12 octobre 2009
GILLES GRANGIER, 50 ANS DE CINEMA
Cinéaste Français
Auteur de quelques uns des plus grands succès de Jean Gabin, Fernandel, Bourvil, mais il a également composé quelques unes des oeuvres les plus atypiques tels que "Danger de mort" ou "Le désordre et la nuit". Pour ma part, il restera un grand artisan du cinéma français. "Le Cave se rebiffe", "Gas-Oil", "Archimède le clochard", "Les Vieux de la vieille", "Maigret voit rouge", "Le rouge est mis", "Trois jours à vivre", tant de films qui m'ont marqué....Gilles Grangier s'est attaché tout au long de sa carrière, à réaliser des films sans autre ambition que celle de plaire au plus large public.
Gilles Grangier est né à le 5 mai 1911 à Paris, ses parents auraient souhaité que leur fils préparât les Arts et Métiers pour devenir ingénieur. Mais, sans le savoir, ils lui transmirent leur passion du music-hall et du spectacle tant et si bien que Gilles, au lieu de se consacrer aux études - il échoua au bac - passait ses après-midi au cinéma. Gilles Grangier n'avait que 17 ans lorsque son père est mort. Après son service militaire, il tenta en vain de s'acclimater à l'imprimerie, au commerce des cuirs et peaux; il se trouva plus à l'aise comme guide pour touristes américains car, ainsi, il était en contact avec le monde artistique.
En 1934, il franchit les grilles des Studios de Saint-Maurice où il est engagé pour figurer dans "FEDORA" de Louis Gasnier : il ne quittera plus le cinéma et se rendit compte de sa passion débutante pour le Septième Art. Ce fut la vogue des films historiques, ce qui lui permit de vivre de la figuration pendant plusieurs années : "Koenigsmark" de Maurice Tourneur, "La Bataille" de Nicolas Farkas.
Il suit la filière : assistant-régisseur, régisseur, assistant-réalisateur, ce dernier poste pour la première fois en 1936, auprès de Georges Lacombe qui tourne "LE COEUR DISPOSE". Pierre-Jean Ducis, René Pujol, Richard Pottier, Sacha Guitry, entre autres, lui permirent d'apprendre le métier de réalisateur auquel il put enfin se consacrer à partir du film de Pierre-Jean Ducis et son film "Le Plancher des vaches" (1939) et ce fut grâce au tournage de ce film, que Gilles Grangier fit la connaissance de Noël-Noël qui le recommanda aux producteurs du film et complèta sa participation d'assistant dans d'"ADÉMAI BANDIT D'HONNEUR" (1943). Grangier confirma avoir été assistant régisseur dans "MAYERLING" d'Anatole Litvak.
Gilles Grangier aura participé de près ou de loin à un nombre considérable de longs métrages aux côtés de cinéastes ayant une nuance de tournage bien différente les uns des autres. On peut citer : "Les Secrets de la Mer Rouge" de Richard Pottier, "J'arrose mes galons", "La Garnison amoureuse", "Mademoiselle Mozart" avec Danielle Darrieux, "Dernière valse" d'Edmond T. Greville, "La Peau d'un autre" de René Pujol et "L'appel de la vie" de Georges Neveux.
Puis il y eut la rencontre avec Sacha Guitry dans "Désiré", des retrouvailles avec Pujol dans trois autres films (Les gangsters du Château d'If, Un de la Canebière, Trois artilleurs au pensionnat). Dans l'ordre chronologique, on peut citer "Les Trois Valses" de Ludwig Berger, pour lequel Grangier reconnait avoir été secoué par sa méthode travail, mais très efficace, quant à la suite de sa carrière future....Il poursuit avec "Le Plancher des Vaches" avec Noel-Noel et "Le Camion Blanc" de Léo Joannon.
Une autre rencontre importance celle avec Raimu dans le film de Georges Lacombe "Monsieur La Souris". Gilles Grangier énonca: "En tant qu'assistant je disais à Raimu : "On pourrait peut-être..."et Raimu me coupait : "Ah, qu'est-ce que c'est ? C'est encore une idée du canard (Georges Lacombe), ça?". Il explosait tout le temps. Et il avait une méchanceté certaine parce que sur le plateau, il y a un truc qui ne trompe pas quand tu as une grosse vedette avec un cachet de trente briques, et aux passerelles, des gars à quarante francs de l'heure. La vedette est leur gagne-pain, bien sûr, mais ils ont du respect pour elle.
Avec Gabin, c'était toujours comme ça. Avec Raimu, non. J'ai vu des marteaux tomber des passerelles à quelques centimètres des pieds de Raimu. Il gueulait comme un âne et partait dans sa loge. Il ne voulait plus tourner. Pour moi, Harry Baur était un bien plus grand acteur que Raimu. C'était aussi un type remarquable. Gabin l'adorait... Entretiens avec François Guerif -50 ans de cinéma avec Gilles Grangier.
Après avoir tourné son premier film "ADEMAI BANDIT D'HONNEUR" entre janvier et mai 1943 Saint-Paul de Vence, et avoir connu un petit succès de presse, Grangier enchaîne avec "LE CAVALIER NOIR" (1945), le tournage devait être effectué par Jacques de Baroncelliec, mais celui-ci se désista à cause du débarquement en Normandie... cette première collaboration avec Georges Guétary fut un gros succès populaire, ce qui incita les producteurs à renouveller avec l'acteur dans "TRENTE ET QUARANTE" (1945) aux côtés de Martine Carol, Jeanne Fusier-Gir et Jean Parédès. Parlant de Martine Carol, Gilles Grangier énonca "Elle était belle, très vive,mignonne...Elle avait des dons pour la comédie, il n'y a pas de doute. Sa diction était juste, spontanée. Je n'aurais pas parié sur une grande carrière dramatique pour elle, mais elle était incontestablement formidable dans la fantaisie et la légèreté". "Pour ma part, je n'ai jamais trouvé qu'elle était un sex-symbol"...
En 1946, un autre film, une autre histoire avec "LECON DE CONDUITE" (1945) avec Odette Joyeux, André Alerme, Gilbert Gil, Maurice Baquet, Yves Deniaud et Jean Tissier. Grangier reconnait aisément qu'il souhaitait pour les deux premiers rôles deux autres comédiens, Micheline Presle et François Périer. Quant à Jean Tissier, Grangier indique qu'il ne fallait pas trop lui en demander, car il devenait trop lunatique...
Une rencontre importante celle entre Gilles Grangier et Fernandel dans "L'AVENTURE DE CABASSOU" (1945), en parlant de Fernandel, Grangier dit : Il avait des dons assez extraordinaires, Fernand, que ce soit dans les drames de Pagnol ou dans le comique. Il avait des trouvailles étonnantes. Je l'ai vu dans un tour de chant quand j'étais troufion à Metz; il a tenu deux heures et fait un malheur. Il avait des possibilités énormes, mais il se pliait difficilement...Le film fut produit par le frère de Marcel Pagnol, René Pagnol.
Il poursuit sa carrière cinématographique avec "RENDEZ-VOUS A PARIS" (1946) avec Annie Ducaux, Claude Dauphin, Marguerite Moréno, Jean Tissier et Jean Debucourt, puis "HISTOIRE DE CHANTER" (1946) avec Luis Mariano pour interprète principal, à ses côtés, Julien Carette, Noel Roquevert et Arlette Merry. Le film n'eut pas le succès escompté, Grangier avait préféré Carette à Bourvil....
Considéré par certains historiens du cinéma comme le meilleur film de Gilles Grangier, "DANGER DE MORT" (1947) faillit représenter la France au festival de Cannes. Il aurait été retenu par le comité de sélection s'il n'avait été projeté devant celui-ci inachevé, sans musique et avec un montage provisoire. Grangier, qui relate ce contretemps à François Guérif dans "Passé la Loire c'est l'aventure" (Éditions Terrain Vague Losfeld, 1989), déplore que Pathé, producteur et distributeur, n'ait fait aucun effort pour défendre le film qui essuya un « cuisant échec commercial ».
Dans le même entretien, le cinéaste évoque ainsi Fernand Ledoux : « C'était un ancien séminariste et il en avait gardé un côté mystique et une immense culture philosophique. Il était aussi adepte de Gandhi et pratiquait le yoga. »
Le 22 janvier 1948 est la sortie du film "PAR LA FENETRE" qui marque la rencontre de Grangier et Bourvil. Grangier reconnait avoir un bon souvenir du tournage, tout en insistant sur l'agacement provoqué par la prestation de l'actrice Suzy Delair, qui n'était pas demandé par le cinéaste, lui préférant l'actrice Michèle Philippe. Mais Clouzot insista pour que sa compagne soit l'interpréte principale du film.
Parlant de Bourvil, le cinéaste dit : C'était quelqu'un de blagueur, toujours très gai. Pendant le tournage, une voiture venait nous chercher tous les matins. Elle prenait Bourvil juste avant moi. Et celui-ci, pour m'appeler, jouait un solo de clairon dans la cour de mon immeuble. Inutile de dure que ce réveil matinal n'était pas du goût de tous. J'ai dû faire promettre à Bourvil de laisser le clairon chez lui. Le lendemain, à sept heures moins le quart du matin, il se pointait avec un accordéon!...
1948-1949, deux autres films, le premier avec François Périer et Sophie Desmarets : "FEMME SANS PASSE", le suivant "AMEDEE" avec Rellys et Annette Poivre.
Avec "JO LA ROMANCE" (1949), Gilles Grangier écrivit dans son livre "Flash-back" (Éd. Presses de la Cité, 1977) en parlant de l'acteur principal du film : Georges Ghétary, " Il fallait beaucoup l'entourer, lui donner des facilités, écrivit Gilles Grangier dans son livre "Flash-back" (Éd. Presses de la Cité, 1977). En dehors de sa voix, il n'avait pas tellement de dons, mais à force de travail il a constamment progressé, tant et si bien qu'il a connu l'apothéose (à Broadway) ".
C’est dans "AMOUR ET COMPAGNIE" (1950) – le quatrième interprété par Georges Guétary sous la direction de Gilles Grangier – qu’apparaît pour la dernière fois à l’écran Jean Sinöel, mort peu après le tournage, le 30 août 1949 (il était né le 13 août 1868), au terme d’une carrière de près de 150 films débutée en 1931.
1949-1950 : Deux films: "AU PETIT ZOUAVE" (1949) permit d'unir pour le cinéma Dany Robin et François Périer, dans une comédie ou Grangier appréciait la qualité du film, le jeu d'acteur de François Périer...et "Les Femmes sont folles" (1950) avec un Raymond Rouleau inatendu
Gilles Grangier déclara à propos de son film "LES PETITES CARDINAL" (1951), son dix-huitième long métrage : "J'étais ravi de tourner avec l'extravagant Saturnin Fabre, le fou le plus grandiose qui eût jamais écumé la scène et l'écran " (in "Flash-back", Éd. Presses de la Cité). Claude Dolbert, le producteur, d'une ladrerie légendaire, consentit une rallonge exceptionnelle, compte tenu des exigences de la reconstitution historique.
En 1950, Gilles Grangier tourne deux films successifs avec le même acteur, Jean-Pierre Aumont : "L'HOMME DE JOIE" et "L'AMANT DE PAILLE". Le premier est sorti au Moulin-Rouge le 8 décembre 1950, le suivant au Normandie, un mois plus tard. Le cinéaste raconte dans son entretien avec François Guérif "Passé la Loire c'est l'aventure : "Le pauvre Jean-Pierre Aumont avait tendance à mélanger ses répliques et ne plus savoir dans quel film il était. D'autant plus qu'il interprétait, à chaque fois, un séducteur. En outre, Louis de Funès, qui ne jouait que dans "L'homme de paille", faisait exprès de venir sur le plateau de "L'Homme de joie" pour semer le trouble dans nos esprits...
1951, deux autres films, deux autres histoires et de nouveaux comédiens, dans "LE PLUS JOLI PECHE DU MONDE", Georges Marchal donna la réplique à sa compagne Dany Robin, l'un des plus célèbres couples du cinéma français du moment. Puis dans le deuxième récit :"L'AMOUR MADAME" (1951) ce fut Arletty et sa gouaille légendaire aux côtés de François Périer, Mireille Perrey, Jeanne-Fusier-Gir, Josette Day, Yvonne de Bray et Jean Marais.
Après le franc succès qu'a connu Grangier avec "Le plus joli péché du monde" avec le couple Georges Marchal et Dany Robin, il récidive avec "DOUZE HEURES DE BONHEUR" (1952), un tournage qui a eu lieu entre le 28 avril au 12 juin 1952. Puis il entreprend une autre réalisation avec François Périer, Anne Vernon et Folco Lulli avec "JEUNES MARIES" (1953) il s'agissait d'un film franco-italien dont les dialogues sont signées de Charles Spaak avec une collaboration de Bernard Borderie.
"LA VIERGE DU RHIN" (1953) est le premier des douze films que Jean Gabin et Gilles Grangier ont tourné ensemble, jusqu’à "SOUS LE SIGNE DU TAUREAU" (1969). « Gabin jouait le patron d’un automoteur ; ce sont des péniches indépendantes. Alors j’ai fait construire une fausse barre. Le vrai pilote était en haut et Jean dans un endroit plausible, très bien organisé par les décorateurs. Pour les besoins de l’histoire, nous devions monter et descendre le Rhin, d’où les nombreux extérieurs. (…) On devait le teindre et, un jour, il est sorti de chez le coiffeur avec les cheveux mauves. Le film était en noir et blanc, on s’en moquait un peu. Jusqu’au moment où deux Strasbourgeoises, passant par là, s’arrêtèrent pile devant lui, en disant : “T’as vu Gabin ? Il est rien môôche !” Furieux, il leur répliqua : “Et mon cul, vous voulez le voir ?” » (in “Passé la Loire, c’est l’aventure”, entretiens de Gilles Grangier et François Guérif, Terrain Vague - Losfeld, 1989). Disparue en 1954 à 36 ans, Andrée Clément tenait ici son dernier rôle.
"POISSON D'AVRIL" (1954) est un film marquant à plus d’un titre. Il constitue la première collaboration de Michel Audiard avec Gilles Grangier (Jean-Paul Guibert, le producteur, était le beau-frère d’Audiard). Les deux hommes devaient retravailler ensemble sur une douzaine de films jusqu’en 1968, notamment sur huit du même cinéaste interprétés par Jean Gabin (dont GAS-OIL, LE SANG À LA TÊTE, LE ROUGE EST MIS, LE DÉSORDRE ET LA NUIT, LE CAVE SE REBIFFE et SOUS LE SIGNE DU TAUREAU). Ce fut aussi la première rencontre cinématographique de Bourvil et de Louis de Funès, qui devaient triompher dix ans plus tard dans "LE CORNIAUD" (1965) et "LA GRANDE VADROUILLE" (1966) : « De Funès est resté seulement quatre jours sur le film, se souvenait Gilles Grangier. Il était très drôle. Lui et Bourvil ont tout de suite sympathisé. C’était difficile de ne pas sympathiser avec Bourvil, qui était très agréable et avait toujours le sourire aux lèvres. J’ai retrouvé de Funès avec Gabin dans "LE GENTLEMAN D’EPSOM". De Funès était encore très charmant à ce moment-là. Après, il a eu un peu la grosse tête. » [in « Passé la Loire, c’est l’aventure », entretien avec François Guérif, Terrain Vague Losfeld, 1989] C’est également dans ce film que l’on entend pour la première fois une chanson de Robert Lapointe (« Aragon et Castille ») interprété par Bourvil. « Boby » Lapointe (1922-1972) allait devenir célèbre avec « Avanie et framboise » chanté par lui-même (et sous-titré) dans TIREZ SUR LE PIANISTE de François Truffaut (1960).
1955, Grangier retrouve pour la deuxième fois Fernandel pour le tournage du film "LE PRINTEMPS, L'AUTOMNE, ET L' AMOUR". Grangier affirme avoir refusé d'engager Brigitte Bardot au profit de Nicole Berger, il se rendit compte de son erreur, mais bien trop tard....Il indique que Fernandel n'était pas très commode, il était convaincu que sa présence suffisait à tout arranger. Mais l'acteur et le cinéast se sont bien entendus dans l'ensemble. Aux côtés de Fernandel et Nicole Berger, Claude Nollier, Philippe Nicaud, Andrex, Denise Grey, Georges Chamarat et Fernand Sardou.
Gilles Grangier, qui avait déjà dirigé Jean Gabin dans "La Vierge du Rhin" (1953), d'après le roman de Pierre Nord fut à l'origine de la rencontre de Gabin avec Michel Audiard, qui se concrétisa avec "GAS-OIL" (1955). Par la suite, Grangier devait tourner dix autres films avec Gabin en vedette, jusqu'en 1969, dont huit adaptés ou dialogués par Audiard. De son côté, ce dernier est l'auteur de dix scripts de films de Gabin réalisés par d'autres cinéastes dont Jean Delannoy (3), Henri Verneuil (3) et Denys de La Patellière (2)..
Grangier indiqua en parlant du film, ce fut le premier film de Marcel Bozzuffi, l'un des premiers de Roger Hanin. Et puis, il y avait Jeanne Moreau qui était formidable. Elle avait beaucoup de finesse et une féminité extraordinaire.
Pendant le tournage du film "LE SANG A LA TETE" (1956), Grangier précisa :"J'ai eu quatre opérateurs. J'ai commencé avec un Anglais, puis il a été malade. Armand Thirard est venu le remplacer au pied levé, mais il n'a pu rester que huit jours; après, j'ai eu Pierre Petit, puis Thomas. Ces changements n'arrangeaient pas les choses avec "le Vieux" (Gabin, bien sûr). Il avait ses habitudes : quand il ne voyait pas le même opérateur, il était affolé ! Heureusement, les gens de La Rochelle ont tout sauvé. Les marayeurs nous avaient adoptés parce que Gabin avait des réparties formidables. Je me souviens d'une poissonnière, une bonne femme insupportable, grosse gueularde. Elle s'approche un jour de Gabin et lui dit : "Vous me plaisez bien, je ferais bien un enfant avec vous !". Et lui, sans se démonter : "C'est une bonne idée, ça, ma pauvre dame, mais j'ai peur qu'on n'ait guère le temps !". (Gilles Grangier, "Passé la Loire c'est l'aventure", Ed. Terrain Vague, 1990).
Le cinéaste a su tirer profit de son expérience pour développer les prises de vues en extérieur, en utilisant une cabine de camion au ras d'un travelling auto. La caméra était sur le plateau. Il n' y avait qu'une carcasse de camion, et tout cela fonctionnait. Ce qui se passait derrière était en extérieurs réels....Ces trois films tournés avec Gabin permirent au cinéaste de marquer des points avec "La Vierge du Rhin", "Gas-Oil", et "Le Sang à la tête"....
"REPRODUCTION INTERDITE" (1957) est le seul film joué en vedette par le comédien Paul Frankeur : «Le producteur, Lucien Viard, voulait faire un film avec Paul Frankeur, expliqua Gilles Grangier. (…) Il était très ami avec lui et ne trouvait pas juste qu’il soit toujours réduit au rôle de faire-valoir. Je connaissais bien Paul, qui était un ami et avec qui j’avais fait plus d’une douzaine de films. Né à Belleville, ancien camelot comme Yves Deniaud, Paul avait été amené au théâtre par Raymond Bussières. Je l’aimais beaucoup et je n’étais pas le seul. Des gens comme Alexandre Breffort, Albert Simonin, Yvan Audouard étaient ses ardents défenseurs. Certains m’ont reproché de ne l’avoir pas mis plus souvent en vedette. Mais tous les acteurs ne sont pas des premiers rôles…» (in «Passé la Loire, c’est l’aventure», entretiens avec François Guérif, Terrain Vague, Losfeld, 1989). C’est Annie Girardot qui avait lu le livre de Michel Lenoir à la faveur d’un voyage en train et qui le recommanda à Gilles Grangier. Michel Lenoir était alors le pseudonyme de Michel Lebrun, auteur réputé de romans policiers (plus de 80 titres) dont une dizaine devait fournir des sujets au cinéma, et qui allait devenir dans le courant des années soixante, le «scénariste le mieux payé de France». Insatisfait des recettes, le producteur ressortit le film sous le titre MEURTRE À MONTMARTRE, ce qui est mensonger, étant donné que l’action ne se passe jamais sur la Butte… «… Il paraît que MEURTRE À MONTPARNASSE faisait trop long sur l’affiche» précisa Gilles Grangier.
1957, c'est "LE ROUGE EST MIS" avec Jean Gabin, Annie Girardot, Lino Ventura, Paul Frankeur, Marcel Bozzuffi, Paul Frankeur et Jean-Pierre Mocky. Auguste Le Breton est, avec Albert Simonin, l'un des principaux artisans de l'école du Film Noir "à la française" qui prit son essor au milieu des années cinquante. Ses romans ont inspiré une dizaine de films : "Du Rififi chez les hommes", "Razzia sur la Chnouf", "La loi des rues, "Rafles sur la ville", "Du Rififi a Paname, Brigade anti-gangs, "Le Clan des Siciliens". Auguste Le Breton s'était créé un personnage et laissait entendre que son passé n'était pas sans tâche : "Tout juste s'il ne disait pas que "Du rififi chez les hommes" était autobiographique. Mais en fait, son casier judiciaire était vierge" souligna Gilles Grangier, qui précisa : "A l'époque, il se promenait avec un Lüger dans sa valise lorsqu'il nous retrouvait dans une auberge de Montfort Amaury pour parler, avec Audiard, de l'adaptation de son roman. La crosse de l'arme portait une série d'entailles - une entaille = un ennemi tué - et il disait qu'il allait rendre visite à son éditeur qu'il ne trouvait pas "raisonnable". C'était sans doute une façon de nous prévenir qu'il ne fallait pas trahir son livre.", " Passé la Loire, c'est l'aventure", entretien avec G. Grangier, Terrain Vague Losfeld, 1989).
Les assistants-réalisateurs du film se nommaient Jacques Deray et Jacques Rouffio. Jean-Pierre Mocky fait une très courre apparition dans le film.
«Je me suis beaucoup amusé à faire "TROIS JOURS À VIVRE" (1957) — précisa le réalisateur Gilles Grangier. Je m’entendais très bien avec Daniel Gélin, j’aimais beaucoup sa fragilité. Et il y avait Aimé Clariond, qui jouait la vedette de la tournée et que j’adorais pour son côté un peu fou et son élégance. Michel Audiard lui avait écrit des textes formidables…», "Ce qui est drôle, c'est que des films comme "Trois jours à vivre" ont été tournés avec des méthodes proches de celles de la future "Nouvelle Vague" en extérieur et avec très peu de moyens. (in “Passé la Loire c’est l’aventure” : 50 ans de cinéma, par Gilles Grangier, Éd. Terrain Vague Losfeld, 1989).




