cachet d'un million de marks, de tourner un quatrième épisode. Tous les films qu'elle tourna jusqu'en 1959 racontent plus ou moins la même histoire : une jeune fille simple, un grand amour, de gros chagrins...
Pendant le tournage avec Karl Heinz Bohm et Otto E. Hasse
Romy tourna une nouvelle version de "JEUNES FILLES EN UNIFORME" (1958) de Geza Radvanyi aux côtés de Lilli Palmer. C'est curieusement par un remake du célèbre "Liebelei" (1932) de Max Ophuls, dont l'actrice principale n'est autre que la mère de Romy (Magda Schneider) - qu'elle entama une carrière internationale : "CHRISTINE" (1958) réalisé par Pierre Gaspard-Huit, ou elle avait Alain Delon et Jean-Claude Brialy pour partenaires. Il s'ensuit une liaison tumultueuse qui l'amena à rompre avec des rôles dont elle était déjà saturée.
En 1958, on la retrouve aux côtés du comédien chanteur Jean-Claude Pascal et Paul Guers dans "LA BELLE ET L'EMPEREUR" d'Axel Von Abesser. Puis elle récidive en 1959 avec Robert Siodmak dans une version romancée de "KATIA". Curd Jurgens, Pierre Blanchar, Gabrielle Dorziat et Antoine Balpêtré.
Elle apparait dans un sketch réalisé par Luchino Visconti "Le Travail" pour le film "BOCCACE 70" (1961). Il s'agit d'une histoire d'un cynisme réjouissant, tirée d'une nouvelle de Maupassant : lassée des infidelités de son mari, une femme du monde décide de ne plus lui accorder ses faveurs que contre argent comptant. La rupture est brutale, et sans doute voulue, avec l'univers pastellisé des "Sissi". Ce film à sketches fut présenté au Festival de Cannes 1962 où il faillit provoquer un incident diplomatique. En effet, un quatrième épisode, "Renzo et Luciana", réalisé par Mario Monicelli avec Marisa Solinas et Germano Gilioli, fut coupé pour raccourcir le film. Cet épisode n'a jamais été présenté en France où la critique remarqua que la jeune Romy Schneider, qui n'avait jusqu'alors tourné que SISSI et ses multiples séquelles, pouvait, avec un grand cinéaste, jouer sur un tout autre registre.
D'abord assistant de Louis Malle, Alain Cavalier signe avec "LE COMBAT DANS L'ÎLE" (1961), son premier long-métrage. La sortie du film, considéré à juste titre comme un film politique, fut d'abord suspendue, puis autorisée sous réserve de coupures. En particulier toutes les scènes où Clément affirme sans ambages ses tendances fascistes, d'abord au cours d'une discussion avec son père dans l'usine en grève, ensuite au cours dune bagarre avec un Noir, ont été gommées. Quant au personnage de Serge, d'autres coupures rendirent son comportement plus fou. Le film fut cependant bien accueilli par la critique et par le public. Les dialogues sont signées Jean-Paul Rappeneau. Ce fut Jean-Louis Trintignant et Henri Serre qui donnèrent la réplique à Romy.
En 1962, Romy Schneider joue dans "LE PROCES" d'Orson Welles, le personnage de Leni, la gouvernante d'un inquiétant avocat (Welles lui-même).Tourné aux studios de Boulogne, dans la gare d'Orsay et à Zagreb, "Le procès" marque définitivement, après "La soif du mal" que le producteur Albert Zugsmith modifia après son départ, la volonté d'Orson Welles de s'expatrier loin des États-Unis, son pays natal. A noter la présence d'une pléiade de comédiens : Anthony Perkins, Jeanne Moreau,Suzanne Flon, Madeleine Robinson, Fernand Ledoux, Elsa Martinelli et Akim Tamiroff.
Installée à Paris, elle fait partie de la distribution de deux pièces de théâtre : "Dommage qu'elle soit une P..." de John Ford (le dramaturge anglais) en 1961, aux côtés d'Alain Delon, dans une mise en scène de Luchino Visconti et "La Mouette" de Tchekhov, en 1962, mise en scène de Sacha Pitoëff.
Romy tourne plusieurs films aux Etats-Unis, dont "LE CARDINAL" (1963) d'Otto Preminger, entreprend sous la direction d'Henri-Georges Clouzot "L'enfer" (1964), resté inachevé. L'actrice ne supporta pas d'être giflé... Elle poursuit sa carrière cinématographique avec un film de Clive Donner "QUOI DE NEUF PUSSYCAT?" (1964-What's new, Pussycat?).C'est le premier film interprété par Woody Allen, également auteur du scénario. Depuis, Woody Allen avoue volontiers que son principal phantasme est de se croire le collant d'Ursula Andress...
Le film a été tourné en France ce qui explique la présence de nombreux comédiens du cinémas français, notamment Jean Paredes, Robert Rollis, Daniel Emilfork, Jacques Balutin, Annette Poivre, sans oublier Françoise Hardy qui y fait une très brève apparition. Richard Burton apparait d'ailleurs lui aussi sans être mentionné au générique. Peter O'Toole le croise dans la boite de nuit...
Avec Otto Preminger
Romy participa également à deux autres productions britanniques : "LES VAINQUEURS" (1963) de Carl Foreman et "PRÊTE-MOI TON MARI" (1964) de David Swift. Une autre rencontre importante, celle avec le cinéaste Jules Dassin, lequel tourna dans une co-production améroc-espagnole :"DIX HEURES ET DEMIE DU SOIR EN ÉTÉ" (1964), avec Mélina Mercouri et Peter Finch aux côtés de Romy Schneider. Jules Dassin décrivit son film comme : « une histoire d’amour moderne, celle de toutes les ambiguïtés de l’amour dans un monde qui ne veut ou qui ne peut plus vivre selon les règles et les schémas de la morale traditionnelle. » (rapporté dans “Jules Dassin”, par Fabien Siclier & Jacques Lévy, Édilig, 1986).
Avant "LA VOLEUSE" (1966), Claude Lelouch avait proposé à Romy le rôle d'Anne dans "UN HOMME ET UNE FEMME". Comme à son habitude, le cinéaste ne lui avait soumis qu'un bref synopsis et la comédienne, préférant se déterminer à la lecture d'un scénario dialogué, avait refusé. D'abord intitulé « Cheminée 4 », ce premier long métrage de Jean Chapot, est dialogué par Marguerite Duras, déjà auteur du scénario et des dialogues, d'après son roman, de DIX HEURES ET DEMIE... Le film, où Romy Schneider partageait pour la première fois la vedette avec Michel Piccoli, fut un échec critique et commercial en dépit de l'interprétation, tout en nuances, de Romy, qui trouva là un des meilleurs rôles de sa brillante carrière.
Romy complèta la distribution internationale dans "LA FANTASTIQUE VRAIE HISTOIRE D'EDDIE CHAPMAN" (Triple Cross-1967).Le titre original du film "Triple Cross", est un jeu de mots à partir de l'expression "double cross" qui signifie en anglais, "double jeu". Aux côtés de Romy, Yul Brynner, Christopher Plummer et Harry Meyen, qui deviendra son époux.