Puis ce fut "ECHEC AU PORTEUR" (1957) avec Paul Meurisse, Jeanne Moreau, Serge Reggiani, Simone Renant et Gert Froebe, d'après le roman de Noël Calef qui avait obtenu le Grand Prix du Quai des Orfèvres 1956. Créé en 1946 et destiné à récompenser un roman policier inédit et remarquable pour "le respect apporté par l'auteur dans la description des modalités de fonctionnement de la police et de la justice françaises", ce Prix a fourni plusieurs sujets de films célèbres dont "125 RUE MONTMARTRE" également de Gilles Grangier (1959) d'après André Gillois.
Après une douzaine d'années consacrées pour l'essentiel à la comédie, Gilles Grangier entamait, vers le milieu des années 50 sa période "noire". "LE DÉSORDRE ET LA NUIT" (1958), succéda ainsi à "Gas-Oil"", "Le Sang à la tête" et "Le Rouge est mis". Aussitôt après, Grangier retournait à la comédie avec des films tels que "ARCHIMÈDE LE CLOCHARD" ou "LES VIEUX DE LA VIEILLE". A propos de ce film-ci, il raconta : "Dans LE DÉSORDRE ET LA NUIT, [Gabin] n'était pas seulement vulnérable, il pouvait encore séduire. Et ce fut la seule fois que dans un de mes films il était un peu séduisant. Il était d'autant plus crédible que Nadja Tiller, la jeune Allemande était loin de lui déplaire. "LE DÉSORDRE... " est un de mes films préférés". (in "Passé la Loire, c'est l'aventure", Ed. Terrain Vague Losfeld).
"ARCHIMEDE LE CLOCHARD" (1958) est une idée de Jean Gabin, l'adaptation est co-signée par Audiard, Albert Valentin, et Gilles Grangier. Initialement ce devait être Jean Richard qui aurait dû donner la réplique à Jean Gabin mais le producteur avait la possibilité d'obtenir Darry Cowl, pour "une poignée d'haricots" et les distributeur heureux...Grangier énonça : Qu'est-ce que j'ai entendu quand j'ai annoncé la nouvelle au Vieux !" "Tu t'es encore fait baiser, et c'est moi qui trinque!". Sa réaction avait dû transpirer dans les coulisses, car ce con de Darry s'est mis à begayer comme jamais dès la première scène....A noter la présence également de Bernard Blier, Julien Carette, Jacqueline Maillan, Noel Roquevert et Dora Doll.






"125, Rue Montmartre" (1959) a été tourné au début de la Nouvelle Vague, Grangier amère des propos le concernant, et enoncé avec force par l'un des fondateurs de cette Nouvelle Vague, François Truffaut. Grangier indique qu'il n'est pas du tout d'accord avec les opinions du jeune cinéaste, et lui rétorque qu'à chaque génération, le cinéma innove avec une nouvelle technologie y compris celle de la pellicule, de la lumière....Une rencontre inattendue celle de Lino Ventura aux côtés de Robert Hirsch.
"LES VIEUX DE LA VIEILLE" (1960) est l'adaptation d'un roman de René Fallet, Gilles Grangier avait pensé à de grands acteurs Jean Gabin et Noel-Noel, Gabin, lui suggéra Pierre Fresnay . Initialement les producteurs avaient pensé à Fernandel au lieu de Fresnay...Dans le livre sur Gabin de Siclier et Missiaen, il écrit que "Les vieux de la vieille" est une caricature de la vieillesse et du milieu campagnard. Gabin et Noel-Noel ont été enchanté de jouer ensemble, quant à Fresnay, plus en retrait et observé de loin par sa compagne Yvonne Printemps.
"LE CAVE SE REBIFFE" est sortie le27 septembre 1961, sur des dialogues cultes de Michel Audiard, pour lequel Grangier lui demanda s'il admirait un acteur particulier, celui-ci répliqua en disant qu'il avait une passion pour le comédien Harry Baur. De nombreux acteurs se donnèrent la réplique : Jean Gabin, Bernard Blier, Martine Carol, (elle, tint ici son dernier rôle marquant, avant sa mort en 1966), Françoise Rosay, Maurice Biraud, Franck Villard et Antoine Balpêtré.
Gilles Grangier retrouve Fernandel dans "LE VOYAGE A BIARRITZ" (1962) dans ce qui fut le dernier film d'Arletty, (étant quasiment aveugle). Fernandel était différent pendant le tournage d'après les dires du cinéaste, peut-être avait marqué par la cessité de sa partenaire de "Fric-Frac"....
"LE GENTLEMAN D'EPSOM" (1962) était une histoire d'Albert Simonin "Le Pelousard", Grangier se confie (entretiens avec F. Guérif) : "A l'époque, Jean et Louis de Funès s'admiraient l'un l'autre et le tournage a été très agréable. Après ils se sont detestés, je ne sais pas pourquoi". Aux côtés de Gabin, Madeleine Robinson, Louis de Funès, Jean Lefebvre, Paul Frankeur, Franck Villard, Alexandre Rignault et Jacques Marin.
C'était la troisième fois que Jean Gabin incarnait Maigret au cinéma. Mais il faut bien avouer que "Maigret, Lognon et les gangsters" n'est pas un des meilleurs Simenon. J'avais l'avantage d'avoir réussi mon coup avec LE SANG À LA TÊTE (1956), que Simenon avait beaucoup apprécié. "MAIGRET VOIT ROUGE" (1963), moins bien construit, disposait de moins de moyens, paraissait du réchauffé. Tout de même, j'avais Michel Constantin en gangster américain ! Très bien Constantin, belle nature ! » (in "50 ans de cinéma" par Gilles Grangier, Éd. Terrain Vague, 1989).
Et puis Gilles Grangier est l'unique réalisateur a avoir fait tourné Fernandel et Bourvil dans un même film : "LA CUISINE AU BEURRE" (1963). Pour "La cuisine au beurre", Truffaut a dit quelque chose comme : "Je ne comprends pas qu'on fasse encore du cinéma comme ça." Le film a été, à l'époque, la cinquième recette mondiale de l'année. C'est idiot d'aller contre ça, parce que, en plus, le film n'est pas infamant du tout. Il faut des films comme ça, qui font du fric, sans eux il n'y aurait plus de cinéma. Gilles Grangier -Passé La Loire c'est l'aventure (Entretiens avec François Guérif).
A noter la présence de Claire Maurier dans le rôle de Christiane (épouse de Fernandel et Bourvil), à cette même époque, elle tourna avec François Truffaut dans "Les 400 Coups".
En 1964, Jean Gabin et Fernandel fondent leur propre société de production la "GAFER"c'est-à-dire la "GAbin-FERnandel" et jouent ensemble dans "L'AGE INGRAT" (1965). Cependant le film ne fut pas le grand succès escompté. Pourtant le scénario et les dialogues ont été adapté par Pascal Jardin, Claude Sauter et Gilles Grangier, sur une musique de Georges Delerue. Aux côtés des deux monstres sacrés, Franck Fernandel, Marie Dubois, Paulette Dubost, et Noel Roquevert.
Après "La cuisine au beurre" et "L'âge ingrat", Gilles Grangier s'en va tourner "TRAIN D'ENFER" (1965) avec Jean Marais, dans un registre totalement différent. Un film d'action dont le tournage a eu lieu à Barcelone et aux Baléares. Comme l'indique le cinéaste dans ses mémoires, Marais n'a jamais voulu se faire doubler, il fut très agréable au tournage, disponible, magnifique....
Puis Grangier participe au tournage du film à sketches "LES BONS VIVANTS" (1965) avec Georges Lautner, le titre initial était "Un Grand Seigneur". Une pléiade d'artistes sont à l'affiche du film : (1er sketche) : Bernard Blier, Dominique Davray, Franck Villard, Henri Virlojeux, Jacques Marin, Jean-Luc Bideau et Jacques Legras.-(2ème Sketche) : Louis de Funès, Mireille Darc, Andréa Parisy, Jean Lefebvre, Darry Cowl, Bernard Blier, Jean Carmet, Bernadette Lafont;
Avec "L'HOMME A LA BUICK" (1967) «Darrieux jouait au théâtre à Paris. Chaque soir, son mari l’attendait à la fin de la représentation et la ramenait à Honfleur. Alors, j’essayais de reculer ses premiers plans pour onze heures du matin et je la libérais vers trois heures de l’après-midi pour lui permettre de repartir vers Paris» (Gilles Grangier, in «Passé la Loire, c’est l’aventure», Éd. Terrain Vague, 1989). Ce fut le dernier travail pour le cinéma d’Henri Jeanson, mort à Honfleur en 1970.
Après avoir essuyé les frais d'un film inachevé "Une cigarette pour une ingénue", Grangier réalisa un film avec Jean Gabin, "SOUS LE SIGNE DU TAUREAU" (1968). Il s'agit du dernier des douze films que Jean Gabin a tournés sous la direction de Gilles Grangier. Après celui-ci, le cinéaste ne réalisera plus, pour le cinéma, que "UN CAVE" (1972) et "GROSS PARIS" (1974). Il terminera sa carrière à la télévision, signant téléfilms et feuilletons, de "Quentin Durward" (1971) à "L'aéropostale" (1980).


Gilles Grangier, dans la longue interview publiée sous le titre "Passé la Loire c'est l'aventure" (Terrain vague, 1989), révéla que Claude Sautet et Pascal Jardin avaient participé, sans être crédités, à l'écriture du scénario de "Sous le signe du Taureau".
Gilles Grangier est mort le 27 avril 1996 à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.
___________________________________________________
Gilles Grangier pendant le tournage des "Vieux de la vieille"
- 1943
ADÉMAI BANDIT D'HONNEUR.
- 1945
LE CAVALIER NOIR.
- 1946
TRENTE ET QUARANTE
LEÇON DE CONDUITE
L'AVENTURE DE CABASSOU.
- 1947
HISTOIRE DE CHANTER
RENDEZVOUS A PARIS
DANGER DE MORT
- 1948
PAR LA FENÊTRE
FEMME SANS PASSE.
- 1949
JO LA ROMANCE.
- 1950
AMOUR ET COMPAGNIE
AU P'TIT ZOUAVE
LES FEMMES SONT FOLLES
L'HOMME DE JOIE
AMÉDÉE.
- 1951
L'AMANT DE PAILLE
LES PETITES CARDINAL
LE PLUS JOLI PECHE DU MONDE.
- 1952
L'AMOUR MADAME
DOUZE HEURES DE BONHEUR.
- 1953
JEUNES MARIES
LA VIERGE DU RHIN.
- 1954
FAITES-MOI CONFIANCE
POISSON D'AVRIL
- 1955
LE PRINTEMPS, L'AUTOMNE ET L'AMOUR
GAS-OIL.
- 1956
LE SANG A LA TÊTE.
- 1957
REPRODUCTION INTERDITE
LE ROUGE EST MIS.
- 1958
TROIS JOURS A VIVRE
ECHEC AU PORTEUR
LE DESORDRE ET LA NUIT.
- 1959
ARCHIMÈDE LE CLOCHARD
125, RUE MONTMARTRE.
- 1960
LES VIEUX DE LA VIEILLE.
- 1961
LE CAVE SE REBIFFE.
- 1962
LE GENTLEMAN D'EPSOM.
- 1963
LE VOYAGE A BIARRITZ
MAIGRET VOIT ROUGE
LA CUISINE AU BEURRE.

- 1964
L'AGE INGRAT
- 1965
TRAIN D'ENFER
LES BONS VIVANTS (sketches : "La Fermeture " et "Le Procès").
- 1968
L'HOMME A LA BUICK
UNE CIGARETTE POUR UN INGENU (inachevé).
- 1969
SOUS LE SIGNE DU TAUREAU.
- 1972
UN CAVE.
- 1974
GROSS PARIS.
___________________
09 juin 2009
PIERRE TCHERNIA, NOTRE MONSIEUR CINEMA
Cinéaste,Scénariste, Comédien, homme de télévision français
Si je me souviens bien, Pierre Tchernia découvra le cinéma, en allant voir avec un membre de sa famille, le film "Jean de la Lune" de Jean Choux avec Michel Simon. Après avoir été l'un des pionniers du petit écran. Il présenta le premier journal aux côtés de Pierre Sabbagh, Pierre Dumayet.Quelques décennies plus tard Pierre Tchernia est devenu "MONSIEUR CINEMA" :Emission consacrée au divertissement et plus particulièrement un jeu de questions sur le cinéma mondial, mais également l''information sur les sorties de films dans les salles obscures. Un invité en fin d'émission (Jean Gabin, Fernandel, Michel Simon...).
Après avoir été scénariste dans "Carombolages", "Allez France" et quelques uns d'autres. Il réalise quelques longs métrages avec son complice de toujours : Michel Serrault, avec qui il tournera "LE VIAGER", "Les Gaspards", "La Gueule de l'autre" mais aussi pour la télévision, plusieurs téléfilms dont, "Le passe-muraille" d'après l'oeuvre de Marcel Aymé. En tout plus d'un demi-siécle de télévision et cinéma. Il est le patriarche du 7ème art à la télévision.
Ses amis furent nombreux : Michel Serrault, Lino Ventura,Jacques Rouland, René Goscinny, Jacques Fabbri, Jean-Pierre Darras, Jean Carmet et bien d'autres...
J'ai eu l'immense privilège de participer aux éliminatoires de "Monsieur Cinéma", dans la Haute-Garonne, à Toulouse. C'est le comédien et animateur Pierre-Louis, qui était présent pour cette manifestation, dont j'étais l'un des plus jeunes participants. Je me souviens avoir buté sur une question concernant "La chevauchée fantastique", (qui était l'acteur qui interprétait le rôle du médecin). A 18 ans, j'ai confondu John Carradine avec Thomas Mitchell...
Diplômé de l'École Technique de Photo et de Cinéma et de l'Institut des Hautes Études Cinématographiques, Pierre Tchernia, né le 29 janvier 1928 à Paris. Il vécut vingt ans à Levallois-Perret. Son père était originaire de l'Ukraine dans le village de Koroliovka
Pierre Tchernia s'inscrit à l'école technique de photographie et de cinématographie (ETPC) puis il est accepté à l'IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques). Il fut diplômé de cette institution en 1948. Cette même année, il fait un bref passage au Club d'Essai de la Radio et au théâtre, où il joue dans "La Tour Eiffel qui tue" de Guillaume Hanoteau, un feuilleton musical.
Il fait la rencontre dans différents cabarets de la capital de Jean Richard, Darry Cowl, Louis de Funès, Roger Pierre,Jean-Marc Thibault et Robert Dhéry. En 1949, il rejoint l'équipe qui, autour de Pierre Sabbagh, va créer et animer le premier Journal Télévisé. Le premier journal date du 2 octobre 1949, Tchernia a commencé le 4 décembre de cette même année. Il y commentera et réalisera de nombreux reportages et deviendra en quelques années l'un des journalistes les plus réputés de la Télévision Française.
Pierre Tchernia apparaît aussi aux téléspectateurs des premières décennies de la Télévision en animateur de quelques-unes des plus populaires émissions du moment: "La Boîte à sel", rendez-vous dominical avec des chansonniers et des amuseurs, "La Piste aux étoiles" qu'il réalise à la gloire du cirque, et "L'Ami Public N°1", hommage aux personnages et à l'univers de Walt Disney.
Il nourrit aussi pour le cinéma une passion dont témoigne "L'Arroseur arrosé" qu'il écrit et réalise pour célébrer, en 1965, le 70ème anniversaire de l'invention des Frères Lumière. Ce film obtint la Rose d'or et le Prix de la Presse au Festival de Montreux.
Cette passion, Tchernia la fait partager et, de 1966 à 1988, retient l'attention d'un vaste public avec des émissions -plus de 700, de "Septième art, septième case" à "Mardi Cinéma", en passant par "Monsieur Cinéma" – dont les aspects ludiques mettent en lumière la qualité des informations et des jugements sur l'histoire et l'actualité du cinéma.
Dans les années 50, Tchernia s'affirme, c'est la rencontre avec le monde du music-hall, le temps ou l'on remplace l'animateur des variétés, Jean Nohain avec "36 Chandelles". C'est l'époque ou Pierre Tchernia se lie d'amitié avec Gilles Margaritis et "sa Piste aux étoiles", mais également avec René Goscinny qui va collaborer étroitement pour deux de ses films, et réciproquement pour Goscinny et ses longs métrages..
Tchernia reste l'un des derniers pionniers du petit écran, avec Pierre Sabbagh, Igor Barrère, Pierre Dumayet, Georges de Caunes, Pierre Desgraupes, Jean d'Arcy, Pierre Lazareff et quelques uns autres qui suivront : Léon Zitrone, Guy Lux....
Pierre Tchernia Acteur
Comédien dans quelques films dirigés par des amis, Robert Lamoureux "LA BRUNE QUE VOILA" (1960),Yves Robert "LA GUERRE DES BOUTONS" (1962) ou Jean-Marc Thibault "UN CHEVAL POUR DEUX" (1962), scénariste d'une demi-douzaine de dessins animés de long métrage, Pierre Tchernia a également réalisé, pour le cinéma, six films, dont deux en collaboration avec Robert Dhéry, et, pour la télévision, plusieurs adaptations d'œuvres de Marcel Aymé ("Le Passe-muraille", "La Grâce", "Lucienne et le boucher", "Héloïse" et "L'Huissier") – presque toujours interprétées par son ami Michel Serrault – et René Barjavel ("Le Voyageur imprudent").
"LA BELLE AMERICAINE" (1961) fut co-écrit entre Tchernia et Robert Dhéry, le film fut un énorme succès, il faut dire que l'histoire était génial de plus, un nombre considérable d'acteurs se sont unis dans cette farce loufoque : Louis de Funès, Robert Dhéry, Michel Serrault, Alfred Adam, Jean Lefebvre, Jean Richard, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Jean Carmet, Jacques Charrier, Colette Brosset, Annie Ducaux, Christian Marin....
A cette même période Pierre Tchernia se dirige tout droit vers une des émissions les plus populaires des années 60 : "L'Ami public N0 1", une alchimie entre des extraits de films de dessins animés long métrages de Walt Disney, que le public selectionne en téléphonant à SVP....Mais aussi grâce au talent de Tchernia et des décors choisis à cet effet pour divertir les petits et les grands. Cette émission de divertissement fût le souhait du bureau parisien des Productions Walt Disney.
Pierre Tchernia collabore au scénario de "CARAMBOLAGES" (1963), réalisé par Marcel Bluwal, plus à l'aise pour des productions télévisées. Dans les rôles principaux : Jean-Claude Brialy, Louis de Funès, Sophie Daumier et Michel Serrault. Au cours de la dernière séquence, Paul Martin qui a parfaitement réussi son ascension sociale, se retrouve soudain face à face avec un modeste employé "du rez-de-chaussée" en qui il reconnaît son alter ego, un assassin en puissance: il s'agit de Alain Delon, invité-surprise.
Pierre Tchernia Cinéaste
Téléaste et cinéaste, Pierre Tchernia, dans ses oeuvres de fiction, témoigne d'un sens aigu de l'observation – "ce que j'ai voulu apporter au "VIAGER" c'est le plus possible de détails et de vérité dans les détails" – et du comique par "l'introduction d'un monde de fous dans un décor quotidien" .
"LE VIAGER" (1972) est le premier long métrage réalisé pour le cinéma par Pierre Tchernia, cette histoire fut co-écrite avec la participation de René Goscinny, cela a commencé au début de l'été 1970, et c'est ainsi que nos deux complices eurent l'idée de prolonger d'une quarantaine d'années, l'existence de cet homme centenaire, de 60 à 100 ans, et son placement en viager de sa modeste propriété sur la côte varoise. Ce fut Michel Serrault qui interpréta ce brave homme qu'est Louis Martinet...On y vit également Michel Galabru,Jean-Pierre Darras, Rosy Varte, Claude Brasseur, Noel Roquevert (L'un de ses derniers rôles), Odette Laure,Yves Robert,Gérard Depardieu (débutant) et même le réalisateur Pierre Tchernia.
"LES GASPARDS" (1973) est le second film de cinéma de Pierre Tchernia, à nouveau co-écrit, avec son ami et complice René Goscinny, C'est justement pendant le tournage d'une séquence du "VIAGER", à l'entrée des catacombes, que leur est venue l'idée d'un tel film non pas" underground" mais souterrain. " On a filmé Paris sous toutes les coutures, mais on n'avait pas encore filmé ses dessous", déclarait Pierre Tchernia, qui a utilisé le décor naturel des carrières de gypse de Livry-Gargan. Aux côtés de Michel Serrault, Philippe Noiret,Michel Galabru, Jean Carmet, Charles Denner Gérard Depardieu, Chantal Goya et Annie Cordy.
"Reporter, meneur de jeu, comédien, présentateur, auteur, clown, metteur en scène, je me suis promené avec curiosité, avec ravissement dans les différentes formes de spectacle" écrit Pierre Tchernia – devenu Monsieur Cinéma pour des millions de téléspectateurs – dans son livre de souvenirs: "Mon petit bonhomme de chemin" (Éd. Stock, 1975).
"LA GUEULE DE L'AUTRE" (1979) fut le troisième long métrage de cinéma réalisé par Pierre Tchernia, à nouveau interprété par son complice Michel Serrault. Jean Poiret, dans son scénario, reprit le thème d'une pièce de théâtre, « Opération Lagrelèche », écrite et jouée avec Michel Serrault en 1967. Dans cette pièce, un producteur de cinéma dont la vedette, est décédée pendant le tournage, se met en quête d'un sosie pour terminer le film. « Le sujet était situé à Hollywood qu'on n'avait pas les moyens de reconstituer, c'est pourquoi cette histoire de sosies s'est déroulée dans le monde de la politique. Il est à noter que c'est le seul film tourné par Poiret et Serrault dont Poiret soit l'auteur. Au cinéma ils ont toujours dit les dialogues d'un autre », précise Pierre Tchernia.
"BONJOUR L'ANGOISSE" (1988) co-signé par Robert Dhéry. Il s'agissait d'un fait divers authentique servit de point de départ au scénario : une femme avait été photographiée au milieu de gangsters sortant d'une banque alors qu'elle passait là par hasard. Pierre Tchernia et le dessinateur Marcel Gotlieb (auteur de la célèbre " Rubrique-à-brac ") en ont fait un homme, Michaud contraction phonétique de Michel Serrault.




Télé films
Le Passe-muraille (1977) avec Michel Serrault
Diffusée à la TV le samedi 24 décembre 1977

La Grâce (Pierre Tchernia) -1978
avec Michel Serrault
Héloïse (Pierre Tchernia) -1991
avec Michel Serrault
L'huissier (Pierre Tchernia) -1991
avec Michel Serrault
Le secret du petit milliard avec Michel Serrault et Michel Galabru
___________________________________________

__________Aux Molière, enfin Michel Galabru....
William Leymergie (Tôt le matin!!)
Jacques Chancel " Rencontre et sûrement estime réciproque entre Monsieur Cinéma et Le Grand Echiquier"
Alain Jérôme - Piem - Pierre Tchernia - Pierre Bonte
Rosy Varte, l'une des interprètes du Viager
Olivier Barrot
Georges Cravenne - José Arthur
Arielle Dombasle - Stéphane Bern au Musée Grévin
Jacques Martin (Chevalier de la Légion d'honneur le 14 juillet 1998) - Jacques Chancel
Pierre Tchernia -Dominique Farrugia - Alain Chabat (A l'époque des Nuls)
Jacques Rouland et Jacques Legras "Les complices de La Caméra invisible"
Retrouvailles heureuses entre Pierre Tchernia et Michel Serrault, six mois d'absence !!
Obsèques de Jean Carmet
Pierre Dumayet -?- Pierre Sabbagh -Georges de Caunes - Pierre Tchernia
1950,Pierre Sabbagh, Lucien Morice, l'equipe de montage
FRANCOIS CHATEL
Au fond d'une mine (1955)
moments intense "La Piste aux Etoiles"
Georges de Caunes
Denise Glazer "Discorama"
Charles Denner, Michel Serrault, Pierre Tchernia et Michel Galabru
Jacques Rouland
Michel Serrault-GERARD DEPARDIEU-JEAN CARMET
MICHEL GALABRU,PIERRE TCHERNIA,PHILIPPE NOIRET "Les Gaspards"
En 1972, le Magic ciné renove devenu magic cinema
LINO VENTURA-RENE GOSCINNY-PIERRE TCHERNIA-JEAN YANNE
HERGE-TINTIN
GROUCHO MARX (MARX BROTHERS)
Marcel Amont -Pierre Tchernia - Georges Brassens-Maxime le Forestier
Marcel Pagnol
WALT DISNEY
René Goscinny
Astérixené Goscinny
DVD/VHS___________
__________LIVRES ET MAGAZINES___________
Ses mémoires
Dommage que Pierre Tchernia n'ai jamais reçu un César d'honneur comme l'a si bien dit Michel Serrault au César 1989, au moment de la remise du césar d'honneur à Bernard Blier
Mais comme indiqué sur un autre chapitre, l'Académie des César a besoin de se renouveler quant à leurs membres qui ont perdu la mémoire....
BRAVO MONSIEUR TCHERNIA ET MERCI POUR M'AVOIR FAIT AIME LE CINEMA
Deux grands comédiens resteront synonyme de bonté comme vous le fut, et je garderais au fond de moi, la resonnance de ces grands acteurs que j'ai tant apprécié, Lino Ventura et Michel Serrault
Filmographie
- 1947
LE CHEMIN AUX IMAGES (court métrage, co-réalisateur et scénariste).
- 1952
"Cette nuit là sur les toits" (François Chatel, téléfilm, scénariste).
- 1953
"L'Étonnante soirée du marquis de la Malnoue" (François Chatel, téléfilm, scénariste).
- 1958
"Monsieur Muguet s'évade" (François Chatel, téléfilm, scénariste)
"Le Violon de l'orphéon" (François Chatel, téléfilm, scénariste).
-1960-LA BRUNE QUE VOILA (Robert Lamoureux, acteur)
- 1961
LA BELLE AMÉRICAINE (co-réalisateur Robert Dhéry, scénariste).
- 1963
CARAMBOLAGES (Marcel Bluwal, scénariste, acteur)
LA FOIRE AUX CANCRES (Louis Daquin, scénariste).
- 1964
ALLEZ FRANCE (co-réalisateur Robert Dhéry, scénariste, acteur).
- 1965
"L'Arroseur arrosé" (téléfilm).
- 1967
"Deux Romains en Gaule" (téléfilm).
- 1968
ASTÉRIX ET CLÉOPÂTRE (René Goscinny et Albert Uderzo, dessin animé, scénariste).
- 1969
TROIS HOMMES SUR UN CHEVAL (Marcel Moussy, scénariste)
- 1971
LUCKY LUKE (Morris et René Goscinny, dessin animé, scénariste).
- 1972
LE VIAGER
"Aujourd'hui à Paris" (téléfilm).
- 1974
LES GASPARDS.
- 1976
LES DOUZE TRAVAUX D'ASTÉRIX (René Goscinny et Albert Uderzo, dessin animé, scénariste).
- 1977
"Le Passe-muraille" (téléfilm).
- 1978
LA BALLADE DES DALTON (Morris et René Goscinny, dessin animé, scénariste).
- 1979
LA GUEULE DE L'AUTRE
"La Grâce" (téléfilm).
- 1982
"Le Voyageur imprudent" (téléfilm).
- 1983
LUCKY LUKE, LES DALTON EN CAVALE (Morris, Bill Hanna, Joe Barbera, dessin animé, direction du doublage).
- 1984
"Lucienne et le boucher" (téléfilm).
- 1985
ASTÉRIX ET LA SURPRISE DE CESAR (Paul et Gaétan Brizzi, dessin animé, scénariste).
- 1986
ASTÉRIX CHEZ LES BRETONS (Pino Van Lamsweerde, dessin animé, scénariste).
- 1988
BONJOUR L'ANGOISSE.
- 1991
"Héloïse" (téléfilm)
"L'Huissier" (téléfilm).
- 1992
"Un beau petit milliard" (téléfilm)
"Le Secret des Lagarache" (téléfilm)
- 1997
« Jean Carmet, la liberté d’abord »
__________________________________
15 mai 2009
JULIEN DUVIVIER ou l'artisan exemplaire
Cinéaste, Scénariste français
La véritable carrière de Julien Duvivier débute en 1930, et pourtant il réalisa plus de dix sept films entre 1919 et 1929 !. Il fut un artisan consciencieux, développant de nombreux thèmes.
____________________________________
Julien Duvivier naît à Lille le 8 octobre 1896. L'amitié et l'exemple de Pierre Bertin le décident à tenter une carrière d'acteur. Il entre à l'Odéon en 1916. Il tient quelques petits rôles, mais s'oriente vite vers le cinéma, d'abord comme acteur, puis comme assistant (entre autres, de Louis Feuillade, André Antoine, Marcel L'Herbier, etc.). Dans la production muette de cet ancien acteur, passé du théâtre à la réalisation de films sur le conseil du grand Antoine.
, Duvivier réalise en 1919 le premier de ses soixante-sept films : "HACELDAMA OU LE PRIX DU SANG", avec Séverin-Mars. Le négatif du second, "LA RÉINCARNATION DE SERGE RENAUDIER" (1920), fut détruit par un incendie avant son exploitation.
Il redevient assistant et scénariste avant de réaliser, en 1922, "LES ROQUEVILLARD", d'après Henry Bordeaux, qui inaugure sa série d'adaptations d'œuvres littéraires. Pour la compagnie Le Film d'Art, il adapte des romans de Ludovic Halévy "L'ABBÉ CONSTANTIN" (1925), Jules Renard "POIL DE CAROTTE" (1925) et Pierre Frondaie. On lui doit également une série de films religieux : "CREDO OU LA TRAGÉDIE DE LOURDES" (1923), "L'AGONIE DE JÉRUSALEM",(1927)" LA VIE MIRACULEUSE DE THÉRÉSE MARTIN" (1929), un genre où il s'illustrera plus tard avec "GOLGOTHA" en 1935 et les "DON CAMILLO" (1951 et 1953...).
Autre oeuvre littéraire, "AU BONHEUR DES DAMES" (1930), d'après Émile Zola, avec Dita Parlo et Andrée Brabant. fut le dernier film muet de Julien Duvivier - quelques scènes furent cependant sonorisées lors de l'exploitation en salles en 1930 - "AU BONHEUR DES DAMES" fut redécouvert et restauré par les Archives du Film du CNC en 1988. Il fut tourné dans un Paris contemporain, en studio, dans le grand magasin des Galeries Lafayette, en extérieurs Gare Saint-Lazare et à L'Isle-Adam.
Rien de tout cela ne sort de l'anonymat et ne suffit à imposer le metteur en scène. Seule peut être une première adaptation de "Poil de carotte" autorise quelques espoirs, assez vagues; encore pouvait-on être tenté, à l'époque, d'en attribuer les mérites à la forte personnalité du co-adaptateur, alors en pleine gloire : Jacques Feyder. Il faut se rendre à l'évidence : sans son oeuvre parlante;Julien Duvivier n'aurait laissé aucun nom dans l'histoire du cinéma.
Dès son premier film parlant, tout change. "DAVID GOLDER" (1930), pour une bonne part grâce à l'interprétation d'Harry Baur, nouveau venu qui s'impose d'emblée, est tout de suite reconnu comme un film important. Tiré d'un roman à succès d'Irène Nemirowsky, le film comporte quelques scènes curieuses, la mort de Golder sur le bateau, au milieud'émigrants juifs qui lui rappellent ce que lui même fut jadis, reste émouvante et forte. Incontestablement, elle révélait un tempérament de vrai cinéaste.
Dans l'œuvre de Julien Duvivier, "DAVID GOLDER" est un film charnière. Il révéla la puissance de jeu d'Harry Baur et démontra surtout que le talent de Duvivier, porté volontiers vers les scènes paroxystiques, pouvait pleinement s'épanouir avec l'avènement du parlant.
Harry Baur, très connu au théâtre, ne s'était encore jamais imposé à l'écran : ses apparitions dans quelques films d'Art d'avant 1914 étaient passées inaperçues. Sa création de " David Golder " le classa d'un seul coup parmi les grandes vedettes françaises.
"LES CINQ GENTLEMEN MAUDITS" (1931) fut le deuxième film parlant de Julien Duvivier, il tourna conjointement une version allemande et une version française ( DIE FÜNF VERFLÜCHTEN GENTLEMEN avec Adof Wohlbruck, Camilla Horn et Jack Trevor), seuls Marc Dantzer et Georges Péclet jouaient le même rôle dans les deux versions. Le film est tiré du roman d'André Reuze. Les extérieurs du film furent tournés à Fez, à Marrakech et à Moulay-Idriss. La critique salua à sa sortie l'aptitude du cinéaste pour la création d'atmosphère, son goût du pittoresque et son sens de l'exotisme. . Ce deuxième long métrage n'eut pas le même intérêt que le précèdent, malgrè la présence d'Harry Baur, René Lefevre et Robert Le Vigan.
Par contre, "ALLO BERLIN ? ICI PARIS!" (1932), qui suivit, est un film aujourd'hui assez oublié, qui mériterait d'être redécouvert. Dans son ouvrage sur Duvivier (Collection "Premier Plan"), Raymond Chirat le compare aux meilleures comédies de René Clair et le qualifie de "chef d'oeuvre méconnu". Le scénario, assez original, reposait sur le principe de héros s'exprimant, les uns et les autres, dans leur langue natale, ce qui, à l'époque, était une nouveauté. Il s'agissait de téléphonistes, allemands d'un côté, français de l'autre, qui malgré la barrière des langues, finissaient par très bien se comprendre. Traité en comédie bien enleveé, ou une musique allègre jouait son rôle, le film reste une des bonnes réussites de Duvivier, en dépit d'une interprétation privée de noms connus, exception faite pour Josette Day, alors débutante prometteuse.
ALLÔ BERLIN ? ICI PARIS ! prônait sur le mode léger de la comédie sentimentale le rapprochement des deux pays et s’inscrivait dans une veine résolument pacifiste et européenne avant la lettre. Ainsi était-il question, à la fin, dans la scène de la réception officielle à Berlin, d’une Fédération des Amitiés Universelles
Le réalisateur cita son nom à deux reprises dans le cours du film : d’abord, on voit en gros plan une enveloppe adressée rue… Duvivier, à Paris; puis, dans la scène se déroulant au “Lapin Agile”, le présentateur annonce qu’un chanteur va interpréter «Chanson lasse», «musique de Karol Rathaus et paroles de Julien Duvivier».
"LA TETE D'UN HOMME" (1933) fut le troisième film porté à l'écran sur le fameux Commissaire Maigret d'après l'oeuvre de Georges Simenon, cette version permettait à Harry Baur d'interpréter le rôle de Jules Maigret.Simenon avait même envisagé de réaliser lui-même ce nouveau film. Ce fut enfin de compte Julien Duvivier qui put modifier certains aspects du livre avec l'accord de l'écrivain. Ce film connaît une nouvelle réussite, dans un genre bien différent
En 1932, Duvivier connaît son premier vrai grand succès, avec la version parlante de "POIL DE CAROTTE". Le chef d'oeuvre de Jules Renard, qu'il avait déjà tourné en 1926, lui inspire un film qui déjoue assez bien les pièges mélodramatiques auxquels l'exposait le sujet. Tout le monde admira l'interprétation d'Harry Baur en monsieur Lepic, et celle du jeune Robert Lynen en "Poil de carotte". M Bardèche et R. Brasillach qui, dans leur "Histoire du cinéma", émettent sur le film un jugement nuancé, signalent toutefois une scène admirable : "Le mariage de Poil de carotte et de sa petite amie de cinq ans...Duvivier avait transformé la scène douteuse en poésie bucolique, avec les deux enfants couronnés de fleurs qui s'avancent dans un paysage miraculeux, et les animaux qui les suivent comme un cortège." Eux aussi font la comparaison avec René Clair.
Après ces deux grans films, Duvivier va pendant deux ans, accumuler plusieurs échecs, tout en déployant toujours le même savoir-faire. Il n'y a rien à dire du "PETIT ROI" (1933), enfantine fadaise.André Lichtenberger est un auteur de récits pour enfants dont le plus célèbre est “Mon petit Trott”. Son roman “Le Petit roi” fut porté à l’écran par Julien Duvivier pour prolonger le succès que venait de remporter son jeune interprète Robert Lynen dans la version parlante de POIL DE CAROTTE (1932). Mais comme le notait un critique du temps (cité par Raymond Chirat dans son étude sur Duvivier, in “Premier Plan” n° 50), « il est plus difficile de nous apitoyer sur le sort d’un petit roi, fût-il malheureux, que sur celui d’un pauvre gosse de la campagne maltraité par ses parents ». Aussi bien le film ne rencontra-t-il qu’un accueil mitigé. Duvivier déclarait à l’époque que cette histoire, imaginaire, du “Petit roi” annonçait de façon frappante le destin, postérieur, du prince Michel Ier de Roumanie. Il tourna les extérieurs dans la région de Cracovie et (pour la seconde partie) sur la Côte d’Azur. A noter la disparition tragique du jeune acteur Robert Lynen "Poil de Carotte", il fut membre d'un réseau de Résistance, dans la région de Cassis, il fut emprisonné en 1943 et fusillé par les Allemands, à l'âge de vingt-trois ans, à la forteresse de Karlsruhe, le 1er avril 1944.
De même, "LE PAQUEBOT "TENACITY" (1934) avec Albert Préjean, Marie Glory, Hubert Prélier ne suscita pas l'intérêt du public, il s'agissait d'une pièce filmée sans grande invention, mise à part que ce film faisait partie des quelques oeuvres qui annonçaient le courant qu'on a appelé le Réalisme Poétique. Le film est tiré de la pièce de Charles Vildrac (1882-1971), première de son auteur.
En 1934, "MARIA-CHAPDELAINE", adaptée du beau roman de Louis Hémon, valait un peu mieux. Au moins, avait-il le mérite d'avoir été filmé sur place, et de montrer les admirables paysages québecois du lac Saint-Jean et de la rivière Péribonka. Malheureusement Jean Gabin incarnant François Paradis avec l'accent parigot, enlevait toute crédibilité au film, et plus encore, Madeleine Renaud, en robuste paysanne québecoise, avec son impossible diction très "comédie française".Duvivier et son équipe tournèrent sur place le extérieurs du film qui reçut le Grand Prix du cinéma,français en 1935, Le cinéaste était logé chez un épicier qui jugeait inutile de chauffer sa maison puisque, selon lui, la vie ne devait être que souffrance,... A cette époque, la caméra était actionnée par une manivelle dont il est arrivé plus d'une fois que le mécanisme gèle,...
Duvivier et son équipe tournèrent sur place le extérieurs du film qui reçut le Grand Prix du cinéma,français en 1935, Le cinéaste était logé chez un épicier qui jugeait inutile de chauffer sa maison puisque, selon lui, la vie ne devait être que souffrance,... A cette époque, la caméra était actionnée par une manivelle dont il est arrivé plus d'une fois que le mécanisme gèle,...
Ce fut pire avec "GOLGOTHA" (1935) : le couple Jean Gabin (Ponce Pilate), Edwige Feuillère (sa femme), très boulevardier, empêchait tout à fait de croire, à cette évocation de la vie du Christ, pétrifiée de respect et d'académisme. Le Vigan, lui même si souvent génial, n'arrivait pas à animer le personnage de Jésus qui, aux dires de son amie Céline, devait tant le marquer. Seul Harry Baur, toujours excellent chez Duvivier, parvenait, dans le rôle d'Hérode, à tirer son épingle du jeu, au sein de cette très lourde machinerie.
Le film fut l'objet des soins les plus méticuleux de la part du chanoine Raymond qui veilla à l'authenticité des phrases prononcées. Au départ Jésus devait être joué par un anonyme, il fallut y renoncer et choisir Robert Le Vigan qui composa son rôle avec un soin extrême, se faisant arracher les dents pour avoir un visage émacié. Alger, et plus exactement Fort de l'Eau, fut choisi pour le tournage des extérieurs et la distribution primitive qui annonçait Constant Rémy en Pierre, Alcover en Hérode, Charles Vanel en Judas fut profondément remaniée.
La production fut en partie commanditée par des quêtes faites dans les paroisses, en France.
Le succès devait revenir en 1935, avec "LA BANDERA" qui, aujourd'hui encore reste un des meilleurs films de Duvivier. C'est un véritable classique de la légion étrangère. Bien adapté par lui-même et Charles Spaak. Le célèbre roman de Mac Orlan sur la légion étrangère espagnole fournissait au cinéaste une matière cinématographique de premier ordre. Compromis heureux entre le romanesque et le documentaire, "La Bandera" (qui est dédié au colonel Franco, dont les troupes figurent dans le film) est de plus excellemment joué par Jean Gabin, cette fois tout à fait dans son personnage, le Vigan, Aimos, Gaston Modot, sans oublier Annabella, dans une étonnante composition de jeune Berbère amoureuse. Les extérieurs du film furent tournés au Maroc espagnol, avec le concours d'authentiques légionnaires.
Après ce film, et jusqu'à son départ pour Hollywood, en 1940. Duvivier va tourner neuf films en cinq ans, alternant le meilleur avec le moins bon. Cette courte période d'un lustre, constitue en effet l'apogée de la carrière du cinéaste, qui, plus jamais ensuite, ne retrouvera pareil statut au sein du cinéma français. Pendant ces quelques années, il est devenu, en quelque sorte, le quatrième "grand" (avec Renoir, Clair et Feyder), en attendant que le jeune Carné vienne se joindre au peloton.
"LE GOLEM" (1935) fut tourné dans les studios de Prague dans le courant de l’année 1935, Harry Baur accepta d'incarner l'Empereur Rodolphe II. Considéré comme un médiocre remake d'un classique de l'expressionnisme allemand, également "L'Homme du jour" (1936) scénario pretexte pour Maurice Chevalier, tristement dépourvu de verve.
En revanche, "LA BELLE EQUIPE" (1936), film social qui préfigure assez bien l'atmosphère d'un "Front populaire" alors imminent, est considéré, à juste titre, comme un classique de ce réalisme poétique, si caractéristique d'une certaine tendance du cinéma français de ces années. Gabin chante dans le film une célèbre valse musette: " Quand on s'promène au bord de l'eau ", particulièrement adaptée au sujet. Le cas est assez rare dans l'histoire du cinéma de deux fins différentes tournées pour le même film, l'une tragique, l'autre optimiste. Aux côtés de Jean Gabin, Charles Vanel, Raymond Aimos, Charpin, Viviane Romance, Charles Granval et Raymond Cordy.
LE GOLEM (1936) de Julien Duvivier
Autre film symbole, autre grand succès, en 1936 également, le fameux "PEPE LE MOKO", qui contribua beaucoup à imposer le "mythe Gabin". Jamais les qualités de cinéaste de Duvivier ne furen plus grandes, et pourtant elles ont fort à faire contre un scénario artificiel et complaisant, dont les dialogues à effet, d'Henri Jeanson, soulignent les facilités. Restent un certain romantisme, encore efficace, l'atmosphère de la Casbah d'Alger, deux ou trois scènes assez fortes....et Gabin.
Henri Jeanson a raconté comment Julien Duvivier accepta ce scénario que Jean Renoir avait refusé. Le film fut un des plus grands succès du cinéma français d'avant-guerre et contribua, avant "LE QUAI DES BRUMES", à créer le mythe de Jean Gabin être en marge condamné à la fatalité. La distribution est exceptionnellement brillante même pour l'époque. Chaque petit rôle est tenu par un grand acteur : Mireille Balin, Line Noro, Lucas Gridoux, Gabriel Gabrio, Fernand Charpin, Saturnin Fabre, Gilbert Gil, Gaston Modot et Marcel Dalio. La grande chanteuse Fréhel fait une de ses rares apparitions à l'écran.
"UN CARNET DE BAL" (1937) est un film très amer, triste, désabusé. Il caractérise en fait parfaitement le ton et le style des films de Julien Duvivier de cette époque. Il s'agit en outre du premier et plus célèbre film à sketches ftançais et qui a remporté en 1937, à la Biennale de Venise, la Coupe Mussolini du meilleur film étranger, en compétition avec LA GRANDE ILLUSION de Jean Renoir et LES PERLES DE LA COURONNE de Sacha Guitry. Cette oeuvre rencontra un succès non négligeable. On retrouve dans le générique, les plus grands noms du cinéma français : Marie Bell, Françoise Rosay, Louis Jouvet, Fernandel, Harry Baur, Raimu et Robert Lynen, sans compter une demi douzaine de scénaristes dont Henri Jeanson.
Il contribua également à ouvrir à son auteur les portes d'Hollywood où Duvivier tourna en octobre 1937, "TOUTE LA VILLE DANSE" (1938), évocation brillante et fantaisiste de la vie de Johann Strauss interprété par Fernand Gravey, pour la Metro-Goldwyn-Mayer. Soutenue par la musique célèbre, le luxe des grandes productions américaines et, en prime, une collaboration épisodique du grand von Sternberg lui-même. Après quoi, Julien Duvivier revint en France réaliser un projet qui lui tenait à coeur : "LA FIN DU JOUR" (1938). Ce film sur la vieillesse des comédiens retirés dans une maison de repos est réalisé avec brio et comporte d'étonnants numéros d'acteurs de Michel Simon, Louis Jouvet et Victor Francen.
D'après Julien Duvivier, lui-même, "LA FIN DU JOUR" était resté pour lui son film préféré, et la biennale de Venise lui décerna en 1939 la coupe de la VIP Mostra, récompensant le meilleur film à scenario. A la sortie du film, les vieux comédiens de Pont-aux-Dames participèrent à un grand banquet offert au réalisateur qui avait utilisé pour les nombreuses silhouettes un certain nombre de pensionnaires aux noms jadis applaudis : Arquillière, Claude Bénédict, Emilie Lindey, Émilie Prévost, Raphaël Cailloux, Fernand Liesse, Henriette Moret, Louise Marquet et Georges Denola, autrefois metteur en scène dont Duvivier avait été l'assistant au temps héroïque du muet.