Le 15 juillet 1966, Romy Schneider épouse Harry Meyen, adaptateur et metteur en scène de théâtre. Un fils David-Christopher, naît le 3 décembre 1966. " Ma volonté, déclare-t-elle, c'est de changer de personnage à chaque film. À chaque film, une autre femme, un autre monde, c'est ma devise. J'aurais pu refaire dix SISSI. Mais, déjà à cette époque, ça m'était impossible. J'étouffais. Je ne savais rien. J'ai appris avec les années. Depuis "LA PISCINE", je choisis les sujets que je tourne en fonction du scénario dialogué et du metteur en scène avec qui je discute du film. Du film dans son ensemble, pas seulement de mon rôle, qui n'est pas forcément le principal".
Ce n'est qu'avec "LA PISCINE" (1968) de Jacques Deray, ou elle retrouve Alain Delon (après une longue séparation), qu'elle se voit offrir un rôle vraiment important."La piscine" constitua pour ce dernier d'émouvantes retrouvailles avec Romy Schneider, avec qui il avait, à la ville comme à l'écran, formé un des couples modernes les plus célèbres. Le film fut tourné dans la continuité du scénario, du 15 août au 30 octobre 1968. Le film réunit à nouveau Alain Delon et Maurice Ronet.
Tout commence véritablement avec "LES CHOSES DE LA VIE" (1970) de Claude Sautet, dont elle restera l'interprète favorite. C'est lui qui élaborera son personnage définitifif : une femme libre, ou qui s'efforce de l'être, en qui se reflète l'évolution des moeurs. Le cinéma de Sautet se veut un retour à la simplicité, au naturel. Tout cela ne va pas sans rouerie ni recours à des procédés éprouvés. Mais il y avit chez Romy Schneider une authenticité qui faisait tout passer. Sa rencontre avec Claude Sautet est décisive : le très grand succès critique et public des "CHOSES DE LA VIE", va la placer au sommet de sa popularité et révéler le talent de Claude Sautet. " Je me fais un peu peur, explique Romy Schneider, peur de lasser le public s'il me voit trop souvent. Peur quelquefois de l'épuisement nerveux. Mais je sens que je tiens bien le coup et je n'oublierai jamais que Claude Sautet, qui m'a redonné confiance en moi avec "LES CHOSES DE LA VIE", m'a dit un jour :" Continue tant que tu en auras envie, tu le peux".
Le roman de Paul Guimard avait été un grand succès : le film connut le même sort : tout en conservant soigneusement l'esprit du livre, les auteurs ont assuré une vraie transposition en images. Claude Sautet prépara méticuleusement son film, six mois durant, avant le tournage qui à Paris et à La Rochelle, se déroula au cours de l'été 1969. L'accident, qui constitue le point central de l'histoire, fut mis au point par le cascadeur Gérard Streiff. Le montage très délicat de cette séquence retarda celui du film en prenant trois nouveaux mois.
"La violence absurde de l'accident nous a obligés, Jean-Louis Dabadie et moi, à traiter tout le reste du film, c'est-à-dire les neuf dixièmes, sur le mode de la "banalité" la plus rigoureuse : des rapports normaux, entre des gens normaux, dans des situations normales. C'était un point de vue moral". (Claude Sautet).
Le film fut récompensé par le prix Louis-Delluc et rencontra un triomphe public et critique.

Romy eut Maurice Ronet pour partenaire dans "QUI ?". Le cinéaste du film Léonard Keigel,tenta de faire avec "QUI ?" une œuvre commerciale : «…mais j’ai raconté une histoire qui m’était très personnelle, complètement fantasmatique, dans un contexte qui se voulait policier et je crois que c’était l’erreur fondamentale du film : il fallait mener le combat de front et non pas faire cette concession au récit et au commerce » (in “Cinéma 77”, n° 227).
Débordante d'activité (en tout vingt cinq longs métrages de 1970 à 1981). Romy Schneider vise par ailleurs à une certaine diversification et met un style de jeu assez sobre au service de rôles tout à fait différent : l'ouvrière de "LA CALIFFA" (1970) d'Alberto Bevilacqua avec Ugo Tognazzi dans le rôle d'un patron pris dans la tourmente du monde syndicaliste...Le cinéaste, journaliste au "Messagero" était surtout connu pour ses travaux littéraires. En 1960, il avait écrit "LA CALIFFA", et, dix ans plus tard, il décida de porter son roman à l'écran, sans expérience cinématographique préalable. Toutefois, il fallait moderniser son récit et l'adapter à une nouvelle situation sociale. Le propos restait le même, et Alberto Bevilacqua se plaisait à le définir comme " le portrait de l'humanité féminine en pleine mutation, face à la suprématie séculaire du mâle. " Pour accéder à plus de réalisme, il emmena son équipe dans la région de Terni, zone industrielle du nord de lItalie. Le tournage commença par une audacieuse scène d'amour et Romy Schneider se retrouvant toute nue pour les premières prises de vues déclara avec humour qu'il s'agissait peut-être d'une " technique subtile chère aux réalisateurs italiens pour mettre tout de suite à son aise son interprète féminine".
LA CALIFFA connut les honneurs d'une sélection au Festival de Cannes 1971 pour représenter officiellement l'Italie. L'accueil critique fut plutôt réservé. A noter la magnifique mélodie du musicien Ennio Morricone.
Dans "MAX ET LES FERRAILLEURS" (1971), Romy incarne Lily, la prostituée aux côtés de Michel Piccoli et Bernard Fresson.. Ce film de Claude Sautet inaugure ce qui pourrait être appelé le cycle des prénoms, poursuivi avec "CÉSAR ET ROSALIE", "VINCENT FRANÇOIS, PAUL ET LES AUTRES" et "MADO". "Pour moi,précisa le réalisateur, le prénom c'est la première identité des personnages, il m'inspire. Parfois, au lieu de travailler sur le scénario, nous passons des jours entiers à chercher un prénom. A un moment donné, arrive un prénom qui chante et on voit le personnage s'épaissir à travers lui." (Unifrance, novembre 1974.)
Claude Sautet retrouvait ici Michel Piccoli et Romy Schneider, qu'il venait de réunir dans LES CHOSES DE LA VIE (1970), et qu'il devait diriger à nouveau ensemble dans MADO (1976).
L'actrice retrouva son ancien partenaire et ami, Alain Delon, pour interpréter la maîtresse du meurtrier de "L'ASSASSINAT DE TROTSKY" (1972).Joseph Losey et Nicolas Mosley se sont référés scrupuleusement à divers ouvrages sur la mort de Trotsky: " Je n'ai à aucun moment pris parti et chaque fois que c'était possible, f ai suivi très exactement les traces de l'Histoire". Le producteur J. Shaftel avait d'abord proposé le film au cinéaste Costa-Gavras qui refusa. Puis Delon, déjà prévu pour le rôle de Jackson, demanda à Losey de reprendre le projet. Le cinéaste hésita avant de confier le rôle de Trotsky à Richard Burton.
Avec "CESAR ET ROSALIE" (1972) Le cinéaste Claude Sautet récidive en proposant le rôle de Rosalie à Romy Schneider. Il avait écrit le scénario de ce film huit ans avant de le réaliser. Il avait d'abord songé confier le rôle de César à Vittorio Gassman qui 'était dérobé. " Ce n'est qu'il y a deux ans, un jour où j'ai croisé Yves Montand à la sortie d'une projection, que son visage m'a frappé. Je l'ai trouvé changé, avec quelque chose de vulnérable et d'enfantin. Je me suis alors décidé à lui proposer le rôle. Il a accepté immédiatement. "
Claude Sautet est un analyste minutieux des hommes de quarante / cinquante ans, au moment où ils se posent les questions de travail, d'amitié, de respect de soi-même et des autres, au moment aussi où leur vie sentimentale est à un tournant. Alors qu'il a déclaré : "Ce qui compte avant tout pour moi, c'est de chasser les références extra-cinématographiques, car moins un film nous ramène à la littérature, à la peinture, ou au théâtre, plus il est obligatoirement du cinéma ", son œuvre se lit comme un roman d'analyse contemporaine.