Film de prestige de l'année 1939, "LA CHARRETTE FANTOME" avait été choisi pour représenter la France au premier Festival de Cannes qui n'eut jamais lieu. Le film parut sur les écrans parisiens en mars 1940 alors que Duvivier tournait un grand film de propagande "UNTEL PÈRE ET FILS". Celui-ci reconnaissait n'avoir jamais vu le grand classique muet que le roman de Selma Lagerlöf avait inspiré en Suède, en 1920, à Victor Sjöström. Le succès fui d'estime pour Duvivier. Ce film insolite au milieu de sa production d'alors. Il en fit un très bel album d'images, froides et très soignées, sans recréer vraiment le climat de légende qu'exigeait la belle histoire. Le réalisme lui convenait mieux, tout comme ses interprètes, Pierre Fresnay et Louis Jouvet.
Pendant la drôle de guerre, survenue juste après ce film, Duvivier fut convié officiellement, peut être par Jean Giraudoux, à exalter les vertus nationales. Il en résulta une oeuvre de circonstance, presque patriotique et empesée, "UNTEL PERE ET FILS" achevée à la veille de la défaite et qui ne put sortir en France qu'en 1945, après avoir servi à notre propagande aux Etats-Unis, tout au long de la guerre. Malgrè Jouvet, Raimu, Michèle Morgan, Suzy Prim, Louis Jourdan, c'est une oeuvre médiocre et qui tombe à plat. Sur cet échec, s'achevait une période de dix ans ou Duvivier avait accumulé les succès et qui méritait une meilleure conclusion.
Le tournage s'achève peu avant la débâcle. Duvivier arrive à sauver les bobines et les expédie aux USA. Le film y fait une carrière honorable, augmenté de scènes essayant de décrire l'occupation allemande. Ainsi Michèle Morgan, émigrée comme Duvivier, tourne des raccords la montrant en train d'attendre une distribution de pain. Des inserts font allusion à de Gaulle. Le récit change de titre et devient pour les Américains: "HEART OF A NATION". En France, le film ne sortira qu'en 1945.
Agé alors de quarante quatre ans, le cinéaste de "Pépé le Moko" ne se doutait pas qu'il avait réalisé le meilleur de son oeuvre, et qu'il n'y ajouterait plus rien d'important sur le plan cinématographique. Pendant l'été 1940, il regagna Hollywood ou il passa toutes les années de guerre. Il y réalisa quatre films qui n'ajoutèrent pas à sa gloire. Trois furent des films à sketches qui s'efforçaient d'exploiter la veine d'"Un carnet de bal", avec de moins en moins de bonheur : "LYDIA" (1941) avec Merle Oberon, "SIX DESTINS" (1942) avec Rita Hayworth et Charles Boyer, "OBSESSIONS" (1943) avec Barbara Stanwyck et Charles Boyer. Le quatrième était un film "patriotique" sur un sujet assez ridicule, pour lequel il retrouvait Jean Gabin, lui aussi exilé à Hollywood : "L'IMPOSTEUR" (1943).
Ce fut donc le dernier film de la période américaine de Julien Duvivier commencée en 1938 , le film est aussi le second film tourné par Jean Gabin aux États-Unis. Avant-guerre, l'acteur avait refusé toutes les propositions venues de ce pays. Seul Darryl Zanuck parvint à le convaincre. Tourné à la gloire du général de Gaulle, le film fut boudé par les publics américain et français. Il n'a sans doute été distribué en version originale qu'à Paris, la version doublée étant présentée aux spectateurs de province, tout surpris d'entendre la voix de Robert Dalban à la place de celle de Jean Gabin qui, au moment de la post-synchronisation, combattait dans les Vosges. Pour Duvivier comme pour Gabin, ce film est l'un des plus mauvais de leur carrière.
En 1945, le cinéaste rentre en France, ou il trouva un cinéma français qui avait beaucoup changé, avec l'apparition en 1941-1943 d'une nouvelle génération pleine de talent (Clouzot, Becker, Bresson, Autant-Lara). Duvivier adapte un roman de Georges Simenon et se remit au travail en tournant : "PANIQUE" (1946), dans la manière de l'avant-guerre. Le film parut démodé et ne fut pas pour son auteur la rentrée éclatante qu'il espérait. sa reprise d'activité se heurta à des jalousies, à des calomnies, que le climat de l'année 1945 envenimait. D'où sans doute, le pessimisme violent qui baigne le film.
Curieusement, l'intrigue qui est censée se dérouler dans la banlieue parisienne, fut tournée dans les studios de Nice et – comme pour certains films de Carné – le décorateur dut édifier autour d'une place, tout un quartier égayé par une fête populaire. La mode était alors à ces sortes de reconstitutions en studio.
Les difficultés furent nombreuses : une partie du décor fut emportée par des pluies torrentielles, un incendie ravagea l'outillage sonore, enfin un certain nombre de prises de vues dut être recommencé, la pellicule étant de mauvaise qualité. On y trouve au générique Michel Simon, Viviane Romance et Paul Bernard.
Après deux ans d'inaction, celui-ci partit tourner en Angleterre une nouvelle adaptation (due à Jean Anouilh) d'"ANNA KARENINE" (1948), avec Vivien Leigh. Ni l'un, ni l'autre ne firent oublier la fameuse version réalisée par Clarence Brown pour Greta Garbo.
En 1949, Duvivier a réalisé "AU ROYAUME DES CIEUX" avec Serge Reggiani, Suzanne Cloutier et Suzy Prim.Le film, «dédié à l’enfance malheureuse», comme il est dit au générique, était proche dans son sujet (les maisons de redressement) de "La fleur de l'âge", écrit par Jacques Prévert, mis en scène par Marcel Carné et resté inachevé en 1947. Chez Carné, on trouvait déjà Serge Reggiani ainsi que Pierre O’Connell et Arys Nissotti, associés d’une production qui fut alors défaillante. La dénonciation des bagnes d’enfants et d’adolescents était un sujet d’actualité.
Dans "Au royaume des cieux", la musique est remplacée par des effets sonores très travaillés : bruits de cloche, d’eau — inondation, pluie — aboiements, cris d’oiseau ou chants dans le lointain. La fin du film reste assez ouverte : Pierre sort Maria de l’eau; est-elle vivante et choquée ? Morte ? On ne sait pas.
Julien Duvivier, qui avait tourné plusieurs films aux États-Unis – ainsi qu’en Angleterre, termina avec "BLACK JACK" (1950),cette coproduction anglo-américaine (qui comprenait des acteurs anglais, français, américains et espagnols) sa carrière internationale et rentra en France où il allait encore tourner seize films jusqu’en 1967 – mis à part un film en Allemagne, "LA GRANDE VIE" (1960). C’était la seconde fois qu’il travaillait avec George Sanders, qui avait déjà fait une apparition dans "Six destins". Le cinéaste, qui garda un très mauvais souvenir du film, avait été contraint de le tourner pour des raisons d’argent. Le film fut réalisé en extérieurs aux îles Baléares et en Méditerranée et dans les grottes de Palma de Majorque. A noter la présence d'Agnès Moorehead (Endora dans "Ma sorcière bien-aimée),dans le rôle principal aux côtés de George Sanders.
Avec "SOUS LE CIEL DE PARIS" (1950) Duvivier renoue avec le style qu'il l'a rendu célèbre, qui peut être considéré comme un lointain descendant de "La belle équipe". En 1951, Duvivier renoue enfin avec le grand succès, en tournant "LE PETIT MONDE DE DON-CAMILLO" d'après le livre savoureux de Giovanni Guareschi. C'est ainsi que Fernandel s'accapara de la soutane du curé Don Camillo Gino Cervi celui du maire communiste Peppone. Le film obtint, en 1952, le prix de l'Écran d'Argent décerné en Italie et en France les "Victoires" du meilleur film et du meilleur acteur : Fernandel.
Il y eut, bien sûr, une suite ou le public retrouva avec le même plaisir Don Camillo et son adversaire Peppone, toujours sous les traits de Fernandel et Gino Cervi : "LE RETOUR DE DON CAMILLO" (1953) Il s’agit du deuxième et dernier volet pour son réalisateur Julien Duvivier des affrontements entre Don Camillo et Peppone, dont le succès fut comparable au "PETIT MONDE DE DON CAMILLO""quelques mois plus tôt. Dans un entretien accordé au journaliste Michel Aubriant, le cinéaste déclara : « il faut tuer Don Camillo pour lui éviter le ridicule des suites sans fin. Le film se termine sur une mise à mort et Don Camillo monte au ciel… Par une délicate attention des auteurs, le ciel, voyez-vous, c’est son village… Peppone est là, près de Saint-Pierre, qui l’accueille… Don Camillo meurt noyé en voulant sauver ses ouailles d’une crue » (in “Cinémonde”, n° 956, 28 novembre 1952).
Les producteurs menaçant d’annuler son contrat et celui du scénariste René Barjavel, et malgré le soutien de Fernandel qui ne voulait pas d’autre réalisateur, Julien Duvivier dut renoncer à son projet, laissant à Carmine Gallone et Luigi Comencini le soin de poursuivre la série. Les scènes de l’inondation furent tournées au cours d’une véritable crue du Pô.
Fernandel et Julien Duvivier
Avec "L’AFFAIRE MAURIZIUS" (1953), dont les extérieurs furent tournés à Berne et à Zurich Julien Duvivier traite d'un sujet ambitieux qui, sous les dehors d'un film criminel ou policier débouche sur l'étude de mœurs, abordant tout à la fois les implications morales d'une erreur judiciaire, les problèmes de l'éducation et le conflit des générations. Pour rendre plausibles ces multiples facettes le cinéaste a choisi des images claires-obscures et des décors très stylisés, notamment pour les scènes de reconstitution du procès. De ce fait, ce long métrage est l'un des derniers films expressionnistes de l'histoire du cinéma. Aux côtés de Daniel Gélin, Madeleine Robinson, Charles Vanel, Anton Walbrook et Eleonora Rossi-Drago.
En 1952, c'est la sortie du nouveau film de Duvivier, "LA FETE A HENRIETTE", film plus ambitieux, avait été beaucoup moins bien reçu. Le succès fut moyen comme celui en France de "LA FÊTE A HENRIETTE". Julien Duvivier constatant à la fois ce relatif échec et le bon accueil réservé à son film par les Anglais se consolait en répétant que les Français n'ont en aucune façon le sens de l'humour et sont facilement déconcertés. Au générique, de nombreux acteurs ont été sollicité : Dany Robin, Michel Auclair, Michel Roux, Julien Carette, Saturnin Fabre, Henri Crémieux, Louis Seigner, Daniel Ivernel, Micheline Francey, Alexandre Rignault, Paulette Dubost et Odette Laure.
Duvivier chercha, tout au long de sa carrière, à traduire sur l'écran une grande œuvre romantique. La dernière grande tentative "ambitieuse" de Duvivier se situe en 1954 et se nomme "MARIANNE DE MA JEUNESSE" . C'est une sorte de féerie poétique, qui dans une atmosphère vaguement inspirée du "Grand Meaulnes" prodigue enchantements et sortilèges. Duvivier garda toujours un faible pour cette oeuvre. MARIANNE DE MA JEUNESSE fut tourné en double version, française et allemande. Dans celle-ci Horst Buchholz fit une création remarquable, mais la production souffrit des complications engendrées par la direction de deux troupes différentes, ainsi que du mauvais temps.
Duvivier revint à son savoir-faire passe-partout; il reprit plusieurs films policiers : "VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS" (1956) avec Jean Gabin, Gérard Blain et Daniele Delorme. Ce film qui exploite jusqu'à la frénésie l'ambiguïté, banale au cinéma, de la garce au visage d'ange, se présente aussi comme un catalogue des procédés efficaces du réalisateur. On y retrouve le goût pour des lieux bien définis et des décors pittoresques, J'atmosphère épaisse, la multiplication des rôles secondaires et leur utilisation piquante, le pessimisme sublimé qui vire à l'exaspération. A le revoir, alors que les Halles de Paris ont disparu, il prend une coloration nostalgique.
Entre temps, Duvivier adapte Zola "POT-BOUILLE" (1957) qui raconte les débuts d'Octave Mouret. Le cinéaste et Henri Jeanson avaient imaginé et tourné une fin différente (qui fut finalement coupée par les producteurs), dans laquelle Maître Duveyrier prononçait une plaidoirie et en exaltant les vertus bourgeoises remettait en scène toute l'histoire. Ce fut Gérard Philipe qui interpréta Octave Mouret, à ses côtés, Danielle Darrieux, Danny Carrel, Anouk Aimée et Jane Marken.
"L'HOMME A L'IMPERMEABLE" (1957) avec Fernandel et Bernard Blier fut réalisé par Julien Duvivier entre "VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS" et "POT-BOUILLE", trahissait quelque peu le roman de James Hadley Chase en l’adaptant au ton de la comédie noire et à Fernandel, alors au plus haut de sa popularité. Il s’agissait de l’avant-dernière collaboration du comédien et du réalisateur.Les nombreuses scènes de théâtre qui émaillent le film furent tournées au Châtelet, Fernandel occupant durant la journée la loge de celui qui était alors le maître des lieux, Tino Rossi, et la lui rendant le soir pour l’opérette «Méditerranée», qui triomphait alors.
Julien Duvivier reviendra à James Hadley Chase en adaptant «Tirez la chevillette» dans "CHAIR DE POULE" (1963) avec Robert Hossein, Jean Sorel, Georges Wilson et Catherine Rouvel. "Chair de poule" est l’avant-dernier film de Julien Duvivier.
Fernandel et Julien Duvivier
Tourné en vingt-trois jours "MARIE-OCTOBRE" (1959) demeure l'un des plus grands succès de l'après-guerre du tandem Duvivier-Jeanson. Adapté très librement d'un roman de Jacques Robert, ce film permet à chacun de ses interprètes un grand numéro d'acteur (Danielle Darrieux, Lino Ventura, Bernard Blier, Serge Reggiani, Paul Meurisse, Paul Frankeur, Daniel Ivernel, Paul Guers, Jeanne Fusier-Gir, Noel Roquevert et Robert Dalban.
On peut noter que, lors de l'exclusivité du film, l'entrée des salles était rigoureusement fermée durant les vingt dernières minutes, ceci afin de ne pas déflorer le coup de théâtre final. Par la suite MARIE-OCTOBRE fut joué, également, au théâtre.
Julien Duvivier et Jean-Pierre Léaud
Duvivier réalise une nouvelle version cinématographique du célèbre roman de Pierre Louÿs (publié en 1898). "LA FEMME ET LE PANTIN" (1959)La version de Julien Duvivier modernise l’intrigue (l’un des personnages est un ancien collaborateur), la change (fin heureuse de circonstance) et les patronymes sont modifiés. Des extérieurs réels furent tournés à Séville. La “danse du châle” de Brigitte Bardot fit, en son temps, sensation.
Le réalisateur ne s’estima guère satisfait du résultat. Au critique Michel Aubriant qui lui avait consacré un article aimable, il répondit : «Je vous remercie, mais mon film est totalement idiot, totalement manqué».
Le titre du film "LA CHAMBRE ARDENTE" (1962), fait allusion au nom du tribunal spécial qui jugea et condamna au XVIIe siècle la marquise de Brinvilliers, en prélude à la célèbre affaire des Poisons dans laquelle fut impliquée, par la suite, la marquise de Montespan, la favorite du roi Louis XIV. Tiré du roman de John Dikson Carr, au générique : Jean-Claude Brialy, Claude Rich et Nadja Tiller.




Avec "LE DIABLE ET LES DIX COMMANDEMENTS" (1962) La séquence de prologue sert de prétexte pour montrer le Diable – sous la forme d’un serpent – se jouant de la faiblesse des humains. Les Dix Commandements sont donc transgressés au cours des cinq sketches suivants, chacun d’eux traitant parfois de deux ou trois commandements (le prologue concerne les jurons). C’était la troisième et dernière incursion de Julien Duvivier dans le genre du film à sketches. De nombreux comédiens participèrent au tournage : Michel Simon, Fernandel, Alain Delon, Louis de Funès, Jean-Claude Brialy, Danielle Darrieux, Charles Aznavour, Lino Ventura, Micheline Presle, Françoise Arnoul, Mel Ferrer, Georges Wilson, Maurice Biraud, Claude Dauphin....
La jeune critique, François Truffaut en tête, l'avait relégué au rang des vieilles lunes, en compagnie de Delannoy, Decoin, et d'autres, ce qui était injuste, mais que ses derniers films semblaient hélas, confirmer. Ses ultimes oeuvres, réalisées en pleine vogue de la "nouvelle vague" passèrent totalement inaperçues.
Julien Duvivier n'avait pas tourné depuis quatre ans . Lorsque, le 21 août 1967, il donne le premier tour de manivelle de son dernier film : "DIABOLIQUEMENT VOTRE", En dépit de sa fatigue — il a 71 ans — le cinéaste termine le film à la date prévue, le 27 septembre 1967, sortit à l'orée de cette année 1968 qui annonçait de nouveaux âges, dont il était dorénavant trop éloigné. Quand elle fut présentée, son auteur était déjà mort : le 29 octobre 1967, Duvivier rentre en voiture, chez lui, à Rueil-Malmaison; en plein Paris (métro Ranelagh), sa voiture à la dérive avait percuté, celui du ministre Maurice Schumann qui arrivait en sens inverse et percute un arbre. Julien Duvivier était mort avant le choc. Le ministre était sauf, tandis que le cinéaste avait succombé à une crise cardiaque, son film est sorti le 22 décembre 1967.
Ainsi disparut, comme dans un scénario un peu trop apprêté de Charles Spaak ou d'Henri Jeanson, ce "consciencieux artisan...virtuose à la manière de Hollywood, (a qui) il ne faut pas demander plus qu'un métier assurément remarquable". Cet éloge mesuré nous semble aujourd'hui un des plus beaux qui puisse être adressé, en fin de compte, à un cinéaste. Il est probable que Julien Duvivier, homme modeste, s'en serait déclaré satisfait.
______________Julien Duvivier__________________
Orson Welles - Henri Alekan -Julien Duvivier
Filmographie
18 février 2009
MARCEL PAGNOL
Cinéaste, Poéte,Ecrivain, Scénariste, Producteur français
Si le cinéma était resté muet, on peut penser que Marcel Pagnol ne serait jamais devenu cinéaste, tant son oeuvre est d'abord une oeuvre parlée, ou le dialogue joue un rôle prépondérant. Et pourtant, nous savons aussi qu'elle constitue bien autre chose que le "Théâtre filmé" à quoi on a voulu longtemps la réduire avec dédain, et qu'elle représente de l'authentique cinéma.
Pour ma part, les trois films que j'ai le plus aimé sont : "La femme du boulanger", "Angèle" et "La fille du puisatier".
Marcel Pagnol est né à Aubagne le 28 février 1895.Il passe son enfance dans une villa au-dessus de La Treille, en pleine garrigue, paysage qui lui inspirera plus tard d'étonnants "Souvenirs". Son père, instituteur, lui fait poursuivre des études au terme desquelles il sera nommé répétiteur d'anglais.
Mais le jeune professeur rêve surtout de littérature et de théâtre. Il a déjà publié, à seize ans, des poèmes et un drame en vers dans des revues locales, et en 1925, en collaboration avec Paul Nivoix, une pièce satirique, "Marchands de Gloire". La gloire, justement, lui vient avec "Topaze" comédie représentée pour la première fois à Paris en 1928, qui va l'arracher (comme son héros) à l'enseignement.
En 1930, Pagnol n'est encore que l'auteur à succès de deux pièces "Topaze" et "Marius", quand il fait la connaissance de Robert T. Kane, le tout puissant directeur américain de la Paramount française qui vient de s'installer somptueusement dans ses studios de Saint-Maurice, près de Vincennes. Celui-ci à la charge de constituer pour la filiale française un "comité littéraire" prestigieux avec (Sacha Guitry, Tristan Bernard, Pierre Benoît...) qui ne servira jamais à rien.Le succès de "Marius" au théâtre avait incité Pagnol à écrire une suite à "Fanny", qui fut jouée pour la première fois au Théâtre de Paris, le 5 décembre 1931 (alors que le film MARIUS triomphait déjà sur les écrans). Quelques modifications étaient intervenues dans la distribution : Raimu, à la suite de dissensions avec Léon Volterra, abandonnait le rôle de César à Harry Baur, Pierre Fresnay était relayé par Berval, Alida Rouffe par Marguerite Chabert.
Quand Pagnol propose à Kane d'adapter "Marius" à l'écran, ce dernier qui ne va jamais au théâtre, se contente de hausser les épaules. Un an plus tard, beaucoup d'argent ayant été englouti dans une série d'échecs désastreux sur tous les plans, c'est Kane lui même qui revient à la charge. Pagnol accepte, mais en profite pour imposer ses conditions : on gardera les interprètes de la pièce (Qu'est-ce que c'est que ce Raimiou?" demande Kane) et lui même, prétention exorbitante, sera payé au pourcentage des recettes, comme au théâtre. Kane qui ne croit guère au succès du film, accpete tout, et n'y met qu'une condition : la présence d'un grand réalisateur international d'origine hongroise, qui sera Alexander Korda. Ignorant tout du cinéma, Pagnol à son tour accepte Korda, avec qui il s'entendra fort bien et dont il dira par la suite qu'il lui a tout appris. En fait, c'est ensemble que les deux hommes réaliseront "MARIUS" (1931) qui connaîtra un immense succès public. Pourtant Kane reste méfiant et quand en 1932, il chargera Louis Gasnier de réaliser "TOPAZE", il fera ecrire l'adaptation et les dialogues par Léopold Marchand, ami personnel de Marcel Pagnol qui l'avait introduit au fameux comité littéraire!.
En 1932 encore, personne ne voudra produire "Fanny" sous pretexte "qu'on sait bien à Hollywood qu'aucune suite n'a jamais marché". Pagnol qui a été impressionné par les recettes de "Marius", décide de devenir producteur et s'associe avec Roger Richebé pour produire "FANNY" (1932). Il en confie la réalisation à Marc Allégret, car il ne se sent pas encore devenu vraiment cinéaste. (Pour la petite histoire, c'est sur ce tournage que débute une jeune script-girl de seize ans nommée Gourdji et dite "Bouchon", qui deviendra plus tard Françoise Giroud, secrétaire d'Etat). "FANNY" remporta un succès égal, si non supérieur, à celui de "Marius".
Les critiques se déchaînent alors contre Pagnol, accusé de conduire l'art cinématographique dans l'impasse du théâtre filmé. Pour leur répondre, Pagnol fonde une revue, "Les Cahiers du film" (seul trois numéros ont paru), ou il publie une série de textes sous le titre "Cinématurgie de Paris". Loin de chercher à confondre ses détracteurs, il les provoque à plaisir, réduisant le cinéma à un rôle d'appareil à enregistrer des bons textes, joués par de bons acteurs. Trente ans après encore, il répétera : "Au fond, le théâtre et le cinéma, c'est la même chose. Le plus difficile c'est d'écrire la belle oeuvre dramatique. La réaliser, ce n'est pas grand chose". Et pourtant, presque toute son oeuvre à venir s'inscrira en faux contre ces propos et les remettra à leur place de séduisants paradoxes, inspirés, pour une bonne part au moins, par l'esprit de contradiction.
En 1933, Marcel Pagnol se lance enfin dans la mise en scène, mais comme s'il voulait encore donner raison à ses adversaires et justifier ses écrits, il s'appuie sur un texte célèbre, la vieille pièce d'Emile Augier et Jules Sandeau, "LE GENDRE DE MONSIEUR POIRIER" avec Fernand Charpin,Annie Ducaux et Jean Debucourt.Ce premier long métrage réalisé par Marcel Pagnol et produit par la société indépendante qu’il avait fondée en 1933 avec son frère René, «Les Auteurs Associés» (ce sigle s’inspirant de la firme américaine «Les Artistes Associés»).
Le film adapte scrupuleusement la comédie écrite en collaboration par Émile Guillaume Victor Augier et Léonard Sylvain Julien (dit Jules) Sandeau, qui avait connu un vif succès depuis sa création en 1855. Les extérieurs furent tournés dans la propriété de Pagnol dans la Sarthe. La critique loua cette réussite du «théâtre filmé» et l’adroite «résurrection de l’époque Louis-Philippe, dans les idées, les costumes, les accessoires et petits travers du temps» (in “Cinaedia”). Le public fut plus réticent.
Le négatif du film ayant disparu pendant l’Occupation, LE GENDRE DE MONSIEUR POIRIER fut longtemps réputé invisible. Une copie – sous-titrée en anglais – fut retrouvée aux États-Unis, et l’œuvre fit l’objet d’une nouvelle distribution en 1995, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur.
Comme le précise le générique, Léon Bernard était à l’époque sociétaire de la Comédie française.
Dans son livre “Marcel Pagnol ou le cinéma en liberté” (Éditions de Fallois, Paris 1995), Claude Beylie écrit : «Le Gendre de Monsieur Poirier, c’est bien autre chose qu’une bouffonnerie, c’est un conflit entre deux castes, un reflet de la lutte des classes sous la Restauration, une œuvre de contestation, comme "TOPAZE". Qui se résout, il est vrai dans une euphorie de convention, mais les bons principes n’en sont pas moins durement égratignés, l’hypocrisie d’un siècle dénoncée.»
"JOFROI" (1933) est le deuxième film réalisé par Marcel Pagnol, et sa première adaptation à l'écran d'un récit de Giono (que celui-ci devait contester par la suite). Il s'agissait d'un court film de moins d'une heure mais important à plus d'un titre. Il marque la première rencontre de Pagnol avec Jean Giono. Il marque aussi le début de ces tournages en décors naturels, dont Pagnol devient alors le prophète, et pratiquement l'unique adepte, avec dix ans d'avance sur le néo-réalisme italien, qui reconnaîtra d'ailleurs ce qu'il lui doit. Le film fut tourné entièrement en extérieurs, en Haute-Provence, non loin d'Aubagne, pays natal de Pagnol. La plupart des interprètes étaient des "amateurs" : Henri Poupon était compositeur et parolier, Blavette, fabricant de boîtes de conserve (ils deviendront comédiens en titre peu après, dans l'équipe de Pagnol), quant à Vincent Scotto, déjà célèbre comme musicien et auteur d'opérette, c'est Pagnol qui eut l'idée de lui confier le rôle principal : ce fut son unique interprétation à l'écran, qui lui valut un prix décerné par la critique américaine, en 1950 ! Le film fut présenté pour la première fois au public en janvier 1934, en complément du GENDRE DE MONSIEUR POIRIER. Il connut un franc succès, ce qui incita peut-être Pagnol à puiser à nouveau son inspiration de cinéaste dans l'œuvre de Jean Giono.
Un an après, ce discret essai trouve son épanouissement avec la réalisation d'un premier chef d'oeuvre "ANGELE" (1934) d'après le roman de Jean Giono "Un de Baumugnes". Le maître maçon Marius Brouquier, vieil ami de Pagnol et qui sera son fidèle décorateur, reconstituera "en dur", sur les lieux mêmes de l'action dans une ferme de Marcellin, non loin de Camoins, dans le massif d'Allauch, les décors du film et d'abord "La ferme d'Angèle",on avait retiré le plancher du premier étage pour installer les projecteurs. La séquence de Marseille fut tournée à l'aide d'une caméra dissimulée dans une camionnette. " C'était, dira l'ingénieur du son Jean Lecocq, le premier film naturel, le premier film-vérité. " Son influence se fera sentir au lendemain de la guerre sur l'école "néoréaliste" italienne. Admirablement interprété par Orane Demazis et Fernandel, le film consacra ce dernier, qui trouvait là son premier emploi dramatique, comme un des plus grands acteurs du cinéma français, capable de sortir de ses éternels rôles de comique troupier.Tourné dans des conditions voisines de l'amateurisme, ce film fut un énorme succès commercial.
Après ce premier coup d'éclat, Pagnol semble reprendre du souffle, en 1935, avec deux courts sujets d'une heure environ, "MERLUSSE" (1935), composé en partie avec ses souvenirs de jeune professeur. Ce film est chronologiquement, le premier film non tiré d'une pièce de théâtre ou d'un roman, dont Pagnol est l'auteur complet (scénariste, dialoguiste, réalisateur, producteur). Il le conçut comme un moyen métrage, qui devait être couplé avec "CIGALON" ,une galéjade provençale réalisée la même année (1935). Un premier tournage, fin 1934, l'ayant laissé insatisfait, notamment sur le plan de l'enregistrement sonore, il le reprit entièrement, tout comme d'ailleurs le film de complément (dont il changea même la distribution). "MERLUSSE" fut tourné dans les bâtiments du lycée Thiers de Marseille, grâce - comme le précise le générique. Tous les acteurs étaient des familiers de l'équipe Pagnol, avec en tête Henri Poupon, qui venait de triompher dans le rôle du père d'ANGÈLE. Dans son livre (Ed. Losfeld, 1973). Raymond Chirat note l'influence qu'a pu exercer MERLUSSE sur le personnage du professeur d'anglais joué par Erich von Stroheim dans "Les Disparus de Saint-Agil" de Christian-Jaque.
Cigalon
Dans le même soucis de mieux faire, il réalise une deuxième version de "TOPAZE" (1936) qui, bien qu'étant cette fois son oeuvre, ne sera pas pour autant une réussite et connaîtra une brève carrière. La même année, Pagnol prend une belle revanche avec "CESAR", suite et fin de la trilogie commencée avec "MARIUS" et "FANNY". Contrairement aux deux premiers, ce troisième volet est écrit directement pour le cinéma, et ce n'est que plusieurs années après que l'auteur en tirera une pièce qui n'aura jamais le succès du film. Juste revanche du cinéma sur le théâtre et qui consacre la métamorphose de l'ancien dramaturge en cinéaste authentique.
Une nouvelle preuve, magistrale, de cette métamorphose est fournie avec "REGAIN" (1937), nouveau chef d'oeuvre inspiré par Giono, et pour beaucoup le plus beau film de Marcel Pagnol, le plus lyrique, le plus provençal et qui nous aide à comprendre pourquoi Pagnol, des années plus tard, éprouvera le besoin de traduire "Les Bucoliques" de Virgile. Tel que l'avait décrit Giono dans son livre, Aubignane était à peu près inaccessible par les cameras. Pagnol décida de reconstruire entièrement, pierre par pierre, quelques kilomètres plus has, sur la colline Saint-Esprit, un village... en ruines ! Maçons, carriers, charpentiers et jusqu'au compositeur Arthur Honneger qui s'était rendu sur les lieux pour suivre le tournage, tout le monde se passionna pour cette tâche peu banale. L'église elle-même (que l'on ne fait qu'apercevoir dans le film) fut reconstruite avec tellement de soin qu'un prêtre des environs s'y trompa et voulut venir y célébrer la messe !. Le clocher de l'église mesurait 20 m de haut, et 40 tonnes de matériaux furent hissées dans les collines par téléphérique. On appela à l'époque ce complexe insolite le village Pagnol, ou "village des poètes". Des vestiges en subsistent encore aujourd'hui.
On retrouve dans "REGAIN" (qui devait d'abord s'intituler ARSULE) plusieurs des interprètes d'ANGÈLE : Orane Demazis, Fernandel, Delmont, Henri Poupon. Seuls, Marguerite Moreno et Gabriel Cabrio furent des éléments "rapportés" : ils s'intègrent cependant avec aisance à l'univers de Pagnol.
A la même période, Pagnol réalisa "LE SCHPOUNTZ" (1938). C'est pendant le tournage d'ANGÈLE que Marcel Pagnol eut, dit-il, l'idée du "SCHPOUNTZ". Ce nom à consonance slave lui avait été suggéré par son directeur de la photographie, Willy (Faktorovitch), pour désigner les "mordus " de cinéma. L'un d'eux, se prenant pour Charles Boyer, fut victime d'un canular monté par son équipe et se présenta effectivement, quelques semaines plus tard, au bureau du producteur Roger Richebé (qui le mit promptement à la porte). Pagnol s'aperçut que " le monde était plein de schpountz " et décida de leur consacrer un film. Il y entremêla des souvenirs de ses débuts aux studios de Joinville, parmi la faune des réalisateurs de troisième zone et des producteurs-margoulins. Le tournage n'alla pas sans une certaine confusion (Pierre Brasseur et Roger Forster y interprètent le même rôle, dans des séquences différentes), Fernandel y fit une création mémorable (notamment dans la fameuse scène où il mime un texte du Code civil : "Tout condamné à mort aura la tête tranchée "). La critique de l'époque fut assez réticente; on parla de "pochade d'atelier " et on reprocha à Pagnol un soupçon de xénophobie (dans le personnage du producteur juif Meyerboom). Le succès publie fut (et demeure) moindre que celui des autres films de Pagnol.
En 1938, nouveau retour à Giono et nouveau chef d'oeuvre avec Raimu dans un des ses plus grands rôles : c'est "LA FEMME DU BOULANGER" qu'un connaisseur aussi autorisé qu' Orson Welles saluera plus tard comme un des grands films du cinéma mondial. Dans le rôle assez court de l'épouse de Raimu, Ginette Leclerc se fait remarquer et amorce une carrière de femme fatale. Sur ce grand succès prend fin une décennie fructueuse pour Pagnol, et qui, en dépit d'une critique qui ne désarme guère, l'a vu consacré grand cinéaste français et reconnu comme tel par ses pairs, au premier rang desquels le grand Jean renoir (qu'il avait d'ailleurs aidé à produire "TONI" (1934).
Dans une interview qu'il a accordée aux " Cahiers du Cinéma" (décembre 1965), Marcel Pagnol raconte pourquoi LA FEMME DU BOULANGER ne fut pas entièrement tourné en décors naturels: " Je vais vous dire pourquoi, c'est une chose intéressante. Raimu ne pouvait jouer une longue scène en extérieur. Le vent le gênait! Et il était meilleur à 21 heures que dans la journée. C'est qu'il jouait au théâtre depuis 30 ans. Aussi a-t-il fallu recopier les troncs de platanes qui se trouvaient près de la terrasse du café. Le résultat d'ailleurs était remarquable. C'était l'œuvre duit de nos maçons. En fait, tous les plans moyens et rapprochés ont été réalisés sur nos plateaux à Marseille".
Pendant plusieurs années une petite salle new-yorkaise a programmé "La femme du boulanger". C'est ainsi que le film de Marcel Pagnol est devenu le plus célèbre film français Outre-Atlantique. Et c'est dans ce cinéma qu'Orson Welles découvrit Raimu dont il affirmait qu'il était un des plus grands acteurs du monde. Il faut noter que le rôle tenu par Ginette Leclerc avait été initialement prévu pour la grande comédienne américaine Joan Crawford qui ne connaissait que quelques mots de français ce qui explique que les répliques de ce personnage étaient réduites à l'essentiel.
A la veille de l'armistice de juin 1940,Pagnol avait entrepris un nouveau film, "LA FILLE DU PUISATIER" qui fut commencé le 20 mai 1940, et, pour la première (et unique) fois, il réunissait ses acteurs fétiches, Raimu et Fernandel. Interrompu par les évènements, vite repris après, le film sera le premier du cinéma français de l'occupation. Fernandel pour sa part remplissait ses obligations militaires entre deux prises de vues... La sortie commerciale eut lieu en zone libre fin décembre de la même année, avant Paris, qui ne vit le film qu'à partir d'avril 1941.
Longtemps sous- estimé par les historiens, peut être parce qu'on y entend le discours du Maréchal Pétain annonçant l'armistice (mais il est faux que ce discours, comme on l'a écrit, fut remplacé en 1945 par l'appel du 18 juin du Général de Gaulle), le film n'est en rien indigne des autres grandes oeuvres de Pagnol, et certains le préfèrent même à "La femme du boulanger", avec qui il forme un beau diptyque. Le rôle féminin y était tenu avec beaucoup de grâce par Josette Day, qui avait pris dans la vie de Pagnol la place précèdemment occupée par Orane Demazis. Un autre film écrit pour elle, "LA PRIERE AUX ETOILES", sera entrepris en 1941, et pour des raisons obscures, abondonné en cours de réalisation.
La Prière aux étoiles
A partir de là, l'oeuvre cinématographique de Pagnol subit une éclipse de quelques années. "NAIS" (1945) adaptation de Zola, n'est que supervisé par Pagnol qui laisse la réalisation à l'obscur Raymond Leboursier. Malgré Fernandel et Jacqueline Bouvier, future Madame Pagnol, ce n'est pas un succès. En 1948, Marcel Pagnol (qui a été élu à l'Académie française en 1946) entreprend "LA BELLE MEUNIERE" , biographie de Schubert, lequel est interprété par Tino Rossi. Destiné à expérimenter un nouveau procédé français de cinéma en couleurs, le Rouxcolor,- du nom de ses inventeurs, les frères Lucien et Armand Roux. Ce système consistait en l'emploi d'un objectif spécial permettant d'enregistrer, sur pellicule ordinaire, les quatre radiations chromatiques fondamentales (vert, bleu, jaune et rouge), celles-ci étant restituées à la projection à l'aide de filtres colorés. Ce principe, dit du, ne put Étre appliqué que dans quelques salles équipées en conséquence le film est un échec sur tous les plans.En 1985, un nouveau tirage de "LA BELLE MEUNIÈRE" fut effectué, en Eastmancolor, à partir du négatif d'origine : l'unique projection de cette version eut lieu à la Télévision, le 3 janvier 1986, dans le cadre du "Cinéma de Minuit" sur France 3 (FR3). Les extérieurs du film furent tournés au château de Castellaras, près de Grasse, et au moulin de La Colle-sur-Loup.
Raymond Pellegrin et Jacqueline Pagnol
Après une adaptation de Maupassant destinée à Bourvil, "LE ROSIER DE MADAME HUSSON" (1950) mis en scène par Jean Boyer, Pagnol refait la même année une troisième et dernière version de "TOPAZE" (1950) avec Fernandel, Pierre Larquey et Jacqueline Pagnol. C'est incontestablement la meilleure, et Pagnol fait mentir l'idée reçue sur les "remakes" comme jadis sur les suites. Toutefois le grand Pagnol ne se retrouve vraiment qu'en 1952 avec "MANON DES SOURCES", grande fresque de quatre heures, ramenée à trois heures dix, hommage superbe aux collines provençales de son enfance et à la beauté de Jacqueline Pagnol qui est comme la gracieuse figure allégorique. Ce film, un de ses chefs-d'oeuvre avec "Regain", "La femme du boulanger" et "La fille du puisatier", est aussi, malheureusement, son dernier grand film.
Sa carrière dès lors se confond avec sa filmographie. Pagnol ne reviendra au théâtre qu'en 1955 avec "Judas" et en 1956 avec "Fabien", (deux échecs). De cette époque datent également ses célèbres souvenirs d'enfance "La gloire de mon Père", "Le Château de ma Mère" et "Le Temps des Secrets" et une vaste fresque romanesque, "L'Eau des Collines". Entre-temps il a été élu à L'Académie française (le 4 mai 1946).
Marcel Pagnol a publié un essai sur le cinéma intitulé "Cinématurgie", où il déclare notamment : "Le film parlant est la forme presque parfaite, et peut-être définitive, de l'écriture. “
"LES LETTRES DE MON MOULIN" (1954) avec Henri Vilbert, Rellys, Robert Vattier, Fernand Sardou, Edouard Delmont, Pierrette Bruno et Michel Galabru se solde par un échec qu'on a du mal à expliquer. Seuls trois contes furent tournés ("Les trois messes basses", "L'Elixir du Révérend Père Gaucher", et "Le secret de Maître Cornille" ; d'autres qui étaient prévus ne le furent pas, parmi lesquels on regrettera "La chèvre de Monsieur Seguin" et surtout "Les étoiles", pour qui étaient pressentis Georges Brassens et Jacqueline Pagnol. Après cet échec regrettable, Pagnol abondonna le cinéma. Il fit un peu de télévision, sans grande conviction et, surtout, il consacra ses dernières années à la rédaction de ses souvenirs d'enfance et de jeunesse, devenus aujourd'hui classiques.
Il avait d'ailleurs le projet de filmer "Le château de ma mère", mais il était déjà trop tard et Marcel Pagnol mourut à Paris, le 18 avril 1974. Sur sa tombe, au cimetière de Camoins-lès-Bains, on peut lire cette citation de Virgile : Fontes, amicos, uxorem dilexit (il a aimé les fontaines, les amis, sa femme)…
Aujourd'hui avec le recul, il est plus facile de voir qu'au moment ou elle s'élaborait l'importance de cette oeuvre cinématographique unique. L'amour de la Provence, la sensibilité aux paysages, le lyrisme, le naturel des sentiments familiers toujours prêts à déboucher dans la fable ou la tragédie, voilà qui concourt à faire des films, à la fois proches et insolites, des oeuvres exceptionnelles dans le cinéma français.
Le soi-disant homme de théâtre, le cinéaste malgré lui, est un des rares, avec Jean Renoir, qui ait su faire voir le sol de son pays et la vie de ses habitants. Combinant naturellement l'image avec la parole, il fut un authentique poète de l'écran.
_______________________________
Pagnol et Josette Day
Pendant le tournage de la trilogie de Pagnol : Raimu, Maupi, Charpin...)
Marcel Pagnol à l'Académie française
Marcel Pagnol et Jacqueline Bouvier (Pagnol)
aux côtés de Marcel Pagnol, Brigitte Bardot, Jean-Pierre Aumont, Van Johnson
Avec l'équipe de tournage
avec Orson Welles
avec Henri-Georges Clouzot
Avec Charles Trénet
Avec Georges Brassens
Avec Tino Rossi
Avec Pierre Tchernia
_________________________________________________
_______________________________________________
Scénario et dialogues seulement :
- 1931
MARIUS (Alexander Korda).