Romy enchaîna en étant une réfugiée allemande dans "LE TRAIN" (1973) du cinéaste Pierre Granier-Deferre, ou elle donne la réplique à Jean-Louis Trintignant et Maurice Biraud. Il s'agissait du troisième film du cinéaste.
Elle retrouve aussi le personnage de Sissi entrant dans sa maturité, dans "LUDWIG, LE CREPUSCULE DES DIEUX" (1972) sous la direction de Luchino Visconti, plus rien à voir avec les précèdents "Sissi" de sa jeunesse, revue et corriger par Ernst Marischka, ici, Romy s'est transformée en grande dame volontaire et douloureuse.L'idée de tourner un film sur Louis II de Bavière était venue à Luchino Visconti au moment où il préparait "Les Damnés". Pour tenir le rôle de l'énigmatique roi, le réalisateur choisit Helmut Berger dont la ressemblance avec Louis II est frappante. C'est au Festival International du Film à Cannes 1971, que Visconti proposa le rôle d'Elisabeth d'Autriche à Romy Schneider. La production eut l'autorisation de tourner sur les lieux mêmes où vécut et mourut Ludwig. Elle reçut également l'aide de la famille des Wittelsbach qui prêta ses tableaux, bijoux et autres objets précieux. Le tournage débuta fin janvier en Autriche pour se terminer fin avril aux studios de Cinecitta. La majeure partie des prises de vues se déroulèrent en Bavière : à la Rezidenz, à Munich aux châteaux de Berg, Neuschwanstein, Linderhof, Hohenschwangau, Herrenchiemsee, sur le lac de Starnberg et l'Ile des Roses. La sortie du film fut retardée par la maladie de Luchino Visconti.
Luchino Visconti - Helmunt Berger
Après un bref passage dans le film réalisé par son ami Jean-Claude Brialy dans "Un amour de pluie" (1973) aux côtés de Nino Castelnuevo et Mehdi el Glaoui. Romy enchaîne avec "LE MOUTON ENRAGE" (1973) de Michel Deville avec Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Cassel et Jane Birkin. Ce fut un succès public, puisque plus de 400 000 entrées en exclusivité parisienne.
Avec Michel Deville
Elle s'est aussi efforcée de rompre délibérement avec son image cinématographique, comme dans "LE TRIO INFERNAL" (1974) de Francis Girod, histoire féroce et burlesque d'une série de crimes commis par un escroc et ses deux maîtresses. Ce film est inspiré d'un fait divers réel. À la suite de dénonciations en cascades, Sarret fut arrêté, condamné et guillotiné le 10 avril 1934, à cinq heures du matin. Sa politique constante, dès l'instructio de son procès, de ne reconnaître aucun de ses crimes, s'était révélée inefficace. Qu'importe. Quand le procureur de la République pénétra dans sa cellule pour lui annoncer que son pourvoi était rejeté, il déclara : "Je suis victime d'une injustice".
Le principe du film, selon Francis Girod : "Je place trois monstres dans un bocal. Et je les observe. À intervalles réguliers, je jette un victime dans le bocal et regarde comment elle se fait dévorer. Mes trois monstres ne peuvent venir à bout de la dernière victime. Elle est "indigeste"...
C'est avec "L'IMPORTANT C'EST D'AIMER" (1974) d'Andrzej Zulawski, qu'elle va le plus loin en ce sens. Le film est d'une noirceur difficilement supportable : univers crépusculaire peuplé d'épaves (Jacques Dutronc est extraordinaire), mensonges, chantages, réglements de compte. Romy Schneider y incarne une petite actrice sans envergure et exprime remarquablement sa solitude face à un monde sinistre. C'est une réussite qui a parfois des allures d'exorcisme; mais l'expérience restera sans suite...
Albina de Boisrouvray possédait les droits du livre de Christopher Frank "La nuit américaine" et un contrat avec Romy Schneider. C'est lors d'une projection du film "LA TROISIÈME PARTIE DE LA NUIT" qu'elle proposa le projet à Andrzej Zulawski qui accepta.
L'adaptation de "La nuit américaine" devenu "L'IMPORTANT C'EST D'AIMER" posa beaucoup de problèmes, car il fallait absolument éviter d'en faire un film trop parisien. Un travail de collaboration de huit mois entre Zulawski et Frank a modifié totalement l'aspect initial du roman, car il était impossible de rendre à l'écran le thème assez complexe et cette méditation permanente entre le choix amoureux et le choix artistique.
C'est à une projection également que le réalisateur trouva en la personne de Jacques Dutronc le personnage idéal pour le film.
En fait c'est grâce à Romy Schneider que le film a pu être réalisé; amoureuse du scénario, elle a voulu absolument le tourner et a mis tout en œuvre poury parvenir. Le 3 avril 1976, Romy Schneider se voit décerner le "César" de la Meilleure Interprétation Féminine de l'année pour son rôle dans "L'IMPORTANT C'EST D'AIMER", sans oublier sa création dans "LE VIEUX FUSIL".
La carrière de Romy reflète assez bien l'état du cinéma français dont elle était l'une des valeurs les plus sûres. Pas de mauvais films, beaucoup d'oeuvres estimables, d'un classicisme de bon aloi. Après avoir essuyé un echec cuisant avec le film de Claude Chabrol "Les innocents aux mains sales" (1974), manifestement le courant n'est pas passé entre la fragile Romy et ce cinéaste débordant de vitalité. L'accueil de la critique fut très sévère, reprochant à Chabrol d'avoir, dans la seconde partie du film, multiplié les coups de théâtre « jusqu'aux limites de la parodie ». Partant du roman du même titre de Richard Neely ("The Damned Innocents", 1971), et se réfugiant derrière l'alibi d'un « polar féministe », le cinéaste s'en est expliqué dans un entretien avec Guy Braucourt : «... Une fois découverte la possibilité de faire un très beau portrait de femme, j'ai accumulé encore davantage les artifices : de sorte que, plus la situation devient délirante, plus le portrait devient vrai sur le plan de la physiologie féminine [...] L'artifice le plus délirant en profondeur consistant dans la construction régressive du récit qui se manifeste très visuellement et physiologiquement par le fait que Romy commence le film cuisses écartées et le finisse dans la position du fœtus. Avec cette division de l'histoire en deux parties qui fait terminer la première sur l'image clichée de la "salope blonde criminelle" et la seconde par un retournement total du spectateur en sa faveur... » (in "Écran 75" n° 36, mai 1975). Chabrol reconnaît néanmoins que "la mayonnaise n'a pas pris" à cause d'une incompatibilité d'humeur entre lui et ses interprètes, Romy Schneider et Rod Steiger (c'est Peter Finch qui avait été initialement pressenti). Le film fut entièrement tourné dans les environs de Saint-Tropez, dans la villa d'Elsa Martinelli, prêtée pour la circonstance.
puis avec Robert Enrico pour "LE VIEUX FUSIL" (1975), ou elle fait une composition magistrale. "LE VIEUX FUSIL" fut un énorme succès. L'Académie des Arts et Techniques du Cinéma lui décerna 3 Césars en 1975, récompensant le meilleur film français, la meilleure interprétation masculine à Philippe Noiret et la meilleure musique à titre posthume à François de Roubaix, décédé avant la sortie du film.