- 1932
FANNY (Marc Allégret).
- 1933
L'AGONIE DES AIGLES, d'après Georges d'Esparbès (Roger Richebé).
- 1934
TARTARIN DE TARASCON, d'après Alphonse Daudet (Raymond Bernard).
- 1939
MONSIEUR BROTONNEAU, d'après Flers et Caillavet (Alexandre Esway).
- 1950
LE ROSIER DE MADAME HUSSON, d'aprés Maupassant (Jean Boyer).
- 1953
CARNAVAL, d'après Émile Mazeaud (Henri Verneuil).
- 1962
LA DAME AUX CAMÉLIAS, d'après Alexandre Dumas fils (François Gir) (TV)
Scénario, dialogues, réalisation :
- 1933
LE GENDRE DE MONSIEUR POIRIER (d'après Émile Augier et Jules Sandeau)
JOFROI (d'après Jean Giono, c.m.).
- 1934
L'ARTICLE 330 (d'après Georges Courteline, c.m.)
ANGÈLE (d'après "Un de Baumagnes" de Jean Giono).
- 1935
MERLUSSE
CIGALON.
- 1936
TOPAZE (deuxième version française, avec Arnaudy)
CÉSAR.
- 1937
REGAIN (d'après Giono).
- 1938
LE SCHPOUNTZ
LA FEMME DU BOULANGER (d'après un épisode de "Jean le Bleu" de Giono).
- 1940
LA FILLE DU PUISATIER.

- 1941
LA PRIÈRE AUX ÉTOILES (inachevé).
- 1945
NAIS (d'après Émile Zola, co-réal Raymond Leboursier).
- 1948
LA BELLE MEUNIÈRE (en couleurs, procédé Rouxcolor).
- 1950
TOPAZE, troisième version française (avec Fernandel).

- 1952
MANON DES SOURCES.
- 1954
LES LETTRES DE MON MOULIN (d'après Alphonse Daudet).
- 1967
LE CURÉ DE CUCUGNAN (pour la Télévision, d'après Daudet, c.m.).
Productions seulement :
- 1933
LÉOPOLD LE BIEN-AIMÉ (Arno-Charles Brun)
- 1934
TONI (Jean Renoir).
- 1942
LA CROISEE DES CHEMINS (André Berthomieu).
VHS
__________________________________________
16 décembre 2008
LE MONDE MERVEILLEUX DE WALT DISNEY
LE MONDE MERVEILLEUX
DE WALT DISNEY
WALT DISNEY 1901 - 1966
Producteur, Réalisateur.... américain
Walt Disney n'inventa pas le dessin animé mais il le perfectionna et en fit un produit hautement sophistiqué...Il donna au dessin animé toutes ses lettres de noblesse, il y eut l'art des grands films de Walt Disney, attentif à chaque étape de la fabrication de chacun de ses films, et ainsi nous donner une immense joie de revenir à l'enfance....Il nous a quitté, quelques jours avant Noel, lui qui a su donné autant de joies aux enfants de toutes générations confondues. Ces longs métrages s'apparentent souvent à la période des fêtes de fin d'année.
Un petit clin d'oeil à Pierre Tchernia, car enfant, je pensais que Pierre Tchernia était Walt Disney, à force de le voir dans "L'ami public numéro 1" entouré des plus grands personnages de Disney....Que voulez vous c'est ça l'enfance....
Walt Disney naquit le 5 décembre 1901 à Chicago. Il fréquenta le Kansas City Art Institute et servit, pendant la premièe guerre mondiale, dans une unité sanitaire. Après la guerre, il trouva un emploi dans un cabinet de publicité. C'est là, qu'il fait la connaissance d'Ub Iwerks qui deviendra, par la suite, son premier et plus fidèle collaborateur. En 1920, il commença par réaliser des films publicitaires et des dessins animés pour le compte de la Kansas City Film Advertising Company et, parallèlement, des courts métrages pour la Newman Laugh-O-Gram. En 1923, il se rendit à Hollywood avec son frère Roy ou il fonda sa propre maison de production.16 octobre 1923, Disney signe un contrat avec M. J. Winkler pour produire une série d'ALICES COMEDIES, point de départ de la compagnie Disney.
De 1923 à 1927, il réalisa la série intitulée "Alice in Cartoonland", dans laquelle il associa dessins animées et prises de vues réelles avec des acteurs. A partir de 1925, Ub Iwerks, son fidèle associé collabora avec lui pour la réalisation de la série "Oswald the Lucky Rabbit" (1928-1929) et "MICKEY MOUSE" (1928-1953). Il est à noter que ce célèbre personnage fit sa première apparition au cinéma avant de devenir un des célèbres héros de bandes dessinés.
En 1928, Walt Disney constitua la Walt Disney Productions et réalisa, la même année, un court métrage sonore "MICKEY, CAPITAINE AU LONG COURS" (Steamboat Willie)(première apparition de Mickey à l'écran); Ce fut l'âge d'or du dessin animé au Studio Disney avec cette projection su 18 novembre 1928. Avec "LA DANSE MACABRE" (Skeleton Dance-1929), la première de ses "SILLY SYMPHONIES", il acquit un prestige tel qu'aucune autre maison de production de dessins animés ne put jamais rivaliser avec la sienne. En 1932, il utilisa pour la première fois la couleur dans "SYMPHONIE DU PRINTEMPS" (Flowers and trees). En 1937, pour "Le vieux moulin" (The Old Mill), il expérimenta sa célèbre Multiplane grâce à laquelle il parvint à donner l'illusion de la perspective dans des images à deux dimensions.30 juillet 1932 "DES FLEURS ET DES ARBRES" (premier dessin animé en couleur et premier Oscar de l'animation).
Les meilleurs courts métrages de la fin des années trente réunissaient souvent le trio "Mickey", "Donald" et "Goofy". En 1937, il fut constitué à cinq reprises dans "Moose Hunters", "Mickey's amateurs", "Hawaiian holiday", "Clock cleaners" et "Lonesome ghosts", dernier Mickey réalisé par Bert Gillet
Entre 1930 et 1949, Disney produisit une moyenne annuelle de dix-huit courts métrages animés et créa ses plus célèbres personnages : Minnie, Donald, Pluto et bien d'autres vinrent se joindre à la bande de Mickey. Le succès planétaire de Mickey permit à Walt Disney d'entreprendre le grand défi de sa carrière, la réalisation de son premier long métrage animé en couleurs, en 1937,"BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS" (Snow White and the seven dwarfs) d'après le conte des frères Grimm Le premier dessin animé parlant du monde et en technicolor , Walt Disney éprouve farouchement le désir de progresser dans l'art de l'animation. Malgré les avis négatifs à l'égard d'une entreprise que certains jugent trop hardie et vouent d'avance à l'échec, , . Il a failli compromettre à tout jamais la compagnie . C'est ainsi qu'en 1937 eut lieu à Los Angeles la première de BLANCHE NEIGE ET LES SEPT NAINS. Le film fut acclamé par le public. C'était la revanche de Walt Disney envers les sceptiques. Shirley Temple, en 1939, remettait l'oscar spécial à Walt Disney. Ce film est dû au travail acharné pendant trois ans d'une équipe de 750 artistes sous la direction de Walt Disney. Un million de dessins furent nécessaires pour sélectionner les 250 000 choisis pour le montage définitif. Le film coûta à l'époque 2 millions de dollars. 200 millions de personnes à travers le monde ont applaudi ce sublîme film d'animation.