De Romy Schneider, Robert Enrico disait qu'"elle est une comédienne merveilleuse et d'une photogénie diabolique. Elle veut devenir la première. Elle sait se donner à fond dans un rôle. Dans la scène cruciale où elle est violentée, où elle se débat et où elle assiste à l'assassinat de la fille de son mari, elle était déchaînée au point qu'elle a renversé un comédien dans les escaliers. Elle était à la fin du tournage couverte de bleus, ses ongles étaient cassés et elle avait un doigt abîmé. J'ai coupé volontairement le son pour ne laisser agir que l'image, mais les hurlements étaient terrifiants" .
Des retrouvailles, d'abord avec Claude Sautet dans "MADO" (1976) ou elle ne joue qu'n petit rôle, puis avec Pierre Granier-Deferre et Philippe Noiret pour le tournage d' "UNE FEMME A SA FENETRE" (1976).
Si elle tourne sous la direction de metteurs en scène consacrés, Losey ou Visconti, elle fait aussi confiance à de jeunes réalisateurs : Francis Girod ou Andrzej Zulawski. Divorcée d'avec Harry Meyen, elle épouse Daniel Basiani, le 18 décembre 1975. Le 21 juillet 1977, naissance d'une petite fille, Sarah Magdalena. À la fin de l'année 1977, Romy Schneider commence LULU, adaptation de l'œuvre de Frank Wedekind, sous la direction de Liliana Cavani, la célèbre réalisatrice italienne. Les deux femmes s'opposent violemment sur leur conception du rôle et le film est arrêté.
"PORTRAIT DE GROUPE AVEC DAME" (1977) d'Aleksandar Petrovic, fut présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes 1977. Romy Schneider et Michel Galabru se donnèrent la réplique pour la première fois. Située à Berlin, à la fin de la guerre, l'action du film nécessitait des scènes de bombardement qui, sur l'écran, apparaissent particulièrement impressionnantes: "Il existait à Berlin, explique Aleksandar Petrovic, tout un quartier voué à la démolition; le Sénat de Berlin nous avait permis de nous en servir pour le film. Alors on s'est mis en rapport avec l'entreprise de démolition, et on a fait sauter les maisons, pan de mur après pan de mur. (...) D'autre part, je dois dire que j'ai acquis suffisamment d'expérience personnelle à Belgrade, pendant la guerre, pour savoir à quoi m'en tenir, en matière de bombardements!" (Cinématographe -Juin 1977).
Le moment fort de la collaboration entre Claude Sautet et Romy Schneider reste "UNE HISTOIRE SIMPLE" (1978), avec Claude Brasseur, Bruno Cremer et Roger Pigaut. Le cinéaste a écrit "Une histoire simple", en collaboration avec Jean-Loup Dabadie, pour offrir enfin un grand premier rôle à son actrice favorite Romy Schneider, qu'il avait déjà fait tourner dans trois de ces précédents films. Donc, on peut dire que ce dernier film est un hymne à la féminité rayonnante d'une comédienne. Mais c'est aussi la suite d'une longue chronique qui commence avec "Les choses de la vie" et où le cinéaste décrit avec minutie les petits et grands problèmes d'un milieu spécifique, celui des nantis. L'amitié, les parties de campagne ne résolvent pas les problèmes personnels. Une de ses plus belles créations : "J'ai voulu peindre un caractère. Un caractère inspiré en grande partie par le vrai caractère de Romy, avec cette fragilité qu'elle a, qui m'a toujours frappé, cette espèce de fierté dans le quotidien, cette noblesse." (Claude Sautet). L'univers de Sautet est celui des années soixante-dix, confort et amertume.
Le film connut un immense succès et valut à Romy Schneider un second César de la meilleure interprétation féminine. L'actrice trouve là un rôle à sa mesure, qui correspond à l'image que le public avait d'elle : femme adulte à la fois épanouie et vulnérable...
Succès et lauriers qui firent oublier l'erreur d'une apparition dans "LIÉS PAR LE SANG" (1979) à laquelle Romy consentit par amitié pour son réalisateur, Terence Young, malgrè une brillante distribution : Audrey hepburn, Omar Sharif, Maurice Ronet, Ben Gazarra, Irene Papas, James Mason et Gert Froebe. Romy Schneider avait déjà tourné sous la direction de Terence Young, en 1966, "Triple Cross"; elle était, à l'époque, enceinte de son fils David et le cinéaste s'était montré, à son égard, particulièrement prévenant sur le plateau. C'est pour lui manifester sa reconnaissance que la comédienne accepta ce petit rôle qui lui imposa, pendant une quinzaine de jours, en 1978, de tourner à Paris, à Munich et en Sardaigne. Le film ne sortit à Paris que le 16 janvier 1980, bien après "Clair de femme" et juste avant "La mort en direct l'un et l'autre réalisés plusieurs mois après.
"CLAIR DE FEMME" (1978) de Costa-Gavras fut encore l'occasion d'un grand succès public, partagé cette fois avec Yves Montand, son partenaire de "César et Rosalie". Le 15 avril 1979, Harry Meyen, le premier mari de Romy Schneider, se suicide. À compter de cette date, la vie privée et la carrière de la comédienne et de la femme vont se dérouler sous le signe de la mort. Mort cinématographique, d'abord. À la fin de "LA MORT EN DIRECT" (1980) réquisitoire contre les médias tout puissants et le voyeurisme qu'ils engendrent, Katherine Mortenhoe, malade traquée par les caméras d'une télévision avide de sensationnel se suicide. Ce film est un très beau sujet de science-fiction ou une femme condamnée par la médecine est suivie sans cesse grâce à des caméras implantées dans les yeux du témoin attaché à ses pas. C'est là encore, une histoire de solitude, que l'actrice semble avoir vivement ressentie.A propos de son film, Bertrand Tavernier déclarait : "Quand j'ai lu le livre, j'ai tout de suite vu la possibilité de faire un film qui soit à la fois lyrique et très fort par sa signification emblématique. J'ai tourné à Glasgow parce que j'y ai senti quelque chose de très évident. C'est une ville, qui depuis 1948, n'a jamais a été photographiée à l'écran, une ville à la fois victorienne, et dickensienne, qui servait parfaitement d'arrière-plan à cette histoire quand même étrange. A noter la présence dans le générique de Harvey Keitel, Harry Dean Stanton et Max Von Sydow.
Avec le cinéaste Costa-Gavras
1980 c'est l'année de la sortie de "LA BANQUIERE" de Francis Girod, un film à costumes (l'entre-deux-guerres) qui retrace la montée, puis la chute d'une femme d'affaires. Le film s'inspire de la vie de Marthe Hanau,femme d'affaires des années trente. À son propos, les auteurs entreprirent un énorme travail de recherche et découvrirent un personnage exemplaire.
À propos de "La Banquière", Le cinéaste Bertrand Tavernier déclara : "J'aime créer une fiction romanesque à partir de faits divers qui me paraissent exemplaires... j'essaie de donner à ce ciné-roman de l'histoire un éclairage moral personnel... le film joue sur plusieurs notes : à la fois "jeu de massacre", mais aussi apologie de la fidélité en amitié et en amour".