Puis en 1940, de deux autres longs métrages animés "PINOCCHIO" et "FANTASIA". La liberté inventive et l'ambition de "Fantasia" furent mal comprises du public de l'époque; avec le recul du temps, ce film apparaît aujourd'hui comme un des plus remarquables de toute la production de Walt Disney. Libre illustration en dessins animés sans commentaire, d'un choix de morceaux de musique classique arrangés. Le film est composé de huit séquences qui illustrent des Morceaux de musique.Successivement : La Toccata et Fugue en ré mineur de Bach (images abstraites), la suite de Casse-Noisette de Tchaikovski (les animaux et les végétaux de la fôret dansent), l'Apprenti sorcier de Paul Dukas (avec Mickey Mouse dans le rôle titre), le sacre du printemps de Stavinski (évocation de la formation de la terre et del'évolution des espèces), la Symphoni pastorale de Beethoven (ballets de créatures mythologiques conçu dans le style art-déco),.... La musique y est décrite de façon abstraite et, sur l'écran, ambiances colorées et formes en mouvement suivent les tonalités et les rythmes du morceau. Quant à "Pinocchio" son origine est un roman feuilleton italien qui compte 36 chapitres. Il fut publié en 1878 puis repris quelques années plus tard en volumes. Son auteur Carlo Lorenzini est plus connu sous le pseudonyme de Collodi. Walt Disney vit dans "PINOCCHIO" la possibilité de raconter une histoire pleine d'aventures, tout en y introduisant son univers particulier. Le film couta deux fois plus cher que "Blanche-Neige et les sept nains" et n'eut pas le même succès, de même pour "Dumbo"
1 200 personnes, écrivains, dessinateurs, musiciens, techniciens, participèrent pendant deux ans à la fabrication de PINOCCHIO, deuxième long métrage des studios Disney. 450 000 dessins originaux et décors en couleurs servirent à la réalisation du film, grâce à la fameuse caméra "multiplane". Les 87 minutes du film représentent 125 280 prises de vues.
En 1941, ce fut "DUMBO"C'est juste après la réalisation du "DRAGON RÉCALCITRANT" (premier grand dessin animé comportant des personnages vivants) que Walt Disney décida de mettre en chantier "DUMBO". Afin de recréer le monde fabuleux du cirque, il fit voyager ses collaborateurs avec des cirques itinérants dans tous les États-Unis. Les costumes et la personnalité de chacun furent créés grâce à des centaines de photographies, de documents sur les clowns, les animaux et les accessoires du cirque. Les documentalistes de Walt Disney consultèrent les annales relatant les performances exécutées par les éléphants avant de se décider pour le numéro extraordinaire que l'on peut voir dans ce film. Il s'agit d'une pyramide de huit éléphantes juchées les unes sur les autres, la première étant en équilibre sur une énorme boule. Le film de Walt Disney sortit pour la première fois sur les écrans le 23 octobre 1941, aux États-Unis, et le 24 décembre 1947, à Paris.
La période qui précéda immédiatement la seconde guerre mondiale fut moins facile pour Disney. Il n'était pas, loin s'en faut, un patron compréhensif : ses méthodes finirent par susciter un vif mécontentement parmi ses collaborateurs. Non seulement ceux-ci se jugeaient à juste titre, mal rétribués, mais, en outre, ils revendiquent le légitime droit de figurer au générique des films produits par Walt Disney. La situation aboutit au déclenchement d'une grève des membres de la Screen Cartoonist Guild (le Syndicat des animateurs).
"LES SECRETS DE WALT DISNEY" (1941) marquèrent l'évolution de la production Disney vers des films "mixtes", dans lesquels des personnages humains étaient associés au dessin animé. Le résultat ne fut pas toujours satisfaisant. Après ce film sortaient deux autres productions du même genre : "SALUDOS AMIGOS" (1942) et "LES TROIS CABALLEROS" (1944). Ces deux films étaient conçus pour gagner le marché sud-américain afin de pallier la fermeture des marchés européens. Personnages des dessins animés et acteurs se retrouvaient également à l'affiche de la production de 1946, "MELODIE DU SUD" (Song of the South). Entre 1942 et 1946, la Walt Disney Productions participa à "l'effort de guerre", notamment avec l'exceptionnel documentaire de dessin animé "Victory through Air Power" (1943), d'une durée de 65 minutes.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la production de Disney se partagea entre les longs métrages animés (toujours techniquement parfaits), les séries documentaires et la réalisation de longs métrages avec des acteurs, qui rencontrèrent à nouveau la faveur du public. Lorsque Walt Disney décida de mettre en chantier la réalisation de "BAMBI" (1942), il envoya quelques-uns de ses collaborateurs battre la campagne avec leurs carnets de croquis, pinceaux et caméras... L'un des décorateurs, Maurice Day, photographia pendant près de cinq mois des troncs d'arbres enneigés, des clairières ensoleillées, des éclairs, des cascades D'autres eurent pour mission de filmer tous les animaux qu'ils pouvaient rencontrer.
Dans ce film aucun personnage humain n'apparaît. Cette absence renforce le caractère dramatique de certaines scènes et met à jour le message du film : l'homme est un intrus dans la nature. C'est de lui que viennent le mal et la haine, face au monde animal fraternel et égal.
Le paysage occupe dans "Bambi" une place importante et ne sert pas uniquement de " toile de fond". Pour la première fois dans le monde du dessin animé, le décor, habituellement inerte, s'anime. La pluie et la neige tombent, les ruisseaux coulent, le vent fait onduler la prairie. Cette vie, Walt Disney la doit en grande partie à une caméra qu'il inventa : la Multiplane. Cet appareil de prises de vues occupe à lui seul plusieurs opérateurs et ouvre une nouvelle dimension au dessin animé. La multiplane fut inaugurée avec "LE VIEUX MOULIN", en 1937, un court métrage qui se vit décerner un des premiers oscars. Quelques scènes de "BLANCHE-NEIGE ET LES 7 NAINS" et de "PINOCCHIO" bénéficièrent des possibilités de cette caméra. "BAMBI" en est en quelque sorte la consécration technique : le long panoramique où nous découvrons les arbres, les cascades, les ruisseaux, est un modèle du genre
La guerre avait ralenti peu à peu les activités. Sans jamais avoir cessé la production de courts métrages, Walt Disney reprend en 1949 la production de longs métrages classiques : À la fin des années 1940, la situation financière des Studios Disney s'est amélioré, et c'est ainsi que le 15 février 1950, "CENDRILLON" fit son apparition au cinéma....et comporte plusieurs séquences chantées. La plus célèbre est celle où les oiseaux et les souris décident de faire une robe de bal pour leur amie. Cette chanson fait partie du même registre que les autres fameux airs de "labeur" du répertoire disneyen : "Siffler en travaillant" "BLANCHE NEIGE ET LES 7 NAINS", "La Complainte des gens du cirque" "DUMBO", et "Peignons les roses en rouge" "ALICE AU PAYS DES MERVEILLES". Walt Disney à travers d'inoubliables féeries animées, nous a fait rencontrer des personnages irrésistibles et farfelus. Avec "CENDRILLON", la galerie Disney s'enrichit d'une nouvelle figure féminine, d'une femme de tête : la marraine fée de Cendrillon. Cette étonnante figure parvient à imposer sa présence. Elle incarne à la fois le merveilleux de Disney et la poésie de Perrault. Ce fut un véritable travail de force que de s'attaquer à un conte comme celui de "Cendrillon", écrit par Charles Perrault voici quelque 300 ans et déjà adapté au cinéma, avant Walt Disney, par Méliès et quelques autres. Une seule solution s'imposait à Disney : submerger de fantaisie un récit par trop familier, le remplir d'humour et de trouvailles délicieuses.




















"20 000 LIEUES SOUS LES MERS" (1954) est l'une des premières réalisations de fiction jouée par des acteurs, produite par les studios Walt Disney, spécialisés depuis 1928 dans la confection de dessins animés. Ce fut, "l'Île au trésor" (Treasure Island) en 1950 le premier film de fiction.
Le budget du film fut colossal : plus de 5 millions de dollars. Donner à voir le fameux "Nautilus" imaginé en 1870 par Jules Verne nécessita la construction grandeur nature d'un décor sous-marin de 60 mètres de long sur six mètres de large conçu par le décorateur John Meehan.
C'est le spécialiste des effets spéciaux des studios Disney, Ub Iwerks, qui dirigea l'animation de la pieuvre géante constituée entièrement de caoutchouc monté sur des armatures d'acier à ressorts.
Les extérieurs du film furent tournés à la Jamaïque et les séquences sous-marines au largo des Bahamas, où l'eau est particulièrement claire.
En 1862, en Angleterre, une petite fille: Alice Pleasance Liddell demanda à Lewis Carroll (de lui raconter une histoire. Le résultat fut " ALICE AU PAYS DES MERVEILLES" (1951), que l'écrivain fit publier en 1865, à la demande de ses amis. Le cinéma s'inspira beaucoup de l'histoire. Walt Disney et son équipe s'inspirent des dessins originaux de Tenniel, tout en y introduisant leur univers particulier. La réalisation est signée de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske.
Puis en 1953, ce fut "PETER PAN", Chez les enfants de langue anglaise "PETER PAN" est un conte extrêmement célèbre. Chaque année, à Londres, pour Noël, on joue cette pantomime féerique et c'est en général une jeune actrice qui interprète Peter Pan.
Déjà à l'époque de "Blanche-Neige" (1937) Disney eut l'idée d'en tirer un dessin animé de long métrage. Le thème s'y prête particulièrement bien, puisque des enfants y vivent une aventure fantastique où se mêlent une fée, un jeune Robin des Bois, des pirates et des Indiens. En transformant le héros androgyne de l'oeuvre de Sir James Barrie en adolescent "standard", Disney fit perdre une partie de son charme au fragile récit du conteur...Sur le plan de l'animation, l'envol des enfants au-dessus de Londres et la bataille finale sont de jolis morceaux de bravoure. La silhouette de la fée Clochette fut inspirée, dit-on, par celle de Marilyn Monroe alors dans tout l'éclat de sa jeune gloire.
"LA BELLE AU BOIS DORMANT" (1959) d'après le conte de Charles Perrault fait un usage presque constant de la " multiplane ", caméra mise au point par les studios Disney, conférant à l'image dessinée une extraordinaire l'impression de relief. Pour la première fois ici la " multiplane " fut utilisée horizontalement afin d'obtenir une plus grande profondeur de champ. Réalisés par Wolgang Reitherman, Les Clark et Eric Larson, supervisé dans la mise en scène par Clyde Géronimi.
Au début des années 50, Walt Disney imagine la création d’un parc d’attraction. Disneyland est inauguré le 17 juillet 1955. Depuis son ouverture, le parc reçoit chaque année dix milllions de visiteurs. Disney ne verra jamais les trois autres parcs qui lui ont fait suite, Disneyworld en Floride, Disneyland Tokyo et Disneyland Paris.
1955 : "LA BELLE ET LE CLOCHARD" -Adapté d'une œuvre moins connue que "Cendrillon" ou "Blanche-Neige", ce film permettait de développer le sujet avec plus de fantaisie sans être tenu de respecter une histoire que le public connaît bien.
Ce fut donc l'occasion de créer de nombreux gags et de donner aux animaux des caractères très particuliers. Pendant de longues semaines, les dessinateurs de Walt Disney firent des études sur des chiens de toutes races pour définir ceux qui leur offraient le plus de possibilités.
Pour "LES 101 DALMATIENS" (1961), Walt Disney confia la direction de l'animation à Wolfgang Reitherman, Hamilton Luske et Clyde Ceronimi. 750 dessinateurs et techniciens travaillèrent sur le film pendant près de trois ans avec un budget de deux milliards d'anciens francs. Afin de mettre en couleur les 250 personnages, les décors et les paysages, Walt Disney et ses collaborateurs créèrent une gamme de près de 1000 teintes différentes. Le matériel utilisé représentait 217 000 feuilles de papier à dessin et de cellos, 1 218 750 crayons et 800 tonnes de peintures. Pour LES 101 DALMATIENS, c'est la première fois que fut utilisé le procédé xérographie mis au point par la "Haloid of Rochester" qui permet de transférer et de reproduire à sec, les dessins originaux des artistes. Le film sortit aux États-Unis le 25 janvier 1961 et devait mettre à la mode cette race de chiens peu répandue. Dans la version originale, Rod Taylor prêta sa voix à Pongo, Lisa Davis à Anita, Cate Bauer à Perdita et Ben Wright à Roger.
Les Studios Disney n'avaient pas produit de long métrage d'animation depuis "Les 101 Dalmatiens" (1961) lorsque sortit "MERLIN L'ENCHANTEUR", à Noël 1963. Le film surprit par son style différent à la fois plus réaliste et plus moderniste. Il eut un succès limité. Ses personnages ne furent pas repris par la suite et ne donnèrent lieu à aucun " merchandising". Coïncidence: en janvier 1964, Disney sortait "THE MISADVENTURES OF MERLIN JONES" mis en scène par Robert Stevenson, le Merlin en question étant un étudiant surdoué et gaffeur joué par Tommy Kirk.
Dans l'oeuvre de Disney, "Merlin l'enchanteur a toujours été considéré comme un film mineur. Le film fut nommé aux Oscars dans la catégorie meilleure musique et fut distribué dans les salles le 25 décembre 1963 et se hissa à la 5ème place du Box-Office.









"ZORRO" -Produit par les Studios Disney avec Guy Williams


"MARY POPPINS" (1964) interprétée par Julie Andrews associe acteurs et personnages animés. Le procédé avait déjà été employé dans deux autres films des studios Walt Disney : "LES TROIS CABALLEROS" et "MÉLODIE DU SUD". Mary Poppins est interprétée par Julie Andrews.
Le film fut récompensé par cinq Oscars en 1964 : ceux des meilleurs montage, musique, chanson (" Chim Chim Cheree ") et effets visuels. Quant à Julie Andrews, elle remporta celui de la meilleure actrice. Jusque-là pratiquement inconnue, elle obtint avec ce film la consécration internationale.
"LE LIVRE DE LA JUNGLE" (1967) marqua le retour à l'adaptation d'un grand classique de la littérature enfantine. Le roman de Rudyard Kipling date de 1894. Il a été adapté une première fois en 1942 par Zoltan Korda avec Sabu dans le rôle de Mowgli. Cette deuxième version de 1967 est le dernier dessin animé dont Walt Disney supervisa la production. Disney confia une nouvelle fois, la réalisation à Wolfgang Reitherman. Pour superviser la direction artistique et créer les personnages, il renouvela sa confiance à Ken Anderson. La chanson
" The Bare Necessities " (" Il en faut peu pour être heureux ") fut nommée pour les Oscars en 1967. Interprétée par Phil Harris (Baloo) comédien, chanteur, chef d'orchestre et époux de la vedette de comédies musicales Alice Faye. Les chansons contribuèrent au succès du film.
Alors que l'animation du film s'achevait, Walt Disney mourut le 15 décembre 1966. Frank Thomas se souvenait avec émotion de la dernière réunion de travail avec lui, deux mois auant sa mort. Le public découvrit le film le 18 octobre 1967. Il devint l'un des plus grands succès de Walt Disney. Avec sa disparition, l'âge d'or du dessin animé prenait fin. Son oeuvre cinématographique suscite toujours l’enthousiasme auprès des nouvelles générations d’enfants, de parents et de grands-parents...Aujourd'hui 15 décembre 2008, cela fait 41 ans que Walt Disney nous a quitté.
Les parents de Walt Disney
Walt Disney et Richard Nixon
_______________Livres et DVD___________________________
FILMOGRAPHIE et DVD
-- Août 1927
OSWALD LE JOYEUX LAPIN.
- 18 novembre 1928
STEAMBOAT WILLIE (première apparition de Mickey à l'écran).
- Juillet 1929
LA DANSE MACABRE (Skeleton dance).
Premier SILLY SYMPHONY.
- Octobre 1930
THE CHAIN GANG, première apparition de Pluto (il ne portera ce nom qu'à partir de THE MOOSE HUNT, 1931).
- 30 juillet 1932
DES FLEURS ET DES ARBRES (premier dessin animé en couleur et premier Oscar de l'animation).
- 27 mai 1933
LES TROIS PETITS COCHONS (Oscar de l'animation).
- 9 juin 1934
LA PETITE POULE AVISÉE (première apparition de Donald Duck).
- 21 décembre 1937
BLANCHE NEIGE ET LES SEPT NAINS (premier dessin animé de long métrage).
- 7 février 1940
PINOCCHIO.
- 13 novembre 1940
FANTASIA
- 20 juin 1941
LE DRAGON RECALCITRANT (premier dessin animé avec des personnages vivants).
- 23 octobre 1941
DUMBO.
- 13 août 1942
BAMBI.
- 1er janvier 1943
DER FUEHRERS FACE (inédit en France, Oscar de l'animation).
- 6 février 1943
SALUDOS AMIGOS.
- 3 février 1945
LES TROIS CABALLEROS.
- 15 août 1946
LA BOITE A MUSIQUE.
- 12 novembre 1946
MÉLODIE DU SUD.
- 27 septembre 1947
COQUIN DE PRINTEMPS.
- 27 mai 1948
MELODY COCKTAIL.
- 4 mai 1949
L'ILE AUX PHOQUES. (premier film de la série C'EST LA VIE).
- 5 octobre 1949
ICHABOD AND Mr TOAD.
- 15 février 1950
CENDRILLON.
- 19 juillet 1950
L'ILE AU TRESOR (Premier film non-documentaire sans animation).
- 28 juillet 1951
ALICE AU PAYS DES MERVEILLES.
- 10 novembre 1953
DESERT VIVANT
- 23 décembre 1954
20 000 LIEUES SOUS LES MERS.
- 23 juin 1955
LA BELLE ET LE CLOCHARD.
- 17 juillet 1955
ouverture de Disneyland.
- 29 janvier 1959
LA BELLE AU BOIS DORMANT.
- 25 janvier 1961
LES 101 DALMATIENS.
- 25 décembre 1963
MERLIN L'ENCHANTEUR.
- 29 août 1964
MARY POPPINS.
- 18 octobre 1967
LE LIVRE DE LA JUNGLE.
_________________________________
- 13 mars 1969
UN AMOUR DE COCCINELLE.
- 24 décembre 1970
LES ARISTOCHATS.
- Octobre 1971
ouverture de Disneyworld en Floride.
- 8 novembre 1973
ROBIN DES BOIS.
- 22 juin 1977
LES AVENTURES DE BERNARD ET BIANCA (The Rescuers).
- Novembre 1977
PETER ET ELIOTT LE DRAGON.
- Juillet 1981
ROX ET ROUKY.
- 1985
TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE.
- 1986
BASIL, DÉTECTIVE PRIVÉ.
- 1988
OLIVER ET COMPAGNIE (Oliver and Company).
- 1989
LA PETITE SIRENE (The Little Mermaid).
- 1990
BERNARD ET BIANCA AU PAYS DES KANGOUROUS (The Rescuers down under).
- 1991
LA BELLE ET LA BETE (Beauty and the Beast).
- 1992
ALADDIN.
- 1994
LE ROI LION (The Lion King).
- 1995
POCAHONTAS.
- 1996
LE BOSSU DE NOTRE-DAME (The Hunchback of Notre-Dame).
- 1997
HERCULE.
- 1998
MULAN.
- 1999
TARZAN.
- 2000
FANTASIA 2000
DINOSAURE (Dinosaur)
LES AVENTURES DE TIGROU (The Tigger Movie).
- 2001
KUZCO L'EMPEREUR MEGALO (The Emperor's New groove)
ATLANTIDE, L'EMPIRE PERDU (Atlantis, the Lost Empire).
- 2002
LILO & STITCH (id., Dean Deblois et Chris Sanders)
LA PLANETE AU TRESOR, UN NOUVEL UNIVERS (Treasure Planet, Ron Clements et John Musker).
- 2003
LE LIVRE DE LA JUNGLE 2 (The Jungle Book 2, Steve Trenbirth)
FRERE DES OURS (Brother Bear).
- 2005
VAILLANT (Valiant, Gary Chapman)
____________________
10 décembre 2008
LE MONDE MERVEILLEUX DE WALT DISNEY
WALT DISNEY 1901 - 1966
Producteur, Réalisateur américain
Walt Disney n'inventa pas le dessin animé mais il le perfectionna et en fit un produit hautement sophistiqué...Il donna au dessin animé toutes ses lettre de noblesse, il y eut l'art des grands films de Walt Disney, attentif à chaque étape de la fabrication de chacun de ses films, et ainsi nous donner une immense joie de revenir à l'enfance....Il nous a quitté, quelques jours avant Noel, lui qui a su donné autant de joies aux enfants de toutes générations confondues. Ces longs métrages s'apparentent souvent à la période des fêtes de fin d'année.
Un petit clin d'oeil à Pierre Tchernia, car enfant, je pensais que Pierre Tchernia était Walt Disney, à force de le voir dans "L'ami public numéro 1" entouré des plus grands personnages de Disney....Que voulez vous c'est ça l'enfance....
Walt Disney naquit le 5 décembre 1901 à Chicago. Il fréquenta le Kansas City Art Institute et servit, pendant la premièe guerre mondiale, dans une unité sanitaire. Après la guerre, il trouva un emploi dans un cabinet de publicité. C'est là, qu'il fait la connaissance d'Ub Iwerks qui deviendra, par la suite, son premier et plus fidèle collaborateur. En 1920, il commença par réaliser des films publicitaires et des dessins animés pour le compte de la Kansas City Film Advertising Company et, parallèlement, des courts métrages pour la Newman Laugh-O-Gram. En 1923, il se rendit à Hollywood avec son frère Roy ou il fonda sa propre maison de production.16 octobre 1923, Disney signe un contrat avec M. J. Winkler pour produire une série d'ALICES COMEDIES, point de départ de la compagnie Disney.
De 1923 à 1927, il réalisa la série intitulée "Alice in Cartoonland", dans laquelle il associa dessins animées et prises de vues réelles avec des acteurs. A partir de 1925, Ub Iwerks, son fidèle associé collabora avec lui pour la réalisation de la série "Oswald the Lucky Rabbit" (1928-1929) et "MICKEY MOUSE" (1928-1953). Il est à noter que ce célèbre personnage fit sa première apparition au cinéma avant de devenir un des célèbres héros de bandes dessinés.
En 1928, Walt Disney constitua la Walt Disney Productions et réalisa, la même année, un court métrage sonore "MICKEY, CAPITAINE AU LONG COURS" (Steamboat Willie)(première apparition de Mickey à l'écran); Ce fut l'âge d'or du dessin animé au Studio Disney avec cette projection su 18 novembre 1928. Avec "LA DANSE MACABRE" (Skeleton Dance-1929), la première de ses "SILLY SYMPHONIES", il acquit un prestige tel qu'aucune autre maison de production de dessins animés ne put jamais rivaliser avec la sienne. En 1932, il utilisa pour la première fois la couleur dans "SYMPHONIE DU PRINTEMPS" (Flowers and trees). En 1937, pour "Le vieux moulin" (The Old Mill), il expérimenta sa célèbre Multiplane grâce à laquelle il parvint à donner l'illusion de la perspective dans des images à deux dimensions.30 juillet 1932 "DES FLEURS ET DES ARBRES" (premier dessin animé en couleur et premier Oscar de l'animation).
Les meilleurs courts métrages de la fin des années trente réunissaient souvent le trio "Mickey", "Donald" et "Goofy". En 1937, il fut constitué à cinq reprises dans "Moose Hunters", "Mickey's amateurs", "Hawaiian holiday", "Clock cleaners" et "Lonesome ghosts", dernier Mickey réalisé par Bert Gillet
Entre 1930 et 1949, Disney produisit une moyenne annuelle de dix-huit courts métrages animés et créa ses plus célèbres personnages : Minnie, Donald, Pluto et bien d'autres vinrent se joindre à la bande de Mickey. Le succès planétaire de Mickey permit à Walt Disney d'entreprendre le grand défi de sa carrière, la réalisation de son premier long métrage animé en couleurs, en 1937,"BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS" (Snow White and the seven dwarfs) d'après le conte des frères Grimm Le premier dessin animé parlant du monde et en technicolor , Walt Disney éprouve farouchement le désir de progresser dans l'art de l'animation. Malgré les avis négatifs à l'égard d'une entreprise que certains jugent trop hardie et vouent d'avance à l'échec, , . Il a failli compromettre à tout jamais la compagnie . C'est ainsi qu'en 1937 eut lieu à Los Angeles la première de BLANCHE NEIGE ET LES SEPT NAINS. Le film fut acclamé par le public. C'était la revanche de Walt Disney envers les sceptiques. Shirley Temple, en 1939, remettait l'oscar spécial à Walt Disney. Ce film est dû au travail acharné pendant trois ans d'une équipe de 750 artistes sous la direction de Walt Disney. Un million de dessins furent nécessaires pour sélectionner les 250 000 choisis pour le montage définitif. Le film coûta à l'époque 2 millions de dollars. 200 millions de personnes à travers le monde ont applaudi ce sublîme film d'animation.
Puis en 1940, de deux autres longs métrages animés "PINOCCHIO" et "FANTASIA". La liberté inventive et l'ambition de "Fantasia" furent mal comprises du public de l'époque; avec le recul du temps, ce film apparaît aujourd'hui comme un des plus remarquables de toute la production de Walt Disney. Libre illustration en dessins animés sans commentaire, d'un choix de morceaux de musique classique arrangés. Le film est composé de huit séquences qui illustrent des Morceaux de musique.Successivement : La Toccata et Fugue en ré mineur de Bach (images abstraites), la suite de Casse-Noisette de Tchaikovski (les animaux et les végétaux de la fôret dansent), l'Apprenti sorcier de Paul Dukas (avec Mickey Mouse dans le rôle titre), le sacre du printemps de Stavinski (évocation de la formation de la terre et del'évolution des espèces), la Symphoni pastorale de Beethoven (ballets de créatures mythologiques conçu dans le style art-déco),.... La musique y est décrite de façon abstraite et, sur l'écran, ambiances colorées et formes en mouvement suivent les tonalités et les rythmes du morceau. Quant à "Pinocchio" son origine est un roman feuilleton italien qui compte 36 chapitres. Il fut publié en 1878 puis repris quelques années plus tard en volumes. Son auteur Carlo Lorenzini est plus connu sous le pseudonyme de Collodi. Walt Disney vit dans "PINOCCHIO" la possibilité de raconter une histoire pleine d'aventures, tout en y introduisant son univers particulier. Le film couta deux fois plus cher que "Blanche-Neige et les sept nains" et n'eut pas le même succès, de même pour "Dumbo"
1 200 personnes, écrivains, dessinateurs, musiciens, techniciens, participèrent pendant deux ans à la fabrication de PINOCCHIO, deuxième long métrage des studios Disney. 450 000 dessins originaux et décors en couleurs servirent à la réalisation du film, grâce à la fameuse caméra "multiplane". Les 87 minutes du film représentent 125 280 prises de vues.
En 1941, ce fut "DUMBO"C'est juste après la réalisation du "DRAGON RÉCALCITRANT" (premier grand dessin animé comportant des personnages vivants) que Walt Disney décida de mettre en chantier "DUMBO". Afin de recréer le monde fabuleux du cirque, il fit voyager ses collaborateurs avec des cirques itinérants dans tous les États-Unis. Les costumes et la personnalité de chacun furent créés grâce à des centaines de photographies, de documents sur les clowns, les animaux et les accessoires du cirque. Les documentalistes de Walt Disney consultèrent les annales relatant les performances exécutées par les éléphants avant de se décider pour le numéro extraordinaire que l'on peut voir dans ce film. Il s'agit d'une pyramide de huit éléphantes juchées les unes sur les autres, la première étant en équilibre sur une énorme boule. Le film de Walt Disney sortit pour la première fois sur les écrans le 23 octobre 1941, aux États-Unis, et le 24 décembre 1947, à Paris.
La période qui précéda immédiatement la seconde guerre mondiale fut moins facile pour Disney. Il n'était pas, loin s'en faut, un patron compréhensif : ses méthodes finirent par susciter un vif mécontentement parmi ses collaborateurs. Non seulement ceux-ci se jugeaient à juste titre, mal rétribués, mais, en outre, ils revendiquent le légitime droit de figurer au générique des films produits par Walt Disney. La situation aboutit au déclenchement d'une grève des membres de la Screen Cartoonist Guild (le Syndicat des animateurs).
"LES SECRETS DE WALT DISNEY" (1941) marquèrent l'évolution de la production Disney vers des films "mixtes", dans lesquels des personnages humains étaient associés au dessin animé. Le résultat ne fut pas toujours satisfaisant. Après ce film sortaient deux autres productions du même genre : "SALUDOS AMIGOS" (1942) et "LES TROIS CABALLEROS" (1944). Ces deux films étaient conçus pour gagner le marché sud-américain afin de pallier la fermeture des marchés européens. Personnages des dessins animés et acteurs se retrouvaient également à l'affiche de la production de 1946, "MELODIE DU SUD" (Song of the South). Entre 1942 et 1946, la Walt Disney Productions participa à "l'effort de guerre", notamment avec l'exceptionnel documentaire de dessin animé "Victory through Air Power" (1943), d'une durée de 65 minutes.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la production de Disney se partagea entre les longs métrages animés (toujours techniquement parfaits), les séries documentaires et la réalisation de longs métrages avec des acteurs, qui rencontrèrent à nouveau la faveur du public. Lorsque Walt Disney décida de mettre en chantier la réalisation de "BAMBI" (1942), il envoya quelques-uns de ses collaborateurs battre la campagne avec leurs carnets de croquis, pinceaux et caméras... L'un des décorateurs, Maurice Day, photographia pendant près de cinq mois des troncs d'arbres enneigés, des clairières ensoleillées, des éclairs, des cascades D'autres eurent pour mission de filmer tous les animaux qu'ils pouvaient rencontrer.
Dans ce film aucun personnage humain n'apparaît. Cette absence renforce le caractère dramatique de certaines scènes et met à jour le message du film : l'homme est un intrus dans la nature. C'est de lui que viennent le mal et la haine, face au monde animal fraternel et égal.
Le paysage occupe dans "Bambi" une place importante et ne sert pas uniquement de " toile de fond". Pour la première fois dans le monde du dessin animé, le décor, habituellement inerte, s'anime. La pluie et la neige tombent, les ruisseaux coulent, le vent fait onduler la prairie. Cette vie, Walt Disney la doit en grande partie à une caméra qu'il inventa : la Multiplane. Cet appareil de prises de vues occupe à lui seul plusieurs opérateurs et ouvre une nouvelle dimension au dessin animé. La multiplane fut inaugurée avec "LE VIEUX MOULIN", en 1937, un court métrage qui se vit décerner un des premiers oscars. Quelques scènes de "BLANCHE-NEIGE ET LES 7 NAINS" et de "PINOCCHIO" bénéficièrent des possibilités de cette caméra. "BAMBI" en est en quelque sorte la consécration technique : le long panoramique où nous découvrons les arbres, les cascades, les ruisseaux, est un modèle du genre
La guerre avait ralenti peu à peu les activités. Sans jamais avoir cessé la production de courts métrages, Walt Disney reprend en 1949 la production de longs métrages classiques : À la fin des années 1940, la situation financière des Studios Disney s'est amélioré, et c'est ainsi que le 15 février 1950, "CENDRILLON" fit son apparition au cinéma....et comporte plusieurs séquences chantées. La plus célèbre est celle où les oiseaux et les souris décident de faire une robe de bal pour leur amie. Cette chanson fait partie du même registre que les autres fameux airs de "labeur" du répertoire disneyen : "Siffler en travaillant" "BLANCHE NEIGE ET LES 7 NAINS", "La Complainte des gens du cirque" "DUMBO", et "Peignons les roses en rouge" "ALICE AU PAYS DES MERVEILLES". Walt Disney à travers d'inoubliables féeries animées, nous a fait rencontrer des personnages irrésistibles et farfelus. Avec "CENDRILLON", la galerie Disney s'enrichit d'une nouvelle figure féminine, d'une femme de tête : la marraine fée de Cendrillon. Cette étonnante figure parvient à imposer sa présence. Elle incarne à la fois le merveilleux de Disney et la poésie de Perrault. Ce fut un véritable travail de force que de s'attaquer à un conte comme celui de "Cendrillon", écrit par Charles Perrault voici quelque 300 ans et déjà adapté au cinéma, avant Walt Disney, par Méliès et quelques autres. Une seule solution s'imposait à Disney : submerger de fantaisie un récit par trop familier, le remplir d'humour et de trouvailles délicieuses.