Avec Jacques Rouffio

Romy entreprend de jouer dans un film ou le fantastique peut rejoindre la réalité dans "FANTOME D'AMOUR" (1981) de Dino Risi, qui, renonçant occasionnellement à ses comédies grinçantes, signe là un film fantastique prenant. C'est le plus réussi des rares films qu'elle a tournés hors de France dans la seconde partie de sa carrière, bien supérieur à "Portraits de groupe avec dame". Son partenaire italien n'est autre que Marcello Mastroianni.
Pendant le tournage avec Dino Risi et Marcello Mastroianni
Romy fait une émouvante apparition d'une vingtaine de minutes dans "GARDE A VUE" (1981) réalisé par Claude Miller avec pour principaux interprétes Lino Ventura (Ce fut la première rencontre cinématographique de Ventura et Romy Schneider)C'est Michel Audiard qui découvrit le roman de Wainwright "Brainwash" (littéralement : "lavage de cerveau"), et le porta chez Ariane Films qui, à son tour, le proposa à Claude Miller. Ce dernier fit remarquer que, bien qu'il s'agisse d'un film de commande, il aurait lui-même cherché à le tourner si le hasard lui avait fait rencontrer le roman. En adaptant celui-ci, le personnage de Martinaud est devenu plus fort alors qu'à l'origine il n'était qu'un rond-de-cuir terrorisé par sa femme.
Chantal Martinaud, épouse d'un notable accusé de viol et de meurtre et se tire une balle dans la tête.... et, enfin, dans" LA PASSANTE DU SANS-SOUCI" (1982) de Jacques Rouffio, Romy n'est autre que Lina Baumstein, alias Elsa Wiener, qui est abattue par les nazis. Au générique de ce dernier film auquel Romy tenait tant et qui faillit ne pas se faire - à la veille du tournage, l'actrice subit une grave opération, l'ablation d'un rein - une mention le dédie : "A David et son père...".
Avec Gérard Klein et Jacques Rouffio
David, son fils et celui d'Harry Meyen, adolescent qui va fêter son quinzième anniversaire, s'est tué le 5 juillet 1981 dans des conditions atroces : il s'est empalé sur la pointe d'acier d'une grille qu'il avait voulu franchir d'un bond... La maladie, cette mort terrible, sa séparation d'avec Daniel Biasini, son second mari, compromirent la participation de Romy à "LA PASSANTE DU SANS-SOUCI". Déjà, Hannah Schygulla a été pressentie pour la remplacer. Pourtant, fin octobre 81, le tournage du film commence. Raymond Danon, le producteur, Jacques Rouffio, le réalisateur, ont tout fait pour que Romy en soit l'interprète, malgré les sommes considérables déjà perdues. LA PASSANTE... sort le 14 avril 1982. C'est un triomphe pour l'actrice dont le prochain film est déjà prévu : "L'UN CONTRE L'AUTRE", avec Alain Delon et sous la direction de Pierre Granier-Deferre. Mais, le 29 mai 1982, Romy Schneider est retrouvée morte à son domicile. Elle a succombé à une crise cardiaque dont les causes demeurent inconnues. À la mort de Luchino Visconti, Romy Schneider avait dit : "La vie a fait quelque chose de mal." À l'aube du samedi 29 mai 1982, la vie a récidivé...
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Avec Alain Delon, au temps des amoureux...
Jean-Claude Pascal
Luchino Visconti - Romy Schneider -Ingrid Bergman
Avec Claude Sautet
Georges Cravenne -Jean Gabin -Romy Schneider
Gala de l'Union des artistes avec Jean Marais
Romy Schneider, 25 ans après
François-Guillaume Lorrain
L'anniversaire est un peu dépassé, Romy est morte le 29 mai 1982, mais l'édition française (via les Editions Place des Victoires), propose aux éternels éplorés un nouvel objet propre à entretenir leur dévotion. Pour le texte, rien de nouveau, et l'on se reportera toujours à l'étude fine et perspicace de l'actrice qu'Evelyne Bloch-Dano avait rédigée l'an dernier dans La Biographe (éd. Grasset). L'objet, un album de près de 250 photos, rappelle à quel point Romy Schneider fut, avec Marilyn Monroe, l'actrice la plus aimée, la plus recherchée et dévorée par les photographes. Dès 1957, alors qu'elle vient tout juste de tourner Sissi et qu'elle est encore pour tout le monde la jeune fille sage, elle entame une relation visuelle étonnante avec Franz Xavier Lederle. Le décalage entre ces photos, où elle est déjà la femme qu'on connaîtra en France plus tard avec Sautet, et ce qu'elle montre à l'écran est stupéfiant. Au fond, c'est par la photo d'abord qu'elle a pu montrer son vrai visage et elle garda à cet art une éternelle reconnaissance. Il y eut bien sûr ensuite cette perpétuelle tentation de la nudité (avec les photographes George Pierre, Emil Peraner, Eva Sereny, au mitan des années 1970) chez cette femme qui ne se trouvait pas sexy, mais la séance la plus forte, la plus dramatique, demeure celle réalisée avec Will McBride. La photo de tournage sur La Piscine traduit très clairement la différence d'état. L'ouvrage égrène des citations extraites du Journal de ma vie , de Romy Schneider, mais on rappellera que l'édition française, publiée en 1989, livrait une version tronquée de ce journal que Romy Schneider tenait depuis l'âge de 14 ans. Y aura-t-il un jour une édition complète?
25 ans après sa mort, le culte demeure. Le nombre de sites consacrés à l'actrice est stupéfiant. On en trouve en hongrois, en russe et même en chinois. Après un rapide tour d'horizon, on vous conseillera l'adresse suivante : http ://site.voila.fr/RomySchneider. On y trouve un maximum d'interviews et d'anecdotes, qui rappelle que l'actrice fut la première à être contactée par Lelouch pour Un homme et une femme . Mais le "contact" ne passa pas entre l'actrice germanique et le jeune Parisien. Voilà comment Anouk Aimée, qui s'était pourtant endormie à la lecture du scénario, fut engagée. On retrouve aussi le récit par Robert Enrico de la scène de viol dans Le Vieux Fusil , où Romy Schneider joua comme une furie, griffant et battant les autres acteurs. "Ses cris étaient si terribles que je dus enlever la bande-son."
Revenons à l'album, signé Johannes Thiele : une des photos les plus parlantes concerne le tournage de La Piscine , qui marqua les retrouvailles professionnelles entre Delon et Schneider, trois ans après leur rupture. On y voit une Romy très amoureuse, heureuse de reposer sur la poitrine bronzée de son ex-fiancé, tandis que l'acteur arbore un air lointain, une mine
23 octobre 2008
BRIGITTE BARDOT, du mythe à la femme-enfant
Actrice, Chanteuse française
Pour que le temps ne vienne pas altérer son image de Vénus moderne, elle s'est depuis de nombreuses années volontairement éloignée du cinéma et goûte à la quiétude d'une vie provinciale et bourgeoise sous le ciel lumineux du midi, entourée des animaux qu'elle chérit. Mais peut-on oublier celle qui fut dans les anneés 50-60 le symbole de la femme libérée à une époque ou celle-ci ne l'était guère, la superbe incarnation de l'animalité qui défia la censure et à l'étranger une marque française aussi compétitive que la Régie Renault. Traquée par les photographes comme jamais star ne le fut, objet d'étude pour les sociologues et les romanciers, de Duras à Simone de Beauvoir, Jean Cocteau et François Nourissier qui trouvaient en elle un cas exemplaire, reçue officiellement à l'Elysée par le Général de Gaulle, impressionné par sa personnalité, immortalisé sur toile par Van Dongen et Carzou, sur pellicule par François Reichenbach, Brigitte Bardot n'a paradoxalement pas trouvé au cinéma tout ce que sa sensibilité était en droit d'attendre, prisonnière du mythe qu'elle avait contribué à créer dans "Et Dieu créa la femme", ce poème hédoniste de Roger Vadim qui révolutionna les moeurs. Outre ce film et "En cas de malheur" qui la rendirent populaire au-delà du scandale, c'est dans les exceptions, hélas trop rares, que s'inscrit sa carrière cinématographique, avec "La Vérité" ou Clouzot gratte le masque de la femme-enfant pour toucher au tragique, "Vie privée" ou Louis Malle fait l'autopsie d'un mythe tandis que Godard le transfigure dans "Le mépris", "Viva Maria" qui révèle sa pétulance et "L'ours et la poupée" qui souligne sa grâce et sa spontanéité. Gérard Langlois.
Personnellement, j'adore Brigitte Bardot, sa spontanéité, sa franchise, son côté rebelle, puis tendre, en dehors du septième art, B.B. représente l'emblème du combat pour la protection des animaux. Vive Brigitte Bardot, un véritable mythe vivant, elle restera l'un des rares sex-symbols indémodables et authentique.
Actrice française, née le 28 septembre 1934, dans le quartier de Passy, à Paris, de parents industriels. Elle a une sœur, Marie-Jeanne (Mijanou), née en 1939. La jeune Brigitte reçoit une éducation stricte et pratique la danse classique en rêvant de danser, un jour, sur la scène de l'Opéra... En 1949, remarquée par la directrice d'un magazine de mode, elle pose avec succès pour des couvertures pour le magazine " Le Jardin des Modes Junior" et refit l'année suivante des photos pour "Elle", un numéro spécial du 8 mai 1950 consacré à la mode "Jeune fille et sa mère" . Le cinéaste Marc Allégret la sollicita et fut reçu par son assistant Roger Vadim. En 1952, elle débute à l'écran dans "LE TROU NORMAND", de Jean Boyer aux côtés de Bourvil, Jane Marken et Noel Roquevert. Brigitte Bardot épousa Roger Vadim, le 21 décembre 1952.
Par amitié, elle fait une apparition dans le film réalisé par Daniel Gélin "Les Dents longues" (1953) et enchaîne deux autres films, "Le Portrait de son père" d' André Berthomieu avec le talentueux Jean Richard et elle rencontre celui qu'elle nomme le "Demi-Dieu", l'acteur Kirk Douglas pour lui donner la réplique dans un petit rôle aux côtés de Dany Robin et Serge Reggiani dans "UN ACTE D'AMOUR" (1953) du cinéaste d'origine russe,Anatole Litvak.
Brigitte Bardot débuta au théâtre, à la demande d'André Barsacq, qui lui proposa de reprendre le rôle interprétée par Dany Robin dans "L'invitation au château" de Jean Anouilh. Les critiques ne furent pas déçus du passage de l'actrice sur les planches. Elle poursuit sa carrière cinématographique en jouant le rôle de Mademoiselle de Rosille, maîtresse d'un soir de Louis XV, dans "SI VERSAILLES M'ETAIT CONTE" (1955).
Préparation du tournage
Il lui fallut attendre 1956, pour connaître la consécration au cinéma, avec "ET DIEU CRÉA LA FEMME", dans un rôle écrit spécialement pour elle par Roger Vadim et qui a immédiatement un retentissement international. Mais entretemps, Brigitte Bardot accèlère les tournages,donna la réplique à l'immense acteur, qu'était Jean Marais, dans un film de Marc Allégret "Futures Vedettes" (1955) mais aussi à Michèle Morgan et Gérard Philipe, dans "LES GRANDES MANOEUVRES" (1955) de René Clair,
Elle retrouva l'année suivante, Marc Allégret, qui avait connu un echec avec son précèdent film qui réunissait Bardot-Marais...Cette fois-ci, ses partenaires furent Darry Cowl et Daniel Gélin, dans "EN EFFEUILLANT LA MARGUERITE" (1956), il s'agissait déjà du seizième film de l'actrice et l'un de ses premiers grands rôles, on commença déjà à l'appeler "B.B.", mais la véritable bombe sexuelle allait arriver quelques mois plus tard...Ce fut aussi le dernier scénario de Vadim avant qu'il passe à la mise en scène.
Dans le film de Georges Lacombe "LA LUMIERE D'EN FACE" (1956), l'actrice fut une une épouse infidèle.Jacques Doniol-Volcroze ecrivit dans "France Observateur" : "Heureusement, il y a Brigitte Bardot, et là, la France gagne sur tous les tableaux, je ne plaisante pas : aucun pays ne peut se vanter de posséder une aussi jolie personne, aussi gracieusement provocante, avec le profil des jeunes filles d'Auguste Renoir, une démarche de danseuse, une admirable crinière d'algue et de cavale sauvage et ces exquises rondeurs qu'auraient aimées Maillol.
B.B. tourne aux côtés de Jean-Claude Pascal et Sophie Desmarets "Le Fils de Caroline chérie" en 1955, puis elle participe au premier film de Michel Boisrond "CETTE SACREE GAMINE", le film bénéficia d'une critique très favorable, au point que Jacques Doniol-Volcroze lui faisait un très beau compliment "Son jeu s'améliore nettement...Ici, elle se révèle une très bonne ingénue comique et rappelle Danielle Darrieux dans "Quelle drôle de gosse", vers 1937, qui avait alors le même genre de charme mutin..."
En 1957, B.B. retrouva le cinéaste Michel Boisrond afin d'interpréter, Brigitte, la fille du Président du Conseil qui n'est autre qu'André Luguet, Charles Boyer en Prince, Henri Vidal en prétendant... dans "UNE PARISIENNE". Brigitte Bardot semble se divertir, passant avec aisance du déshabillé à la robe du soir et de la voiture à l'avion à réaction...
Quand elle apparut, sauvageonne, ébouriffée et sensuelle, magnifiée par la splendeur du cinémascope couleur dans, "ET DIEU CREA LA FEMME" (1956) de Roger Vadim, un mythe était né...Le cinéaste lui confia le rôle d'une fille aguicheuse qui trouvera un certain équilibre -après des tribulations amoureuses sur la côté d'Azur (Saint-Tropez), elle se révèle comme un personnage absolument et insolemment nouveau dans le monde des dévoreuses d'hommes de l'écran. Les spectateurs et les professionnels du cinéma sont aussitôt conquis par cette superbe sauvageonne : tandis que le premier film de Vadim trahissait un certain manque d'assurance sur le plan de la mise en scène, le réalisateur faisait preuve d'une extrême duplicité dans celui de la direction d'actrice. Jouant sur la personnalité ambigue de cette femme -enfant tout en instinct, il en a fait une sorte de fille naturelle des éléments. Avec une "crinière" blonde et folle, ses vêtements qui révèlent savamment ses formes, elle évolue dans le décor comme un bel animal indompté. Le film provoqua un beau succès de scandale et assura aussitôt la célèbrité à sa vedette ainsi qu'à son metteur en scène.... Ce mélodrame familial eut un succès retentissant lors de sa sortie aux Etats-Unis et dans les pays d'Amérique latine
À ce propos, Vadim déclare : "Elle a montré quelque chose : la liberté du corps. Brigitte n'est ni immorale, ni amorale, elle est authentiquement libre. "BB" est née. Vadim impose avec Brigitte Bardot un nouveau type de femme moderne, libre des mouvements de son corps et de l'élan de ses désirs; à cent lieues des stéréotypes antérieurs du cinéma français.