"20 000 LIEUES SOUS LES MERS" (1954) est l'une des premières réalisations de fiction jouée par des acteurs, produite par les studios Walt Disney, spécialisés depuis 1928 dans la confection de dessins animés. Ce fut, "l'Île au trésor" (Treasure Island) en 1950 le premier film de fiction.
Le budget du film fut colossal : plus de 5 millions de dollars. Donner à voir le fameux "Nautilus" imaginé en 1870 par Jules Verne nécessita la construction grandeur nature d'un décor sous-marin de 60 mètres de long sur six mètres de large conçu par le décorateur John Meehan.
C'est le spécialiste des effets spéciaux des studios Disney, Ub Iwerks, qui dirigea l'animation de la pieuvre géante constituée entièrement de caoutchouc monté sur des armatures d'acier à ressorts.
Les extérieurs du film furent tournés à la Jamaïque et les séquences sous-marines au largo des Bahamas, où l'eau est particulièrement claire.
En 1862, en Angleterre, une petite fille: Alice Pleasance Liddell demanda à Lewis Carroll (de lui raconter une histoire. Le résultat fut " ALICE AU PAYS DES MERVEILLES" (1951), que l'écrivain fit publier en 1865, à la demande de ses amis. Le cinéma s'inspira beaucoup de l'histoire. Walt Disney et son équipe s'inspirent des dessins originaux de Tenniel, tout en y introduisant leur univers particulier. La réalisation est signée de Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske.
Puis en 1953, ce fut "PETER PAN", Chez les enfants de langue anglaise "PETER PAN" est un conte extrêmement célèbre. Chaque année, à Londres, pour Noël, on joue cette pantomime féerique et c'est en général une jeune actrice qui interprète Peter Pan.
Déjà à l'époque de "Blanche-Neige" (1937) Disney eut l'idée d'en tirer un dessin animé de long métrage. Le thème s'y prête particulièrement bien, puisque des enfants y vivent une aventure fantastique où se mêlent une fée, un jeune Robin des Bois, des pirates et des Indiens. En transformant le héros androgyne de l'oeuvre de Sir James Barrie en adolescent "standard", Disney fit perdre une partie de son charme au fragile récit du conteur...Sur le plan de l'animation, l'envol des enfants au-dessus de Londres et la bataille finale sont de jolis morceaux de bravoure. La silhouette de la fée Clochette fut inspirée, dit-on, par celle de Marilyn Monroe alors dans tout l'éclat de sa jeune gloire.
"LA BELLE AU BOIS DORMANT" (1959) d'après le conte de Charles Perrault fait un usage presque constant de la " multiplane ", caméra mise au point par les studios Disney, conférant à l'image dessinée une extraordinaire l'impression de relief. Pour la première fois ici la " multiplane " fut utilisée horizontalement afin d'obtenir une plus grande profondeur de champ. Réalisés par Wolgang Reitherman, Les Clark et Eric Larson, supervisé dans la mise en scène par Clyde Géronimi.
Au début des années 50, Walt Disney imagine la création d’un parc d’attraction. Disneyland est inauguré le 17 juillet 1955. Depuis son ouverture, le parc reçoit chaque année dix milllions de visiteurs. Disney ne verra jamais les trois autres parcs qui lui ont fait suite, Disneyworld en Floride, Disneyland Tokyo et Disneyland Paris.
1955 : "LA BELLE ET LE CLOCHARD" -Adapté d'une œuvre moins connue que "Cendrillon" ou "Blanche-Neige", ce film permettait de développer le sujet avec plus de fantaisie sans être tenu de respecter une histoire que le public connaît bien.
Ce fut donc l'occasion de créer de nombreux gags et de donner aux animaux des caractères très particuliers. Pendant de longues semaines, les dessinateurs de Walt Disney firent des études sur des chiens de toutes races pour définir ceux qui leur offraient le plus de possibilités.
Pour "LES 101 DALMATIENS" (1961), Walt Disney confia la direction de l'animation à Wolfgang Reitherman, Hamilton Luske et Clyde Ceronimi. 750 dessinateurs et techniciens travaillèrent sur le film pendant près de trois ans avec un budget de deux milliards d'anciens francs. Afin de mettre en couleur les 250 personnages, les décors et les paysages, Walt Disney et ses collaborateurs créèrent une gamme de près de 1000 teintes différentes. Le matériel utilisé représentait 217 000 feuilles de papier à dessin et de cellos, 1 218 750 crayons et 800 tonnes de peintures. Pour LES 101 DALMATIENS, c'est la première fois que fut utilisé le procédé xérographie mis au point par la "Haloid of Rochester" qui permet de transférer et de reproduire à sec, les dessins originaux des artistes. Le film sortit aux États-Unis le 25 janvier 1961 et devait mettre à la mode cette race de chiens peu répandue. Dans la version originale, Rod Taylor prêta sa voix à Pongo, Lisa Davis à Anita, Cate Bauer à Perdita et Ben Wright à Roger.








"MARY POPPINS" (1964) interprétée par Julie Andrews associe acteurs et personnages animés. Le procédé avait déjà été employé dans deux autres films des studios Walt Disney : "LES TROIS CABALLEROS" et "MÉLODIE DU SUD". Mary Poppins est interprétée par Julie Andrews.
Le film fut récompensé par cinq Oscars en 1964 : ceux des meilleurs montage, musique, chanson (" Chim Chim Cheree ") et effets visuels. Quant à Julie Andrews, elle remporta celui de la meilleure actrice. Jusque-là pratiquement inconnue, elle obtint avec ce film la consécration internationale.
"LE LIVRE DE LA JUNGLE" (1967) marqua le retour à l'adaptation d'un grand classique de la littérature enfantine. Le roman de Rudyard Kipling date de 1894. Il a été adapté une première fois en 1942 par Zoltan Korda avec Sabu dans le rôle de Mowgli. Cette deuxième version de 1967 est le dernier dessin animé dont Walt Disney supervisa la production. Disney confia une nouvelle fois, la réalisation à Wolfgang Reitherman. Pour superviser la direction artistique et créer les personnages, il renouvela sa confiance à Ken Anderson. La chanson
" The Bare Necessities " (" Il en faut peu pour être heureux ") fut nommée pour les Oscars en 1967. Interprétée par Phil Harris (Baloo) comédien, chanteur, chef d'orchestre et époux de la vedette de comédies musicales Alice Faye. Les chansons contribuèrent au succès du film.
Alors que l'animation du film s'achevait, Walt Disney mourut le 15 décembre 1966. Frank Thomas se souvenait avec émotion de la dernière réunion de travail avec lui, deux mois auant sa mort. Le public découvrit le film le 18 octobre 1967. Il devint l'un des plus grands succès de Walt Disney. Avec sa disparition, l'âge d'or du dessin animé prenait fin. Son oeuvre cinématographique suscite toujours l’enthousiasme auprès des nouvelles générations d’enfants, de parents et de grands-parents...Aujourd'hui 15 décembre 2008, cela fait 41 ans que Walt Disney nous a quitté.
SUITE DECEMBRE 2009
-- Août 1927
OSWALD LE JOYEUX LAPIN.
- 18 novembre 1928
STEAMBOAT WILLIE (première apparition de Mickey à l'écran).
- Juillet 1929
LA DANSE MACABRE (Skeleton dance).
Premier SILLY SYMPHONY.
- Octobre 1930
THE CHAIN GANG, première apparition de Pluto (il ne portera ce nom qu'à partir de THE MOOSE HUNT, 1931).
- 30 juillet 1932
DES FLEURS ET DES ARBRES (premier dessin animé en couleur et premier Oscar de l'animation).
- 27 mai 1933
LES TROIS PETITS COCHONS (Oscar de l'animation).
- 9 juin 1934
LA PETITE POULE AVISÉE (première apparition de Donald Duck).
- 21 décembre 1937
BLANCHE NEIGE ET LES SEPT NAINS (premier dessin animé de long métrage).
- 7 février 1940
PINOCCHIO.
- 13 novembre 1940
FANTASIA
- 20 juin 1941
LE DRAGON RECALCITRANT (premier dessin animé avec des personnages vivants).
- 23 octobre 1941
DUMBO.
- 13 août 1942
BAMBI.
- 1er janvier 1943
DER FUEHRERS FACE (inédit en France, Oscar de l'animation).
- 6 février 1943
SALUDOS AMIGOS.
- 3 février 1945
LES TROIS CABALLEROS.
- 15 août 1946
LA BOITE A MUSIQUE.
- 12 novembre 1946
MÉLODIE DU SUD.
- 27 septembre 1947
COQUIN DE PRINTEMPS.
- 27 mai 1948
MELODY COCKTAIL.
- 4 mai 1949
L'ILE AUX PHOQUES. (premier film de la série C'EST LA VIE).
- 5 octobre 1949
ICHABOD AND Mr TOAD.
- 15 février 1950
CENDRILLON.
- 19 juillet 1950
L'ILE AU TRESOR (Premier film non-documentaire sans animation).
- 28 juillet 1951
ALICE AU PAYS DES MERVEILLES.
- 10 novembre 1953
DESERT VIVANT
- 23 décembre 1954
20 000 LIEUES SOUS LES MERS.
- 23 juin 1955
LA BELLE ET LE CLOCHARD.
- 17 juillet 1955
ouverture de Disneyland.
- 29 janvier 1959
LA BELLE AU BOIS DORMANT.
- 25 janvier 1961
LES 101 DALMATIENS.
- 25 décembre 1963
MERLIN L'ENCHANTEUR.
- 29 août 1964
MARY POPPINS.
- 15 décembre 1966
mort de Walt Disney.
Longs métrages Disney :
- 18 octobre 1967
LE LIVRE DE LA JUNGLE.
- 13 mars 1969
UN AMOUR DE COCCINELLE.
- 24 décembre 1970
LES ARISTOCHATS.
- Octobre 1971
ouverture de Disneyworld en Floride.
- 8 novembre 1973
ROBIN DES BOIS.
- 22 juin 1977
LES AVENTURES DE BERNARD ET BIANCA (The Rescuers).
- Novembre 1977
PETER ET ELIOTT LE DRAGON.
- Juillet 1981
ROX ET ROUKY.
- 1985
TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE.
- 1986
BASIL, DÉTECTIVE PRIVÉ.
- 1988
OLIVER ET COMPAGNIE (Oliver and Company).
- 1989
LA PETITE SIRENE (The Little Mermaid).
- 1990
BERNARD ET BIANCA AU PAYS DES KANGOUROUS (The Rescuers down under).
- 1991
LA BELLE ET LA BETE (Beauty and the Beast).
- 1992
ALADDIN.
- 1994
LE ROI LION (The Lion King).
- 1995
POCAHONTAS.
- 1996
LE BOSSU DE NOTRE-DAME (The Hunchback of Notre-Dame).
- 1997
HERCULE.
- 1998
MULAN.
- 1999
TARZAN.
- 2000
FANTASIA 2000
DINOSAURE (Dinosaur)
LES AVENTURES DE TIGROU (The Tigger Movie).
- 2001
KUZCO L'EMPEREUR MEGALO (The Emperor's New groove)
ATLANTIDE, L'EMPIRE PERDU (Atlantis, the Lost Empire).
- 2002
LILO & STITCH (id., Dean Deblois et Chris Sanders)
LA PLANETE AU TRESOR, UN NOUVEL UNIVERS (Treasure Planet, Ron Clements et John Musker).
- 2003
LE LIVRE DE LA JUNGLE 2 (The Jungle Book 2, Steve Trenbirth)
FRERE DES OURS (Brother Bear).
- 2005
VAILLANT (Valiant, Gary Chapman)
________________________________________________














































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