Comme le dit Gérard Lenne dans "Le sexe à l'ecran" (editions Veyrier,1978) "Le grand choc provoqué en 1956 par "Et Dieu créa la femme"... c'est l'apologie d'un érotisme instinctif, s'épanouissant au milieu de la nature, sous le soleil de Provence. Le personnage de Juliette, qui se laisse porter par ses désirs et ses caprices, déborde d'une sensualité animale...Le mythe BB, c'est un corps à peine drapé surgissant sur une plage, une silhouette de sauvageonne dont la blouse mouillée épouse les formes, c'est une fille du soleil."
Les autres interprètes du film de Vadim sont Curd Jurgens,Jean-Louis Trintignant, Christian Marquand, (frère de Nadine Trintignant) Georges Poujouly (Michel dans Jeux interdits), Jean Tissier, et Jane Marken.
Vadim récidive avec "LES BIJOUTIERS DU CLAIR DE LUNE" (1958), il eut une critique très partagée-plutôt défavorable, dans l'ensemble. Roger Vadim s'expliqua, suite à la polémique : "Du roman d'Albert Vidalie, je n'ai gardé que la situation de base: l'amour d'une jeune fille et d'un aventurier. Je n'ai pas cherché à approfondir la psychologie des personnage, mais j'ai voulu faire un western moderne qui se passe en Espagne, le dernier pays romanesque d'Europe..." A noter la présence de Stephen Boyd et d'Alida Valli dans ce troisème film du cinéaste.
BB poursuit sa carrière cinématographique avec Claude Autant-Lara,sur une adaptation de Pierre Bost et Jean Aurenche d'après un roman de Georges Simenon "EN CAS DE MALHEUR" qui représente le type même du film français de qualité avant l'avénement de la Nouvelle Vague. Opposée à Jean Gabin, bourgeois en proie au démon de midi, Brigitte Bardot reste fidèle à son personnage de symbole sexuel qui la caractérise depuis son triomphe dans "Et Dieu créa la femme". "Je suis dit-elle, une petite femelle et il faut me laisser faire ce que je veux". Les scènes ou elle s'offre à Maître Gobillot (Jean Gabin), en relevant sa jupe, et ou elle se promène nue firent firent scandale à l'époque. Une brillante distribution hors mis Bardot et Gabin, on pouvait voir Edwige Feuillère, Nicole Berger, Franco Interlenghi, Julien Bertheau et Madeleine Barbulée (que j'ai connu).
BB achève l'année 1958 avec "LA FEMME ET LE PANTIN" de Julien Duvivier, d'après le roman de Pierre Louys. Le cinéaste ne s'estima guère satisfait du résultat. Au critique Michel Aubriant qui lui avait consacré un article aimable, il répondit : "Je vous remercie, mais mon films est totalement idiot, totalement manqué". La "danse du châle" de Brigitte Bardot fit, sensation à l'époque.
Après une escapade dans le film de Christian-Jaque, "Babette s'en va t'en guerre" (1959) B.B. se retrouve à l'affiche aux côtés de celui qui sera son deuxième époux, Jacques Charrier. Elle enchaîne avec "Voulez-vous dansez avec moi? de Michel Boisrond, tourné aux Studios de la Victorine.
Brigitte Bardot fut choqué, bouleversé à l'annonce du décès de l'acteur Henri Vidal, le 10 décembre 1959, alors que leur film respectif devait sortir dans les salles de cinéma, une semaine plus tard.."VOULEZ-VOUS DANSER AVEC MOI? de Michel Boisrond.
Avant de réaliser "LA VERITE" (1960) avec Brigitte Bardot, Le cinéaste alla, lui-même se plonger au coeur de l'univers judiciaire en assistant au procès d'une jeune femme qui a eut lieu à Draguignan en 1959. Pour interpréter le rôle de l'avocat de la défense, le cinéaste fit appel à Charles Vanel, pour celui de la partie civile, il contacte Paul Meurisse, il pense à Marie-José Nat pour celui de la soeur de Dominique (Brigitte Bardot). Après plusieurs hésitations pour le rôle de l'amant, il pensa à Gérard Blain (trop petit), Jean-Paul Belmondo (trop sûr de lui), Jean-Pierre Cassel (n'avait pas le physique idéal!), ce fut Sami Frey alors que Brigitte souhaitait Jean-Louis Trintignant!!...
Le tournage débuta au printemps 1960 au studio de Joinville, le tournage fut difficile et éprouvant, Brigitte Bardot affirma avoir été giflé pour donner un semblant de vérité et de larmes par rapport au thème tragique du film...Le film fut projecté le 2 novembre 1960 sur les écrans parisiens, ce fut non seulement un succès public mais doublé d'un succès critique. Le film obtint l'Oscar du meilleur film étranger en 1960.
"LA BRIDE SUR LE COU" devait être le premier long métrage du cinéaste Jean Aurel, . Bardot au sommet de sa popularité, avait décidé de donner une chance à Jean Aurel et réussit à l'imposer. Au cours du tournage, B.B. entra en conflit avec le réalisateur et, pour des raisons restées inconnues, cessa brusquement sa collaboration. Elle fit appel à son ex-mari Roger Vadim pour terminer le film. L'affaire fit grand bruit dans le petit monde des professionnels, alors que se multipliaient protestations et déclarations de principe. C'est donc un tournage au pied levé qu'improvisa Vadim, à partir d'un scénario qui lui était tout à fait étranger. Le tournage se fit en totale décontraction, chacun apportant des idées à utiliser dans l'instant présent. C'est ainsi que Roger Vadim prit le plaisir à utiliser certaines grandes recettes du cinéma comique, comme l'accéléré ou la tarte à la crème..
Le tandem Bardot-Delon ne purent se retrouver que dans un unique film "LES AMOURS CELEBRES" de Michel Boisrond, une pleiade de vedettes se retrouvèrent à l'affiche de ce film: Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Suzanne Flon, Jean-Paul Belmondo, Philippe Noiret, Dany Robin, Annie Girardot, Simone Signoret, Edwige Feuillère, Michel Galabru, Guy Tréjan, Jean Desailly, Marie Laforêt et bien d'autres.
Voilà comment Louis Malle interprétait son personnage par rapport à celui de BB : "Elle est arrivée à un tel point de saturation qu'à l'origine "VIE PRIVEE" (1962) était pour elle un film de plus. Elle se sentait peu concerné et d'autant moins que, tournant toujours dans un ordre chronologique, je lui demandais au début d'interpréter un rôle proche de ce qu'elle était "avant". En fait, comme elle a tendance à se présenter devant la caméra grimée en BB, j'ai eu certaines difficultés à lui faire modifier sa coiffure, à la dépouiller de tout maquillage. Puis au fur et à mesure des prises de vues, et bien que je ne m'attachais pas à recréer des épisodes vécus par elle, la crise de l'héroine rejoignait celle qu'elle avait traversée. Ce fut une période pénible jusqu'à ce qu'elle se détende tout à coup. Elle s'est alors intéressée au film, elle a senti sans doute qu'il lui permettait d'accéder à une certaine vérité et que cette expérience un peu semblable à un psychodrame, de tourment deviendrait délivrance." (A Yvonne Baby in le Monde) 1-2-1962.
A nouveau en 1962, Vadim et Bardot se retrouvèrent pour "LE REPOS DU GUERRIER", d'après le roman de Christiane Rochefort. Roger Vadim avait su exploiter la photogénie et le talent de l'actrice dès son premier film. Il l'avait observée pendant le tournage de "Futures vedettes" ou il était assistant et au cours des scènes de "Cette sacrée gamine" et "En effeuillant la marguerite" dont il avait écrit les dialogues. Il devait la retrouver dans "Les Bijoutiers du clair de lune". A signaler la musique de Michel Magne et la présence de Robert Hossein, Michel Serrault, Jean-Marc Bory, Jacqueline Porel, Macha Méril et Robert Dalban dans ce film.
Robert Hossein - Brigitte Bardot - Roger Vadim
L'un des plus grands films du cinéma français des années 60 fut "LE MEPRIS", tourné en 1963 sous la direction de Jean-Luc Godard, d'après une adaptation du roman d’Alberto Moravia. Dans le rôle de l'ecrivain engagé par un producteur mégalomane, il fait montre d'une fragilité intérieure loin de sa superbe habituelle de bourreau des coeurs. Sa solitude ne procède pas en effet de la froideur d'âme de l'homme convaincu de sa supériorité, mais d'une prise de conscience douloureuse de sa situation : tandis qu'il prostitue son talent, il est l'objet du mépris de sa femme. Son attirance taciturne contrastait avec sa sociabilité coutumière, une des raisons de sa popularité. A noter la magnifique musique de Georges Delerue qui ne fait qu'accentuer la gravité de la situation."Le Mépris" est un film sur la signification et sur les voies diverses qu'empruntent les êtres qui n'arriveront jamais à s'entendre...
Jean-Louis Bory, disparu tragiquement disait :
: « Le véritable Et Dieu... créa la femme, c'est Godard qui l'a tourné, et cela s'appelle Le Mépris. Je ne cherche pas à démêler — et peu m'importe — si Godard a respecté ou non le roman de Moravia, ou si Losey eût fabriqué un film plus moravien que Godard. Le Mépris que nous voyons, c'est du pur Godard, et, je m'empresse de le dire, de l'excellent Godard. Le prétexte, l'objet du film, plus que le roman italien, c'est BB. Ce que Vadim a imaginé dans son premier film, mais n'a plus été capable de réaliser, ce que Louis Malle a raté dans Vie privée, Godard l'a réussi. Le Mépris est le film de Bardot, parce qu'il est le film de la femme telle que Godard la conçoit et telle que Bardot l'incarne. Si le phénomène Bardot doit représenter plus tard quelque chose dans l'histoire du cinéma, au même titre que Garbo ou Dietrich, c'est dans Le Mépris qu'on le trouvera. Je ne sais dans quelles conditions le tournage a eu lieu ni si Bardot et Godard se sont bien entendus. Le résultat est là : il y a rarement eu entente aussi profonde (consciente ou non — consciente, je suppose, chez Godard) entre une actrice et son metteur en scène. »
Pendant le tournage avec Jean-Luc Godard
BB enchaîne avec "UNE RAVISSANTE IDIOTE" (1963) d'Edouard Molinaro aux côtés d'Anthony Perkins, Grégoire Aslan et André Luguet, il s'agit d'une parodie des films d'espionnage.Lorsque Louis Malle annonça qu'il allait tourner un film avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, on fit des paris sur le comportement qu'auraient, pendant le tournage ces deux "monstres sacrés". il ne se passa rien d'important mise à part la santé des vedettes, fatiguées par la chaleur..Le ciéaste Louis Malle, annonça avoir décider de tourner "VIVA MARIA" (1964) parce qu'il voulait oublier la dépression que lui avait causée le tournage du "Feu follet". Je voulais faire un film d'action avec des rires, des décors exotiques et sans traumatisme de l'esprit", le sujet : la fille d'un terroriste irlandais est recrutée par une troupe de music-hall qui parcourt l'Amérique du Sud, dans des Etats troublés par de perpétuelles révolutions...Charme,gaiété...Un régal.
Dans le film de Serge Bourguignon, "A COEUR JOIE", Brigitte Bardot et Laurent Terzieff furent réunis dans une histoire de jeune cover-girl, mariée à un homme avec qui elle s'ennuie, se laisse aller, avec un amant de rencontre, à une liaison qui sera un echec. Le film aussi, qui mettra un terme à la carrière de son réalisateur...
Brigitte Bardot et Alain Delon se retrouvent pour la deuxième fois dans un film à sketches, "Histoires extraordinaires" (1967), d'après Edgar Poe, mais seul le sketch signé par Fellini s'élève au-dessus de l'esthétisme académique. Retrouvant l'esprit de "La dolece vita", il peint la décadence d'un acteur obsédé par l'image d'une petite fille...
Après avoir effectué le tournage du film "SHALAKO" (1968) d'Edward Dmytryk avec Sean Connery et Stephen Boyd, puis "LES FEMMES" (1969) réalisé par Jean Aurel. BB avait trente-six ans au moment ou elle entreprend le tournage de "L'OURS ET LA POUPEE" (1969) de Michel Deville aux côtés de Jean-Pierre Cassel et Daniel Ceccaldi. D'ailleurs BB devait retrouver la scénariste du film,Nina Companeez pour le tournage de son ultime film en 1973, "L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-chemise" ...
Mais entretemps, elle particpera à quatre autres films dont "LES NOVICES" (1970) de Guy Casaril avec Annie Girardot, "BOULEVARD DU RHUM" (1971) de Robert Enrico avec Lino Ventura, la même année, ce fut un duo totalement inédit, un faux western signé Christian Jaque avec Claudia Cardinale et Patrick Préjean, "LES PETROLEUSES" (1971). Christian-Jaque évoquant Brigitte Bardot, la mine réjouie : "Elle était, avant tout, une adorable nature, très consciente de la qualité de ses charmes, dont elle jouait à la perfection mais parfois aussi, un peu dépassée par ceux-ci. Que voulez vous, elle était provocante sans le vouloir et un simple défi à la raison. En 1959, j'ai réalisé "Babette ..." dans le but de la révéler à un jeune public qui ne l'avait jamais vue sur un écran, car ses précèdents films avaient tous été interdits aux moins de 18 ans et, pour ce faire, je l'ai dissimulée jusqu'au cou, sous un treillis. Je l'ai retrouvée pour "Les Pétroleuses", un western-camembert". L'entente entre BB et Claudia Cardinale fut excellente, même si, en grandes professionnelles, elles se sont vraiment combattues pour les scènes de bagarre!".
Je me souviens d'une anecdote plaisante ; un jour ou j'avais besoin du bas de son personnage, c'est-à-dire ses fesses, je lui ai ,dit "Ecoute, Bri-Bri, je vais te doubler pour cela..." Et elle m'a répondu: "Tu as tort car on ne va pas me reconnaître, le résultat sera moins bon et lepublic déçu! (Propos recueillis par Benoît Noel).
Brigitte Bardot chante aussi et enregistre plusieurs disques en solo, mais aussi avec Sacha Distel, Dario Moreno, Serge Gainsbourg. Bien qu'elle n'ait plus tourné depuis 1973 pour se consacrer à la défense des animaux, B.B. demeure un mythe vivace du cinéma français. Elle fut aussi une comédienne instinctive dont le talent a contribué à la réussite de films, dont certaines sont qualifiés d'oeuvre du cinéma français tels que "LA VERITE", "LE MEPRIS", "VIE PRIVEE","L'OURS ET LA POUPEE"....
En 1996, ce fut la parution de ses mémoires intitulées "Intialies B.B.
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